lundi 19 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2006233 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL RESSOURCES PUBLIQUES AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 septembre 2020 sous le n°2006233, M. B C, représenté par Me Marcilly, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 1er juillet 2020 par laquelle le directeur du centre pénitentiaire de Maubeuge a fixé la date de consolidation de son affection au 6 février 2020 et l'a déclaré apte à reprendre ses fonctions ;
2°) d'annuler la décision du 6 juillet 2020 par laquelle le directeur du centre pénitentiaire de Maubeuge a fixé la date de consolidation de son affection au 6 février 2020 et a qualifié la période d'absence de M. C débutant le 7 février 2020 de congés de maladie ordinaire rémunéré à plein traitement jusqu'au 7 mai 2020 puis à demi-traitement ;
3°) d'annuler la décision du 7 juillet 2020 par laquelle la directrice interrégionale des services pénitentiaires a fixé la date de consolidation de son affection au 6 février 2020, placé
M. C en congé de maladie ordinaire à compter du 6 février 2020, décidé que M. C serait rémunéré à plein traitement du 7 février 2020 au 5 mai 2020 puis à demi-traitement à partir du 6 mai 2020 jusqu'au 20 août 2020 et affecté M. C au centre pénitentiaire de Maubeuge en qualité de gestionnaire ;
4°) d'enjoindre au ministre de la justice de procéder à un nouvel examen de sa situation et de procéder à une constitution de carrière, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions du 1er, 6 et 7 juillet 2020 sont entachées d'incompétence négative en tant qu'elles fixent la date de consolidation de son état de santé ;
- elles sont entachées d'une erreur d'appréciation quant à la consolidation de son état de santé ;
- elles sont entachées d'une erreur d'appréciation quant au taux d'incapacité physique permanente retenu ;
- elles sont entachées d'une erreur de droit dès lors que les absences du requérant à compter du 6 février 2020 relèvent du régime de l'accident de service ;
- la décision du 7 juillet 2020 est entachée d'une erreur d'appréciation tenant à l'inadéquation à l'état de santé du requérant de son affectation au centre pénitentiaire de Maubeuge.
La requête a été communiquée le 7 septembre 2020 au garde des sceaux, ministre de la justice, qui n'a pas produit de mémoire.
Par lettre du 11 août 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le tribunal était susceptible de relever d'office le moyen tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation de la décision du
7 juillet 2020 en tant qu'elle affecte le requérant au centre pénitentiaire de Maubeuge dès lors qu'elle se borne à faire état du maintien de l'affectation du requérant et n'est donc pas susceptible de faire grief.
II. Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le n°2007458, le 19 octobre 2020 et le 10 août 2022, ce mémoire n'ayant pas été communiqué, M. B C, représenté par Me Marcilly, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 août 2020 par laquelle la directrice interrégionale des services pénitentiaires a prolongé son placement en congé de maladie ordinaire, rémunéré à demi-traitement, du 21 août 2020 au 9 octobre 2020 ;
2°) d'enjoindre au ministre de la justice de procéder à un nouvel examen de sa situation et de procéder à une constitution de carrière, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision du 11 août 2020 est entachée d'une erreur de droit dès lors que ses absences à compter du 6 février 2020 relèvent du régime de l'accident de service et ne peuvent dès lors être rémunérées à demi-traitement ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation quant à la consolidation de son état de santé ;
- à la supposer établie, la consolidation de son état de santé ne justifie pas son aptitude à reprendre le service ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation tenant à l'inadéquation à l'état de santé du requérant de son affectation au centre pénitentiaire de Maubeuge.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 juin 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au non-lieu à statuer.
Il fait valoir que par une décision du 15 octobre 2021 et du 16 mai 2022, il a été fait droit à la demande de M. C en le plaçant respectivement en congé de longue maladie du
6 février 2020 au 5 février 2021 et en congé de longue durée du 6 février 2021 au 2 septembre 2022, rémunéré à plein traitement.
