mardi 8 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2005224 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | BONNET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 28 juillet 2020 et 26 novembre 2020, M. B C, représenté par Me Bonnet, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 juin 2020 par lequel le préfet du Nord lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre à ce préfet de lui délivrer un titre de séjour en qualité de membre de la famille d'un citoyen de l'Union européenne dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à M. C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de la renonciation de son conseil à la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
- il n'est pas établi que la décision attaquée a été prise par une autorité habilitée ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales
- elle méconnaît les stipulations du 1. de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle méconnaît les stipulations du 1. de l'article 8 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 septembre 2020, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés sont infondés.
Par une ordonnance du 15 septembre 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 30 septembre 2021 à 23 h 59.
Des pièces, enregistrées le 31 juillet 2022, ont été produites par M. C.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Après avoir entendu le rapport de Mme A au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C, ressortissant tunisien né le 17 novembre 1987 à Zeramdine (Tunisie), déclare être entré en France le 15 septembre 2015, étant alors titulaire d'un visa court séjour délivré par les autorités consulaires italiennes en Tunisie, valable du 28 août 2015 au 27 août 2016. Il a ensuite bénéficié, le 29 avril 2017, d'une carte de séjour en qualité de membre de la famille d'un ressortissant de l'Union européenne délivrée par les autorités italiennes valable jusqu'au 15 mars 2022. Le 13 décembre 2017, il a sollicité du préfet du Nord la délivrance d'un titre de séjour en cette même qualité. Par un arrêté du 16 juin 2020, ce préfet lui en a refusé la délivrance. Par la présente requête, M. C demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Il ressort des pièces du dossier que le préfet du Nord a fondé la décision litigieuse sur la circonstance que l'épouse du requérant avait engagé une procédure de divorce auprès du juge aux affaires familiales du tribunal de grande instance de Lyon le 29 août 2019, dans laquelle il était précisé qu'elle demeurait à Villeurbanne et que les époux vivaient séparément depuis le mois de février 2019. Toutefois, dans le cadre de la présente instance, et alors que le requérant en conteste l'existence même, le préfet défendeur n'a justifié par aucune pièce de l'existence de cette procédure de divorce. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier, notamment d'une attestation de la caisse d'allocations familiales ainsi que d'un justificatif de souscription d'un contrat de fourniture d'énergie établi au nom des deux époux, et n'est au demeurant aucunement contesté par le préfet du Nord dans le cadre de la présente instance, que si la vie commune s'est interrompue au cours de l'année 2019, elle a repris le 1er avril 2020, soit antérieurement à la décision litigieuse. Dans ces conditions, le requérant est fondé à soutenir que la décision contestée est entachée d'une erreur de fait.
2. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, l'arrêté du 16 juin 2020 par lequel le préfet du Nord a refusé à M. C la délivrance d'un titre de séjour doit être annulé.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
3. Compte tenu de ce qui précède, l'exécution du présent jugement implique seulement que le préfet du Nord procède au réexamen de la demande de titre de séjour présentée par M. C. Il y a lieu de lui enjoindre d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
4. Par une décision du 8 novembre 2021, la demande d'aide juridictionnelle déposée par le requérant a été déclarée caduque faute pour l'intéressé d'avoir transmis au bureau d'aide juridictionnelle l'ensemble des pièces nécessaires à l'étude de sa situation. Ainsi, son conseil ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à M. C au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 16 juin 2020 par lequel le préfet du Nord a refusé à M. C la délivrance d'un titre de séjour est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Nord de procéder au réexamen de la demande de titre de séjour de M. C dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. C la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet du Nord.
Délibéré après l'audience du 11 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Fabre, président,
Mme Monteil, première conseillère,
Mme Piou, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 novembre 2022.
La rapporteure,
signé
C. A
Le président,
signé
X. FABRE
La greffière,
signé
A. HAUTCOEUR
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026