vendredi 27 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2004258 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SCP WABLE TRUNECEK TACHON AUBRON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 juin 2020, Mme B A, représentée par Me Tachon, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le président du syndicat intercommunal à vocation unique (SIVU) des communes du Gy a prononcé son licenciement, à compter du 22 avril 2020, pour inaptitude définitive à exercer toutes fonctions ;
2°) de condamner le SIVU des communes du Gy à lui verser une somme supplémentaire de 1 664,66 euros au titre de l'indemnité de licenciement, une somme de 20 000 euros à titre d'indemnisation des préjudices subis du fait de son licenciement et une somme de 2 818,09 euros en remboursement de la somme qui lui a retirée par compensation de créance au titre d'un trop-versé de rémunération, assorties des intérêts au taux légal et de la capitalisation des intérêts ;
3°) de mettre à la charge du SIVU des communes du Gy une somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision litigieuse a été adoptée au terme d'une procédure irrégulière dès lors, d'une part, qu'elle n'a pas été informée de son droit de consulter son dossier individuel, en méconnaissance des dispositions de l'article 37 du décret n°88-145 du 15 février 1988, d'autre part, que la commission consultative paritaire n'a pas été préalablement saisie pour avis, en méconnaissance des dispositions de l'article 20 du décret n°2016-1858 du 23 décembre 2016, enfin, que les avis émis par le comité médical concernent la situation d'un fonctionnaire titulaire, non celle d'un agent contractuel ;
- elle était apte à l'exercice de ses fonctions, sous réserve d'un aménagement de poste ;
- alors qu'elle disposait d'une ancienneté de 17 années et que son salaire mensuel était de 1 403,61 euros brut, il sera fait une juste appréciation de ses préjudices en lui accordant une somme de 20 000 euros à titre de dommages et intérêts ;
- elle aurait dû percevoir une somme de 10 326,46 euros au titre de l'indemnité de licenciement ; dès lors que le SIVU des communes du Gy ne lui a accordé qu'un montant de 8 661,80 euros, elle est fondée à réclamer l'attribution d'une somme supplémentaire de 1 664,66 euros ;
- le SIVU des communes du Gy ne pouvait valablement procéder à une compensation de créance, d'un montant de 2 818,09 euros, en raison d'un trop-perçu de rémunération, dès lors que celle-ci lui a été versée en application de deux décisions des 28 juin et 29 août 2019 du président du SIVU, qui sont créatrices de droit.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er septembre 2020, le syndicat intercommunal à vocation unique (SIVU) des communes du Gy conclut au non-lieu à statuer et à ce que soit mise à la charge de Mme A une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que la décision portant licenciement de Mme A a été retirée et que cette dernière a été réintégrée au sein de ses effectifs, de sorte que la requête est devenue sans objet.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions de la requête tendant à la condamnation du SIVU des communes du Gy à verser à Mme A différentes sommes d'argent, faute de liaison préalable du contentieux.
Des observations, enregistrées le 16 décembre 2022, ont été présentées pour Mme A.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 88-145 du 15 février 1988 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- et les conclusions de M. Christian, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, agent contractuel recrutée par le SIVU des communes du Gy en qualité d'aide maternelle et affectée à l'école maternelle d'Agez-les-Duisans, a été placée en arrêt de maladie, selon ses déclarations, du 11 octobre 2018 au 28 février 2019 puis du 25 avril au 30 juin 2019. Par deux courriers des 28 juin et 28 août 2019, le président du SIVU des communes du Gy a demandé à Mme A de ne pas reprendre ses fonctions, malgré le certificat d'un médecin favorable à sa reprise à compter du 1er juillet 2019, " par mesure conservatoire " dans l'attente de l'avis du comité médical, en assurant néanmoins l'intéressée du versement de son " salaire intégral jusqu'à nouvel avis ". Le 29 août 2019, le comité médical a émis un avis favorable au placement de Mme A en congé de maladie ordinaire à compter du 4 octobre 2018 puis, " dès réception du procès-verbal ", à la reprise de ses fonctions avec aménagement de poste. Le 24 septembre 2019, le médecin du travail a préconisé l'aménagement de son poste afin d'éviter le port de charges supérieur à 5 kilogrammes. Le 13 février 2020, le comité médical a émis un nouvel avis, annulant et remplaçant le précédent, favorable au placement de Mme A en congé de maladie ordinaire à compter du 4 octobre 2018 et pour une durée de 12 mois, à son placement en disponibilité d'office pour raison de santé à compter du 4 octobre 2019 et pour une durée de 9 mois, et à son inaptitude définitive à exercer ses fonctions. Par une décision non datée, le président du SIVU des communes du Gy a prononcé le licenciement de celle-ci, à compter du 22 avril 2020, pour inaptitude définitive à exercer toutes fonctions. Par un courrier du 17 juin 2020, reçu le lendemain, Mme A a sollicité du SIVU des communes du Gy le versement d'une somme supplémentaire de 1 664,66 euros au titre de l'indemnité de licenciement, une somme de 20 000 euros en réparation des préjudices subis du fait de son licenciement et une somme de 2 818,08 euros en remboursement de la somme qui lui a retirée, par compensation de créance, du montant de son indemnité de licenciement.
2. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal d'annuler la décision précitée par laquelle le président du SIVU des communes du Gy a prononcé son licenciement, à compter du 22 avril 2020, pour inaptitude définitive à exercer toutes fonctions et de condamner l'établissement public à lui verser les sommes citées dans son courrier de demande préalable.
Sur le non-lieu à statuer :
3. Il ressort des pièces du dossier que la décision litigieuse par laquelle le président du SIVU des communes de Gy a prononcé le licenciement de Mme A, à compter du 22 avril 2020, pour inaptitude définitive à exercer toutes fonctions a été retirée par une décision de la même autorité en date du 7 août 2020, devenue définitive. Dans ces circonstances, les conclusions de la requête tendant à l'annulation de cette décision sont devenues sans objet. Dès lors, il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions tendant au versement de " dommages et intérêts " :
4. Toute illégalité fautive est, en principe et quelle qu'en soit la nature, susceptible d'engager la responsabilité de l'administration dès lors qu'elle présente un lien de causalité suffisamment direct et certain avec les préjudices invoqués, dont il appartient au demandeur d'établir la réalité et le bien-fondé.
5. En l'espèce, Mme A demande, au titre des préjudices subis du fait de l'illégalité de son licenciement, l'allocation d'une somme de 20 000 euros à titre de " dommages et intérêts ". Toutefois, alors qu'elle a repris ses fonctions suite au retrait de son licenciement, elle n'apporte aucune précision sur la nature des préjudices qu'elle aurait subis ni, a fortiori, aucun élément de nature à justifier de l'existence des préjudices dont elle demande réparation. Par suite, et en tout état de cause, sa demande doit être rejetée.
Sur les conclusions tendant au versement d'un complément d'indemnité de licenciement :
6. Aux termes de l'article 43 du décret du 15 février 1988 pris pour l'application de l'article 136 de la loi du 26 janvier 1984 modifiée portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale, dans sa rédaction applicable au présent litige : " En cas de licenciement n'intervenant pas à titre de sanction disciplinaire, une indemnité de licenciement est versée à l'agent recruté pour une durée indéterminée ou à l'agent recruté pour une durée déterminée et licencié avant le terme de son contrat. / () ".
7. Ainsi qu'il a été dit, il résulte de l'instruction que la décision par laquelle le président du SIVU a licencié Mme A a été retirée. Par suite, cette dernière n'est pas fondée à demander le versement d'une somme au titre de l'indemnité de licenciement prévue par les dispositions citées au point précédent. Les conclusions présentées sur ce point doivent donc être rejetées.
Sur les conclusions tendant au remboursement de la somme soustraite par compensation de créance :
8. Il résulte de l'instruction que, lors du versement de l'indemnité de licenciement au bénéfice de Mme A, le SIVU des communes du Gy a opéré une compensation de la créance due à la requérante au titre de cette indemnité avec un trop-perçu correspondant à des traitements qui auraient été indûment versés à l'intéressée. Si Mme A conteste le bien-fondé de cette compensation de créance, il ne résulte en tout état de cause pas de l'instruction que, suite au retrait de son licenciement, et donc de ses droits à indemnité de licenciement, le SIVU aurait cherché à recouvrer le trop-versé précité par un autre moyen. Par suite, en l'état de l'instruction, Mme A n'est pas fondée à demander le remboursement de la somme de 2 818,08 euros qui lui a été retirée par compensation de créance.
9. Il résulte de tout ce qui précède que l'ensemble des conclusions de la requête tendant au versement d'une somme d'argent doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions des parties présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision par laquelle le président du SIVU des communes du Gy a prononcé le licenciement de Mme A, à compter du 22 avril 2020, pour inaptitude définitive à exercer toutes fonctions.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au syndicat intercommunal à vocation unique des communes du Gy.
Délibéré après l'audience du 6 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Marjanovic, président,
M. Larue, premier conseiller,
M. Caustier, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 janvier 2023.
Le rapporteur,
Signé
G. C
Le président,
Signé
V. MARJANOVIC
La greffière,
Signé
D. WISNIEWSKI
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2004258
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026