Par lettre du 11 août 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le tribunal était susceptible de relever d'office le moyen tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation de la décision du 11 août 2020 en tant qu'elle affecte le requérant au centre pénitentiaire de Maubeuge dès lors qu'elle se borne à faire état du maintien de l'affectation du requérant et n'est donc pas susceptible de faire grief.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. Groutsch, rapporteur public
- les observations de Me Anger-Bourez substituant Me Marcilly, représentant de M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C, qui exerçait les fonctions d'éducateur de la protection judiciaire de la
jeunesse depuis 2005, a été reclassé dans le corps des secrétaires administratifs de grade 2 à compter du 1er janvier 2017 suite à un traumatisme psychologique d'anxiété réactionnelle généralisée reconnu imputable au service et consécutif à une agression subie le 11 février 2014. Par une décision du 3 janvier 2020, les crises de panique dont il a souffert le 8 novembre 2017 ont été reconnues imputables au service par la directrice des ressources humaines de la direction interrégionale des services pénitentiaires. Dans son avis du 4 juin 2020, la commission de réforme a estimé que l'état de santé de M. C s'est consolidé à compter du 6 février 2020 avec un taux de 10% d'incapacité physique permanente sans état antérieur et qu'il était en capacité de reprendre ses fonctions en temps partiel thérapeutique à 50% sur un poste en reclassement dans le corps des adjoints administratif. Par courrier du 1er juillet 2020, le directeur du centre pénitentiaire de Maubeuge a indiqué à M. C que la commission de réforme avait retenu une date de consolidation au 6 février 2020, un taux d'incapacité permanente partielle (IPP) de 10 % et qu'il était apte à reprendre ses fonctions. Par un courrier du 6 juillet 2020, ce même directeur a à nouveau indiqué que la commission de réforme a retenu une date de consolidation au 6 février 2020 et a précisé que la période d'absence de M. C débutant le 7 février 2020 sera considérée comme du congé maladie ordinaire à plein traitement puis à demi-traitement à compter du 7 mai 2020. Par un arrêté du 7 juillet 2020, la directrice interrégionale des services pénitentiaires a placé M. C en congé de maladie ordinaire à plein traitement à compter du 7 février 2020 puis à demi-traitement du 7 mai 2020 au 20 août 2020 et a maintenu l'affectation de M. C au centre pénitentiaire de Maubeuge. Par un arrêté du 11 août 2020, elle a prolongé son congé de maladie ordinaire rémunéré à demi-traitement jusqu'au 9 octobre 2020. M. C demande l'annulation des décisions du 1er, 6 et 7 juillet 2020 ainsi que de la décision du 11 août 2020. Postérieurement à l'introduction de ses requêtes, par une décision du 15 octobre 2021, la directrice interrégionale des services pénitentiaires a placé M. C rétroactivement en congé de longue maladie à plein traitement du 6 février 2020 au 5 février 2021. Enfin, par une décision du 16 mai 2022, elle l'a placé en congé de longue durée à plein traitement du 6 février 2021 au 2 septembre 2022.
Sur le non-lieu :
2. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite du pourvoi dont il était saisi. Il en va ainsi, quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution..
3. Il ressort des pièces du dossier que les décisions des 1er, 6, 7 juillet et du 11 août 2020 ont été implicitement mais nécessairement retirées par l'arrêté de la directrice interrégionale des services pénitentiaires du 15 octobre 2021 aux termes duquel M. C, placé rétroactivement en congé de longue maladie du 6 février 2020 au 5 février 2021, s'est vu octroyer un plein traitement pour cette même période. Cette dernière décision, qui lui a été notifiée le 6 novembre 2021, faute d'avoir été déférée au tribunal administratif dans le délai de recours contentieux, a acquis un caractère définitif.
4. Dans ces conditions, les conclusions à fin d'annulation des décisions des 1er, 6, 7 juillet et du 11 août 2020 en tant qu'elles placent M. C en congé de maladie ordinaire à compter du 6 février 2020, rémunéré à plein traitement à compter du 7 février 2020 puis à demi-traitement du 7 mai 2020 jusqu'au 9 octobre 2020 sont devenues sans objet. Il en va de même pour les conclusions à fin d'annulation des décisions des 1er, 6 et du 7 juillet 2020 en tant qu'elles ont fixé la date de consolidation de son affection au 6 février 2020 qui sont également devenues sont objet.
Sur les conclusions à fin d'annulation des arrêtés du 7 juillet et du 11 août 2020 en tant qu'ils affectent le requérant au centre pénitentiaire de Maubeuge :
5. Dès lors que les décisions contestées du 7 juillet et du 11 août 2020 ne modifient pas l'affectation du requérant mais se bornent à faire état du maintien de son affectation effective au centre pénitentiaire de Maubeuge telle qu'elle a été décidée antérieurement aux décisions contestées, et à tout le moins avant le 3 janvier 2020, ainsi que cela ressort de la lecture de la décision prise à cette date par la directrice des ressources humaines de la direction interrégionale des services pénitentiaires, elles sont insusceptibles de faire grief et d'être déférées au juge de l'excès de pouvoir.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des arrêtés du 7 juillet et du 11 août 2020 en tant qu'ils maintiennent son affectation au centre pénitentiaire de Maubeuge sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
7. Le présent jugement, qui constate le non-lieu à statuer sur une partie des conclusions présentées par M. C et rejette ses conclusions aux fins d'annulation des arrêtés du 7 juillet et du 11 août 2020 en tant qu'ils maintiennent l'affectation du requérant au centre pénitentiaire de Maubeuge, n'implique aucune mesure d'exécution. Il y a lieu, par suite, de rejeter les conclusions aux fins d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du garde des sceaux, ministre de la justice, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés par M. C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation des décisions des 1er, 6, 7 juillet et du 11 août 2020 en tant qu'elles placent M. C en congé de maladie ordinaire, à compter du 6 février 2020, rémunéré à plein traitement à compter du 7 février 2020 puis à demi-traitement du 7 mai 2020 jusqu'au 9 octobre 2020.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 31 août 2022, à laquelle siégeaient :
- Mme Féménia, présidente,
- Mme Grard, première conseillère,
- M. Horn, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2022.
Le rapporteur,
J. ALa présidente,
J. FÉMÉNIA
La greffière,
C. KUREK
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
2, 2007458
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026