mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2003161 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | DEWAELE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces, enregistrées les 22 avril et 6 août 2020, M. C A, représenté par Me Dewaele, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet du Nord a rejeté sa demande reçue le 26 août 2019 tendant à l'abrogation de son arrêté du 4 septembre 2017 portant notamment obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire ainsi que la décision implicite par laquelle le même préfet a rejeté sa demande du même jour tendant à la délivrance d'un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre à ce préfet de lui délivrer une carte de séjour temporaire ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
- il n'est pas établi que les décisions attaquées aient été prises par une autorité habilitée ;
- elles sont dépourvues de motivation ;
- elles ont été prises à l'issue d'une procédure irrégulière, en l'absence de délivrance d'un dossier médical et de saisine du comité médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen sérieux de sa situation ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation et ont été prises en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La requête a été communiquée au préfet du Nord qui n'a pas produit de mémoire.
M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 juin 2020.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Après avoir entendu le rapport de Mme B au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, ressortissant malien né le 27 janvier 1999 à Modincanou (Mali), déclare avoir quitté son pays d'origine en 2013 et avoir transité par le Niger, la Lybie puis l'Italie avant d'entrer en France le 2 juin 2016. Il a été placé auprès des services de l'aide sociale à l'enfance (ASE) jusqu'à sa majorité. Par un arrêté du 4 septembre 2017, le préfet du Nord a pris à son encontre une décision portant obligation de quitter le territoire sans délai de départ volontaire assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français d'un an. Par courrier du 21 août 2019, reçu le 26 août suivant, M. A a demandé à ce préfet d'abroger la mesure d'éloignement prise à son encontre par l'arrêté précité et de lui délivrer un titre de séjour pour raisons de santé. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler les décisions implicites nées du silence gardé par le préfet sur ces deux demandes.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. /A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / () ". Selon l'article L. 211-5 de ce code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Aux termes des dispositions de l'article L. 232-4 du même code : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ".
3. Il ressort des pièces du dossier que, par un courrier du 8 janvier 2020, réceptionné le 20 janvier suivant, le conseil de M. A a sollicité la communication des motifs des décisions implicites de rejet nées du silence gardé sur ses demandes formulées par courrier du 21 août 2019. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet ait communiqué en réponse les motifs de ses décisions dans le délai d'un mois prévu par les dispositions précitées. Par suite, M. A est fondé à soutenir que cette décision est entachée d'un défaut de motivation.
4. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, M. A est fondé à demander l'annulation des décisions implicites qu'il conteste.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
5. Compte tenu de ce qui précède, l'exécution du présent jugement implique seulement que le préfet du Nord procède au réexamen de la demande de titre de séjour et de la demande d'abrogation présentées par M. A. Il y a lieu de lui enjoindre d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a en revanche pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
6. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. En conséquence, son conseil peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Dewaele, conseil de M. A, d'une somme de 1 200 euros, sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite du 26 décembre 2019 portant refus de délivrance d'un titre de séjour et celle du 26 octobre 2019 portant refus d'abrogation de l'obligation de quitter le territoire français du 4 septembre 2017 sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Nord de procéder au réexamen de la demande de titre de séjour et de la demande d'abrogation présentées par M. A dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Me Dewaele, conseil de M. A, une somme de
1 200 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du
10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Dewaele et au préfet du Nord.
Délibéré après l'audience du 5 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
M. Bauzerand, président,
M. Even, premier conseiller,
Mme Piou, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.
La rapporteure,
signé
C. B
Le président,
signé
Ch. BAUZERAND
La greffière,
signé
M. NICODEME
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026