vendredi 16 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2004131 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL LEGIS CONSEILS LENS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 17 juin 2020, les 3 juin et 18 novembre 2021 et le 7 mars 2022, la société à responsabilité limitée (SARL) LVI, représentée par Me Arnaud Fasquelle, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 16 janvier 2020 par laquelle le maire de Béthune a rejeté sa demande tendant au paiement direct de la somme totale de 35 815, 79 euros au titre des travaux qu'elle a réalisés en sous-traitance dans le cadre de l'opération d'extension et d'aménagement du complexe sportif Henri Louchart ;
2°) d'enjoindre à la commune de Béthune de lui verser la somme de 35 815, 79 euros, assortie des intérêts au taux légal courant à compter du 16 décembre 2019, ainsi que la somme de 120 euros à titre d'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement ;
3°) de condamner la commune de Béthune à lui verser la somme de 3 500 euros à titre de dommages et intérêts dus en raison de la résistance abusive que la collectivité a opposée à ses demandes de paiement ainsi que la somme de 1 200 euros à titre de dommages et intérêts dus en raison du caractère dilatoire et, ou abusif de l'appel en garantie qu'elle a formé en cours d'instance ;
4°) à titre subsidiaire, d'une part, d'enjoindre à la société Etablissements Maille et à Me Soinne, es qualité de liquidateur judiciaire de cette société, de lui communiquer la situation de travaux ainsi que les factures validées avec attestation de paiement direct, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
5°) à titre subsidiaire, d'autre part, d'enjoindre à la commune de Béthune de procéder au réexamen de sa demande de paiement direct au vu des éléments communiqués par la société Etablissements Maille ou par son liquidateur judiciaire, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
6°) de mettre à la charge de la commune de Béthune la somme de 3 457,50 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Il soutient que :
- il n'est pas établi que la décision attaquée ait été prise par une autorité habilitée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit ; la commune de Béthune est tenue au paiement des factures qu'elle a émises dès lors, d'une part, que cette dernière a accepté son intervention en qualité de sous-traitante de la société Etablissements Maille et agréé ses conditions de paiement, d'autre part, qu'il n'est pas contesté que les travaux correspondants ont été réalisés ;
- elle est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- le refus de paiement de la commune de Béthune lui a causé des difficultés de trésorerie ; il y a donc lieu de la condamner à lui verser la somme de 3 500 euros à titre de dommages et intérêts ;
- les conclusions d'appel en garantie présentées par la commune de Béthune ne sont pas fondées ; celles-ci sont abusives et dilatoires, de sorte que la commune de Béthune devra être condamnée à lui verser une somme supplémentaire de 1 200 euros sur le fondement de l'article 1240 du code civil.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 5 février 2021 et les 16 février, 7 juillet et 29 août 2022, la commune de Béthune, représentée par Me Céline Sabattier, conclut, dans le dernier état de ses écritures :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à titre subsidiaire, à la condamnation des sociétés Jacques Cardon et Sibeo Bet Ingénierie à la relever et garantir de toute condamnation prononcée à son encontre ;
3°) à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la société LVI au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les conclusions indemnitaires de la société LVI sont irrecevables, faute de liaison préalable du contentieux ;
- aucun des moyens soulevés à l'encontre de la décision attaquée n'est fondé ; à supposer même que cette dernière soit entachée d'illégalité externe, cette circonstance resterait sans incidence sur le droit à paiement direct de la société LVI ; les moyens fondés sur la méconnaissance des dispositions du code de la commande publique, qui est inapplicable au litige, sont inopérants ;
- la société LVI ne démontre pas avoir respecté la procédure de paiement direct ; la demande de paiement qu'elle lui a adressée le 10 octobre 2019 ne contenait aucune demande de paiement direct adressée au titulaire et son courrier du 16 décembre 2019 n'était accompagné ni d'une copie des factures adressées au titulaire ni de l'accusé de réception de la demande adressée au titulaire ;
