vendredi 29 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2004260 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | BOUZENOUNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 juin 2020, Mme A E, représentée par Me Tewfik Bouzenoune, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 29 avril 2020 par laquelle la garde des sceaux, ministre de la justice, a ordonné la prolongation de sa mise à l'isolement du 2 mai au 2 août 2020 au sein du centre pénitentiaire de Lille-Loos-Sequedin ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il n'est pas établi que la décision attaquée ait été adoptée par une autorité habilitée ;
- cette décision n'est pas spécialement motivée, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 57-7-68 du code de procédure pénale et de la circulaire du 14 avril 2011 relative au placement à l'isolement des personnes détenues
- elle a été adoptée au terme d'une procédure irrégulière ; l'avis médical du 7 avril 2020 ne satisfait pas les exigences des articles D. 283-1-1, D. 283-1-7 et R. 57-7-73 du code de procédure pénale en raison de son ancienneté et de la qualité de son auteur, qui n'est pas psychiatre ; l'ancienneté des avis de l'autorité judiciaire et de l'avocat général caractérise une méconnaissance des dispositions de l'article R. 57-7-78 du code de procédure pénale ;
- elle méconnaît les articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle porte atteinte à son droit à la correspondance et à son droit d'accès aux activités sportives ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 juin 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par une ordonnance du 10 mai 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 17 juin 2023 à 12h00.
Mme E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 juillet 2023 du bureau d'aide juridictionnelle.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de procédure pénale ;
- le décret n° 2005-850 du 27 juillet 2005 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Caustier,
- et les conclusions de M. Christian, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E, née le 15 mars 1997 et incarcérée depuis le 13 septembre 2016 dans le cadre d'un mandat de dépôt en procédure criminelle, a été condamnée par le tribunal correctionnel de Paris, le 12 avril 2019, à une peine de huit ans d'emprisonnement assortie d'une période de sureté des deux tiers pour des faits de participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un acte de terrorisme puis, le 14 octobre 2019, par la cour d'assises spécialement composée de Paris à trente ans de réclusion criminelle pour des faits de tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste, complicité de tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste, participation à une association de malfaiteur en vue de la préparation d'un acte de terrorisme.
2. Mme E a d'abord été placée à l'isolement judiciaire, par décisions du juge d'instruction, du 15 septembre 2016 au 15 septembre 2017 puis a fait l'objet d'un placement administratif à l'isolement du 15 septembre au 11 décembre 2017. Par une décision du 25 juin 2018, le chef d'établissement du centre pénitentiaire de Beauvais l'a de nouveau placée à l'isolement, sur le fondement de l'article 726-1 du code de procédure pénale, pour une durée de trois mois. Ce placement, temporairement levé à compter du 10 septembre 2018 en raison de l'hospitalisation de l'intéressée en unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA), a été régulièrement prolongé du 1er octobre 2018 au 6 février 2020. Par une décision du 4 février 2020, le garde des sceaux, ministre de la justice, a prolongé le placement de Mme E à l'isolement pour une nouvelle durée de trois mois. Par une ordonnance n°2002081 du 13 mars 2020, le juge des référés du tribunal administratif de Lille a rejeté le recours de l'intéressée tendant à la suspension de l'exécution de cette décision mais a enjoint au garde des sceaux, ministre de la justice d'assurer, sans délai, un suivi psychiatrique régulier de Mme E, à raison d'un rendez-vous minimum tous les quinze jours auprès d'un médecin psychiatre. Par une décision du 29 avril 2020, le garde des sceaux, ministre de la justice, a prolongé le placement de Mme E à l'isolement du 2 mai au 2 août 2020.
