mardi 11 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2003021 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | COQUELET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 avril 2020, M. A C, représenté par Me Mathieu, demande au tribunal :
1°) d'ordonner une expertise médicale avant-dire-droit sur l'indemnisation de son préjudice corporel ;
2°) de condamner l'Office du tourisme de la porte du Hainaut à lui verser la somme de 3 000 euros à titre de provision sur l'indemnisation de son préjudice corporel ainsi qu'une somme de 1 178 euros au titre des frais divers subis du fait de l'accident dont il a été victime sur la base de loisirs de Raismes ;
3°) de mettre à la charge de cet office la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, outre les entiers dépens.
Il soutient que :
- la responsabilité de l'Office du tourisme de la porte du Hainaut, en charge de la base de loisirs, est engagée en raison du défaut de signalisation des fils de fer présents au sol, à l'origine de sa chute ;
- le préjudice corporel subi à raison de cette chute ne peut être évalué sans qu'il soit ordonné une expertise avant-dire-droit ; il est fondé à solliciter d'ores et déjà l'octroi d'une somme provisionnelle de 3 000 euros à valoir sur l'indemnisation de ce poste de préjudice ;
- son préjudice matériel, incluant les frais de déplacement et les frais de télévision, s'élève à 1 178 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 octobre 2020, l'Office du tourisme de la porte du Hainaut, représenté par Me Dutat, conclut :
1°) à titre principal, au rejet de la requête ;
2°) à titre subsidiaire, à ce que les opérations d'expertise soient rendues opposables à la société Jardins 2 000 et à la condamnation de cette dernière à le garantir de l'ensemble des condamnations susceptibles d'être prononcées à son encontre ;
3°) en tout état de cause, à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. C sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- sa responsabilité n'est pas engagée faute de preuve des circonstances de l'accident ;
- la faute de l'intéressé est, en tout état de cause, de nature à l'exonérer totalement de toute responsabilité ;
- la mesure d'expertise sollicitée est dépourvue de caractère utile ;
- le requérant ne produit aucun élément permettant de justifier le montant de la provision demandée ;
- subsidiairement, l'entretien du site ayant été confié à la société Jardin 2 000 au titre des années 2017 et 2018, il est fondé à demander que cette société le garantisse de toute condamnation éventuelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 juillet 2021, la société par actions simplifiée (SAS) Jardins 2 000, représentée par Me Coquelet, conclut à sa mise hors de cause, au rejet de l'ensemble des conclusions dirigées à son encontre par l'Office du tourisme de la porte du Hainaut et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de ce dernier au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les prestations de service dont elle avait la charge en exécution du contrat conclu avec l'Office du tourisme de la porte du Hainaut sont sans lien avec la chute de M. C et elle n'a commis aucune faute de nature à engager sa responsabilité ;
- M. C a, en tout état de cause, fait preuve d'imprudence en quittant le chemin balisé pour couper court, à travers la végétation.
La requête a été communiquée à la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) du Hainaut qui n'a pas produit de mémoire.
Par ordonnance du 13 janvier 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 4 février 2022.
Un courrier, enregistré le 14 septembre 2022, a été produit par la CPAM de l'Oise, se présentant comme représentante de la CPAM du Hainaut.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Even, rapporteur public,
- et les observations de Me Dutat, représentant l'Office du tourisme de la porte du Hainaut.
Considérant ce qui suit :
1. Le 25 octobre 2018, M. A C a fait une chute alors qu'il se trouvait sur la base de loisirs du parc de la porte du Hainaut située sur le territoire de la commune de Raismes, gérée par l'Office du tourisme de la porte du Hainaut. Pris en charge par les pompiers, il a été transporté au centre hospitalier de Valenciennes où une fracture du fémur et de la tête du fémur a été diagnostiquée. Par un courrier du 9 décembre 2019, reçu le 15 décembre suivant, il a présenté à l'Office du tourisme de la porte du Hainaut une réclamation préalable en vue d'obtenir l'indemnisation des préjudices subis du fait de cet accident. En l'absence de réponse de ce dernier, M. C demande au tribunal, par la présente requête, d'ordonner avant-dire-droit une expertise médicale en vue d'évaluer son préjudice corporel et de condamner l'Office du tourisme de la porte du Hainaut à lui verser la somme provisionnelle de 3 000 euros à valoir sur l'indemnisation de son préjudice corporel ainsi qu'une somme de 1 178 euros au titre de son préjudice matériel.
Sur la responsabilité de l'Office du tourisme de la porte du Hainaut :
2. Il résulte de l'instruction qu'à l'issue d'une balade dans l'enceinte de la base de loisirs du parc de la porte du Hainaut, M. C a quitté le chemin de promenade balisé pour regagner son véhicule en coupant à travers les arbres plantés sur les bas-côtés de ce chemin aménagé. Il s'est alors pris les pieds dans des fils de fer posés au sol et recouverts de feuilles, vestiges d'une ancienne clôture grillagée, et a chuté sur les bornes en béton délimitant les places de stationnement du parking. Toutefois, le requérant, en n'utilisant pas le chemin balisé spécialement aménagé et en traversant un espace boisé qui n'avait pas vocation à être utilisé comme voie de traverse par le public de la base de loisirs, a été imprudent et insuffisamment vigilant eu égard à la couverture de feuilles qui recouvrait le sol, en cette saison d'automne, au mois d'octobre 2018. Ainsi, il a commis une faute de nature à exonérer totalement l'Office du tourisme de la porte du Hainaut de sa responsabilité.
3. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'ordonner une expertise avant-dire-droit, M. C n'est pas fondé à rechercher la responsabilité de l'Office du tourisme de la porte du Hainaut. Par suite, les conclusions à fin d'appel en garantie présentées à titre de subsidiaire par ce dernier ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les dépens :
4. L'instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions présentées à ce titre par M. C doivent, en tout état de cause, être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme quelconque soit mise à la charge de l'Office du tourisme de la porte du Hainaut, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du requérant la somme de 1 500 euros à verser à l'Office du tourisme de la porte du Hainaut au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : M. C versera à l'Office du tourisme de la porte du Hainaut la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées par la société Jardins 2 000 sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut, à l'Office du tourisme de la porte du Hainaut et à la SAS Jardins 2 000.
Copie en sera adressée pour information à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Oise.
Délibéré après l'audience du 20 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Fabre, président,
Mme Monteil, première conseillère,
Mme Piou, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2022.
La rapporteure,
signé
C. B
Le président,
signé
X. FABRE
La greffière,
signé
A. HAUTCOEUR
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026