- elle n'a commis aucune faute de nature à engager sa responsabilité ;
- le préjudice invoqué n'est pas établi ;
- elle est fondée à appeler le groupement de maitrise d'œuvre en garantie ; il appartenait à celui-ci de vérifier les situations de travaux présentées par la société Etablissements Maille et de déterminer si la société LVI pouvait être payée directement après réalisation de ses prestations ; du fait de la défaillance de la maîtrise d'œuvre, qui n'a pas analysé les décomptes mensuels présentés par la société Etablissements Maille ni distingué entre les prestations réalisés par elle ou par la société LVI, elle n'a pas été mise en mesure de payer la société LVI sans risquer de rémunérer deux fois la même prestation ; le maître d'œuvre ne s'est pas inquiété des modalités d'intervention de la société LVI.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 juillet 2022, la société par actions simplifiées (SAS) Sibeo Bet Ingenierie et l'entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) Jacques Cardon Architecte, représentées par Me Véronique Ducloy, concluent au rejet de l'appel en garantie formé à leur encontre par la commune de Béthune et à ce que soit mise à la charge de cette dernière une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles font valoir qu'elles n'ont pas manqué à leurs obligations contractuelles ; elles n'ont pas été informées du contrat de sous-traitance conclu avec la société LVI, ni de l'acceptation de cette dernière par la commune de Béthune ; la société Etablissements Maille n'a adressé à la société Sibeo Bet Ingenierie aucune facture de son sous-traitant ni attestation de paiement direct au bénéfice de celui-ci.
Par une ordonnance du 2 septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 23 septembre 2022 à 12 heures.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître des conclusions de la société LVI tendant à ce qu'il soit enjoint à la société Etablissements Maille de communiquer une situation des travaux qu'elle a réalisés et de valider les factures correspondants à ces derniers, qui constituent autant de mesures prises en exécution du contrat de sous-traitance qui les lie, dès lors que ce dernier a le caractère d'un contrat de droit privé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 75-1334 du 31 décembre 1975 ;
- l'ordonnance n° 2015-899 du 23 juillet 2015 ;
- le décret n° 2016-360 du 25 mars 2016 ;
- le décret n° 2013-269 du 29 mars 2013 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Caustier,
- les conclusions de M. Christian, rapporteur public,
- les observations de Me Galet, substituant Me Fasquelle, représentant la société LVI, celles de Me Jablonski, substituant Me Sabattier, représentant la commune de Béthune et celles de Me Mostaert, substituant Me Ducloy, représentant les société Sibeo Bet Ingénierie et Jacques Cardon Architecte.
Considérant ce qui suit :
1. La commune de Béthune a entrepris, au cours de l'année 2018, l'extension et l'aménagement du complexe sportif Henri Louchart. La maîtrise d'œuvre des travaux a été confiée à un groupement d'entreprises composé de l'EURL Jacques Cardon Architecte, mandataire du groupement, et de la SAS Sibeo Bet Ingénierie. Le lot n° 9 " chauffage ventilation plomberie sanitaire " du projet a été attribué à la société Etablissements Maille, qui a sous-traité la réalisation des travaux de " fourniture et de pose de gaines de ventilation " à la société LVI, pour un montant de 57 400 euros hors-taxes (HT). Les 18 avril, 20 mai et 19 juin 2019, la société LVI a émis trois factures, n°s FA 4301, FA4366 et FA 4415, de montants respectifs de 22 549, 83 euros, 10 549, 75 euros et 2 716, 21 euros. Par un jugement du tribunal de commerce d'Arras en date du 10 juillet 2019, la société Etablissements Maille a été placée en redressement judiciaire et Me Nicolas Soinne a été désigné en qualité de mandataire judiciaire de cette dernière. Par un jugement du même tribunal en date du 26 mars 2020, la liquidation judiciaire de la société Etablissements Maille a été prononcée et Me Soinne a été désigné en qualité de liquidateur. La commune de Béthune indique avoir alors résilié le contrat conclu avec le constructeur. Par différents courriers datés des 10 octobre et 22 novembre 2019, la société LVI a mis en demeure la commune de Béthune de lui verser la somme totale de 35 815, 79 euros correspondant aux factures précitées n°s FA 4301, FA4366 et FA 4415.