3. Par la présente requête, Mme E demande au tribunal d'annuler cette dernière décision, dont l'exécution a été suspendue, en cours d'instance, par une ordonnance n° 2004217 du juge des référés du tribunal administratif de Lille en date du 15 juillet 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, aux termes de l'article R. 57-7-68 du code de procédure pénale, alors en vigueur : " Lorsque la personne détenue est à l'isolement depuis un an à compter de la décision initiale, le ministre de la justice peut prolonger l'isolement pour une durée maximale de trois mois renouvelable. / () / L'isolement ne peut être prolongé au-delà de deux ans sauf, à titre exceptionnel, si le placement à l'isolement constitue l'unique moyen d'assurer la sécurité des personnes ou de l'établissement. / Dans ce cas, la décision de prolongation doit être spécialement motivée. ".
5. En vertu du décret du 27 juillet 2005 relatif aux délégations de signature des membres du gouvernement, le directeur de l'administration pénitentiaire a reçu délégation à l'effet de signer, au nom du garde des sceaux, ministre de la justice, dans la limite de ses attributions, tous actes, arrêtés et décisions à l'exclusion des décrets. Par un arrêté du 28 octobre 2019, régulièrement publié au journal officiel de la République française, le directeur de l'administration pénitentiaire a, ainsi qu'il y était autorisé, subdélégué sa signature aux fins de signer ces mêmes décisions au profit de Mme F B, directrice des services pénitentiaires, adjointe au chef du bureau de gestion de la détention, signataire de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté.
6. En deuxième lieu, la décision attaquée, qui prolonge la mesure d'isolement adoptée à l'encontre de Mme E, vise les articles du code de procédure pénale dont elle fait application, énonce de manière suffisamment détaillée les faits qui ont conduit à l'incarcération de l'intéressée et décrit les conditions de son parcours carcéral, en particulier les incidents survenus lors du retour de cette dernière en détention ordinaire entre le 11 décembre 2017 et le 25 juin 2018. Le contenu des rapports analysant le comportement plus récent de Mme E est également repris et analysé, l'ensemble des éléments précités menant à la conclusion selon laquelle, " au regard du potentiel hétéro-agressif de l'intéressée et des motifs de son incarcération, le maintien à l'isolement, d'office, de Mme E A () s'avère nécessaire et constitue le meilleur moyen de prévenir tout incident en détention et de garantir le bon ordre au sein de l'établissement ". La décision litigieuse comporte ainsi un énoncé complet et circonstancié des considérations de droit et de fait sur lesquelles s'est fondé le ministre pour considérer que le maintien à l'isolement de l'intéressé constituait l'unique moyen d'assurer la sécurité des personnes ou de l'établissement. Elle satisfait donc à l'obligation de motivation spéciale prévue à l'article R. 57-7-68 du code de procédure pénale cité au point 4 du présent jugement.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 57-7-73 du code de procédure pénale, alors en vigueur : " Tant pour la décision initiale que pour les décisions ultérieures de prolongation, il est tenu compte de la personnalité de la personne détenue, de sa dangerosité ou de sa vulnérabilité particulière, et de son état de santé. / L'avis écrit du médecin intervenant dans l'établissement est recueilli préalablement à toute proposition de renouvellement de la mesure au-delà de six mois et versé au dossier de la procédure. ".
8. Il ressort des pièces du dossier que l'avis médical prévu par les dispositions citées au point précédent a été émis le 7 avril 2020, par le docteur D C, praticien hospitalier. Si Mme E soutient que cet avis serait trop ancien, il ne ressort pas des pièces du dossier que son état de santé aurait évolué avant l'adoption, le 29 avril suivant, de la décision en litige. En outre, la circonstance que le médecin précité a indiqué n'avoir " pas d'observation " sur la prolongation du placement Mme E à l'isolement, sans davantage de précision, ne caractérise aucune méconnaissance des dispositions citées au point précédent, qui n'imposent pas, par ailleurs, la réalisation d'une expertise psychiatrique avant l'adoption de la décision en litige.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 57-7-78 du code de procédure pénale, dans sa version applicable au présent litige : " () / Lorsque l'isolement est prolongé au-delà d'un an, le chef d'établissement, préalablement à la décision, sollicite l'avis du juge de l'application des peines s'il s'agit d'une personne condamnée ou du magistrat saisi du dossier de la procédure s'il s'agit d'une personne prévenue. / () ".
