vendredi 7 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2003644 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL SANDRA PELLEN AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 mai 2020, M. et Mme D et G A, représentés par Me Pellen, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 décembre 2019 par lequel le maire de Bondues a délivré à Mme E un permis de construire une maison individuelle sur un terrain situé 2 ter Pavé des Bois Blancs, ainsi que la décision du 25 mars 2020 rejetant leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Bondues la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté accordant le permis de construire est illégal dès lors qu'il comporte une erreur quant au numéro cadastral du terrain d'assiette ;
- le maire de Bondues aurait dû opposer un sursis à statuer à la demande de permis de construire en application de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme ;
- le permis de construire est entaché de fraude dès lors que, d'une part, Mme E n'a pas demandé d'autorisation de lotir et que, d'autre part, son projet méconnait les articles UD 9 et UD 14 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de la métropole européenne de la communauté urbaine de Lille métropole ;
- le permis de construire méconnait l'article UD 7 du règlement du PLU de la communauté urbaine de Lille métropole.
Par un mémoire enregistré le 11 juin 2020, la commune de Bondues, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. et Mme A la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par des mémoires enregistrés les 16 juillet 2020 et 25 août 2022, Mme C E, représentée par Me Balaÿ, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 4 000 euros soit mise à la charge de M. et Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire enregistré le 16 juillet 2020, Mme E demande au tribunal de mettre à la charge des requérants, sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme, le versement de la somme de 20 000 euros en réparation des préjudices subis.
Elle soutient que :
- la requête traduit un comportement abusif des requérants ;
- elle subit un préjudice financier.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de M. Babski, rapporteur public,
- et les observations de Me Hermary, substituant Me Balaÿ, représentant Mme E.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 5 décembre 2019, le maire de Bondues a délivré à Mme E un permis de construire une maison individuelle sur un terrain situé 2 ter Pavé des Bois Blancs. Le 5 février 2020, M. et Mme A ont présenté un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté, que le maire de Bondues a rejeté par une décision du 25 mars 2020. Par la requête susvisée, M. et Mme A demandent au tribunal d'annuler ces deux décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, si le dossier de demande de permis de construire déposé par Mme E mentionne à tort que le terrain d'assiette du projet est situé sur une parcelle cadastrée AT 153 alors qu'il est situé en réalité sur la parcelle AT 156, cette simple erreur de plume est sans incidence sur la légalité de l'autorisation accordée dès lors qu'au regard des différents documents versés au dossier, notamment de la notice descriptive du projet et du plan de masse, et eu égard à la circonstance que la référence cadastrale AT 153 n'est attribuée à aucune parcelle sur le territoire communal, l'appréciation du service instructeur sur la localisation et les caractéristiques du terrain d'assiette du projet n'a pas été faussée. Le moyen soulevé en ce sens doit dès lors être écarté.
3. En deuxième lieu, l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme prévoit les différentes hypothèses permettant à l'autorité compétente de surseoir à statuer sur des demandes d'autorisations concernant des travaux, constructions ou installations. Parmi ces hypothèses, le deuxième alinéa de cet article renvoie notamment aux cas prévus à l'article L. 153-11 du même code, dont le troisième alinéa dispose que : " L'autorité compétente peut décider de surseoir à statuer, dans les conditions et délai prévus à l'article L. 424-1, sur les demandes d'autorisation concernant des constructions, installations ou opérations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan dès lors qu'a eu lieu le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durable. ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 442-14 du même code : " Lorsque le lotissement a fait l'objet d'une déclaration préalable, le permis de construire ne peut être refusé ou assorti de prescriptions spéciales sur le fondement de dispositions d'urbanisme nouvelles intervenues depuis la date de non-opposition à la déclaration préalable, et ce pendant cinq ans à compter de cette même date. ".
4. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions que l'autorité compétente ne peut légalement surseoir à statuer, sur le fondement de l'article L. 424-1 du même code, sur une demande de permis de construire présentée dans les cinq ans suivant une décision de non-opposition à la déclaration préalable de lotissement au motif que la réalisation du projet de construction serait de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan local d'urbanisme.
5. Il ressort des pièces du dossier que par un arrêté du 14 décembre 2018, le maire de la commune de Bondues ne s'est pas opposé à la division en trois lots de la parcelle cadastrée AT 13 appartenant à Mme E suite à sa déclaration préalable effectuée à cet effet le 16 novembre 2018. Puis, le 5 décembre 2019, soit moins de cinq ans après cette décision de non-opposition, il a délivré à Mme E un permis de construire une maison individuelle sur la parcelle AT 156 issue de cette division. Dans ces conditions, le maire n'a pas entaché l'arrêté attaqué d'illégalité en n'opposant pas, sur le fondement de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme, un sursis à statuer à la demande de permis de construire de Mme E. Par suite, doit être écarté le moyen tiré de ce que le permis de construire contesté aurait dû faire l'objet d'un sursis à statuer en application de ces mêmes dispositions.
