lundi 18 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2004057 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | NOURY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 15 juin 2020 et le 23 juin 2021, M. D F, représenté par Me Noury, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 novembre 2019 par lequel la maire de la commune de Lille a accordé un permis de construire à Mme A ensemble, la décision du 11 mars 2020 portant rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Lille la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a intérêt à agir ;
- la requête est recevable, les délais de recours ayant été prorogés par l'ordonnance du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire ;
- il a respecté les obligations posées par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- l'arrêté a été signé par une autorité incompétente ;
- le dossier de permis de construire était entaché d'une erreur de nature à fausser l'appréciation de l'autorité administrative ;
- le projet d'extension méconnait les dispositions de l'article UB7 du règlement du plan local d'urbanisme en ce qu'il jouxte la limite séparative avec sa propriété ;
- le projet méconnait les dispositions de l'article UB12 du règlement du plan local d'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 janvier 2021, la commune de Lille conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- M. F ne justifie pas d'un intérêt à agir ;
- la requête méconnait les dispositions de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme ;
- les moyens soulevés par M. F ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 17 mai 2021 et le 3 février 2022, Mme B A, représentée par Me Fourquet, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. F au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requêté méconnait les dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- les moyens soulevés par M. F ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E,
- les conclusions de M. Babski, rapporteur public,
- et les observations de Me Noury, représentant M. F, et de Me Fourquet, représentant Mme A et de Mme C, représentant la commune de Lille.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a déposé, le 2 août 2019, une demande de permis de démolir un appentis et de construire une extension et une surélévation en R+2 avec terrasse de son habitation. Par un arrêté du 19 novembre 2019, la maire de Lille a délivré les autorisations sollicitées. Par un courrier du 24 janvier 2020, M. F a formé un recours gracieux demandant le retrait du permis de construire accordé. Par une décision du 11 mars 2020, la maire de Lille a rejeté ce recours gracieux. Par la requête susvisée, M. F demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 19 novembre 2019 portant permis de construire et de la décision du 11 mars 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la compétence du signataire de l'arrêté :
2. Aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et, en l'absence ou en cas d'empêchement des adjoints ou dès lors que ceux-ci sont tous titulaire d'une délégation à des membres du conseil municipal. () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. H G, adjoint à la maire de Lille, a reçu, par arrêté du maire de Lille du 5 avril 2019, délégation de signature notamment pour " des arrêtés portant délivrance, ou refus de délivrance, d'autorisation d'urbanisme " au nombre desquels sont cités les permis de construire. Cet arrêté a été affiché à l'hôtel de ville et transmis au contrôle de légalité le 5 avril 2019, puis publié au recueil des actes administratifs de la ville de Lille, n° 02/19 du deuxième trimestre 2019. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté du 19 novembre 2019 par lequel la maire de Lille a délivré à Mme A le permis de construire contesté manque en fait et doit, par suite, être écarté.
En ce qui concerne la composition du dossier de demande de permis de construire :
4. Aux termes de l'article R. 431-4 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire comprend : / a) Les informations mentionnées aux articles R. 431-5 à R. 431-12 ; / b) Les pièces complémentaires mentionnées aux articles R. 431-13 à R. * 431-33-1 ; / c) Les informations prévues aux articles R. 431-34 et R. 431-34-1. / Pour l'application des articles R. 423-19 à R. 423-22, le dossier est réputé complet lorsqu'il comprend les informations mentionnées au a et au b ci-dessus. / Aucune autre information ou pièce ne peut être exigée par l'autorité compétente. "
5. La régularité de la procédure d'instruction d'un permis de construire requiert la production par le pétitionnaire de l'ensemble des documents exigés par le code de l'urbanisme. Pour autant, la circonstance que le dossier de demande ne les comporterait pas tous ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
6. Il ressort des pièces du dossier que dans son formulaire Cerfa de demande de permis de construire, la pétitionnaire a, à la rubrique 5.2 " Nature du projet envisagé ", coché la case " nouvelle construction " et non celle " travaux sur construction existante ". Or son projet consiste en la construction d'une extension et d'une surélévation. Toutefois, cette même rubrique qui comporte une description des travaux projetés, ainsi que la notice architecturale et les différents plans et photomontages joints au dossier permettaient au service instructeur d'appréhender la nature réelle des travaux envisagés. Dans ces conditions, et alors que la décision attaquée précise elle-même que la demande d'autorisation d'urbanisme concerne des travaux sur construction existante, l'erreur commise dans le formulaire Cerfa n'a pas été de nature à fausser l'appréciation portée par le service instructeur sur cette demande. Le moyen doit ainsi être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UB12 du règlement du plan local d'urbanisme :
7. Aux termes de l'article UB12 du règlement du plan local d'urbanisme, alors applicable : " I) Dispositions générales / () / 2) Taille des places / Les places de stationnement doivent avoir pour dimensions minimales 2,30 mètres sur 5 mètres, avec un dégagement minimum de 5 mètres pour permettre les manœuvres. Ces dimensions doivent être libres de tout encombrement par des murs et piliers. () / II) Normes pour véhicules automobiles / Pour Lille et Hellemmes / A) Constructions nouvelles, reconstructions (sauf sinistre), extension, niveaux supplémentaires internes, et transformations de surfaces / Il doit être créé au minimum : 1) Pour les maisons individuelles et immeubles collectifs (sauf le logement locatif financé avec un prêt aidé de l'Etat) / Une place de stationnement pas logement. () E) Tous travaux (augmentation d surface de plancher, transformation de surfaces, changement de destination) supprimant un stationnement doivent entraîner l'obligation de recréer un nombre de places équivalent, dans la mesure où du fait de cette suppression le nombre de places est inférieur à la norme exigible en cas de construction neuve. () ".
