lundi 12 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2004080 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | LEPERS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 16 juin et 30 octobre 2020, Mme A C représentée par Me Lepers Delepierre demande au tribunal :
1°) de prononcer la jonction avec l'instance enregistrée sous le n° 1910645 ;
2°) d'annuler la décision verbale du 25 octobre 2019 par laquelle le maire de la commune de Valenciennes a refusé de la nommer en qualité de fonctionnaire stagiaire ;
3°) d'enjoindre à la commune de Valenciennes de la nommer fonctionnaire stagiaire ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande de nomination et de la réintégrer au conservatoire, dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision à intervenir ;
4°) d'enjoindre à la commune de procéder au réexamen de sa situation, sous astreinte ne pouvant être inférieure à 500 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de la commune de Valenciennes une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme C soutient que :
- la décision a été prise par une personne incompétente ;
- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article 38-1 du décret du 15 février 1988 imposant le respect d'un délai de prévenance ;
- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article 38-1 du décret du 15 février 1988 imposant l'organisation d'un entretien préalable ;
- elle aurait dû donner lieu à la mise en œuvre d'une procédure contradictoire préalable ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en ce qu'en application des dispositions de l'article 3-4 de la loi du 26 janvier 1984, elle aurait dû être nommée fonctionnaire stagiaire après son admission sur la liste d'aptitude ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est entachée d'un détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 septembre 2020, la commune de Valenciennes, représentée par Me de Faÿ, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune de Valenciennes soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 5 novembre 2020, la clôture d'instruction a été fixée au 30 novembre 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- la loi n° 2019-828 du 6 août 2019 ;
- le décret n° 88-145 du 15 février 1988 ;
- le décret n° 91-857 du 2 septembre 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de Mme Allart, rapporteure publique,
- et les observations de Me de Faÿ, représentant la commune de Valenciennes.
Considérant ce qui suit :
1. Par un contrat à durée déterminée d'une durée d'un an prenant effet à compter du 1er décembre 2014, Mme A C a été recrutée par la commune de Valenciennes pour exercer les fonctions de professeur d'enseignement artistique de classe normale à temps complet au conservatoire municipal. A compter de son engagement et pour une période ininterrompue, Mme C a été maintenue dans ses fonctions par des contrats successifs dont le dernier, signé le 27 novembre 2017 et portant sur un emploi permanent de professeur d'enseignement artistique de classe normale relevant de la catégorie A, pris sur le fondement du 2° de l'article 3-3 de la loi du 26 janvier 1984, prévoyait un engagement d'une durée de deux ans à compter du 1er janvier 2018. Le 12 juillet 2019, elle était, à la suite de son admission au concours de professeur d'enseignement artistique de classe normale spécialité " musique " le 17 juin 2019, inscrite sur la liste d'aptitude correspondante à compter du 1er juillet 2019. Le 15 septembre 2019, Mme C a informé son employeur de sa réussite au concours et a sollicité sa nomination en qualité de fonctionnaire. Par une décision verbale du 25 octobre 2019, dont Mme C demande l'annulation, un refus a été opposé à sa demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 3-4 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa version applicable au litige : " I. - Lorsqu'un agent non titulaire recruté pour pourvoir un emploi permanent sur le fondement des articles 3-2 ou 3-3 est inscrit sur une liste d'aptitude d'accès à un cadre d'emplois dont les missions englobent l'emploi qu'il occupe, il est, au plus tard au terme de son contrat, nommé en qualité de fonctionnaire stagiaire par l'autorité territoriale. () ". Il résulte de ces dispositions que l'employeur est tenu de nommer en qualité de fonctionnaire stagiaire l'agent non titulaire inscrit sur une liste d'aptitude d'accès à un cadre d'emplois dont les missions englobent l'emploi qu'il occupe, si cet agent avait été recruté sur le fondement des articles 3-2 ou 3-3 de la loi du 26 janvier 1984.
3. Si la loi du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique a, par son article 24 modifiant l'article 3-4 de la loi du 26 janvier 1984 à compter du 8 août 2019, mis fin à cette obligation au profit d'une simple faculté pour l'autorité d'emploi, cette nouvelle version n'a, contrairement à ce que soutient la commune, vocation à s'appliquer aux situations en cours, que sous réserve des exigences attachées au principe de non-rétroactivité, qui exclut que l'on puisse revenir sur des situations juridiquement constituées avant son entrée en vigueur.
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que Mme C était, au 12 juillet 2019, date de son inscription sur la liste d'aptitude après sa réussite au concours de professeur d'enseignement artistique de classe normale spécialité " musique ", sous contrat conclu avec la commune de Valenciennes sur le fondement de l'article 3-3 de loi du 26 janvier 1984 précitée, pour pourvoir un emploi permanent de professeur d'enseignement artistique de classe normale, grade de catégorie A. Par ailleurs, il n'est pas contesté que le cadre d'emplois de professeur d'enseignement artistique auquel Mme C pouvait accéder en raison de son inscription sur cette liste d'aptitude englobait l'emploi qu'elle occupait précisément, ainsi que le contrat de travail conclu le 27 novembre 2017 et la délibération du conseil municipal en date du 3 juin 2016 l'établissent au demeurant. Dès lors, la situation de Mme C était juridiquement constituée avant l'entrée en vigueur de la version de l'article 3-4 de la loi du 26 janvier 1984 issue de la loi du 6 août 2019 précitée et la commune de Valenciennes était tenue de la nommer en qualité de fonctionnaire stagiaire au plus tard au terme de son contrat, la possibilité offerte à la commune de procéder au recrutement de l'agent au plus tard au terme de son contrat, soit le 31 décembre 2019, étant à cet égard sans incidence. Par suite, la requérante est fondée à soutenir que la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit.
5. Il en résulte que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, Mme C est fondée à demander l'annulation de la décision du 25 octobre 2019 par laquelle le maire de Valenciennes a refusé de la nommer en qualité de fonctionnaire stagiaire.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ".
7. Le présent jugement implique nécessairement que le maire de la commune de Valenciennes réintègre Mme C et la nomme professeur d'enseignement artistique stagiaire au 1er janvier 2020, date d'expiration de son contrat et reconstitue sa carrière, y compris ses droits à pension, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme C, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Valenciennes demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Valenciennes la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme C et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 25 octobre 2019 par laquelle le maire de la commune de Valenciennes a refusé de nommer Mme C en qualité de professeur d'enseignement artistique stagiaire est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Valenciennes de nommer Mme C professeur d'enseignement artistique stagiaire au 1er janvier 2020 et de reconstituer sa carrière, y compris ses droits à pension, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Valenciennes versera à Mme C la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et à la commune de Valenciennes.
Délibéré après l'audience du 18 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
- Mme Leguin, présidente,
- M. Borget, premier conseiller,
- Mme Zoubir, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 décembre 2022.
Le rapporteur,
signé
J. B
La présidente,
signé
A-M. LEGUIN
La greffière,
signé
C. CALIN
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026