jeudi 13 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2004022 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL ITINERAIRES AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 12 juin 2020 et les 27 juillet 2021 et 20 septembre 2021, la société L'Avesnoise, représentée par Me Raimbert, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) à titre principal, d'annuler la délibération du 12 décembre 2019 par laquelle le conseil communautaire de la communauté d'agglomération Maubeuge-Val de Sambre (CAMVS) a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi), ensemble la décision du 7 avril 2020 portant rejet de son recours gracieux ;
2°) à titre subsidiaire, d'annuler la délibération du 12 décembre 2019 par laquelle le conseil communautaire de la CAMVS a approuvé le PLUi en tant que ce plan institue des zones à urbaniser 1AU, 1AUS, 2AU, 1AUE et 1AUEa non cohérentes avec les dispositions du règlement écrit des zones à urbaniser AU, AUS, AUE et AUEa et en tant qu'est instauré un secteur 1AUEa sur le territoire des communes d'Hautmont et Louvroil ;
3°) de mettre à la charge de la communauté d'agglomération Maubeuge-Val de Sambre une somme de 10 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
-la délibération attaquée est entachée d'un vice de procédure en tant que le rapport, l'avis et les conclusions de la commission d'enquête sont insuffisamment motivés au regard des dispositions de l'article R. 123-19 du code de l'environnement ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en tant que le rapport d'enquête publique n'a pas été mis en temps utile à disposition du public en méconnaissance des dispositions de l'article R. 123-21 du code de l'environnement ;
-elle est entachée d'un vice de procédure en l'absence de tenue de la conférence intercommunale telle que prévue par les dispositions de l'article L. 153-21 du code de l'urbanisme ;
-elle a été édictée à l'issue d'une procédure irrégulière en l'absence d'organisation d'une nouvelle enquête publique alors que le projet de PLUi a fait l'objet, postérieurement à l'enquête publique et en méconnaissance des dispositions de l'article
L.153-21 du code de l'urbanisme, de modifications qui ne résultent pas de l'enquête publique et qui sont de nature à bouleverser l'économie du projet ;
-elle est entachée d'un vice de procédure en l'absence de transmission aux membres de l'assemblée délibérante d'une note explicative de synthèse telle que prévue par les dispositions de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales ;
-le PLUi est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de droit en tant qu'il instaure une orientation d'aménagement et de programmation (OAP) " Village des marques " ;
-le PLUi est entaché d'une erreur de droit en tant qu'il comprend une OAP " densité " méconnaissant les dispositions des articles L. 151-7 et L. 152-1 du code de l'urbanisme ;
-l'instauration par le règlement du PLUi d'une zone 1AUEa sur le territoire des communes d'Haumont et de Louvroil n'est pas cohérente avec les objectifs du projet d'aménagement et de développements durables (PADD) tendant au développement économique et touristique autour de la Sambre, à la pérennisation du rôle de l'agglomération comme cœur économique de l'arrondissement, à la réaffirmation de celle-ci comme cœur d'attractivité urbain de l'arrondissement et au développement d'une politique d'attractivité touristique autour de la Sambre ;
-le classement d'une partie du site dit B " en zone 1AUEa est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
-le règlement de la zone 1AUEa nouvellement créée méconnaît les dispositions de l'article R. 151-30 du code de l'urbanisme ;
-l'interdiction en zone 1AUEa des activités où s'effectue l'accueil d'une clientèle, les cinémas et la restauration méconnaît la liberté du commerce et de l'industrie ;
-la délibération attaquée est entachée d'un détournement de pouvoir.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 14 juin 2021, le 27 août 2021 et le 23 novembre 2021, la communauté d'agglomération Maubeuge-Val de Sambre, représentée par la SELARL Itinéraires avocats demande au tribunal :
1°) à titre principal, de rejeter la requête ;
2°) à titre subsidiaire, de mettre en œuvre des dispositions de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme ;
3°) de mettre à la charge de la société L'Avesnoise la somme de 8 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par la société L'Avesnoise ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Chevaldonnet,