10. Il ressort des pièces du dossier que le juge d'application des peines a émis un avis, le 1er avril 2020, sur la prolongation du placement de Mme E à l'isolement, conformément aux dispositions citées au point précédent. Si la requérante soutient que cet avis, ainsi que celui émis, le 1er avril 2020, par l'avocat général, étaient trop anciens à la date de la décision en litige, ils ont toutefois été recueillis dans un délai relativement proche de l'intervention de la décision attaquée, alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que la situation de l'intéressée aurait, entre temps, connu une évolution telle que ces avis ne seraient plus de nature à éclairer de manière utile le garde des sceaux, ministre de la justice.
11. Il résulte de ce qui a été dit aux points 7 à 10, que les moyens tirés de vices de procédure doivent être écartés.
12. En cinquième lieu, le placement à l'isolement d'un détenu doit être justifié par la nécessité de prévenir les atteintes à la sécurité publique. Lorsqu'elle décide de placer un détenu à l'isolement ou lorsqu'elle prolonge une telle mesure, l'administration doit, d'une part, tenir compte de la personnalité de celui-ci, de sa dangerosité et de son état de santé et, d'autre part, se fonder sur des éléments circonstanciés de nature à établir que, à la date de sa décision, le maintien de l'intéressé en détention ordinaire est susceptible de créer un risque pour la sécurité des personnes ou pour l'ordre interne à l'établissement pénitentiaire.
13. Il ressort des pièces du dossier que Mme E a été condamnée, à des peines de huit ans d'emprisonnement et de trente ans de réclusion criminelle, pour avoir, d'une part, participé à plusieurs groupes " Telegram " organisés dans le but de recruter des volontaires et de préparer leur départ vers la Syrie et l'Etat islamique, d'autre part, participé à une tentative d'attentat à la voiture piégée, le 4 septembre 2016 à Paris, et à la tentative d'homicide commise sur un policier quelques jours plus tard. Il ressort également des pièces du dossier que le parcours carcéral de l'intéressée, en particulier lors de son placement en régime de détention ordinaire, est caractérisé par l'emprise négative que Mme E parvient à asseoir sur ses codétenues par son comportement prosélyte. Sur ce point, si le rapport du chef d'établissement adjoint du centre pénitentiaire de Lille-Sequedin, en date du 3 avril 2020, fait état du changement de comportement de l'intéressée, " exempt d'incident " depuis son arrivée dans l'établissement le 23 octobre 2019, il ressort néanmoins des avis émis par les différentes autorités saisies à ce sujet, qui sont tous favorables à la prolongation du placement de Mme E à l'isolement, que la réintégration de cette dernière en régime de détention ordinaire était, à la date de la décision attaquée, prématuré compte tenu de l'absence de crédibilité pouvant, à cette date, être donnée aux intention repentantes de la requérante. Il ressort en particulier de l'avis du 31 octobre 2019 émis par la conseillère du service pénitentiaire d'insertion et de probation du Nord que si " Mme E semble vouloir présenter un profil lisse et dénué de toutes intentions " malveillantes " ", " son rapport distancié vis-à-vis des faits [qui ont conduit à ses condamnations] exclut toute notion d'empathie dans ses propos ", de sorte que " cette intention semble à ce jour trop prématurée pour être sincère ". Dans ces circonstances, eu égard à l'extrême gravité des agissements de Mme E, à son statut de détenue particulièrement signalée, à l'influence prosélyte que celle-ci est en mesure d'avoir sur ses codétenues, et compte tenu également de l'absence de contre-indications médicales à la prolongation de son placement à l'isolement et des possibilités de suivi médico-psychologique dont Mme E pouvait effectivement bénéficier, à la date de la décision attaquée, au regard de son état de santé, celle-ci n'est pas fondée à soutenir que le ministre de la justice aurait commis une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions précitées de l'article R. 57-7-68 du code de procédure en estimant que son maintien à l'isolement constituait l'unique moyen d'assurer la sécurité des personnes ou de l'établissement. Le moyen soulevé à ce titre doit être écarté.
