mardi 29 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2004603 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET QUENNEHEN - TOURBIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 7 juillet 2020 et 16 mars 2021, M. C B demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler les délibérations du conseil municipal d'Outreau n° 2020-216 et 2020-218 du 22 juin 2020 portant adoption des comptes administratifs de l'exercice 2019 du budget principal et du budget annexe " service extérieur des pompes funèbres " ;
2°) d'annuler les délibérations du conseil municipal du 22 juin 2020 portant adoption des budgets primitifs du budget principal et du budget annexe pour l'année 2020.
Il soutient que :
- la requête conserve son objet dès lors que les délibérations contestées n'ont pas été expressément retirées par celles adoptées le 30 septembre 2020 et que les délibérations portant adoption des budgets primitifs n'ont pas été rapportées ;
- il a intérêt à agir en qualité d'habitant, d'électeur et de contribuable de cette commune ;
- les délibérations n° 2020-216 et n° 2020-218 approuvant les comptes administratifs ont été prises en méconnaissance des dispositions de l'article L. 2121-14 du code général des collectivités territoriales ;
- les comptes administratifs adoptés le 30 septembre 2020 l'ont été tardivement, en méconnaissance des dispositions de l'ordonnance du 25 mars 2020 ;
- les délibérations relatives aux budgets primitifs sont par voie de conséquence illégales et prises en méconnaissance des dispositions de l'article L. 1612-4 du code général des collectivités territoriales ;
- l'adoption, le 30 septembre 2022, de nouvelles délibérations relatives à l'adoption des comptes administratifs de l'exercice 2019 et à l'affectation de l'excédent ne peut avoir pour effet de régulariser les budgets, eu égard au principe de non rétroactivité des actes administratifs.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 janvier 2021, la commune d'Outreau, représentée par Me Quennehen, conclut :
1°) à titre principal, au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation ;
2°) à titre subsidiaire, au rejet de la requête ;
3°) en tout état de cause, à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le conseil municipal s'étant à nouveau prononcé sur les comptes administratifs de l'exercice 2019 du budget principal et du budget annexe et sur l'affectation aux budgets primitifs de l'excédent en séance du 30 septembre 2020, les conclusions tendant à l'annulation des délibérations du 22 juin 2020 sont devenues sans objet ;
- à titre subsidiaire, la requête est irrecevable en l'absence d'intérêt à agir de M. B ;
- à titre infiniment subsidiaire, les moyens invoqués dans la requête sont infondés.
La clôture d'instruction a été fixée au 2 mai 2022 à 12 h 00 par une ordonnance du 30 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- l'ordonnance n° 2020-230 du 25 mars 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Even, rapporteur public,
- et les observations de Me Quennehen, représentant la commune d'Outreau.
Considérant ce qui suit :
1. Par délibérations n° 2020-216 et n° 2020-218, le conseil municipal d'Outreau a, le 22 juin 2020, approuvé les comptes administratifs de l'exercice 2019 des budgets primitifs du budget principal de la commune et de son budget annexe du service extérieur de pompes funèbres puis a affecté leurs excédents à ces budgets primitifs par délibérations du même jour. Par deux délibérations du 22 juin 2020, le conseil municipal a également approuvé les budgets primitifs du budget principal et de ce budget annexe au titre de l'année 2020. Par deux nouvelles délibérations n° 2020-283 et n° 2020-284 du 30 septembre 2020, le conseil municipal s'est à nouveau prononcé sur l'approbation des comptes administratifs de l'exercice 2019 à la suite des observations émises par la sous-préfète de Boulogne-sur-Mer. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler, d'une part, les délibérations portant approbation des comptes administratifs de l'exercice 2019 relatifs tant au budget principal qu'au budget annexe adoptées le 22 juin, et d'autre part, les délibérations du 22 juin 2020 portant approbation des budgets primitifs des budgets principal et annexe.