- les conclusions de M. Lienard, rapporteur public,
- et les observations de Me Plenet, représentant la communauté d'agglomération Maubeuge Val-de-Sambre.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 12 décembre 2019, le conseil communautaire de la communauté d'agglomération Maubeuge-Val de Sambre (CAMVS) a approuvé son plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi). Par sa requête, la société L'Avesnoise, propriétaire de terrains situés au lieu-dit " Rue de Sous le Mont " sur le territoire des communes d'Haumont et Louvroil, demande au tribunal d'annuler la délibération du 12 décembre 2019, ou, à défaut, de l'annuler en tant qu'elle institue des zones à urbaniser 1AU, 1AUS, 2AU, 1AUE et 1AUEa non cohérentes avec les dispositions du règlement écrit des zones à urbaniser AU, AUS, AUE et AUEa et en tant qu'est instauré un secteur 1AUEa sur le territoire des communes d'Hautmont et Louvroil.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne l'enquête publique :
2. Aux termes de l'article R. 123-19 du code de l'environnement : " () la commission d'enquête établit un rapport qui relate le déroulement de l'enquête et examine les observations recueillies. / Le rapport comporte le rappel de l'objet du projet, plan ou programme, la liste de l'ensemble des pièces figurant dans le dossier d'enquête, une synthèse des observations du public, une analyse des propositions produites durant l'enquête et, le cas échéant, les observations du responsable du projet, plan ou programme en réponse aux observations du public. / () la commission d'enquête consigne, dans une présentation séparée, ses conclusions motivées, en précisant si elles sont favorables, favorables sous réserves ou défavorables au projet () ".
3. Il résulte de ces dispositions que la commission d'enquête doit, d'une part, établir un rapport relatant le déroulement de l'enquête et procéder à un examen des observations recueillies lors de celle-ci, en résumant leur contenu et, d'autre part, indiquer dans un document séparé, ses conclusions motivées sur l'opération, en tenant compte de ces observations, mais sans être tenue de répondre à chacune d'elles.
4. D'une part, il ressort des pièces du dossier que dans son rapport réalisé après l'enquête publique ayant eu lieu du 5 septembre 2019 au 7 octobre 2019, la commission d'enquête a procédé à une analyse des 269 observations formulées par le public au cours de l'enquête, en les répartissant en fonction du lieu où elles ont été déposées puis en fonction des thèmes abordés notamment le zonage de certaines parcelles, pour 58% d'entre elles, le paysage ou l'environnement naturel, l'eau et les zones humides, le projet de règlement, le contournement de Maubeuge, l'éolien, les orientations d'aménagement et de programmation, la méthanisation. Chacune de ces observations a été reprise au sein du rapport et a fait l'objet d'une analyse de la commission au regard notamment des éléments de réponse apportés par la communauté d'agglomération. La circonstance que la commission a, à plusieurs reprises, pris acte de la réponse de l'établissement public sur les observations émises par le public au cours de l'enquête ne saurait caractériser une absence d'examen de celles-ci.
Elle permet seulement d'établir que la commission d'enquête a adhéré aux réponses de l'autorité compétente sur les points ainsi évoqués. En outre, la société requérante n'établit pas, ni même n'allègue, que la commission aurait omis d'analyser des propositions produites durant l'enquête. Enfin, la commission, qui n'avait pas à répondre de manière détaillée aux remarques effectuées par les personnes publiques consultés à titre d'avis, a, pour chacun de ceux expressément émis, procédé à une analyse de leur contenu et y a apporté des éléments de réponse suffisants bien que succincts.
5. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que les conclusions de la commission, qui ont été formulées dans un document séparé et qui sont favorables tout en étant assorties de réserves et de recommandations, procèdent à une analyse du projet de PLUi de la communauté d'agglomération au regard de la réglementation applicable et des objectifs que la CAMVS s'est fixés, y compris en matière commercial, et revêtent ainsi un caractère motivé.
6. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance du rapport et ces conclusions et avis de la commission d'enquête doit être écarté.