14. En sixième lieu, conformément aux dispositions de l'article R. 57-7-62 du code de procédure pénale, une personne placée à l'isolement " conserve ses droits à l'information, aux visites, à la correspondance écrite et téléphonique, à l'exercice du culte " et " bénéficie d'au moins une heure quotidienne de promenade à l'air libre ". En outre, le même article précise que si elle " ne peut participer aux promenades et activités collectives auxquelles peuvent prétendre les personnes détenues soumises au régime de détention ordinaire, sauf autorisation, () le chef d'établissement organise, dans toute la mesure du possible et en fonction de la personnalité de la personne détenue, des activités communes aux personnes détenues placées à l'isolement. ". Par suite, les moyens tirés de l'atteinte aux droits à la correspondance et aux activités sportives doivent être écartés.
15. En dernier lieu, aux termes de l'article 2 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Le droit de toute personne à la vie est protégé par la loi. () ". . Aux termes de l'article 3 de la même convention : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Eu égard à la nature d'une mesure de placement d'office à l'isolement et à l'importance de ses effets sur la situation du détenu qu'elle concerne, l'administration pénitentiaire doit veiller, à tout moment de son exécution, à ce qu'elle n'ait pas pour effet, eu égard notamment à sa durée et à l'état de santé physique et psychique de l'intéressé, de créer un danger pour sa vie ou de l'exposer à être soumis à un traitement inhumain ou dégradant.
16. Mme E fait valoir que son maintien en isolement porte atteinte à sa santé physique et psychique, méconnaissant ainsi son droit à la vie et constituant un traitement inhumain contraire aux stipulations précitées de l'article 3 de la même convention. Toutefois, la requérante ne démontre pas en quoi les conditions de l'isolement qu'elle subit, qui sont celles prévues par l'article R. 57-7-62 du code de procédure pénale dont les dispositions ont été ci-dessus rappelées, seraient de nature à caractériser l'existence d'un traitement inhumain et dégradant, alors qu'elle n'est pas coupée de contact avec sa famille. Par ailleurs, contrairement à ce que Mme E soutient, il n'est pas établi qu'elle présentait, à la date de la décision attaquée, un risque suicidaire alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle ait adopté, à compter de son arrivée au sein du centre pénitentiaire de Lille-Loos-Sequedin, une attitude laissant présager un nouveau passage à l'acte. Si la requérante se prévaut de la carence dans sa prise en charge psychiatrique depuis son arrivée dans cet établissement, le juge des référés du tribunal administratif de Lille a, par une ordonnance n°2002081 du 13 mars 2020, enjoint au garde des sceaux, ministre de la justice, d'assurer sans délai le suivi psychiatrique de la requérante à raison d'un rendez-vous minimum tous les quinze jours auprès d'un médecin psychiatre. Enfin, ainsi qu'il a été dit, l'avis médical du 7 avril 2020 produit au dossier ne fait état d'aucune contre-indication à la prolongation du placement à l'isolement de l'intéressée. Dans ces circonstances, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations des articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
17. Il résulte de tout ce qui précède que Mme E n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 29 avril 2020 par laquelle la garde des sceaux, ministre de la justice, a ordonné la prolongation de son placement à l'isolement du 2 mai au 2 août 2020 au sein du centre pénitentiaire de Lille-Loos-Sequedin.
Sur les frais liés au litige :
18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme E réclame au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A E, au garde des sceaux, ministre de la justice et à Me Tewfik Bouzenoune.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Stefanczyk, présidente,
M. Babski, premier conseiller,
M. Caustier, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2023.
Le rapporteur,
Signé
G. CAUSTIER
La présidente,
Signé
S. STEFANCZYK
La greffière,
Signé
D. WISNIEWSKI
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026