lundi 4 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2002525 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | GUILMAIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 23 mars 2020 et le 1er octobre 2021, la société à responsabilité limitée (J, représentée par Me Guilmain, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler la décision du 6 novembre 2019 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis à sa charge les sommes de 108 600 euros au titre de la contribution spéciale pour l'emploi irrégulier d'un travailleur étranger et de 5 106 euros au titre de la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement ainsi que la décision du 23 janvier 2020 rejetant son recours gracieux contre cette décision et de la décharger de ces sommes ;
2°) à titre subsidiaire, de réduire le montant des sommes réclamées ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions attaquées ont été prises par une personne incompétente ;
- ces décisions sont entachées d'une erreur d'appréciation dès lors que les salariés qu'elle est accusée d'avoir recrutés alors qu'ils étaient en situation irrégulière lui ont présenté des cartes d'identité portugaises lors de l'embauche dont elle n'avait aucun motif de penser qu'elles étaient falsifiées ;
- elle a agi de bonne foi ;
- en application du principe non bis in idem, elle ne peut faire l'objet des sanctions contestées dès lors qu'elle a déjà fait l'objet d'une sanction administrative prononcée par le préfet du Nord le 11 juillet 2019 lequel a ordonné la fermeture de l'établissement pour une semaine en raison de l'emploi d'étrangers démunis de titre ;
- le montant de la contribution spéciale mise à sa charge doit être réduit dès lors qu'elle n'est pas en situation de récidive, qu'elle a agi de bonne foi, qu'elle a respecté la législation du travail s'agissant de l'embauche des salariés en cause et qu'elle rencontre des difficultés financières.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 avril 2021, l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 1er octobre 2021 la clôture de l'instruction a été fixée au 15 octobre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme I,
- et les conclusions de M. Larue, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société à responsabilité limitée (J, établissement de restauration situé à Prouvy (59), a fait l'objet, le 7 mars 2019, d'un contrôle opéré par l'inspection du travail conjointement avec les services de la police aux frontières au cours duquel il a été constaté la présence, en situation de travail, de M. A D et M. B F, ressortissants sénégalais dépourvus de titre de séjour les autorisant à travailler. Par un courrier du 24 septembre 2019, notifié le 27 septembre suivant, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a informé la J qu'elle était susceptible de se voir infliger la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail et la contribution forfaitaire des frais de réacheminement prévue à l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par une décision du 6 novembre 2019, l'OFII a mis à la charge de la J les sommes de 108 600 euros au titre de la contribution spéciale pour l'emploi irrégulier de deux travailleurs étrangers et de 5 106 euros au titre de la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement. Par courrier du 17 décembre 2019, la société a formé un recours gracieux contre cette décision qui a été rejeté par une décision de l'OFII du 23 janvier 2020. La J demande au tribunal, à titre principal, l'annulation des décisions de l'OFII des 6 novembre 2019 et 23 janvier 2020 ainsi que la décharge des sommes mises à sa charge et, à titre subsidiaire, la réduction des contributions mises à sa charge.
Sur les conclusions à fin d'annulation et de décharge :
2. En premier lieu, la décision du 6 novembre 2019 par laquelle l'OFII a infligé à la société requérante la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail et la contribution forfaitaire des frais de réacheminement prévue à l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile a été signée par Mme G H, cheffe du service juridique et contentieux qui, en cette qualité, et en vertu de la délégation de signature qui lui a été accordée par directeur général de l'OFII par une décision du 3 juillet 2019, régulièrement publiée au bulletin officiel du ministère de l'intérieur, est compétente pour prendre toutes décisions au titre de la mise en œuvre de la contribution spéciale et de la contribution forfaitaire. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision du 6 novembre 2019 manque en fait, et doit, par suite, être écarté.