En ce qui concerne la mise à disposition du rapport et des conclusions de la commission d'enquête :
7. Aux termes de l'article L. 123-15 du code de l'environnement, dans sa version applicable au litige : " () la commission d'enquête rend son rapport et ses conclusions motivées dans un délai de trente jours à compter de la fin de l'enquête. (). / Le rapport et les conclusions motivées sont rendus publics par voie dématérialisée sur le site internet de l'enquête publique et sur le lieu où ils peuvent être consultés sur support papier () ". Aux termes de l'article R. 123-21 du même code : " L'autorité compétente pour organiser l'enquête adresse, dès leur réception, copie du rapport et des conclusions au responsable du projet, plan ou programme. / Copie du rapport et des conclusions est également adressée à la mairie de chacune des communes où s'est déroulée l'enquête et à la préfecture de chaque département concerné pour y être sans délai tenue à la disposition du public pendant un an à compter de la date de clôture de l'enquête. / L'autorité compétente pour organiser l'enquête publie le rapport et les conclusions du commissaire enquêteur ou de la commission d'enquête sur le site internet où a été publié l'avis mentionné au I de l'article R. 123-11 et le tient à la disposition du public pendant un an. ".
8. S'il appartient à l'autorité administrative de rendre public le rapport et les conclusions de la commission d'enquête dans les conditions fixées par les dispositions précitées du code de l'environnement, la méconnaissance de ces dispositions n'est toutefois de nature à vicier la procédure et donc à entraîner l'illégalité de la décision prise à l'issue de l'enquête publique que si elle n'a pas permis une bonne information de l'ensemble des personnes intéressées par l'opération ou si elle a été de nature à exercer une influence sur la décision de l'autorité administrative.
9. En l'espèce, il n'est pas sérieusement contesté que le rapport et les conclusions de la commission d'enquête en date du 4 novembre 2019 ont été publiés sur le site internet de la communauté d'agglomération le 15 novembre 2019, soit près d'un mois avant l'adoption du PLUi litigieux, site sur lequel l'avis d'enquête publique tel que prévu par le I de l'article R. 123-11 du code de l'environnement a été publié. S'il n'est pas établi que ces documents ont été rendus publics sur support papier, il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier qu'aurait été vainement demandée la communication d'une version du rapport sur un tel support pour pouvoir présenter des observations avant l'adoption du plan. Dans ces conditions, cette seule omission n'a pas été de nature à nuire à une bonne information du public intéressé ou à exercer une influence sur la décision d'approbation du PLUi. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 123-21 du code de l'environnement doit être écarté.
En ce qui concerne la présentation du rapport à la conférence intercommunale :
10. Aux termes de l'article L. 153-21 du code de l'urbanisme, dans sa version applicable au litige : " A l'issue de l'enquête, le plan local d'urbanisme, éventuellement modifié pour tenir compte des avis qui ont été joints au dossier, des observations du public et du rapport du commissaire ou de la commission d'enquête, est approuvé par : / 1° L'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale à la majorité des suffrages exprimés après que les avis qui ont été joints au dossier, les observations du public et le rapport du commissaire ou de la commission d'enquête aient été présentés lors d'une conférence intercommunale rassemblant les maires des communes membres de l'établissement public de coopération intercommunale () ".
11. Il ressort des pièces du dossier que par un courrier en date du 7 novembre 2019, les maires des communes relevant de la CAMVS ont été convoqués en vue de la séance du 22 novembre 2019 de la conférence intercommunale prévue par les dispositions précitées. Un point intitulé " PLUi : Retour sur les remarques émises (enquête publique, consultation des PPA et communes) avant l'approbation " a été inscrit à l'ordre du jour de cette séance Il ne ressort par ailleurs pas des pièces du dossier que les quarante-trois maires des communes concernées n'ont pas été régulièrement convoqués, ni que le rapport de la commission d'enquête n'a pas été présenté lors de cette journée. Par suite, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne les modifications opérées postérieurement à l'enquête publique :
12. Il résulte des dispositions citées au point 10 du présent jugement que le projet de plan ne peut subir de modifications, entre la date de sa soumission à l'enquête publique et celle de son approbation, qu'à la double condition que ces modifications ne remettent pas en cause l'économie générale du projet et qu'elles procèdent de l'enquête. Doivent être regardées comme procédant de l'enquête les modifications destinées à tenir compte des réserves et recommandations de la commission d'enquête, des observations du public et des avis émis par les autorités, collectivités et instances consultées et joints au dossier de l'enquête.
13. En premier lieu, la délibération contestée a eu pour objet d'instaurer un zonage 1AU se déclinant en des zones 1AU, 1AUS, 1AUe, 1AUEa ainsi qu'un zonage 2AU, le projet soumis à enquête ne comportant quant à lui qu'un zonage AU incluant des zones AUS, AUE et AUEa. Il ressort des pièces du dossier que l'instauration de cette distinction au sein du zonage AU prévu par les deuxièmes et troisièmes alinéas de l'article R. 151-20 du code de l'urbanisme a été sollicitée par certaines communes dans le cadre des avis qu'elles ont émis en application des dispositions des article L. 153-15 et R. 153-5 du code précité et qui ont été versés au dossier d'enquête, ces collectivités souhaitant qu'une distinction entre les opérations de construction puisse être effectué en fonction de leur échéance. Cette distinction entre les zones 1AU et 2AU, porte sur 0,01% du territoire communautaire. Eu égard à son impact territorialement limité et à ses seules conséquences en termes de phasage de certaines opérations de construction, il n'apparaît pas qu'elle aura pour effet de remettre en cause l'économie générale du projet. Les déclinaisons de la zone 1AU en zones 1AUS, 1AUE et 1AUEa ne sont, quant à elles, pas dépourvues de lien avec l'évolution induite par les demandes précitées de certaines communes et n'ont pas pour effet de bouleverser l'économie générale du projet, la modification portant sur l'ajout du seul " 1 " sans autre modification des règles applicables dans ce type de zones tels que prévus par le projet soumis à enquête sous la dénomination AUS, AUE et AUEa.
14. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, que postérieurement à l'enquête publique, le périmètre de zone 1AUEa " où les activités où s'effectue l'accueil d'une clientèle, les cinémas et la restauration sont interdites " a été étendu sur le site dit B ". Une telle modification procède de l'enquête publique, la commission d'enquête ayant souligné au point 6-2, ainsi que dans le cadre du paragraphe VII de ses conclusions motivées, la nécessité d'assurer un rééquilibrage entre les commerces implantés en centre-ville et les zones commerciales périphériques, celui-ci passant par une évolution des activités susceptibles d'être menées dans ces zones. Si la modification, ainsi décidée après l'enquête, limite les perspectives de développement des activités économiques sur le site dit B " dont l'extension d'un " Village des Marques " et d'un " Retail park " à construire et qu'elle est susceptible d'avoir des effets sur l'organisation spatiale de certaines de ces activités, elle ne porte toutefois que sur une partie limitée du territoire et ne caractérise pas un changement tel dans les partis d'urbanisme de la communauté d'agglomération qu'il entraînerait une remise en cause de l'économie générale du projet.
15. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que la création d'une orientation d'aménagement et de programmation (OAP), postérieurement à l'enquête publique, rue de Quiévelon à Cerfontaine, fait suite à une observation du public émise dans le courant de l'enquête. Elle a pour unique objet de sécuriser les conditions de développement d'une exploitation agricole située à proximité. Cette modification, qui résulte de l'enquête, n'a ainsi pas pour effet de modifier l'économie générale du projet en litige.
16. En quatrième lieu, les allégations de la société requérante sur les modifications qui auraient été apportées à l'OAP " Densité en zone urbaine " ne sont pas assorties des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Les modifications opérées concernant l'OAP " phasage " font, quant à elles, suite à une remarque de la direction départementale des territoires et de la mer du Nord et remédie à une erreur matérielle, et n'a pas pour effet de modifier l'économie du projet contrairement à ce qui est sommairement soutenu.
17. Il résulte de ce qui précède que les modifications apportées au projet arrêté de PLUi pour tenir compte des observations émises dans le cadre de l'enquête publique n'ont pas pour effet de remettre en cause l'économie générale du projet. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que celles-ci impliquaient l'organisation d'une nouvelle enquête publique. Le moyen doit donc être écarté.
En ce qui concerne l'information délivrée aux conseillers communautaires :
18. Aux termes de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales : " Dans les communes de 3 500 habitants et plus, une note explicative de synthèse sur les affaires soumises à délibération doit être adressée avec la convocation aux membres du conseil municipal. () ". Aux termes de l'article L. 2121-13 du même code : " Tout membre du conseil municipal a le droit, dans le cadre de sa fonction, d'être informé des affaires de la commune qui font l'objet d'une délibération. ".
