mardi 23 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2005112 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | CABINET BARDON & DE FAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 21 juillet 2020 et le 22 octobre 2020, M. B A demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 octobre 2019 du maire de la commune de Valenciennes refusant de reconnaître l'aggravation de sa maladie comme étant imputable au service ;
2°) d'enjoindre à la commune de reconnaitre l'imputabilité au service de l'aggravation de sa pseudarthrose, et, en conséquence, de prendre en charge l'intégralité des frais et honoraires médicaux directement entraînés par la maladie et de lui rétablir et verser l'intégralité des traitements dus à compter du 3 mars 2016, jusqu'à la date de notification du jugement à intervenir ;
3°) de condamner la commune à lui verser la somme de 20 000 euros en réparation du préjudice subi.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la commission de réforme s'est prononcée 12 mois après sa saisine, en méconnaissance des dispositions de l'article 13 de l'arrêté du 4 août 2004 ;
- cette commission n'a pas fait appel à un médecin spécialiste de sa maladie, en méconnaissance de l'article 3 de cet arrêté ;
- elle a omis de se prononcer sur l'aggravation en service de la maladie ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que le lien direct de causalité entre le service et sa maladie est établi, ainsi que le souligne l'expertise du 1er avril 2019.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 septembre 2020, la commune de Valencienne, représentée par Me de Faÿ, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 2 000 euros au titre de l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 20 mai 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 4 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Guyard,
- et les conclusions de Mme Allart, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, adjoint technique territorial titulaire, est employé par la commune de Valenciennes. A la suite d'une ancienne fracture au poignet gauche mal consolidée et d'une chute intervenue en janvier 2014 sur ce même poignet, l'intéressé a subi une intervention chirurgicale en mars 2014. Il a alors été placé en congé de longue maladie et a repris le travail, fin septembre 2015, dans un premier temps sur son poste d'origine de fossoyeur, avec mise en place des aménagements préconisés par le médecin du travail, et dans un deuxième temps, à compter du mois de mars 2016, sur un emploi sédentaire d'agent d'entretien des cimetières. M. A a subi une nouvelle intervention chirurgicale en juillet 2016 et, à sa reprise du travail en octobre 2016, il a été affecté sur un poste d'agent d'entretien des espaces extérieurs des écoles. A la suite d'une nouvelle chute sur son poignet en septembre 2017, intervenue en dehors du travail, M. A est de nouveau placé en congé de longue maladie jusqu'au 13 août 2018. Le 28 juin 2018, son médecin traitant a établi un certificat médical de demande de reconnaissance de maladie professionnelle et, par un courrier du même jour, M. A a sollicité la saisine de la commission de réforme, laquelle a émis un avis défavorable dans sa séance du 13 septembre 2019. Par la présente requête, M. A sollicite, d'une part, l'annulation de l'arrêté du 3 octobre 2019 par lequel le maire de la commune de Valenciennes n'a pas reconnu sa maladie comme imputable au service et d'autre part, l'indemnisation à hauteur de 20 000 euros des préjudices résultant de l'illégalité fautive de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 13 de l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme : " La demande d'inscription à l'ordre du jour de la commission est adressée au secrétariat de celle-ci par l'employeur de l'agent concerné. / L'agent concerné peut également adresser une demande de saisine de la commission à son employeur, qui doit la transmettre au secrétariat de celle-ci dans un délai de trois semaines ; le secrétariat accuse réception de cette transmission à l'agent concerné et à son employeur ; passé le délai de trois semaines, l'agent concerné peut faire parvenir directement au secrétariat de la commission un double de sa demande par lettre recommandée avec accusé de réception ; cette transmission vaut saisine de la commission. / La commission doit examiner le dossier dans le délai d'un mois à compter de la réception de la demande d'inscription à l'ordre du jour par son secrétariat. Ce délai est porté à deux mois lorsqu'il est fait application de la procédure prévue au deuxième alinéa de l'article 16. () " et aux termes de l'article 16 de cet arrêté, la commission de réforme " peut faire procéder à toutes mesures d'instructions, enquêtes et expertises qu'elle estime nécessaires ".
3. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.
4. Il ressort des pièces du dossier que, par un courrier du 26 juillet 2018 reçu le 30 juillet 2018, M. A a saisi directement la commission de réforme en vue de la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa maladie. Cette dernière a sollicité, le 31 août 2018, auprès de l'employeur de M. A, la fiche de visite médicale du médecin de prévention et a, lors de sa réunion du 12 octobre 2018, décidé de diligenter une expertise médicale dont le rapport est intervenu le 1er avril 2019, et au vu duquel, la commission s'est finalement prononcée le 13 septembre 2019. Si M. A fait valoir que la commission a rendu son avis à l'issue d'un délai anormalement long et à tout le moins non conforme à ce qui est prescrit par l'article 13 précité de l'arrêté du 4 août 2004, il n'établit ni même n'allègue qu'il aurait été privé d'une garantie à raison de cette durée. Par ailleurs, la méconnaissance de ces délais ne peut être regardée en l'espèce comme ayant été susceptible d'exercer une influence sur le sens de la décision refusant de reconnaître la pathologie de M. A comme une maladie professionnelle.
