jeudi 15 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2005340 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | LEULIET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 31 juillet 2020 et 25 août 2021, M. B D, représenté par Me Leuliet, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 5 mars 2020 par laquelle la Commission locale d'agrément et de contrôle Nord lui a retiré sa carte professionnelle d'agent privé de sécurité ainsi que la décision du 5 juin 2020 par laquelle son recours administratif formé contre cette décision a été rejeté ;
2°) d'enjoindre au Conseil national des activités privées de sécurité de lui délivrer, dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, un récépissé ou tout autre document lui permettant d'exercer régulièrement les activités privées de sécurité pour lesquelles une carte professionnelle lui avait précédemment été délivrée ;
3°) de mettre à la charge du Conseil national des activités privées de sécurité la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- son recours du 2 juin 2020 n'était pas tardif dès lors, d'une part, que le délai de deux mois pour former un recours préalable obligatoire commençait à courir le 25 mai 2020, date du courrier électronique par lequel lui était notifiée la décision lui retirant sa carte professionnelle, celle-ci ayant été envoyée, par voie postale, à une mauvaise adresse, d'autre part, qu'en application de l'article 2 de l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période, ce délai de recours était suspendu pendant la période d'urgence sanitaire ;
- ce recours avait la nature d'un recours préalable obligatoire ;
- les décisions des 5 mars 2020 et 5 juin 2020 sont entachées d'une erreur d'appréciation des conditions d'application des dispositions du 2° de l'article L. 612-1 du code de la sécurité intérieure dès lors que les faits reprochés ne présentent pas un degré de gravité suffisant, qu'ils n'ont donné lieu à aucune condamnation, qu'ils ont été commis dans un contexte personnel particulier, qu'ils sont anciens et présentent un caractère isolé ;
- elles sont entachées d'une erreur de droit dès lors qu'en l'absence de condamnation figurant au bulletin n° 2 de son casier judiciaire, les dispositions de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure ne lui sont pas applicables ;
- elles sont disproportionnées quant à leurs conséquences sur la vie personnelle et professionnelle de M. D.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 juillet 2021, le Conseil national des activités privées de sécurité, représenté par la SELARL Centaure Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. D la somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête de M. D est irrecevable ;
- à titre subsidiaire, les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 5 juin 2020 sont irrecevables ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par une ordonnance en date du 9 juillet 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au
10 septembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Quint, rapporteur public,
- les observations de Me Fougeray, avocate représentant M. D, substituant Me Leuliet ;
- et les observations de Me Rannou, pour le Conseil national des activités privées de sécurité.
Considérant ce qui suit :
1. M. B D s'est vu délivrer, le 2 septembre 2016, une carte professionnelle l'autorisant à exercer une activité privée de sécurité pour une durée de cinq ans. Par une décision en date du 5 mars 2020, la commission locale d'agrément et de contrôle Nord a décidé de lui retirer sa carte professionnelle. Par courrier électronique du 2 juin 2020, M. D demandait à la commission locale d'agrément et de contrôle Nord la " révision, à titre gracieux ", de cette décision. Par courrier électronique du 5 juin 2020, la CLAC Nord rejetait sa demande. M. D demande au tribunal d'annuler ces deux décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 633-3 du code de la sécurité intérieure, dans sa version applicable au litige : " Tout recours contentieux formé par une personne physique ou morale à l'encontre d'actes pris par une commission d'agrément et de contrôle est précédé d'un recours administratif préalable devant la Commission nationale d'agrément et de contrôle, à peine d'irrecevabilité du recours contentieux ". L'article R. 633-9 du même code, dans sa version applicable au litige dispose : " Le recours administratif préalable obligatoire devant la Commission nationale d'agrément et de contrôle prévu à l'article L. 633-3 peut être exercé dans les deux mois de la notification, par la commission locale d'agrément et de contrôle, de la décision contestée. Cette notification précise les délais et les voies de ce recours () ". Aux termes de l'article L. 412-3 du code des relations entre le public et l'administration : " La décision soumise à recours administratif préalable obligatoire est notifiée avec l'indication de cette obligation ainsi que des voies et délais selon lesquels ce recours peut être exercé ".
3. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que la décision de la commission locale d'agrément et de contrôle doit être contestée devant la Commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité, préalablement à tout recours devant le juge administratif, dans le délai de deux mois à compter de sa notification et que ce délai n'est pas prorogé par l'exercice d'un recours administratif devant elle. La saisine tardive de la Commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité par le requérant, dont l'obligation d'exercer un tel recours dans le délai précité avait été régulièrement notifiée, entraîne l'irrecevabilité de la requête formée devant le juge administratif.
4. D'autre part, aux termes de l'article L. 410-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Pour l'application du présent titre, on entend par : / () 2° Recours gracieux: le recours administratif adressé à l'administration qui a pris la décision contestée ; / () / 4° Recours administratif préalable obligatoire: le recours administratif auquel est subordonné l'exercice d'un recours contentieux à l'encontre d'une décision administrative. ".
5. Il revient au juge administratif, lorsqu'il est appelé à qualifier une demande adressée à l'administration, d'apprécier la portée de cette demande au vu des termes dans lesquels elle est formulée mais aussi de l'ensemble des circonstances de l'espèce, en s'attachant à donner à la saisine de l'administration un effet utile.
6. Il ressort des pièces du dossier que la décision du 5 mars 2020 par laquelle la commission locale d'agrément et de contrôle Nord a retiré à M. D sa carte professionnelle comportait l'indication selon laquelle l'intéressé disposait d'un délai de deux mois à compter de sa notification, pour former un recours gracieux auprès de la commission locale d'agrément et de contrôle Nord ainsi que pour former un recours administratif préalable obligatoire auprès de la Commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité dont il précisait l'adresse à Paris, en mentionnant qu'un tel recours était " obligatoire avant tout recours contentieux ". M. D a adressé à la délégation territoriale Zone Nord du Conseil national des activités privées de sécurité basée à Lille, par courrier électronique du 2 juin 2020, une " demande de révision, à titre gracieux, de votre décision concernant la mise en non validité de ma carte professionnelle ". Il y joignait une lettre adressée à la commission locale d'agrément et de contrôle, ayant pour objet " demande de recours gracieux " et par laquelle il sollicitait la " bienveillance " de l'administration. Aussi, compte-tenu de l'autorité destinataire et de son objet, le recours formé par M. D par courrier électronique du 2 juin 2020 était un recours gracieux et non un recours administratif préalable obligatoire tel que prévu par les articles L. 633-3 et R. 633-9 du code de sécurité intérieure. M. D ne justifie pas avoir formé un recours préalable obligatoire contre la décision du 5 mars 2020. Par suite, ses conclusions à fin d'annulation de la décision du
5 mars 2020 de la commission locale d'agrément et de contrôle sont irrecevables et doivent être rejetées. Doivent également être rejetées les conclusions à fin d'annulation de la décision du
5 juin 2020 de la commission locale d'agrément et de contrôle rejetant son recours gracieux, lequel n'a d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision à reconsidérer sa position et non de faire naître un litige distinct de celui tendant à l'annulation de la décision retirant, à M. D, sa carte professionnelle.
7. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par le Conseil national des activités privées de sécurité, que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 5 mars 2020 par laquelle la Commission locale d'agrément et de contrôle Nord lui a retiré sa carte professionnelle d'agent privé de sécurité et de la décision du 5 juin 2020 par laquelle son recours administratif formé contre cette décision a été rejeté. Les conclusions à fin d'annulation doivent donc être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées à fin d'injonction sous astreinte.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. En premier lieu, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que le Conseil national des activités privées de sécurité, qui n'est pas la partie perdante dans l'instance, soit condamné à verser à M. D la somme qu'il demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Par suite, ces conclusions doivent être rejetées.
9. En second lieu, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. D la somme que demande le Conseil national des activités privées de sécurité au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Par suite, ces conclusions doivent être rejetées.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le Conseil national des activités privées de sécurité au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et au Conseil national des activités privées de sécurité.
Délibéré après l'audience du 24 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Paganel, président de la formation de jugement,
- M. Lemaire, président,
- Mme Lançon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 décembre 2022.
La rapporteure,
Signé
L-J. A
Le président,
Signé
M. C
La greffière,
Signé
S. RANWEZ
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026