mardi 8 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2003961 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP MASSON ET DUTAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces, enregistrées les 10 juin 2020 et 21 janvier 2021, Mme F B, Mme G B, Mme H B et M. E B, représentés par la SCP Masson et Dutat, demandent au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier de Saint-Omer à leur verser la somme de 7 938,75 euros au titre des préjudices subis par leur mère, Mme D B, ainsi que la somme de 3 000 euros au titre de leur propre préjudice moral ;
2°) de mettre à la charge de ce même centre hospitalier la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le centre hospitalier de Saint-Omer engage sa responsabilité pour défaut d'entretien normal d'un ouvrage public, la chute de Mme D B ayant été causée par la fermeture automatique des portes d'entrée de cet établissement ;
- les préjudices subis par leur mère avant son décès, comprenant un déficit fonctionnel temporaire total puis partiel, un déficit fonctionnel permanent, un préjudice esthétique ainsi que les souffrances endurées, peuvent être évalués à la somme totale de 7 938,75 euros ;
- leur propre préjudice moral pourra être évalué à la somme de 3 000 euros.
Par un mémoire, enregistré le 4 août 2020, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de la côte d'Opale, représentée par Me de Berny, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier de Saint-Omer à lui verser la somme de 17 305,21 euros au titre de ses débours définitifs, du fait de l'accident dont a été victime Mme D B le 8 avril 2016, assortie des intérêts au taux légal à compter du 4 août 2020 ;
2°) de condamner ce même centre hospitalier à lui verser la somme de 1 091 euros correspondant à l'indemnité forfaitaire de gestion prévue par l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale ;
3°) de mettre à la charge de ce même centre hospitalier la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- elle est fondée à demander au centre hospitalier de Saint-Omer le remboursement de ses débours définitifs, d'un montant de 17 238 euros, exposés dans l'intérêt de Mme D B à la suite de sa chute, causée par la fermeture automatique des portes d'entrée de l'établissement ;
- le centre hospitalier de Saint-Omer doit également lui verser la somme de 1 091 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue à l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 novembre 2020, le centre hospitalier de Saint-Omer, représenté par la SCP SHBK Avocats Segard Briout, conclut au rejet de la requête, au rejet des conclusions présentées par la CPAM de la côte d'Opale et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge des consorts B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- les circonstances de la chute de Mme B ne sont pas établies et, par suite, sa responsabilité ne saurait être engagée ;
- aucune faute ne lui est imputable dès lors qu'il a procédé à un entretien normal des portes automatiques d'entrée de son établissement.
La clôture de l'instruction a été fixée au 27 juillet 2022 à 12 h 00 par une ordonnance du 6 juillet 2022.
Le centre hospitalier de Saint-Omer a produit, à la demande du tribunal, des pièces, enregistrées le 25 août 2022, communiquées en application des dispositions de l'article R.613-1-1 du code de justice administrative.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance n° 1808756 du 29 janvier 2019 par laquelle le vice-président du tribunal a ordonné une expertise et désigné M. C en qualité d'expert ;
- le rapport d'expertise déposé au greffe du tribunal le 27 août 2019 ;
- l'ordonnance du 5 septembre 2019 taxant les frais de l'expertise à la somme de 1 200 euros.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Even, rapporteur public,
- et les observations de Me Chochois, représentant le centre hospitalier de Saint Omer.
Considérant ce qui suit :
1. Le 8 avril 2016, Mme D B a chuté au niveau des portes vitrées automatiques du sas d'entrée du centre hospitalier de Saint-Omer où elle se rendait pour un rendez-vous médical. Prise en charge au sein cet établissement, il lui a été diagnostiqué une fracture fermée cervicale de la hanche gauche. Le 10 avril 2016, elle a subi une arthroplastie totale de la hanche gauche non cimentée avec cotyle double mobilité et a quitté le centre hospitalier pour regagner son domicile le 4 mai 2016. Postérieurement à son décès intervenu le 13 novembre 2016, ses quatre enfants, Mme F B, I G B, I H B et M. E B, ont saisi le présent tribunal d'une requête, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Par ordonnance du 29 janvier 2019, le Dr. C a été désigné en qualité d'expert et a déposé son rapport le 27 août suivant. Par un courrier reçu le 6 mai 2020, les consorts B ont saisi le centre hospitalier de Saint-Omer d'une demande indemnitaire préalable, rejetée par décision du 22 mai 2020. Par la présente requête, ils demandent au tribunal de condamner ce centre hospitalier à leur verser la somme de 7 938,75 euros au titre des préjudices subis par leur mère ainsi que de 3 000 euros au titre de leur préjudice moral.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Il appartient à l'usager, victime d'un dommage survenu du fait d'un ouvrage public, de rapporter la preuve du lien de cause à effet entre cet ouvrage et le dommage dont il se plaint. La collectivité en charge dudit ouvrage doit alors, pour que sa responsabilité ne soit pas retenue, établir que l'ouvrage public faisait l'objet d'un entretien normal ou que le dommage est imputable à la faute de la victime ou à un cas de force majeure.