5. En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l'article 3 de l'arrêté du 4 août 2004 visé ci-dessus, la commission de réforme comprend : " 1. Deux praticiens de médecine générale, auxquels est adjoint, s'il y a lieu, pour l'examen des cas relevant de sa compétence, un médecin spécialiste qui participe aux débats mais ne prend pas part aux votes [] ".
6. Il ressort des pièces du dossier que la commission de réforme disposait, pour délivrer son avis du 13 septembre 2019, du rapport détaillé et précis établi le 1er avril 2019 par un médecin agréé spécialisé en chirurgie orthopédique et traumatologique lequel a, en outre, repris dans son rapport la chronologie des différentes pièces médicales produites par le requérant, ainsi que des documents médicaux transmis par le requérant lui-même. Dans ces conditions, et alors que le spécialiste s'est prononcé clairement dans son rapport sur l'absence de maladie professionnelle de M. A, la commission doit être regardée comme ayant été suffisamment informée, et a pu régulièrement émettre son avis sans s'adjoindre un médecin spécialiste.
7. En troisième lieu, il ressort de l'avis lui-même que la commission a suivi les conclusions de l'expert désigné et a précisé que la pathologie du requérant pouvait être aggravée par l'activité professionnelle. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que la commission de réforme ne se serait pas prononcée sur la question de l'impact du travail sur sa pathologie.
8. En quatrième lieu, une maladie contractée par un fonctionnaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduise à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service. L'existence d'un état antérieur, serait-il évolutif, ne permet d'écarter l'imputabilité au service de l'état d'un agent que lorsqu'il apparaît que cet état a déterminé, à lui seul, l'incapacité professionnelle de l'intéressé. Il appartient dans tous les cas au juge administratif d'apprécier au vu des pièces du dossier si les conditions de travail du fonctionnaire peuvent, être regardées comme étant directement à l'origine de la maladie dont la reconnaissance comme maladie professionnelle est demandée.
9. M. A soutient que la commune a commis une erreur d'appréciation en ne retenant pas l'imputabilité au service de sa pseudoarthrose dégénérative du poignet. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des éléments repris par le rapport d'expertise du 1er avril 2019, que l'apparition de la pseudoarthrose dégénérative dont souffre l'intéressé est antérieure à son recrutement par la commune de Valenciennes. Il ressort également des pièces du dossier que la situation médicale du requérant s'est vue, entre 2014 et 2018, aggravée par les trois chutes intervenues les 26 janvier 2014, 25 septembre 2017 et 23 avril 2018, chutes intervenues en dehors du service. Il ressort également des pièces du dossier que M. A a toujours reçu une affectation conforme à son état de santé, avec les aménagements de poste préconisés par le médecin du travail, lorsque cela était nécessaire. La circonstance que le requérant ne se serait pas vu remettre le bracelet de force dont le port était conseillé par le médecin de prévention dans son avis de septembre 2016, pour les travaux de fossoyage, n'est pas de nature à établir un lien entre l'aggravation de la pathologie du requérant et le service dès lors qu'il est constant qu'à cette date, M. A n'exerçait plus de missions de fossoyage. Par suite, c'est sans commettre d'erreur d'appréciation que le maire de Valenciennes, suivant en cela l'avis émis par la commission de réforme, a pu considérer que les conditions de travail de M. A ne pouvaient être regardées comme étant directement à l'origine de la maladie dont la reconnaissance en maladie professionnelle était demandée.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions en annulation de l'arrêté du 3 octobre 2019 du maire de la commune de Valenciennes refusant de reconnaître la maladie de M. A comme une maladie professionnelle doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction de reconnaissance d'imputabilité et de versement rétroactif du plein traitement.
Sur les conclusions indemnitaires :
11. Ainsi qu'il a été dit aux points précédents notamment au point 9, M. A n'est pas fondé à soutenir que la commune aurait commis une faute de nature à engager sa responsabilité en ne reconnaissant pas le lien entre sa pathologie et les emplois qui lui ont été confiés.
12. Si M. A soutient également que la responsabilité du médecin ayant pratiqué les contre-visites concluant à son aptitude à la reprise du travail doit être engagée en ce que ses conclusions ont contribué à l'aggravation de sa pathologie, il ne l'établit pas et une éventuelle faute commise par ce praticien ne saurait, en tout état de cause, conduire à l'engagement de la responsabilité de la commune.
13. Il en résulte que les conclusions indemnitaires présentées par M. A doivent également être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
14. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de M. A la somme de 500 euros à verser à la commune de Valenciennes au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versera à la commune de Valenciennes la somme de 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Valenciennes.
Délibéré après l'audience du 28 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Leguin, présidente,
Mme Guyard, première conseillère,
M. Borget, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mai 2023
La rapporteure,
signé
S. GUYARD
La présidente,
signé
A-M. LEGUIN
La greffière,
signé
S. SING
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026