19. Il résulte de ces dispositions, rendues applicables aux conseils communautaires des établissements publics de coopération intercommunale comportant au moins une commune de 3 500 habitants et plus par l'article L. 5211-1 du code général des collectivités territoriales, que le défaut d'envoi avec la convocation de la note explicative de synthèse portant sur chacun des points de l'ordre du jour entache d'irrégularité les délibérations prises, à moins que le maire ou le président de l'établissement public n'ait fait parvenir aux membres du conseil, en même temps que la convocation, les documents leur permettant de disposer d'une information adéquate pour exercer utilement leur mandat.
20. Il ne ressort pas des pièces du dossier que préalablement à la tenue de la séance du 12 décembre 2019 du conseil communautaire, les membres de cette instance se sont vus remettre une note explicative de synthèse telle que prévue par les dispositions précitées.
Ils ont toutefois été mis en mesure de télécharger par le biais de la plate-forme i-delibRE le projet de délibération en litige, ce projet rappelant notamment l'historique de la procédure d'élaboration du PLUi, les orientations arrêtées dans le cadre du projet d'aménagement et de développement durables (PADD), les conclusions de la commission d'enquête publique y compris l'existence de réserves et recommandations, le sens des avis des personnes publiques associées et les modifications apportées au projet postérieurement à l'enquête publique. Il apparaît par ailleurs que les différents documents constitutifs du projet de PLUi, les avis des communes et des personnes publiques associées ainsi que le dossier soumis à enquête publique et le rapport et l'avis de la commission d'enquête ont aussi été mis à la disposition des élus sur la plateforme dématérialisée précitée. La société requérante n'apporte aucun élément susceptible de remettre en cause les mentions de la délibération et de la convocation sur ces différents points. Dans ces circonstances, les élus ont disposé, en temps utile, d'une information adéquate pour exercer utilement leur mandat. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales doit être écarté.
En ce qui concerne l'absence de règlement écrit des zones 1AU et 2AU :
21. Aux termes de l'article L. 151-9 du code de l'urbanisme :
" Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger. / Il peut préciser l'affectation des sols selon les usages principaux qui peuvent en être faits ou la nature des activités qui peuvent y être exercées et également prévoir l'interdiction de construire. / Il peut définir, en fonction des situations locales, les règles concernant la destination et la nature des constructions autorisées. ".
Aux termes de l'article R. 151-11 du même code : " Les règles peuvent être écrites et graphiques. / Lorsqu'une règle fait exclusivement l'objet d'une représentation dans un document graphique, la partie écrite du règlement le mentionne expressément. / Tout autre élément graphique ou figuratif compris dans la partie écrite du document est réputé constituer une illustration dépourvue de caractère contraignant, à moins qu'il en soit disposé autrement par une mention expresse. "
22. Ainsi qu'il a été dit ci-dessus, la délibération attaquée a institué des zones 1AU et 2AU, la première ayant été déclinée en différents sous-types. Ces modifications n'ont porté que sur la partie graphique du règlement, la partie écrite reprenant la dénomination originelle de ces zones en distinguant uniquement les zones AU, AUS et AUE incluant une zone AUEa. Toutefois, les dispositions prévues pour les différentes zones AU doivent être regardées comme s'appliquant nécessairement aux zones 1AU et 2AU et leurs déclinaisons nouvellement opérées en fonction de leurs seules perspectives temporelles d'urbanisation et non pas en raison de différence de nature par rapport aux diverses zones AU initialement envisagées.
Par suite, la seule absence de concordance entre les parties graphiques et écrites du règlement ne caractérise pas, contrairement à ce qui est soutenu, l'existence d'une erreur de droit.
Le moyen doit, donc, être écarté.
