LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2004096

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2004096

mercredi 28 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2004096
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC+
Formation6ème chambre
Avocat requérantKAPPOPOULOS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 juin 2020, Mme B A, représentée par Me Kappopoulos, demande au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 1er avril 2020 par laquelle l'inspecteur du travail s'est déclaré incompétent pour statuer sur la demande d'autorisation de la licencier présentée par la société par actions simplifiée Emballage diffusion service ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que sa candidature aux élections professionnelles, imminente et connue de son employeur, lui conférait le statut de salariée protégée ;

- l'enquête contradictoire est entachée d'irrégularité.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 octobre 2020, le directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi des Hauts-de-France conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens invoqués dans la requête ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 avril 2022, la société par actions simplifiée Emballage diffusion service devenu ORT Solutions premium, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 22 mars 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 23 mai 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code du travail ;

- la loi n°2020-290 du 23 mars 2020 ;

- le décret n°2020-260 du 16 mars 2020 ;

- le décret n°2020-293 du 23 mars 2020 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- les conclusions de Mme Michel, rapporteure publique,

- les observations de Me Kappopoulos, représentant Mme A.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A a été recrutée par un contrat à durée indéterminée, à compter du 1er juillet 2007, par la société par actions simplifiée Emballage diffusion service devenue ORT solutions premium, en qualité de responsable comptable. Elle a par ailleurs été candidate en tant que membre suppléante du collège unique aux élections du comité social et économique de la société. Par un courrier du 20 décembre 2019, l'employeur a présenté auprès de l'inspection du travail une demande d'autorisation de licenciement pour motif disciplinaire de Mme A. Par une décision du 8 janvier 2020, l'inspecteur du travail s'est déclaré incompétent pour statuer sur cette demande d'autorisation au motif que Mme A ne bénéficiait pas de la qualité de salariée protégée à la date de la demande d'autorisation. Par une décision du 1er avril 2020, l'inspecteur du travail a retiré sa décision du 8 janvier 2020 en ce qu'elle avait été prise en l'absence d'enquête contradictoire préalable et a rejeté la demande d'autorisation en se fondant sur le motif d'incompétence précité. Par ordonnance n° 2001552 du 15 octobre 2020, il a été donné acte du désistement d'office de Mme A de ses conclusions dirigées contre la décision du 8 janvier 2020. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal l'annulation de la décision du 1er avril 2020.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne l'enquête contradictoire :

2. D'une part, aux termes de l'article L.312-2 du code des relations avec le public et l'administration : " Font l'objet d'une publication les instructions, les circulaires ainsi que les notes et réponses ministérielles qui comportent une interprétation du droit positif ou une description des procédures administratives. Les instructions et circulaires sont réputées abrogées si elles n'ont pas été publiées, dans des conditions et selon des modalités fixées par décret. / Un décret en Conseil d'Etat pris après avis de la commission mentionnée au titre IV précise les autres modalités d'application du présent article. ". L'article R. 312-7 du même code dispose que : " Les instructions ou circulaires qui n'ont pas été publiées sur l'un des supports prévus par les dispositions de la présente section ne sont pas applicables et leurs auteurs ne peuvent s'en prévaloir à l'égard des administrés. / A défaut de publication sur l'un de ces supports dans un délai de quatre mois à compter de leur signature, elles sont réputées abrogées. ". Les dispositions de l'article R. 312-8 du même code : " Par dérogation à l'article R. 312-3-1, les circulaires et instructions adressées par les ministres aux services et établissements de l'Etat sont publiées sur un site relevant du Premier ministre. Elles sont classées et répertoriées de manière à faciliter leur consultation. ".

3. D'autre part, aux termes du premier alinéa de l'article R. 2421-4 du code du travail : " L'inspecteur du travail procède à une enquête contradictoire au cours de laquelle le salarié peut, sur sa demande, se faire assister d'un représentant de son syndicat ". En application de ces dispositions, l'inspecteur du travail, saisi d'une demande d'autorisation de licenciement d'un salarié bénéficiant de la protection exceptionnelle prévue par le code du travail doit, quel que soit le motif de la demande, procéder à une enquête contradictoire, y compris lorsque l'employeur, dans sa demande, fait état d'un doute sur l'existence de la protection et même de l'engagement d'une procédure, devant le juge judiciaire, tendant à remettre en cause la candidature du salarié qui a justifié la mention de la protection dans la demande de l'employeur. Il en va de même lorsque l'inspecteur du travail prévoit de retirer sa décision pour l'illégalité tenant précisément au défaut d'enquête contradictoire, la procédure contradictoire prévue par le code des relations entre le public et l'administration en cas de retrait illégal d'une décision créatrice de droits ne pouvant se substituer à la procédure spéciale prévue par le code du travail.

4. En premier lieu, lorsque, comme en l'espèce, où l'inspecteur du travail devait se prononcer sur la connaissance, par l'employeur, de l'imminence de la candidature de l'intéressée aux élections pour la représentation du personnel au comité social et économique, l'administration doit apprécier les faits afin de déterminer si le salarié bénéficie de la protection prévue par le code du travail, et non se borner à un simple constat, elle ne se trouve pas, contrairement à ce qu'elle fait valoir en défense, en situation de compétence liée. Le moyen tiré de l'irrégularité de l'enquête menée antérieurement à la décision attaquée dans la présente instance est donc opérant.

