vendredi 29 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2005060 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SCP WABLE TRUNECEK TACHON AUBRON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 23 juillet 2020 et 1er août 2022, M. A B, représenté par Me Raphaël Tachon, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 mars 2020 par lequel le président de la communauté d'agglomération des 2 baies en Montreuillois (CA2BM) lui a infligé la sanction d'exclusion temporaire de fonctions de deux mois, dont un mois avec sursis, ainsi que la décision portant rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la CA2BM une somme de 2 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté contesté est insuffisamment motivé ;
- il a été adopté au terme d'une procédure irrégulière ; il n'a été informé de l'envoi, par l'autorité hiérarchique au conseil de discipline, d'un rapport de saisine complémentaire que le 14 novembre 2019, soit moins de 15 jours avant la date de la séance du conseil de discipline initialement prévue ; par ailleurs, il a été sanctionné pour des faits qui ne figuraient pas dans les rapports de saisine du conseil de discipline ;
- il est entaché d'une erreur de fait dès lors que l'arrêté attaqué mentionne, à tort, qu'il est un agent de catégorie A ;
- les violences qui lui sont reprochés n'existent pas dans la mesure où le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer l'a relaxé, par un jugement du 8 juillet 2021, des chefs de violences volontaires commis sur son ex-conjointe ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur sur la qualification juridique des faits et d'une erreur d'appréciation dès lors que le geste de jeter son chewing-gum sur sa subalterne ne constitue pas une faute disciplinaire mais s'analyse comme un geste de dépit amoureux dans le cadre d'une relation complexe ;
- la sanction est disproportionnée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 avril 2021, la communauté d'agglomération des 2 baies en Montreuillois (CA2BM), représentée par Me Julien Robillard, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. B une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par une ordonnance du 26 juillet 2022, la date de clôture de l'instruction a été fixée au 9 septembre 2022 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 89-677 du 18 septembre 1989 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Caustier,
- les conclusions de M. Christian, rapporteur public,
- les observations de M. B et celles de Me Robillard, représentant la CA2BM.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, assistant de conservation principal de 2ème classe, exerce les fonctions de directeur de la culture et du patrimoine au sein de la communauté d'agglomération des 2 baies en Montreuillois (CA2BM). Par un arrêté du 2 mars 2020, notifié le 5 mars suivant, le président de l'établissement public précité lui a infligé la sanction d'exclusion temporaire de fonctions de deux mois, dont un mois avec sursis, pour des faits de violence volontaire commis le 11 décembre 2018 sur la directrice du réseau lecture publique de la médiathèque à Berck-sur-Mer. Par un courrier du 30 avril 2020, M. B a formé à l'encontre de cette sanction un recours gracieux, qui a été rejeté par une décision du 19 mai 2020. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler l'arrêté précité du 2 mars 2020 ainsi que la décision portant rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 19 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans sa version applicable au présent litige : " Le pouvoir disciplinaire appartient à l'autorité investie du pouvoir de nomination. / () / () Aucune sanction disciplinaire autre que celles classées dans le premier groupe par les dispositions statutaires relatives aux fonctions publiques de l'Etat, territoriale et hospitalière ne peut être prononcée sans consultation préalable d'un organisme siégeant en conseil de discipline dans lequel le personnel est représenté. / L'avis de cet organisme de même que la décision prononçant une sanction disciplinaire doivent être motivés. ". Aux termes de l'article 12 du décret du 18 septembre 1989 relatif à la procédure disciplinaire applicable aux fonctionnaires territoriaux : " () / La proposition [de sanction] ayant recueilli l'accord de la majorité des membres présents doit être motivée. Elle est transmise par le président du conseil de discipline à l'autorité territoriale. / () ".
3. Par ces dispositions, le législateur a entendu imposer à l'autorité qui prononce une sanction disciplinaire de préciser elle-même, dans sa décision, les griefs qu'elle entend retenir à l'encontre du fonctionnaire intéressé, de sorte que ce dernier puisse, à la seule lecture de la décision qui lui est notifiée, connaître les motifs de la sanction qui le frappe. La volonté du législateur n'est pas respectée lorsque la décision prononçant la sanction ne comporte, par elle-même, aucun motif et se borne à se référer à un avis ou à un rapport dont le texte n'est ni incorporé, ni joint à la décision.
4. L''arrêté du 2 mars 2020 par lequel le président de la CA2BM a prononcé à l'encontre de M. B la sanction de l'exclusion temporaire de fonctions de deux mois, dont un mois avec sursis, se borne à indiquer en des termes généraux qu'il est reproché à l'intéressé d'avoir commis des " violences volontaires sur un subalterne ", sans aucune précision quant à la nature de ces violences, la date et le contexte de leur commission. Ces seuls motifs ne permettent pas à M. B de connaître les faits qui lui sont reprochés alors que la procédure disciplinaire a été initiée à son encontre en raison, notamment, de plusieurs faits de violence, parmi lesquels n'était pas expressément mentionné le fait d'avoir craché un chewing-gum sur la directrice du réseau lecture publique de la médiathèque à Berck-sur-Mer. Si l'arrêté contesté se réfère à l'avis du conseil de discipline réuni le 23 janvier 2020, il est constant que le texte de cet avis n'est pas incorporé dans l'acte en litige, auquel il n'était pas davantage joint. Dans ces circonstances, le requérant est fondé à soutenir que l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut de motivation.
5. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, l'arrêté du 2 mars 2020 par lequel le président de la CA2BM a infligé à M. B la sanction d'exclusion temporaire de fonctions de deux mois, dont un mois avec sursis, doit être annulé. Par voie de conséquence, la décision du 19 mai 2020 portant rejet du recours gracieux formé par l'intéressé contre cette sanction doit également être annulée.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. B, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par la CA2BM au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la CA2BM la somme demandée par le requérant au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 2 mars 2020 par lequel le président de la CA2BM a infligé à M. B la sanction d'exclusion temporaire de fonctions de deux mois, dont un mois avec sursis, ainsi que la décision du 19 mai 2020 portant rejet du recours gracieux formé par l'intéressé contre cette sanction, sont annulés.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à communauté d'agglomération des 2 baies en Montreuillois.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Stefanczyk, présidente,
M. Babski, premier conseiller,
M. Caustier, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2023.
Le rapporteur,
Signé
G. CAUSTIER
La présidente,
Signé
S. STEFANCZYK
La greffière,
Signé
D. WISNIEWSKI
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026