En ce qui concerne les OAP :
23. Aux termes de l'article L. 151-6 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable au litige : " Les orientations d'aménagement et de programmation comprennent, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, des dispositions portant sur l'aménagement, l'habitat, les transports, les déplacements () / En l'absence de schéma de cohérence territoriale, les orientations d'aménagement et de programmation d'un plan local d'urbanisme élaboré par un établissement public de coopération intercommunale comprennent les dispositions relatives à l'équipement commercial et artisanal mentionnées aux articles L. 141-16 et L. 141-17. ". Aux termes de l'article L. 151-7 du même code, dans sa version applicable au litige : " I. - Les orientations d'aménagement et de programmation peuvent notamment : / 1° Définir les actions et opérations nécessaires pour mettre en valeur l'environnement, notamment les continuités écologiques, les paysages, les entrées de villes et le patrimoine, lutter contre l'insalubrité, permettre le renouvellement urbain et assurer le développement de la commune ; / 2° Favoriser la mixité fonctionnelle en prévoyant qu'en cas de réalisation d'opérations d'aménagement, de construction ou de réhabilitation un pourcentage de ces opérations est destiné à la réalisation de commerces ; / 3° Comporter un échéancier prévisionnel de l'ouverture à l'urbanisation des zones à urbaniser et de la réalisation des équipements correspondants ; / 4° Porter sur des quartiers ou des secteurs à mettre en valeur, réhabiliter, restructurer ou aménager ; / 5° Prendre la forme de schémas d'aménagement et préciser les principales caractéristiques des voies et espaces publics ;
/ 6° Adapter la délimitation des périmètres, en fonction de la qualité de la desserte, où s'applique le plafonnement à proximité des transports prévu aux articles L. 151-35 et
L. 151-36 () ".
S'agissant de l'OAP " Village des Marques " :
24. En premier lieu, il résulte des dispositions citées au point précédent qu'une autorisation d'urbanisme ne peut être légalement délivrée si les travaux qu'elle prévoit sont incompatibles avec les OAP d'un PLUi et, en particulier, en contrarient les objectifs.
Il ressort des pièces du dossier qu'en vue de la construction d'un " Village des Marques ", d'un " Retail Park " et d'un parking silo sur des parcelles incluses dans le périmètre de l'OAP " Village des Marques ", la société requérante s'est vu délivrer deux permis de construire les 29 juin 2017 et 17 juillet 2017. Ces autorisations ayant été délivrées avant l'entrée en vigueur du PLUi litigieux, celui-ci ne saurait faire obstacle à la réalisation des travaux qu'elles prévoient, contrairement à ce qui est allégué. La société ne peut ainsi utilement se prévaloir d'une éventuelle incompatibilité entre ces autorisations existantes et l'OAP en litige.
25. En deuxième lieu, les allégations quant à l'existence d'une incompatibilité entre les dispositions du règlement du PLUI applicables en zone AUE et la localisation par l'OAP des espaces de stationnement ne sont pas assorties des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Il en est de même en ce qui concerne l'incompatibilité entre les principes d'aménagement mentionnés dans l'OAP et l'éventuel développement ultérieur du site.
26. En troisième lieu, cette OAP, dont les justifications ont été explicitées dans le rapport de présentation conformément aux dispositions de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme, ne comporte qu'un ensemble d'orientations relatives à l'aménagement des terrains en cause en vue de leur mise en valeur économique ainsi qu'urbanistique et environnementale, y compris en tant qu'elle mentionne des cônes de vues.
La seule désignation de la partie sud du territoire couvert par cette OAP comme un
" site de développement d'activités à long terme " n'a ni pour objet, ni pour effet de restreindre les possibilités de construction résultant des dispositions réglementaires applicables en zone 1AUea, quand bien même l'OAP privilégie les constructions à venir dans l'enveloppe de la desserte interne.
27. Par suite, la société L'Avesnoise n'est pas fondée à soutenir que l'OAP
" Village des Marques " est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation. Ces moyens doivent, par suite, être écartés.
S'agissant de l'OAP " Densité en zone urbaine " :
28. Il résulte des dispositions mentionnées au point 23 du présent jugement qu'une OAP peut définir des actions et opérations en vue de favoriser la densification.
En l'espèce, l'OAP en litige identifie des secteurs dénommés " gisements ", qui sont représentés dans des cartes annexes, et au sein desquels elle instaure des règles en vue de déterminer le potentiel minimal de ces " gisements " au titre de la construction de logements. En se bornant à citer le contenu de cette OAP et en en déduisant que les demandes d'autorisation d'urbanisme seront examinées dans le cadre d'un rapport de conformité et non de compatibilité, sans aucune autre forme d'argumentaire, la société L'Avesnoise n'assortit pas son moyen des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, et alors que la communauté d'agglomération s'est bornée en édictant une telle OAP à définir des objectifs en termes de logement et d'utilisation rationnelle des sols, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
En ce qui concerne la cohérence entre le règlement et le PADD du PLUi :
29. En premier lieu, pour apprécier la cohérence exigée au sein du PLU entre le règlement et le PADD, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme, si le règlement ne contrarie pas les orientations générales et objectifs que les auteurs du document ont définis dans le projet d'aménagement et de développement durables, compte tenu de leur degré de précision. Par suite, l'inadéquation d'une disposition du règlement du plan local d'urbanisme à une orientation ou un objectif du projet d'aménagement et de développement durables ne suffit pas nécessairement, compte tenu de l'existence d'autres orientations ou objectifs au sein de ce projet, à caractériser une incohérence entre ce règlement et ce projet.