Sur les conclusions tendant au non-lieu à statuer sur les délibérations n° 2020-216 et 2020-218 du 22 juin 2020 :
2. Lorsqu'une décision administrative faisant l'objet d'un recours contentieux est retirée en cours d'instance pour être remplacée par une décision ayant la même portée, le recours doit être regardé comme tendant également à l'annulation de la nouvelle décision. Lorsque le retrait a acquis un caractère définitif, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision initiale, qui ont perdu leur objet. Le juge doit, en revanche, statuer sur les conclusions dirigées contre la nouvelle décision.
3. Par deux délibérations du 30 septembre 2020, le conseil municipal d'Outreau a été appelé à se prononcer à nouveau sur les comptes administratifs de l'exercice 2019 du budget principal et du budget annexe du service extérieur des pompes funèbres. Par ces délibérations, le conseil municipal doit être regardé comme ayant implicitement mais nécessairement retiré les délibérations du 22 juin 2020 n° 2020-216 et 2020-218 ayant le même objet. Ce retrait n'a fait l'objet d'aucune contestation. Par suite, les conclusions dirigées contre ces dernières délibérations sont devenues sans objet. Il n'y a dès lors plus lieu d'y statuer. En revanche, ainsi qu'il a été dit au point 2, la requête doit être regardée comme tendant également à l'annulation des délibérations du 30 septembre 2020 ayant le même objet, sur lesquelles il y ainsi lieu de statuer.
Sur les conclusions à fin d'annulation des délibérations n° 2020-283 et 2020-284 du 30 septembre 2020 :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2121-14 du code général des collectivités territoriales : " Le conseil municipal est présidé par le maire et, à défaut, par celui qui le remplace. / Dans les séances où le compte administratif du maire est débattu, le conseil municipal élit son président. / Dans ce cas, le maire peut, même s'il n'est plus en fonction, assister à la discussion ; mais il doit se retirer au moment du vote ".
5. Il ressort des pièces du dossier que par délibération n° 2020-282, l'adjoint au maire en charge des finances a été élu en vue de présider en lieu et place du maire la séance du conseil municipal du 30 septembre 2020 lors du vote des comptes administratifs de l'exercice 2019 du budget principal et du budget annexe du service extérieur des pompes funèbres. Par ailleurs, il ressort des termes des délibérations n° 2020-283 et 2020-284 du même jour qu'elles ont effectivement été votées sous la présidence de l'adjoint au maire en charge des finances précédemment désigné et hors la présence du maire de la commune d'Outreau. Par suite, le moyen tiré de l'existence de ce vice de procédure doit être écarté.
6. En second lieu, aux termes de l'article L. 1612-12 du code général des collectivités territoriales : " L'arrêté des comptes de la collectivité territoriale est constitué par le vote de l'organe délibérant sur le compte administratif présenté selon le cas par le maire, le président du conseil départemental ou le président du conseil régional après transmission, au plus tard le 1er juin de l'année suivant l'exercice, du compte de gestion établi par le comptable de la collectivité territoriale. Le vote de l'organe délibérant arrêtant les comptes doit intervenir au plus tard le 30 juin de l'année suivant l'exercice. / () ". Et aux termes de l'article 4 de l'ordonnance n°2020-230 du 25 mars 2020 relative aux mesures de continuité budgétaire, financière et fiscale des collectivités territoriales et des établissements publics locaux afin de faire face aux conséquences de l'épidémie de covid-19 : " () / VII. - Par dérogation au premier alinéa de l'article L. 1612-12 du code général des collectivités territoriales et de l'article L. 263-18 du code des juridictions financières, le vote sur l'arrêté des comptes 2019 doit intervenir au plus tard le 31 juillet 2020. Le compte de gestion établi par le comptable de la collectivité territoriale est transmis avant le 1er juillet 2020. / () ".
7. Le délai ainsi fixé n'est pas prescrit à peine de nullité de la délibération. Par suite, la circonstance que les délibérations en litige du 30 septembre 2020 aient été votées tardivement, en vue de remédier à des vices de légalité externe entachant les délibérations du 22 juin 2020, est sans incidence sur leur légalité. Ce moyen doit ainsi être écarté comme étant inopérant.
8. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, les conclusions à fin d'annulation des délibérations du 30 septembre 2020 portant approbation des comptes administratifs de l'exercice 2019 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation des délibérations du 22 juin 2020 portant approbation des budgets primitifs du budget principal et du budget annexe de l'année 2020 :
9. En vertu de l'article L. 1612-4 du code général des collectivités territoriales : " Le budget de la collectivité territoriale est en équilibre réel lorsque la section de fonctionnement et la section d'investissement sont respectivement votées en équilibre, les recettes et les dépenses ayant été évaluées de façon sincère, et lorsque le prélèvement sur les recettes de la section de fonctionnement au profit de la section d'investissement, ajouté aux recettes propres de cette section, à l'exclusion du produit des emprunts, et éventuellement aux dotations des comptes d'amortissements et de provisions, fournit des ressources suffisantes pour couvrir le remboursement en capital des annuités d'emprunt à échoir au cours de l'exercice ". Et aux termes de l'article L. 2311-5 du même code : " () / Entre la date limite de mandatement fixée au troisième alinéa de l'article L. 1612-11 et la date limite de vote des taux des impositions locales prévue à l'article 1639 A du code général des impôts, le conseil municipal peut, au titre de l'exercice clos et avant l'adoption de son compte administratif, reporter de manière anticipée au budget le résultat de la section de fonctionnement, le besoin de financement de la section d'investissement, ou le cas échéant l'excédent de la section d'investissement, ainsi que la prévision d'affectation. / Si le compte administratif fait apparaître une différence avec les montants reportés par anticipation, l'assemblée délibérante procède à leur régularisation et à la reprise du résultat dans la plus proche décision budgétaire suivant le vote du compte administratif et, en tout état de cause, avant la fin de l'exercice. / () ".
10. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que le moyen tiré de ce que les délibérations portant approbation des budgets primitifs du budget principal et du budget annexe de l'année 2020 devraient être annulées en conséquence de l'annulation des délibérations approuvant les comptes administratifs de l'exercice 2019, dès lors qu'elles ne respecteraient alors plus le principe d'équilibre budgétaire prévu à l'article L. 1612-4 du code général des collectivités territoriales, ne peut, en tout état de cause, qu'être écarté.
11. En second lieu, il ressort des dispositions précitées de l'article L. 2311-5 du code général des collectivités territoriales que rien ne fait obstacle à ce que le conseil municipal puisse inclure par anticipation l'excédent prévisionnel du compte administratif de l'année N-1, adopté et affecté à une date ultérieure. Ainsi, la circonstance que les comptes administratifs de l'exercice 2019 aient été adoptés postérieurement aux budgets primitifs n'entache pas d'irrégularité les délibérations contestées. Par ailleurs, une telle affectation anticipée n'a ni pour objet ni pour effet de conférer aux délibérations approuvant les comptes administratifs de l'exercice 2019 une portée rétroactive et ne méconnait ainsi pas le principe de non-rétroactivité des actes administratifs. Le moyen tiré de l'existence d'une telle erreur de droit doit, dès lors, être écarté.
12. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité de la requête, M. B n'est pas fondé à demander au tribunal d'annuler les délibérations du 22 juin 2020 portant approbation des budgets primitifs de la commune d'Outreau adoptés au titre de l'année 2020.
Sur les frais liés au litige :
13. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune d'Outreau au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation des délibérations n° 2020-216 et n° 2020-218 du 22 juin 2020.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C B est rejeté.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune d'Outreau au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la commune d'Outreau.
Délibéré après l'audience du 8 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Fabre, président,
M. Groutsch, premier conseiller,
Mme Piou, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 novembre 2022.
La rapporteure,
Signé
C. A
Le président,
Signé
X. FABRE
La greffière,
Signé
M. NICODEME
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026