6. En troisième lieu, un permis de construire n'a d'autre objet que d'autoriser la construction d'immeubles conformes aux plans et indications fournis par le pétitionnaire. La circonstance que ces plans et indications pourraient ne pas être respectés ou que ces immeubles risqueraient d'être ultérieurement transformés ou affectés à un usage non conforme aux documents et aux règles générales d'urbanisme n'est pas, par elle-même, sauf le cas d'éléments établissant l'existence d'une fraude à la date de la délivrance du permis, de nature à affecter la légalité de celui-ci. La caractérisation de la fraude résulte de ce que le pétitionnaire a procédé de manière intentionnelle à des manœuvres de nature à tromper l'administration sur la réalité du projet dans le but d'échapper à l'application d'une règle d'urbanisme. Une information erronée ne peut, à elle seule, faire regarder le pétitionnaire comme s'étant livré à l'occasion du dépôt de sa demande à des manœuvres destinées à tromper l'administration.
7. Aux termes du a) du 1) du II) de l'article UD9 de la section IV du titre II du règlement du plan local d'urbanisme de la communauté urbaine de Lille Métropole, dans sa rédaction applicable au litige : " la surface maximale d'emprise des constructions par rapport à la superficie de l'unité foncière est limitée à 20% ".
8. En l'espèce, Mme E a sollicité un permis de construire en vue d'édifier en second rang sur la parcelle cadastrée AT 156, une seconde maison individuelle. Il ressort des pièces du dossier que la superficie du terrain d'assiette du projet est de 3 666 mètres carrés et que l'emprise au sol de l'ensemble des constructions n'excèdera pas 408 mètres carrés, soit une surface inférieure au plafond de 20% autorisé par le règlement précité. Il ne ressort par ailleurs d'aucune des pièces du dossier qu'à la date de la décision attaquée, Mme E n'était pas propriétaire de la totalité de la parcelle cadastrée AT 156. Dans ces conditions, aucune disposition légale ou règlementaire n'interdisant à Mme E d'édifier une seconde maison d'habitation sur une parcelle dont elle est propriétaire ni ne l'obligeant à solliciter préalablement un permis d'aménager en l'absence de cession d'une partie de la parcelle cadastrée AT 156 qui aurait généré des droits à construire au profit d'un tiers et alors que l'article 157 de la loi du 24 mars 2014 pour l'accès au logement et un urbanisme rénové a, dès son entrée en vigueur le 26 mars suivant, supprimé toute référence au coefficient d'occupation des sols, en dépit des dispositions figurant aux plans locaux d'urbanisme le régissant, le moyen tiré de l'existence d'une fraude ne peut qu'être écarté en toutes ses branches.
9. En quatrième lieu, aux termes du 3) du I) de l'article UD 7 de la section IV du titre II du règlement du plan local d'urbanisme de la communauté urbaine de Lille Métropole, dans sa version applicable au litige : " () Les constructions édifiées à plus de 30 mètres de profondeur par rapport à la voie desservant l'unité foncière doivent respecter un retrait minimum de 6 mètres par rapport aux limites séparatives de l'unité foncière (). En cas de division, les 6 mètres se calculent par rapport aux limites séparatives externes de l'unité foncière qui fait l'objet de la division () ".
10. Ainsi qu'il a été dit au point 5 du présent jugement, Mme E a procédé à la division sa parcelle AT 13 de 5 563 mètres carrés en trois lots AT 156, AT 157 et AT 158, ce dernier lot ayant été ultérieurement cédé aux époux A. Si la construction projetée par Mme E sur la parcelle AT 156 qu'elle a conservée s'implantera à 3 mètres de la limite séparant le terrain d'assiette du projet de la parcelle cédée aux époux A, il ressort des pièces du dossier qu'elle se situera à plus de six mètres de la limite séparative externe de l'unité foncière ayant fait l'objet de la division. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article UD 7 doit être écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. et Mme A doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'application de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme :
12. Aux termes de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme du code de l'urbanisme, dans sa version applicable au présent litige : " Lorsque le droit de former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager est mis en œuvre dans des conditions qui traduisent un comportement abusif de la part du requérant et qui causent un préjudice au bénéficiaire du permis, celui-ci peut demander, par un mémoire distinct, au juge administratif saisi du recours de condamner l'auteur de celui-ci à lui allouer des dommages et intérêts. La demande peut être présentée pour la première fois en appel. ".
13. Compte tenu de la nature des moyens soulevés, l'introduction par M. et Mme A de leur requête ne peut être regardée comme traduisant un comportement abusif de leur part au sens des dispositions précitées de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme. Par suite, les conclusions indemnitaires présentées par Mme E sur le fondement de ces dispositions doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Bondues, qui n'est pas partie perdante dans l'instance, verse la somme que M. et Mme A demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. et Mme A la somme demandée par la commune de Bondues et Mme E au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par Mme E sur le fondement des dispositions de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme sont rejetées.
Article 3 : Les conclusions de la commune de Bondues et de Mme E présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme D et G A, à Mme C E et à la commune de Bondues.
Délibéré après l'audience du 23 février 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Chevaldonnet, président,
- Mme Grard, première conseillère,
- M. Liénard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 avril 2023.
Le rapporteur,
Signé
Q. LIENARD
Le président,
Signé
B. CHEVALDONNET
La greffière,
Signé
M. F
La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme
La greffière,
N°2003644
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026