8. Contrairement à ce que soutient le requérant, il ne ressort pas des pièces du dossier que les travaux autorisés par le permis de construire ont pour effet de supprimer une place de stationnement. Dans ces conditions, M. F ne peut utilement soutenir que le projet, en ce qu'il ne prévoit pas la création d'une nouvelle place de stationnement, méconnait les dispositions précitées de l'article UB12 du règlement du plan local d'urbanisme. Le moyen doit dès lors être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UB7 du règlement du plan local d'urbanisme :
9. Aux termes de l'article UB7 du règlement du plan local d'urbanisme, alors en vigueur : " I) Dispositions applicables à la zone U.B. / A) Pour les constructions nouvelles et reconstructions / 1) Tout point d'un bâtiment doit être () à une distance du point le plus proche des limites séparatives au moins égale à 3 mètres./ () Toutefois () / b) au-delà [d'une] bande de quinze mètres de profondeur () est autorisée la construction de bâtiments jouxtant une ou plusieurs limites séparatives de l'unité foncière et dont la hauteur sur cette ou ces limites n'excède pas 3,20 mètres à compter du niveau naturel du terrain de l'unité foncière d'implantation (tel que défini à l'annexe documentaire) ou de celui de l'unité foncière voisine inférieure si l'unité voisine est à un niveau différent. (). B) Pour les extensions / Les extensions sont soumises aux dispositions du paragraphe I)-A) précité à l'exception des deux cas ci-après : / 1) Sur les unités foncières riveraines d'une voie publique ou privée sur une longueur égale ou inférieure à sept mètres, les extensions arrières et latérales de bâtiments sont autorisées comme suit :/ () / b) Au-delà de cette bande de quinze mètres : la construction ajoutée doit, soit jouxter une ou les limites séparatives, soit respecter une marge d'isolement de 2 mètres minimum par rapport à une ou plusieurs limites séparatives, sans pouvoir, dans les deux cas, excéder 3,20 mètres de hauteur à l'égout des toitures avec une toiture à 45° maximum au-dessus de cette hauteur (un schéma explicatif de cette règle figure à l'annexe documentaire) / 2) Les extensions de bâtiments implantés à moins de trois mètres de la limite séparative sont autorisées sans jouxter la limite séparative, tel que figuré en annexe documentaire : - en prolongement du bâtiment existant dans le cas où celui-ci se situe à plus de 2 mètres de la limite séparative ; - à une distance minimale de 2 mètres de la limite séparative dans le cas où le bâtiment existant est à une distance de cette limite inférieure ou égale à 2 mètres. () ".
10. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des différents plans produits, que l'unité foncière supportant la construction existante de la pétitionnaire est riveraine de la voie publique sur une longueur supérieure à sept mètres et que cette construction se situe à plus de trois mètres du mur constituant la limite séparative avec la propriété du requérant. Dans ces conditions et pour ce qui concerne cette limite séparative, ce sont les dispositions précitées du A) du I) de l'article UB7 qui s'appliquent. Ces dispositions autorisent, dans une profondeur comprise entre quinze et trente mètres, l'implantation en limites séparatives d'une extension, en limitant la hauteur à 3,20 mètres. Il ressort des pièces du dossier que l'extension projetée par Mme A est située dans une profondeur comprise entre quinze et trente mètres et qu'elle est d'une hauteur de 3,20 mètres. Dans ces conditions, M. F n'alléguant pas par ailleurs que le niveau naturel de son terrain serait inférieur à celui de Mme A, le projet d'extension, en ce qu'il jouxte la limite séparative avec la propriété du requérant, est conforme aux dispositions précitées de l'article UB7 du règlement du plan local d'urbanisme. Par suite, le moyen doit être écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions présentées par M. F tendant à l'annulation de l'arrêté du 19 novembre 2019 par lequel la maire de la commune de Lille a accordé à Mme A un permis de construire ensemble, la décision du 11 mars 2020 par laquelle elle a rejeté son recours gracieux, doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Lille, qui n'est pas la partie perdant dans la présente instance, le versement de la somme que le requérant demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. F le versement d'une somme de 1 500 euros au bénéfice de Mme A en application de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. F est rejetée.
Article 2 : M. F versera à Mme A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D F, à la commune de Lille et à Mme B A.
Délibéré après l'audience du 16 juin 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Chevaldonnet, président,
- M. Liénard, conseiller,
- Mme Leclère, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2022.
La rapporteure,
Signé
M. LECLERELe président,
Signé
B. CHEVALDONNET
La greffière,
Signé
J. DEREGNIEAUX
La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026