3. En deuxième lieu, les moyens critiquant les vices propres dont serait entachée une décision rejetant un recours gracieux ne peuvent être utilement invoqués au soutien des conclusions d'une requête également dirigée contre la décision initiale prise par l'administration. Dès lors, le moyen tiré de ce que la décision du 23 janvier 2020 par laquelle l'OFII a rejeté son recours gracieux formé contre la décision du 6 novembre 2019 aurait été prise par une autorité incompétente, est inopérant. En tout état de cause, il résulte de l'instruction que Mme E, signataire de la décision du 23 janvier 2020, a reçu délégation pour ce faire du directeur général de l'OFII par une décision du 19 décembre 2019 dont il n'est pas contesté, ainsi qu'il ressort de ses mentions mêmes, qu'elle a été publiée au bulletin officiel du ministère de l'intérieur. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision du 23 janvier 2020 ne peut qu'être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 8251-1 du code du travail : " Nul ne peut, directement ou indirectement, embaucher, conserver à son service ou employer pour quelque durée que ce soit un étranger non muni du titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France. / () ". Aux termes de l'article L. 8253-1 du même code : " Sans préjudice des poursuites judiciaires pouvant être intentées à son encontre, l'employeur qui a employé un travailleur étranger en méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1 acquitte, pour chaque travailleur étranger non autorisé à travailler, une contribution spéciale. (). / L'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de constater et fixer le montant de cette contribution pour le compte de l'Etat selon des modalités définies par convention. / () ". Aux termes de l'article R. 8253-1 de ce code : " La contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 est due pour chaque étranger employé en méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1. / Cette contribution est à la charge de l'employeur qui a embauché ou employé un travailleur étranger non muni d'une autorisation de travail ". En outre, aux termes de l'article L. 5221-8 du code du travail " l'employeur s'assure auprès des administrations territorialement compétentes de l'existence du titre autorisant l'étranger à exercer une activité salariée en France, sauf si cet étranger est inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi tenue par l'institution mentionnée à l'article L. 5312-1 ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable : " Sans préjudice des poursuites judiciaires qui pourront être engagées à son encontre et de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail, l'employeur qui aura occupé un travailleur étranger en situation de séjour irrégulier acquittera une contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement de l'étranger dans son pays d'origine. / (). / L'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de constater et de fixer le montant de cette contribution. () ". Aux termes de l'article R. 626-1 du même code : " I. - La contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement de l'étranger dans son pays d'origine prévue à l'article L. 626-1 est due pour chaque employé en situation irrégulière au regard du droit au séjour. / Cette contribution est à la charge de l'employeur qui, en violation de l'article L. 8251-1 du code du travail, a embauché ou employé un travailleur étranger dépourvu de titre de séjour. / () ".
5. Il résulte des dispositions précitées des articles L. 8253-1 du code du travail et L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicables au 25 juin 2019 que les contributions qu'ils prévoient ont pour objet de sanctionner les faits d'emploi d'un travailleur étranger séjournant irrégulièrement sur le territoire français ou démuni de titre l'autorisant à exercer une activité salariée, sans qu'un élément intentionnel soit nécessaire à la caractérisation du manquement. Toutefois, un employeur ne saurait être sanctionné sur le fondement de ces dispositions lorsque tout à la fois, d'une part, il s'est acquitté des obligations qui lui incombent en vertu de l'article L. 5221-8 du code du travail et, d'autre part, il n'était pas en mesure de savoir que les documents qui lui étaient présentés revêtaient un caractère frauduleux ou procédaient d'une usurpation d'identité. En outre, lorsqu'un salarié s'est prévalu lors de son embauche de la nationalité française ou de sa qualité de ressortissant d'un Etat pour lequel une autorisation de travail n'est pas exigée, l'employeur ne peut être sanctionné s'il s'est assuré que ce salarié disposait d'un document d'identité de nature à en justifier et s'il n'était pas en mesure de savoir que ce document revêtait un caractère frauduleux ou procédait d'une usurpation d'identité.
6. Il résulte de l'instruction, en particulier du procès-verbal rédigé par les inspecteurs du travail à la suite de leur contrôle du 7 mars 2019 ainsi que des déclarations de MM. D et F, soit les deux salariés concernés, ainsi que des déclarations de M. C, associé de la J, époux de la gérante et en charge de la gestion administrative du restaurant lors de leurs auditions par les services de police le 7 mars 2019 que MM. D et F se sont prévalus, lors de leur embauche, de ce qu'ils étaient ressortissants portugais en fournissant à leur employeur une simple photocopie de leur carte d'identité portugaise sans que l'original de ce document ne leur soit demandé. Ils n'ont pas davantage été en mesure de produire ces documents lors du contrôle. En se contentant de la production de simples photocopies de cartes d'identité portugaises, la J ne peut être regardée comme s'étant effectivement assurée, préalablement à l'embauche des deux salariés en cause, de ce que ces derniers disposaient d'un document d'identité de nature à justifier de la nationalité portugaise dont ils se prévalaient. La circonstance que la société requérante ait envoyé une copie de ces documents à l'URSSAF est sans incidence sur le bien-fondé des sanctions mises à sa charge dès lors qu'il incombe au seul employeur de vérifier que son salarié dispose d'un document d'identité en cours de validité de nature à démontrer sa qualité de ressortissant communautaire. Est également sans incidence sur le bien-fondé des sanctions contestées la circonstance que ces salariés ont été régulièrement déclarés auprès de l'URSSAF. Dans ces conditions, la J ne peut se prévaloir de sa bonne et foi et c'est à bon droit que le directeur général de l'OFII a mis à la charge de la J la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail et la contribution forfaitaire prévue par les dispositions précitées de l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. En dernier lieu, si le préfet du Nord a ordonné, par un arrêté du 11 juillet 2019, la fermeture administrative de la J pour une semaine en raison de l'emploi de salariés en situation irrégulière et sans déclaration auprès de l'URSSAF, cet arrêté a le caractère d'une mesure de police administrative et non d'une sanction. Par suite, le moyen tiré de ce que la J aurait été sanctionnée deux fois pour les mêmes faits doit être écarté.