5. En second lieu, l'inspecteur du travail, est tenu de procéder à l'audition personnelle et individuelle du salarié concerné. Un entretien téléphonique, même individuel, ne peut se substituer, dans des circonstances normales, à cette audition. A compter du 16 mars 2020, du fait de l'épidémie de covid-19, le décret du même jour, visé ci-dessus, a interdit les déplacements, sauf exceptions limitativement énumérées, ne comprenant pas une procédure administrative telle qu'une enquête contradictoire relative à une demande d'autorisation de licenciement d'un salarié protégé, en se fondant sur les circonstances exceptionnelles. Par le décret du 23 mars 2020, l'interdiction de déplacement, toujours sous réserve d'exceptions limitativement énumérées, a été maintenue, cette fois en vertu de la loi, à savoir la loi du 23 mars 2020 visée ci-dessus. Les exceptions, prévues au I de l'article 3 du décret du 23 mars 2020, applicable jusqu'au 31 mars 2020, et donc applicable à la date de l'entretien téléphonique en cause, ne comprenaient pas les déplacements résultant de la convocation par une autorité administrative autre que les services de police, de gendarmerie ou chargés de la police administrative. Par suite, alors même que la circulaire du 17 mars 2020 du directeur général du travail n'a pas été publiée, l'administration du travail était fondée à procéder, à titre exceptionnel, à l'enquête contradictoire par voie d'entretien téléphonique. Aucune disposition ne faisant obligation à l'administration de rappeler la possibilité pour le salarié de se faire assister lors de cet entretien, la circonstance que cette assistance n'ait pas été organisée en l'espèce, alors qu'elle était techniquement envisageable, est sans incidence sur la régularité de la procédure menée par l'inspecteur du travail. Le moyen tiré, dans les circonstances très particulières de l'espèce où seule était en jeu la connaissance par l'employeur de l'imminence de la candidature de l'intéressée, de l'irrégularité de l'enquête contradictoire, doit être écarté.

En ce qui concerne la protection accordée au salarié protégé :

6. Aux termes de l'article L. 2411-7 du code du travail : " L'autorisation de licenciement est requise pendant six mois pour le candidat, au premier ou au deuxième tour, aux fonctions de membre élu de la délégation du personnel du comité social et économique, à partir de la publication des candidatures. La durée de six mois court à partir de l'envoi par lettre recommandée de la candidature à l'employeur. / Cette autorisation est également requise lorsque la lettre du syndicat notifiant à l'employeur la candidature aux fonctions de membre élu à la délégation du personnel du comité social et économique a été reçue par l'employeur ou lorsque le salarié a fait la preuve que l'employeur a eu connaissance de l'imminence de sa candidature avant que le candidat ait été convoqué à l'entretien préalable au licenciement. ".

7. En vertu de ces dispositions du code du travail, la procédure soumettant le licenciement d'un salarié à l'autorisation de l'inspecteur du travail s'applique lorsque la lettre du syndicat notifiant à l'employeur la candidature du salarié aux fonctions de membre du comité social et économique a été reçue par l'employeur ou lorsque le salarié a fait la preuve que l'employeur a eu connaissance de l'imminence de sa candidature avant que le candidat n'ait été convoqué à l'entretien préalable au licenciement.

8. Pour considérer qu'il n'était pas compétent pour se prononcer sur la demande d'autorisation de licenciement de Mme A et rejeter en conséquence cette demande, l'inspecteur du travail s'est fondé sur la circonstance qu'à la date du 18 novembre 2019 à laquelle la convocation à l'entretien préalable au licenciement a été envoyée par l'employeur, ce dernier n'avait pas connaissance de l'imminence de la candidature de Mme A au comité social et économique de l'entreprise. Si la requérante produit deux attestations indiquant que sa candidature était connue de l'ensemble des salariés et de la hiérarchie dès lors qu'ils ont eu de nombreux échanges dans le bureau de l'intéressée dont les portes étaient restées ouvertes, ce mode d'échanges ne permet cependant pas de justifier de la connaissance par l'employeur de la volonté de Mme A d'être candidate aux élections professionnelles. Ces attestations sont en outre contredites par celles produites par l'employeur selon lesquelles le 18 novembre 2019, en l'absence de candidates aux élections professionnelles, M. D a proposé à deux autres salariées de l'entreprise d'être candidates. Il ressort aussi des pièces du dossier que Mme A a fait part, à M. D, de son accord sur sa candidature seulement le 18 novembre au soir, et non le 13 ou le 15 novembre 2019 tel que mentionné dans les deux attestations qu'elle a produites. Il ressort également des pièces du dossier que la liste officielle a été transmise à l'employeur seulement le 19 novembre 2019 et que celle-ci a été affichée le 20 novembre suivant, soit le lendemain de la date à laquelle Mme A a reçu le courrier la convoquant à son entretien préalable. Par suite, l'inspecteur du travail en considérant que Mme A n'était pas titulaire d'un mandat la protégeant contre le licenciement n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.

9. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation du 1er avril 2020 par laquelle l'inspecteur du travail s'est déclaré incompétent pour statuer sur la demande d'autorisation de la licencier présentée par la société par actions simplifiée Emballage diffusion service.

Sur les frais liés au litige :

10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme A, au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la société ORT solutions premium sur le même fondement.

D E C I D E :

Article 1er : La requête présentée par Mme A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la société ORT solutions premium au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion et à la société par actions simplifiée ORT solution premium.

Copie en sera adressée au directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités des Hauts-de-France.

Délibéré après l'audience du 7 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Riou, président,

Mme Varenne, première conseillère,

Mme Bruneau, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2022.

La rapporteure,

signé

M. Bruneau

Le président,

signé

J.-M. Riou

La greffière,

signé

I. Baudry

La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions