mardi 5 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2004043 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | CATTOIR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 12 et 23 juin 2020, les 6, 22 et 28 juillet 2020 puis le 31 août 2020, M. C B doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la délibération du 24 mai 2020 par laquelle le conseil municipal de Flines-les-Râches a fixé le régime indemnitaire applicable au maire, aux adjoints au maire et aux conseillers municipaux délégués ;
2°) d'enjoindre à la commune de recouvrer les indemnités perçues par les élus depuis le début de leur mandat.
Il soutient que :
- la délibération n'est signée par aucun membre du conseil municipal ;
- elle méconnait les dispositions des articles L. 311-9 du code des relations entre le public et l'administration et L. 2121-26 du code général des collectivités territoriales ;
- la délibération méconnait les dispositions de l'article L. 2123-17 du code général des collectivités territoriales qui prévoit que les fonctions de maire, d'adjoint et de conseiller municipal sont gratuites ;
- la délibération se fonde indûment sur les dispositions de l'article L. 2123-20 du code général des collectivités territoriales ;
- alors que le versement d'indemnités est motivé par la réduction des activités personnelles et professionnelles, des adjoints et le maire sont à la retraite.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 août 2020, la commune de Flines-lez-Râches, représentée par Me Cattoir, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 000 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable, dès lors que la requête n'est pas conforme aux dispositions de l'article R. 411-1 du code de justice administrative ;
- les moyens invoqués dans la requête sont infondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Lassaux, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération en date du 24 mai 2020, le conseil municipal de Flines-lez-Râches (Nord), a fixé le régime indemnitaire applicable au maire, à ses adjoints et aux conseillers municipaux délégués. Par la présente requête, M. B, habitant de la commune, demande au tribunal d'annuler cette délibération.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 2121-23 du code général des collectivités territoriales : " Les délibérations () / () sont signées par tous les membres présents à la séance, ou mention est faite de la cause qui les a empêchés de signer ".
3. Il ressort des pièces du dossier que la délibération contestée, telle qu'extraite du registre des délibérations du conseil municipal de la commune de Flines-lez-Râches, n'est pas revêtue de la signature des membres du conseil municipal présents lors de la séance du 24 mai 2020. Toutefois, les dispositions précitées de l'article L. 2121-23 du code général des collectivités territoriales ne sont pas prescrites à peine de nullité. Dès lors, le moyen tiré de leur violation ne peut, en tout état de cause, qu'être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l'article L.311-9 du code des relations entre le public et l'administration : " L'accès aux documents administratifs s'exerce, au choix du demandeur et dans la limite des possibilités techniques de l'administration : / 1° Par consultation gratuite sur place, sauf si la préservation du document ne le permet pas ; / 2° Sous réserve que la reproduction ne nuise pas à la conservation du document, par la délivrance d'une copie sur un support identique à celui utilisé par l'administration ou compatible avec celui-ci et aux frais du demandeur, sans que ces frais puissent excéder le coût de cette reproduction, dans des conditions prévues par décret ; / 3° Par courrier électronique et sans frais lorsque le document est disponible sous forme électronique ; / 4° Par publication des informations en ligne, à moins que les documents ne soient communicables qu'à l'intéressé en application de l'article L. 311-6 ". Par ailleurs, aux termes des dispositions de l'article L. 2121-26 du code général des collectivités territoriales : " Toute personne physique ou morale a le droit de demander communication des procès-verbaux du conseil municipal, des budgets et des comptes de la commune et des arrêtés municipaux. / Chacun peut les publier sous sa responsabilité. / La communication des documents mentionnés au premier alinéa, qui peut être obtenue aussi bien du maire que des services déconcentrés de l'Etat, intervient dans les conditions prévues par l'article L. 311-9 du code des relations entre le public et l'administration. / Les dispositions du présent article s'appliquent aux établissements publics administratifs des communes ".
5. Si M. B semble invoquer la méconnaissance de ces dispositions, il n'apporte à l'appui de ce moyen aucune précision de nature à permettre au tribunal d'en apprécier le bien-fondé. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que la délibération contestée lui a été communiquée. Enfin, la circonstance qu'il n'ait pas été répondu à ses demandes d'informations est sans incidence sur la légalité de la délibération en litige. Par suite, ce moyen ne peut, en tout état de cause, qu'être écarté.
6. En troisième lieu, en vertu des dispositions de l'article L. 2123-17 du code général des collectivités territoriales : " Sans préjudice des dispositions du présent chapitre, les fonctions de maire, d'adjoint et de conseiller municipal sont gratuites ".
7. Il ressort des dispositions précitées que le principe de gratuité des fonctions électives ne fait pas obstacle à l'octroi d'indemnités limitativement énumérées au chapitre III du Titre II du Livre 1er de la deuxième partie de la partie législative du code général des collectivités territoriales, parmi lesquelles figurent les indemnités de fonction, objet de la délibération contestée. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit ainsi soulevé doit être écarté.
8. En quatrième lieu, en vertu des dispositions de l'article L. 2123-20 du code général des collectivités territoriales : " I.- Les indemnités allouées au titre de l'exercice des fonctions de maire et de président de délégation spéciale et les indemnités maximales pour l'exercice effectif des fonctions d'adjoint au maire des communes, de conseiller municipal des communes de 100 000 habitants et plus ou de membre de délégations spéciales qui fait fonction d'adjoint sont fixées par référence au montant du traitement correspondant à l'indice brut terminal de l'échelle indiciaire de la fonction publique./ () ". Aux termes des dispositions de l'article L. 2123-23 de ce code : " Les maires des communes ou les présidents de délégations spéciales perçoivent une indemnité de fonction fixée en appliquant au terme de référence mentionné à l'article L. 2123-20 le barème suivant : / () De 3 500 à 9 999 habitants : 55 % de l'indice () / () ". Par ailleurs, aux termes des dispositions de l'article L. 2123-24 du même code : " I. - Les indemnités votées par les conseils municipaux pour l'exercice effectif des fonctions d'adjoint au maire et de membre de délégation spéciale faisant fonction d'adjoint au maire sont déterminées en appliquant au terme de référence mentionné à l'article L. 2123-20 le barème suivant : / () De 3 500 à 9 999 habitants : 22 % de l'indice () / () ".
9. Il ressort des pièces du dossier, notamment des termes de la délibération en litige que, contrairement à ce que soutient le requérant, la délibération n'a pas entendu se fonder exclusivement sur les dispositions de l'article L. 2123-20 précité du code général des collectivités territoriales, qui ne s'appliquent effectivement pas à la commune de Flines-lez-Râches laquelle compte 5 597 habitants, mais vise les dispositions des articles L. 2123-20 et suivants de ce code comprenant ainsi les dispositions applicables aux maires, adjoints et conseillers bénéficiant d'une délégation spéciale dans les communes de 3 500 à 9 999 habitants rappelées au point précédent. Par suite, le moyen tiré de la violation de la loi, qui manque en fait, doit être écarté.
10. En cinquième et dernier lieu, il ne ressort ni des dispositions précitées du code général des collectivités territoriales ni des termes de la délibération contestée que l'institution ou l'octroi de l'indemnité de fonctions serait conditionnée par l'exercice par les intéressés d'une activité professionnelle. La circonstance que la délibération rappelle que ces indemnités ont vocation à compenser les sujétions liées à l'exercice de fonctions électives, notamment la réduction des activités personnelles, qui ne sauraient s'entendre uniquement de l'exercice d'une activité professionnelle, ne saurait être interprétée comme instituant un telle condition. Dès lors, la circonstance que le maire ainsi que certains de ses adjoints soient à la retraite est sans incidence sur la légalité de l'acte litigieux. Un tel moyen ne peut, par suite, qu'être écarté comme étant inopérant.
11. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par la commune de Flines-lez-Râches, M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la délibération qu'il conteste.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
12. L'exécution du présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions de la requête aux fins d'injonction doivent être rejetées.
Sur l'amende pour recours abusif :
13. Aux termes des dispositions de l'article R. 741-12 du code de justice administrative : " Le juge peut infliger à l'auteur d'une requête qu'il estime abusive une amende dont le montant ne peut excéder 10 000 euros ". En l'espèce, la requête de M. B présente un caractère manifestement abusif. Il y a lieu de le condamner à payer une amende de 1 000 euros.
Sur les frais liés au litige :
14. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme de 1 000 euros à verser à la commune de Flines-lez-Râches au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B est condamné à payer une amende de 1 000 euros au titre de l'article R. 741-12 du code de justice administrative.
Article 3 : M. B versera à la commune de Flines-lez-Râches la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à la commune de Flines-les-Râches et au directeur départemental des finances publiques du Nord.
Délibéré après l'audience du 14 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Bauzerand, président,
M. Even, premier conseiller,
Mme Piou, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2022.
La rapporteure,
signé
C. A
Le président,
signé
Ch. BAUZERAND
La greffière,
signé
M. NICODEME
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026