mardi 4 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2003039 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | L'ILL LEGAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 avril 2020, M. D A, représenté par Me Hentz, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler la décision par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de Lille a rejeté le recours gracieux formé contre la décision du 18 octobre 2019 refusant de procéder au rétablissement de ses conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre à l'OFII de procéder au réexamen de sa demande de rétablissement de ses conditions matérielles d'accueil dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 155 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 contre renonciation de la part de ce conseil au bénéfice de l'indemnité versée au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- il n'est pas établi que le signataire de l'acte contesté était compétent pour ce faire ;
- la décision contestée est insuffisamment motivée ;
- la décision est dépourvue de base légale dès lors que l'OFII ne justifie ni de la décision de suspension des conditions matérielles d'accueil ni de sa notification ;
- la décision contestée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa particulière vulnérabilité et de ses besoins particuliers en matière d'accueil.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 décembre 2022, le directeur général de l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
L'aide juridictionnelle totale a été accordée à M. A par une décision du 8 juin 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. D A, né le 1er janvier 1985 au Pakistan, de nationalité pakistanaise, a présenté une demande d'asile en préfecture du Nord le 20 septembre 2017. Le même jour, après avoir été évalué par les services de l'OFII, il a accepté l'offre de prise en charge de l'OFII et a bénéficié des conditions matérielles d'accueil. Par une décision du 1er octobre 2018, l'OFII a suspendu le bénéfice de ses conditions matérielles d'accueil. Sous couvert d'une nouvelle attestation de demandeur d'asile obtenue ultérieurement, M. A a présenté une demande de rétablissement de ses conditions matérielles d'accueil. Par une décision du 10 octobre 2019, le directeur territorial de l'OFII de Lille a rejeté sa demande. Par lettre du 29 novembre 2019, M. A, par l'intermédiaire de son conseil, a présenté un recours gracieux contre cette décision. L'OFII a implicitement rejeté ce recours gracieux. Par la requête dont le tribunal est saisi, M. A doit être regardé comme demandant tant l'annulation de la décision explicite du 10 octobre 2019 que celle de la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'octroi de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. Par une décision du 8 juin 2020, postérieure à l'introduction de la requête, le bureau d'aide juridictionnelle a accordé à M. A le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale à titre définitif. Les conclusions tendant à ce que lui soit accordé le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire sont devenues sans objet. Il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, la décision du 18 octobre 2019 en litige a été signée par le directeur territorial de l'OFII de Lille, M. C E, qui était compétent pour ce faire en vertu d'une décision du 1er août 2019 portant délégation de signature du directeur général de l'OFII, publiée sur le site internet de l'OFII et au bulletin officiel du ministère de l'intérieur. Le moyen tiré du vice d'incompétence doit, par suite, être écarté.
4. En deuxième lieu, la décision du 18 octobre 2019 indique les dispositions législatives dont elle fait application ainsi que le motif de fait justifiant, selon le directeur territorial de l'OFII, que la demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil soit refusée. Ladite décision, qui comporte l'énoncé des considérations de fait et de droit sur lesquelles elle se fonde, est ainsi suffisamment motivée. Par ailleurs, si le silence gardé par l'OFII sur le recours gracieux formé par M. A a fait naître une décision implicite de rejet, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que l'intéressé ait demandé à l'OFII, conformément à l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration, les motifs de cette décision. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit, par suite, être écarté.
5. En troisième lieu, l'illégalité d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, ne peut être utilement invoquée par voie d'exception à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative ultérieure que si cette dernière décision a été prise pour l'application du premier acte ou s'il en constitue la base légale.
6. Le refus de l'OFII de rétablir les conditions matérielles d'accueil de M. A n'a pas, en tout état de cause, été pris en application de la décision suspendant ses conditions matérielles d'accueil, laquelle s'est nécessairement manifestée, notamment, par la cessation du versement de l'allocation pour demandeur d'asile. Cette décision n'en constitue pas non plus la base légale. Par suite, le requérant ne peut utilement invoquer l'illégalité de la décision portant suspension des conditions matérielles prise le 1er octobre 2018.
7. En quatrième et dernier lieu, si le bénéfice des conditions matérielles d'accueil a été suspendu, le demandeur d'asile peut en demander le rétablissement à l'Office, qui devra apprécier la situation particulière du demandeur à la date de la demande de rétablissement au regard notamment de sa vulnérabilité, de ses besoins en matière d'accueil ainsi que, le cas échéant, des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acceptation initiale des conditions matérielles d'accueil.
8. Il ressort des pièces du dossier que M. A, né en 1985, est célibataire et sans charge de famille en France. Il ne fait état d'aucun problème de santé particulier. La seule circonstance qu'il ait dû être hébergé par des connaissances, qui l'ont par ailleurs aidé financièrement et pour lui fournir des vêtements, n'est pas à seule de nature à établir la particulière vulnérabilité de l'intéressé. Enfin, il n'apporte aucun motif valable pour expliquer qu'il ne soit pas rendu à l'aéroport pour être transféré vers l'Italie et qu'il ne se soit ensuite plus présenté aux autorités chargés de l'asile en vue de régulariser ou expliquer sa situation. Au vu de ces éléments, c'est à juste titre que le directeur territorial de l'OFII de Lille a refusé de procéder au rétablissement des conditions matérielles d'accueil de M. A.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'octroi de l'aide juridictionnelle à titre provisoire présentées par M. A.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 14 mars 2023 à laquelle siégeaient :
M. Fabre, président,
Mme Monteil, première conseillère,
Mme Piou, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2023
Le président-rapporteur,
Signé
X. BL'assesseur le plus ancien,
Signé
A.-L. MONTEIL
La greffière,
Signé
M. F
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
5
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026