jeudi 2 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2005205 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | JAMAIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 27 juillet 2020 et 26 septembre 2021, Mme A B, représentée par Me Jamais, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 10 juin 2020 par laquelle le directeur du centre hospitalier de Lens a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident dont elle a été victime le 11 juillet 2019 ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier de Lens, dans un délai d'un mois et sous astreinte de 150 euros par jour de retard, à titre principal, de reconnaître l'imputabilité de l'accident dont elle a été victime le 11 juillet 2019 au service ou, à défaut, à l'accident de service survenu le 8 mai 2019, et, en conséquence, de lui accorder un congé pour invalidité temporaire imputable au service pour l'ensemble des arrêts de travail intervenus depuis cette date et jusqu'à la consolidation de son état de santé ou, à titre subsidiaire de procéder à une nouvelle instruction de sa demande de congé pour invalidité temporaire imputable au service ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Lens la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle n'a pas été informée de la date de la séance lors de laquelle la commission de réforme a examiné la question de l'imputabilité au service de son accident survenu le 11 juillet 2019 ;
- l'administration s'est, à tort, crue liée par l'avis défavorable émis par la commission de réforme ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation.
-
Par des mémoires en défense, enregistrés les 24 août 2021 et 21 octobre 2021, le centre hospitalier de Lens, représenté par Me Segard, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de Mme B le versement de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance en date du 22 octobre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 8 novembre 2021.
Un mémoire, enregistré le 7 novembre 2021, a été présenté pour Mme B. Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n° 2020-566 du 13 mai 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lemaire,
- les conclusions de M. Quint, rapporteur public,
- les observations de Me Jamais, avocat de Mme B,
- et les observations de Me Chochois, substituant Me Segard, avocat du centre hospitalier de Lens.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, aide-soignante au centre hospitalier de Lens, demande au tribunal d'annuler la décision en date du 10 juin 2020 par laquelle le directeur de cet établissement a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident dont elle estime avoir été victime le 11 juillet 2019.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Les droits des agents publics en matière d'accident de service et de maladie professionnelle sont constitués à la date à laquelle l'accident est intervenu ou la maladie diagnostiquée.
3. Si Mme B se prévaut des dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 susvisée, lesquelles ne sont entrées en vigueur, en tant qu'elles s'appliquent à la fonction publique hospitalière, qu'à la date d'entrée en vigueur, le 16 mai 2020, du décret du 13 mai 2020 susvisé, il ressort des pièces du dossier que l'accident dont elle fait état est survenu le 11 juillet 2019. Sa situation est dès lors entièrement régie par les dispositions de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 susvisée, dans sa rédaction alors applicable.
1.
4. Aux termes de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986, portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière : " Le fonctionnaire en activité a droit : / () / 2° À des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. Le bénéfice de ces dispositions est subordonné à la transmission par le fonctionnaire, à son administration, de l'avis d'arrêt de travail justifiant du bien-fondé du congé de maladie, dans un délai et selon les sanctions prévus en application de l'article 42. / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite ou d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. / () ".
5. Le bénéfice des dispositions précitées est subordonné, non pas à l'existence d'une rechute ou d'une aggravation de la pathologie de l'agent, mais à l'existence de troubles présentant un lien direct et certain, mais non nécessairement exclusif, avec un accident de service.
6. Il ressort des pièces du dossier que, le 8 mai 2019, Mme B a ressenti une douleur hémithoracique droite alors qu'elle portait une charge lourde dans l'exercice de ses fonctions, l'imputabilité au service de cet accident ayant été reconnue par le centre hospitalier de Lens. Il ressort de l'expertise pneumologique réalisée le 19 novembre 2019 à la demande de cet établissement, notamment, que le pneumothorax spontané complet droit dont la requérante a été victime le 11 juillet 2019 présente, nonobstant la bronchopneumopathie obstructive chronique post-tabagique dont elle est atteinte, un lien direct et certain avec l'accident de service du 8 mai 2019. Dans ces conditions, Mme B est fondée à soutenir que le centre hospitalier de Lens a commis une erreur d'appréciation en refusant de reconnaître l'imputabilité de son pneumothorax à l'accident de service dont elle a été victime le 8 mai 2019.
7. Au surplus, il ressort des pièces du dossier que l'accident dont Mme B a été victime le 11 juillet 2019 est survenu sur son lieu de travail, alors qu'elle réalisait un effort dans l'exercice de ses fonctions.
8. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme B est fondée à demander l'annulation de la décision en date du 10 juin 2020 par laquelle le directeur du centre hospitalier de Lens a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident dont elle a été victime le 11 juillet 2019.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
9. L'exécution du présent jugement implique nécessairement que le directeur du centre hospitalier de Lens reconnaisse l'imputabilité à l'accident de service du 8 mai 2019 du pneumothorax spontané complet droit dont Mme B a été victime le 11 juillet 2019. Il y a lieu, dès lors, d'enjoindre à cette autorité d'y procéder, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
1.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de Mme B, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement de la somme que le centre hospitalier de Lens demande au titre des frais qu'il a exposés. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de cet établissement le versement à la requérante d'une somme de 1 500 euros au titre de ces dispositions.
DÉCIDE :
Article 1er : La décision du directeur du centre hospitalier de Lens en date du 10 juin 2020 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au directeur du centre hospitalier de Lens de reconnaître l'imputabilité du pneumothorax de Mme B à l'accident de service dont elle a été victime le 8 mai 2019, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le centre hospitalier de Lens versera à Mme B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 5 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier de Lens au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au centre hospitalier de Lens.
Délibéré après l'audience du 9 février 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Lemaire, président,
- Mme Lançon, première conseillère,
- Mme Courtois, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mars 2023.
L'assesseure la plus ancienne, Signé
L.-J. LANÇON
Le président-rapporteur, Signé
O. LEMAIRE
La greffière,
Signé
S. RANWEZ
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme, La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026