30. Il ressort des pièces du dossier que le PADD du PLUi de la CAMVS comporte au sein de son axe 1 " Agglo 2030 : vers une destination Sambre " un objectif intitulé
" Soutenir la redynamisation commerciale des centres villes et centres bourgs en contenant les implantations commerciales de périphérie ". A travers cet objectif, les auteurs du PADD ont entendu souligner la nécessité d'" affirmer le rôle commercial majeur du centre-ville de Maubeuge " et de permettre son renforcement " afin d'assurer une meilleure cohérence dans l'offre globale proposée aujourd'hui trop uniquement orientée vers le centre commercial
Val de Sambre et les espaces commerciaux attenants ". Ils ont aussi souligné la nécessité de " conforter les pôles intermédiaires de centralités " en vue d'offrir " des alternatives aux seuls pôles fonctionnels de grandes ou moyennes surfaces " et d'" assurer un maillage raisonné des services de proximité aux habitants. Par suite, la limitation des activités commerciales susceptibles d'être exercées au sein de zone 1AUEa mentionnée au point 14 du présent jugement, eu égard à la position géographique de cette zone en périphérie par rapport aux centres villes et bourg, concourt à la réalisation des objectifs précités en tant qu'elle permet d'éviter la création d'activités de nature à renforcer l'attractivité de la zone commerciale à créer et d'obérer le développement de ce type d'activités, notamment dans le centre-ville de Maubeuge. Dans ce circonstances et quand bien même le PADD prévoit encore qu'il est nécessaire de " Réencourager un développement économique et touristique autour de la Sambre ", de " Développer une politique d'attractivité touristique notamment autour de la Sambre ", de " Pérenniser durablement le rôle de l'Agglo comme cœur économique de l'arrondissement " et de " Réaffirmer l'agglomération comme cœur d'attractivité urbain de l'arrondissement ", la création d'une zone 1AUEa n'apparaît pas incohérent avec les orientations du PADD prises dans leur ensemble. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à invoquer une absence de cohérence entre le règlement en tant qu'il instaure la zone contestée et le PADD. Le moyen doit, par suite, être écarté.
31. En second lieu, aux termes de l'article R. 151-30 du code de l'urbanisme : " Pour des raisons de sécurité ou salubrité ou en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, le règlement peut, dans le respect de la vocation générale des zones, interdire : / 1° Certains usages et affectations des sols ainsi que certains types d'activités qu'il définit ; / 2° Les constructions ayant certaines destinations ou sous-destinations. ".
32. En l'espèce l'interdiction de certaines activités au sein de la zone 1AUEa est, compte tenu de ce qui a été mentionné au point 30 du présent jugement, cohérente avec le PADD et respecte la vocation générale assignée à la zone 1AUEa. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 151-30 du code de l'urbanisme doit être écarté.
En ce qui concerne le classement d'une partie du site dit B " en zone " 1AUEa " :
33. Aux termes de l'article R. 151-20 du code de l'urbanisme :
" Les zones à urbaniser sont dites "zones AU". Peuvent être classés en zone à urbaniser les secteurs destinés à être ouverts à l'urbanisation. / Lorsque les voies ouvertes au public et les réseaux d'eau, d'électricité et, le cas échéant, d'assainissement existant à la périphérie immédiate d'une zone AU ont une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter dans l'ensemble de cette zone et que des orientations d'aménagement et de programmation et, le cas échéant, le règlement en ont défini les conditions d'aménagement et d'équipement, les constructions y sont autorisées soit lors de la réalisation d'une opération d'aménagement d'ensemble, soit au fur et à mesure de la réalisation des équipements internes à la zone prévus par les orientations d'aménagement et de programmation et, le cas échéant, le règlement. / Lorsque les voies ouvertes au public et les réseaux d'eau, d'électricité et, le cas échéant, d'assainissement existant à la périphérie immédiate d'une zone AU n'ont pas une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter dans l'ensemble de cette zone, son ouverture à l'urbanisation est subordonnée à une modification ou à une révision du plan local d'urbanisme comportant notamment les orientations d'aménagement et de programmation de la zone. ".