8. Il résulte de ce qui précède que la J n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 6 novembre 2019, confirmée par une décision du 23 janvier 2020, par laquelle le directeur général de l'OFII a mis à sa charge les sommes de 108 600 euros au titre de la contribution spéciale pour l'emploi irrégulier d'un travailleur étranger et de 5 106 euros au titre de la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement. Elle n'est pas davantage fondée à demander la décharge des sommes réclamées.
Sur les conclusions à fin de réduction des sommes réclamées :
9. Aux termes de l'article L. 8253-1 du code du travail : " Sans préjudice des poursuites judiciaires pouvant être intentées à son encontre, l'employeur qui a employé un travailleur étranger en méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1 acquitte, pour chaque travailleur étranger non autorisé à travailler, une contribution spéciale. Le montant de cette contribution spéciale est déterminé dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat. Il est, au plus, égal à 5 000 fois le taux horaire du minimum garanti prévu à l'article L. 3231-12. Ce montant peut être minoré en cas de non-cumul d'infractions ou en cas de paiement spontané par l'employeur des salaires et indemnités dus au salarié étranger non autorisé à travailler mentionné à l'article R. 8252-6. Il est alors, au plus, égal à 2 000 fois ce même taux. Il peut être majoré en cas de réitération et est alors, au plus, égal à 15 000 fois ce même taux. () ". En outre, aux termes de l'article R. 8253-2 du même code : " I. Le montant de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 est égal à 5 000 fois le taux horaire, à la date de la constatation de l'infraction, du minimum garanti prévu à l'article L. 3231-12. / II. Ce montant est réduit à 2 000 fois le taux horaire du minimum garanti dans l'un ou l'autre des cas suivants : 1° Lorsque le procès-verbal d'infraction ne mentionne pas d'autre infraction commise à l'occasion de l'emploi du salarié étranger en cause que la méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1 ; / 2° Lorsque l'employeur s'est acquitté des salaires et indemnités mentionnés à l'article L. 8252-2 dans les conditions prévues par les articles R. 8252-6 et R. 8252-7. / III. Dans l'hypothèse mentionnée au 2° du II, le montant de la contribution spéciale est réduit à 1 000 fois le taux horaire du minimum garanti lorsque le procès-verbal d'infraction ne mentionne l'emploi que d'un seul étranger sans titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France. / IV. Le montant de la contribution spéciale est porté à 15 000 fois le taux horaire du minimum garanti lorsqu'une méconnaissance du premier alinéa de l'article L. 8251-1 a donné lieu à l'application de la contribution spéciale à l'encontre de l'employeur au cours de la période de cinq années précédant la constatation de l'infraction. ".
10. Il appartient au juge administratif, saisi d'un recours contre une décision mettant à la charge d'un employeur la contribution spéciale prévue par les dispositions précitées de l'article L. 8253-1 du code du travail, pour avoir méconnu les dispositions de l'article L. 8251-1 du même code, et la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement prévue par les dispositions précitées de l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de décider, après avoir exercé son plein contrôle sur les faits invoqués et la qualification retenue par l'administration, soit de maintenir la sanction prononcée, soit d'en diminuer le montant jusqu'au minimum prévu par les dispositions applicables au litige, soit d'en décharger l'employeur. Toutefois, les dispositions précitées du code du travail ne permettent pas à l'Office français de l'immigration et de l'intégration, pas plus qu'au juge administratif, de moduler le taux de la sanction financière en dehors des cas pour lesquels une minoration est envisagée par les textes applicables au litige.
11. En l'espèce, il est constant que par une décision du 2 juin 2015 le directeur général de l'OFII a mis à la charge de la SARL Royal d'Asie les sommes de 35 100 euros au titre de la contribution spéciale pour l'emploi irrégulier de deux travailleur étranger et de 4 618 euros au titre de la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement pour l'emploi de deux travailleurs en situation irrégulière. Il n'est pas contesté que cette société a ensuite changé de dénomination sociale pour prendre le nom de J. Par suite, et ainsi d'ailleurs qu'elle le reconnaît dans ses écritures, la société requérante a, moins de 5 ans avant la décision attaquée du 6 novembre 2019, déjà été sanctionnée pour l'emploi de salariés en situation irrégulière. Elle se trouve, ainsi, dans une situation de récidive laquelle, en application des dispositions précitées du IV de l'article R. 8253-2 du code du travail justifie l'application du montant maximal encouru pour la détermination du montant de la contribution spéciale. La J ne saurait, de ce fait, être regardée comme remplissant les conditions fixées aux II et III de l'article R. 8253-2 du code du travail pour bénéficier d'une réduction de cette contribution spéciale. En outre, ni la circonstance qu'elle serait de bonne foi ni les difficultés financières qu'elle invoque n'ont d'incidence sur le montant des contributions exigées.
12. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la J tendant à la réduction du montant de la contribution spéciale et de la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'OFII, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à la J une somme que celle-ci réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la J est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée O Grand Buffet et au directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 13 juin 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Riou, président,
- Mme Varenne, première conseillère,
- Mme Michel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2022.
Le président,
signé
J-M. RIOU La rapporteure,
signé
M. I
La greffière,
signé
C. VIEILLARD
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026