3. Il résulte de l'instruction que Mme B a chuté alors qu'elle se situait au niveau des portes vitrées automatiques du sas d'entrée du centre hospitalier de Saint-Omer. Sa fille, Mme F B, témoin directe de l'accident, a adressé à cet établissement, deux jours après cette chute, un courrier indiquant que sa mère avait chuté après avoir été percutée lors de la fermeture des portes automatiques. Par ailleurs, Mme F B a relaté les faits en des termes similaires tant dans une attestation adressée à son assurance au mois d'octobre 2016 que dans un courrier adressé à son conseil le 16 décembre 2020. Si le centre hospitalier renvoie au rapport de l'expert, lequel indique ne pouvoir exclure que la chute ait été causée par un malaise de l'intéressée, une telle hypothèse, qui n'est corroborée par aucun élément probant, n'apparaît pas de nature à remettre en doute les affirmations de ce témoin direct de l'accident. Le lien de causalité doit, dès lors, dans les circonstances de l'espèce, être regardé comme établi.
4. Toutefois, il résulte également de l'instruction que le centre hospitalier de Saint-Omer a fait procéder de manière régulière à l'entretien des portes automatiques en cause. Il produit ainsi à cet effet deux rapports de vérifications générales périodiques réalisées les 26 juin 2015, 9 décembre 2015 et 24 octobre 2016 qui indiquent que lesdites vérifications n'ont pas relevé d'anomalie ou de défectuosité, un rapport d'entretien d'une visite réalisée le 7 décembre 2015, deux rapports d'entretien de visites effectuées le 30 mars 2016, accompagnées d'un certificat de vérification, qui font état d'un fonctionnement satisfaisant de l'installation en cause. Par ailleurs, il ne résulte pas de l'instruction que d'autres incidents similaires aient eu lieu avant ou après l'accident de Mme B. Dans ces conditions, le centre hospitalier de Saint-Omer doit être regardé comme ayant procédé à un entretien normal de l'ouvrage. Par suite, en l'absence de faute de ce dernier, les consorts B et la CPAM de la Côte d'Opale ne sont pas fondés à rechercher la responsabilité de cet établissement.
Sur les dépens :
5. En vertu de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise () / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties./ () ".
6. Les frais d'expertise ont été liquidés et taxés à la somme de 1 200 euros par ordonnance du président du présent tribunal en date du 5 septembre 2019. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de laisser cette somme à la charge des requérants au titre des dépens de l'instance.
Sur les frais liés au litige :
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des consorts B la somme demandée par le centre hospitalier de Saint-Omer au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Par ailleurs, ces dispositions font obstacle à ce qu'une somme quelconque soit mise à la charge de ce dernier, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête des consorts B ainsi que les conclusions présentées par la CPAM de la Côte d'Opale sont rejetées.
Article 2 : Les frais d'expertise, liquidés et taxés à la somme de 1 200 euros sont laissés à la charge définitive des consorts B.
Article 3 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier de Saint-Omer sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme F B, à Mme G B, à Mme H B, à M. E B, à la caisse primaire d'assurance maladie de la Côte d'Opale et au centre hospitalier de Saint Omer.
Délibéré après l'audience du 11 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Fabre, président,
Mme Monteil, première conseillère,
Mme Piou, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 novembre 2022.
La rapporteure,
signé
C. A
Le président,
signé
X. FABRE
La greffière,
signé
A. HAUTCOEUR
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026