mardi 31 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2003246 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SCP CARLIER DHORNE KHAYAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 avril 2020, Mme C A, dont le tuteur est l'association tutélaire Atinord, représentée par Me Khayat, demande au tribunal :
1°) d'annuler les titres de recettes n° 802545, n° 802562, n° 805299 et n° 805319 émis à son encontre pour un montant total de 7 228,32 euros et de la décharger de l'obligation de payer cette somme mise à sa charge ;
2°) de condamner l'établissement public de santé mentale (EPSM) des Flandres à lui rembourser la somme de 2 758,42 euros correspondant à un trop-perçu de loyer sur la période du 1er août 2015 au 30 septembre 2016 ;
3°) de condamner l'EPSM des Flandres à lui verser la somme de 2.500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi qu'aux entiers dépens.
Elle soutient que :
- les créances de l'EPSM des Flandres correspondant au montant de ses frais hospitaliers en accueil familial thérapeutique ne sont pas fondées dans la mesure où le contrat prévoyant une nouvelle tarification ayant été signé le 1er juillet 2017, il régit seulement la période d'hébergement postérieurement à cette date ;
- elle est créancière de la somme de 2 758,42 euros au titre des loyers perçus par l'établissement pour la période allant du 1er août 2015 au 30 septembre 2016, tel que l'en a informé l'EPSM des Flandres par un courrier du 25 janvier 2017.
Par deux mémoires, enregistrés les 3 et 25 juin 2021, l'EPSM des Flandres conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués dans la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 12 janvier 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 14 février 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- l'arrêté du 19 février 2015 modifié relatif aux forfaits alloués aux établissements de santé mentionnés à l'article L. 162-22-6 du code de la sécurité sociale ayant des activités de médecine, chirurgie, obstétrique et odontologie ou ayant une activité d'hospitalisation à domicile ;
- l'arrêté du 9 juillet 2015 portant fixation des tarifs journaliers de prestations applicables à compter du 1er août 2015 à l'EPSM des Flandres ;
- l'arrêté du 17 mai 2016 portant fixation des tarifs journaliers de prestations applicables à compter du 1er juin 2016 à l'EPSM des Flandres ;
- l'arrêté 23 juin 2016 relatif à l'organisation, au financement et au versement des ressources des hôpitaux de proximité ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de Mme Michel, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, majeure protégée sous tutelle et prise en charge par l'EPSM des Flandres, a conclu le 5 juillet 2004 un contrat d'" accueil familial thérapeutique " avec l'établissement public et Mme D pour un accueil chez cette dernière à compter du 18 mars 2005. Mme A a été hospitalisée à temps complet en accueil familial thérapeutique du 1er août au 31 décembre 2015, du 1er janvier au 30 juin 2016, du 1er juillet au 10 novembre 2016 et du 14 novembre au 31 décembre 2016. Au titre de ces hospitalisations, l'EPSM des Flandres a émis, le 21 juillet 2016, les titres de recettes n° 802545 et n° 802562 et, le 11 janvier 2017, les titres de recettes n° 805299 et n° 805319, correspondant au ticket modérateur pour un montant total de 7 228,32 euros. En l'absence de paiement, l'EPSM des Flandres a notifié le 3 juillet 2018 à l'employeur de Mme A une opposition à tiers détenteur pour un montant de 7 228,32 euros. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de ces quatre titres de recettes et la décharge de l'obligation de payer les sommes mises à sa charge.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 443-10 du code de l'action sociale et des familles : " Sans préjudice des dispositions relatives à l'accueil thérapeutique, les personnes agréées mentionnées à l'article L. 441-1 peuvent accueillir des malades mentaux en accueil familial thérapeutique organisé sous la responsabilité d'un établissement ou d'un service de soins. Les obligations incombant au président du conseil départemental en vertu de l'article L. 441-1 peuvent être assumées par l'établissement ou le service de soins. Les obligations incombant au président du conseil départemental en vertu de l'article L. 441-2 sont assumées par l'établissement ou le service de soins. Les accueillants familiaux thérapeutiques employés par cet établissement ou service sont des agents non titulaires de cet établissement ou service. / () / En contrepartie des prestations fournies, l'établissement ou service de soins attribue : / () / 3° Un loyer pour la ou les pièces réservées au malade ; () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 174-4 du code de la sécurité sociale : " Un forfait journalier est supporté par les personnes admises dans des établissements hospitaliers ou médico-sociaux, à l'exclusion des établissements mentionnés à l'article L. 174-6 du présent code et au 6° du I de l'article L. 312-1 du code de l'action sociale et des familles. Ce forfait n'est pas pris en charge par les régimes obligatoires de protection sociale, sauf dans le cas des enfants et adolescents handicapés hébergés dans des établissements d'éducation spéciale ou professionnelle, des victimes d'accidents du travail et de maladies professionnelles, des bénéficiaires de l'assurance maternité et des bénéficiaires de l'article L. 115 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre, ainsi que des donneurs d'éléments et produits du corps humain mentionnés à l'article L. 1211-2 du code de la santé publique. / () / Le forfait journalier s'impute à due concurrence sur la participation laissée éventuellement à la charge des assurés par leurs régimes respectifs d'assurance maladie, lorsque le montant de cette participation est supérieur ou égal à celui du forfait journalier ; dans le cas contraire, la participation est imputée sur le forfait. Cette disposition n'est toutefois pas applicable lorsqu'en vertu du l° de l'article L. 322-3 la participation de l'assuré à l'occasion d'une hospitalisation est limitée au motif que la dépense demeurant à sa charge dépasse un certain montant. / () ". Enfin, l'article R. 174-5 du même code dispose que : " Le forfait journalier institué à l'article L. 174-4 est déterminé compte tenu du coût journalier moyen d'hébergement. Son montant qui ne peut excéder la moitié de ce coût est fixé par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale, de la santé, de l'agriculture, de l'économie, des finances et du budget. ". Aux termes de l'article R. 174-5-1 de ce code : " Le montant du forfait journalier applicable en cas d'hospitalisation dans un service de psychiatrie d'un établissement de santé ne peut excéder 75 % du montant du forfait fixé en application de l'article R. 174-5. ".