34. Il appartient aux auteurs d'un PLUi de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Ils peuvent être amenés, à cet effet, à modifier le zonage ou les activités autorisées dans une zone déterminée, pour les motifs énoncés par les dispositions citées ci-dessus.
Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
35. D'une part, il ressort des pièces du dossier que la délibération contestée a pour objet de classer la partie sud du site dit B ", situé sur les territoires des communes d'Haumont et de Louvroil, en zone 1AUEa. Ainsi qu'il a été dit ci-dessus, ce zonage implique une limitation des activités économiques susceptibles d'y être développées et notamment les cinémas, les activités de restauration et celles impliquant l'accueil d'une clientèle. Le site en cause est constitué d'une friche industrielle devant être aménagée en vue de l'accueil d'activités économiques et commerciales, l'entrée en vigueur du PLUi litigieux n'ayant pas pour effet, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, d'empêcher l'exécution des travaux au titre desquels la société requérante s'est vu délivrer des permis de construire les 29 juin 2017 et 17 juillet 2017, y compris en tant qu'ils portent sur les parcelles désormais classées en zone 1AUEa. Il résulte en outre de ce qui a été dit au point 30 du présent jugement que l'instauration d'une telle zone s'inscrit dans le parti d'urbanisme arrêté par la communauté d'agglomération afin de favoriser une implantation des activités interdites au sein de la zone 1AUEa dans les centres-villes, notamment celui de Maubeuge et d'en limiter la concentration au sein des zones périphériques en vue d'assurer une meilleure attractivité des centres-villes et bourgs.
Par ailleurs, la circonstance que les parcelles concernées étaient classées en zone AUX par le précédent document d'urbanisme et n'étaient pas soumises à de telles interdictions est sans incidence sur le bien-fondé du classement contesté dès lors que les auteurs du PLUi ne sont pas liés par le classement antérieur des parcelles, un propriétaire ne disposant d'aucun droit au maintien dudit classement. Dans ces conditions, le classement en zone 1AUEa de la partie sud du site dit B " ne saurait être regardé comme étant entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
36. D'autre part, il est de la nature de toute réglementation d'urbanisme de distinguer des zones où les possibilités de construire sont différentes ainsi que des zones inconstructibles. Dès lors que le classement du site en litige en zone 1AUEa n'est pas entaché d'une erreur manifeste d'appréciation et répond au parti d'urbanisme de la communauté d'agglomération, il ne saurait constituer une rupture d'égalité ou entraîner une atteinte excessive à la liberté du commerce et de l'industrie, à la liberté d'entreprendre ou au droit de propriété, nonobstant la circonstance que le classement contesté empêcherait la société L'Avesnoise de développer son activité.
En ce qui concerne le détournement de pouvoir :
37. En l'espèce, le détournement de pouvoir allégué n'est pas établi.
38. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la société L'Avesnoise tendant à l'annulation totale ou partielle de la délibération du 12 décembre 2019 par laquelle le conseil communautaire de la CAMVS a approuvé le PLUi ainsi qu'à celle de la décision du
7 avril 2020 portant rejet de son recours gracieux doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
39. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la CAMVS, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la société L'Avesnoise demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la société L'Avesnoise une somme de 3 000 euros au titre des frais exposés par la CAMVS et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société L'Avesnoise est rejetée.
Article 2 : La société L'Avesnoise versera à la communauté d'agglomération Maubeuge
Val-de-Sambre une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société L'Avesnoise et à la communauté d'agglomération Maubeuge Val de Sambre.
Délibéré après l'audience du 14 mars 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Chevaldonnet, président,
- Mme Grard, première conseillère,
- Mme Leclère, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2023.
Le président-rapporteur,
Signé
B. CHEVALDONNET
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
Signé
E. GRARD
La greffière,
Signé
M. A
La République mande et ordonne au préfet du Nord ce en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026