2. Par la présente requête, la société LVI doit être regardée comme demandant au tribunal de condamner la commune de Béthune à lui verser, au titre du paiement direct, la somme de 35 815, 79 euros au titre des travaux qu'elle a réalisés en sous-traitance, assortie des intérêts au taux légal courant à compter du 16 décembre 2019, la somme de 120 euros au titre de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement ainsi que les sommes de 3 500 euros et de 1 200 en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait, d'une part, de la résistance abusive de la commune de Béthune à lui verser les sommes qu'elle lui doit, d'autre part, du caractère dilatoire et, ou abusif des conclusions d'appel en garantie qu'elle a présentées en cours d'instance et, à titre subsidiaire, d'enjoindre à la société Etablissements Maille et à Me Soinne, es qualité de liquidateur judiciaire de cette société, de lui communiquer la situation de travaux ainsi que les factures validées avec attestation de paiement direct et à la commune de Béthune de procéder au réexamen de sa demande de paiement direct au vu des éléments ainsi produits.
Sur la compétence de la juridiction administrative :
3. Dès lors que le contrat de sous-traitance conclu entre société LVI et la société Etablissements Maille présente le caractère d'un contrat de droit privé, les conclusions de la société requérante tendant à ce que le tribunal enjoigne à son cocontractant d'établir une situation des travaux qu'elle a réalisés et de valider les factures correspondant à ces derniers, qui tendent à l'adoption d'autant de mesures d'exécution de son contrat, relèvent de la seule compétence des juridictions judiciaires. Elles doivent donc être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Sur la fin de non-recevoir :
4. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. / () ".
5. Il ne résulte pas de l'instruction que la société LVI ait adressé à la commune de Béthune une demande indemnitaire tendant au versement des sommes de 3 500 euros et de 1 200 euros au titre des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait, d'une part, de la résistance abusive de la commune de Béthune à lui verser les sommes qu'elle lui doit et, d'autre part, du caractère dilatoire et, ou abusif des conclusions d'appel en garantie qu'elle a présentées en cours d'instance. A défaut d'une telle liaison du contentieux, les conclusions indemnitaires de la requête tendant à la condamnation de la collectivité défenderesse à verser à la société LVI les sommes précitées sont irrecevables. Il y a donc lieu d'accueillir la fin de non-recevoir opposée sur ce point par la commune de Béthune.
Sur l'action en paiement direct :
6. D'une part, compte tenu du caractère de plein contentieux du recours présenté par la société LVI en vue du paiement, par la commune de Béthune, de trois factures portant sur les travaux qu'elle a réalisés, les vices propres dont serait, le cas échéant, entachée la décision du 16 janvier 2020 portant rejet de sa demande de paiement direct sont sans incidence sur le bien-fondé de sa demande et sur la solution du litige. Par suite, les différents moyens tirés de l'illégalité de cette décision sont inopérants et ne peuvent donc qu'être rejetés.
7. D'autre part, aux termes de l'article 62 de l'ordonnance du 23 juillet 2015 relative aux marchés publics, applicable au litige : " I. - Le titulaire d'un marché public peut, sous sa responsabilité, sous-traiter l'exécution de ce marché public dans les conditions fixées par la loi du 31 décembre 1975 susvisée. / () ". Aux termes de l'article 3 de la loi du 31 décembre 1975 relative à la sous-traitance : " L'entrepreneur qui entend exécuter un contrat ou un marché en recourant à un ou plusieurs sous-traitants doit, au moment de la conclusion et pendant toute la durée du contrat ou du marché, faire accepter chaque sous-traitant et agréer les conditions de paiement de chaque contrat de sous-traitance par le maître de l'ouvrage ; () ". Aux termes de l'article 5 de la même loi : " () / En cours d'exécution du marché, l'entrepreneur principal peut faire appel à de nouveaux sous-traitants, à la condition de les avoir déclarés préalablement au maître de l'ouvrage ". Aux termes de l'article 6 de cette loi : " Le sous-traitant direct du titulaire du marché qui a été accepté et dont les conditions de paiement ont été agréées par le maître de l'ouvrage, est payé directement par lui pour la part du marché dont il assure l'exécution. / () ".