Sur le bien-fondé des titres de recettes n° 802545, n° 802562, n° 805299 et n° 805319 :
4. Il est constant que Mme A a été hospitalisée du 1er janvier au 2015 au 10 novembre 2016, puis du 14 novembre 2016 au 31 décembre 2016 à l'ESPM des Flandres. Il résulte de l'instruction que le contrat conclu le 1er janvier 2017 régit les modalités de prise en charge en accueil familial thérapeutique de Mme A, les rémunérations et les indemnités de l'accueillant familial versées par l'EPSM des Flandres, l'assurance ainsi que le remplacement en cas d'absence de l'accueillant familial et la modification ou la rupture du contrat d'accueil. Ce contrat ne fixe pas les frais dûs par le patient au titre de son hospitalisation, lesquels sont déterminés par voie réglementaire. Mme A ne peut donc pas utilement se prévaloir de la conclusion de ce contrat le 1er janvier 2017, soit postérieurement aux périodes d'hospitalisation concernées, pour contester le bien-fondé des titres de recettes émis par l'EPSM des Flandres. Il résulte par ailleurs de l'instruction que, compte tenu des dates d'hospitalisation de Mme A, pour fixer ces frais, l'EPSM des Flandres s'est fondé à bon droit sur les arrêtés des 9 juillet 2015 et 17 mai 2016 portant fixation des tarifs journaliers de prestations applicables à l'EPSM des Flandres à compter, respectivement, du 1er août 2015 et du 1er juin 2016. Par ailleurs, Mme A a l'obligation, en application des dispositions de l'article L. 174-4 du code de la sécurité sociale, de s'acquitter en qualité de malade hospitalisé du forfait journalier et des frais d'hospitalisation réclamés, dont il n'est pas contesté qu'ils ont été exposés par l'EPSM des Flandres et sont restés à la charge de ce dernier. Il s'ensuit que les conclusions tendant à l'annulation des quatre titres de recettes en litige et à la décharge de l'obligation de payer les sommes correspondantes doivent être rejetées.
Sur la demande de remboursement de la somme de 2 271,64 euros :
5. La requérante fait valoir qu'elle détient une créance de 2 758,42 euros sur l'EPSM des Flandres, pour la période allant du 1er août 2015 au 20 septembre 2016, qui trouve son origine, selon les dires mêmes du défendeur, dans la circonstance qu'à compter du 1er octobre 2016, le montant de l'indemnité représentative de mise à disposition de la ou des pièces réservées à la personne accueillie est désormais réglée directement par l'établissement public dans le cadre de la paye des familles d'accueil. Si l'EPSM des Flandres fait valoir en défense qu'à défaut de règlement par Mme A des quatre titres litigieux, il n'était pas tenu de rembourser la somme litigieuse de 2 758,42 euros, les dispositions l'article L. 443-10 du code de l'action sociale et des familles prévoyant qu'en contrepartie des prestations fournies par l'accueillant familial thérapeutique, l'établissement de soins lui attribue un loyer pour la ou les pièces réservées au malade, faisaient obstacle à ce que cette somme soit mise à la charge de sa patiente. Il s'ensuit que Mme A est fondée à en demander sans condition la restitution par l'EPSM des Flandres.
6. Il résulte de ce qui précède que l'EPSM des Flandres doit être condamné à verser à Mme A la somme de 2 758,42 euros.
Sur les frais liés au litige :
En ce qui concerne les dépens :
7. Aucun dépens, au sens de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, n'a été exposé dans le cadre de la présente instance. Par suite, les conclusions relatives à la charge des dépens ne peuvent qu'être rejetées.
En ce qui concerne les frais exposés et non compris dans les dépens :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'EPSM des Flandres le versement d'une somme de 1 200 euros à Mme A au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'Etablissement public de santé mentale des Flandres est condamné à verser à Mme A la somme de 2 758,42 euros.
Article 2 : L'Etablissement public de santé mentale des Flandres versera à Mme A la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à l'Etablissement public de santé mentale des Flandres.
Délibéré après l'audience du 30 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Jarrige, président,
M. Fougères, premier conseiller,
Mme Bruneau, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 janvier 2023.
La rapporteure,
signé
M. Bruneau
Le président,
signé
A. Jarrige
La greffière,
signé
I. Baudry
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026