8. Il résulte des dispositions combinées des articles 3 et 6 de la loi du 31 décembre 1975 relative à la sous-traitance, que le paiement direct du sous-traitant par le maître de l'ouvrage, pour la part du marché dont il assure l'exécution, est subordonné à la double condition que, sur la demande de l'entrepreneur principal, le sous-traitant ait été accepté par le maître de l'ouvrage et que les conditions de paiement du contrat de sous-traitance aient été agréées par ce dernier sous la forme d'un avenant au contrat initial ou d'un acte spécial signé des deux parties. En conséquence, le sous-traitant n'est pas en droit de prétendre au paiement direct par le maître de l'ouvrage, sur le fondement de la loi du 31 décembre 1975, des travaux exécutés antérieurement à la date à compter de laquelle le contrat de sous-traitance a été agréé par le maître de l'ouvrage.
9. En l'espèce, la société LVI recherche le paiement direct, par la commune de Béthune, de trois factures qu'elle a établies, les 18 avril, 20 mai et 19 juin 2019, pour un montant total de 35 815, 79 euros, au titre des travaux qu'elle a réalisés en qualité de sous-traitante de la société Etablissements Maille. Toutefois, il résulte de l'instruction, en particulier du courrier du 16 décembre 2019 adressé par le conseil de la société LVI au maire de Béthune, que les travaux correspondant aux " factures d'avril, mai et juin 2019 concernent des travaux effectués en novembre 2018, janvier, février et mars 2019 ", tandis que l'acte spécial portant acceptation de cette sous-traitance et agrément de ses conditions de paiement n'a été signé, par la commune de Béthune, que le 15 mars 2019 et le contrat de sous-traitance n'a été conclu que le 19 avril 2019. Dans ces circonstances, dès lors qu'il ne résulte pas de l'instruction que les travaux en litige aient été réalisés antérieurement à la date à compter de laquelle le contrat de sous-traitance a été agréé par le maître de l'ouvrage, l'action en paiement direct présentée par la société LVI doit être rejetée.
10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête tendant à la condamnation de la commune de Béthune à verser à la société LVI la somme de 35 815, 79 euros, assortie des intérêts au taux légal, doivent être rejetées.
11. Par voie de conséquence, les conclusions tendant à la condamnation de la même collectivité à verser une somme de 120 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de recouvrement doivent également être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
12. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution, de sorte que les conclusions de la requête à fin d'injonction doivent également être rejetées.
Sur les dépens :
13. La présente instance n'ayant généré aucun dépens, les conclusions de la société LVI tendant à leur versement ne peuvent qu'être rejetées.
Sur l'appel en garantie formé par la commune de Béthune :
14. Aucune condamnation n'étant prononcée à l'encontre de la commune de Béthune, il n'y a pas lieu de statuer sur ses conclusions d'appel en garantie.
Sur les frais liés au litige :
15. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions des parties présentées, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de la société LVI tendant qu'il soit enjoint à la société Etablissements Maille de communiquer une situation des travaux qu'elle a réalisés en sous-traitance ainsi que les factures validées par elle sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société LVI, à la commune de Béthune, à Me Soinne, es qualité de liquidateur judiciaire de la société Etablissements Maille, à la société Sibeo Bet Ingenierie et à la société Jacques Cardon Architecte.
Délibéré après l'audience du 26 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Stefanczyk, présidente,
M. Babski, premier conseiller,
M. Caustier, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 février 2024.
Le rapporteur,
Signé
G. CAUSTIER
La présidente,
Signé
S. STEFANCZYK
La greffière,
Signé
D. WISNIEWSKI
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026