vendredi 10 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2006270 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | STIENNE-DUWEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 septembre 2020 et et un mémoire, non communiqué, enregistré le 12 novembre 2021, M. B A, représenté par Me Virginie Stienne-Duwez, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 5 000 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 6 avril 2020 et de la capitalisation des intérêts, en réparation du préjudice résultant, d'une part, de l'illégalité des arrêtés des 21 novembre et 16 décembre 2016, 27 janvier et 27 février 2017 et 7 septembre 2018 le plaçant respectivement en congé d'office pour la période du 21 novembre 2016 au 27 février 2018, en congé de longue maladie non imputable au service, avec plein traitement, pour la période du 28 février au 27 mai 2017 et en disponibilité pour la période du 12 février au 11 septembre 2018, d'autre part, du non-respect des préconisations du médecin de prévention ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- l'illégalité des arrêtés des 21 novembre 2016, 16 décembre 2017, 27 janvier 2017 et 27 février 2017 par lesquels la rectrice de l'académie de Lille l'a placé en congé d'office du 21 novembre 2016 au 27 février 2017 puis en congé de longue maladie non imputable au service avec plein traitement du 28 février au 27 mai 2017 constitue autant de fautes de nature à engager la responsabilité de l'Etat ;
- l'illégalité de l'arrêté du 7 septembre 2018 par lequel la rectrice de l'académie de Lille l'a placé en disponibilité d'office du 12 février 2018 au 11 septembre 2018 constitue également une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat ;
- les préconisations émises à son sujet par le médecin de prévention, selon lesquelles il devait être libéré les vendredis de l'années scolaire 2016-2017, n'ont pas été respectées ;
- son préjudice moral s'élève à la somme de 5 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 octobre 2021, la rectrice de l'académie de Lille conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors qu'il n'est pas établi que la demande préalable indemnitaire présentée par le requérant ait été reçue par ses services ;
- à titre subsidiaire, les décisions plaçant M. A en congé d'office, en congé de longue maladie à titre conservatoire et en disponibilité d'office étaient justifiées ; les préconisations du médecin de prévention ont été respectées ;
- le préjudice moral invoqué n'est pas établi, que ce soit dans son principe ou dans son étendue.
Par une ordonnance du 11 octobre 2021, la clôture de l'instruction a été reportée au 15 novembre 2021 à 23 heures 59.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation nationale ;
- le décret n° 86-442du 14 mars 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Caustier,
- et les conclusions de M. Christian, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, maître contractuel de l'enseignement privé sous contrat définitif depuis le 15 octobre 2003 et enseignant en qualité de professeur certifié d'histoire géographie au sein du collège privé Sainte-Ide à Lens, a été placé, par un arrêté de la rectrice de l'académie de Lille en date du 21 novembre 2016, en congé d'office durant un mois, dans l'attente de l'avis du comité médical. Par deux arrêtés de la même autorité en date des 16 décembre 2016 et 27 janvier 2017, ce placement en congé d'office a été renouvelé. Par un arrêté du 7 février 2017, la rectrice de l'académie de Lille l'a placé, à titre conservatoire, en congé de longue maladie non imputable au service avec plein traitement du 28 février 2017 au 27 mai 2017. Par un jugement n°1609863, 1701011, 1702730, 1702731 du 26 avril 2019, le tribunal administratif de Lille a annulé ces quatre arrêtés.
2. Par un arrêté de la rectrice en date du 29 janvier 2018, M. A a été autorisé à reprendre ses fonctions à compter du 12 février 2018 et, par un arrêté du 22 février 2018, la même autorité a placé l'intéressé en disponibilité d'office, avec maintien du plein traitement, du 28 novembre 2017 au 11 février 2018. Enfin, par un arrêté du 7 septembre 2018, la rectrice de l'académie de Lille a maintenu M. A en disponibilité d'office du 12 février au 11 septembre 2018.
3. Par un courrier de son conseil en date du 6 avril 2020, M. A a demandé à la rectrice de l'académie de Lille de lui verser la somme de 5 000 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait de l'illégalité des arrêtés des 21 novembre 2016, 16 décembre 2016, 27 janvier 2017, 27 février 2017 et 7 septembre 2018 ainsi du non-respect des préconisations du médecin de prévention. Aucune suite favorable n'ayant été donnée à sa demande, M. A demande au tribunal, par la présente requête, de condamner l'Etat à lui verser la somme de 5 000 euros assortie des intérêts au taux légal à compter du 6 avril 2020 et de la capitalisation des intérêts.
Sur la fin de non-recevoir :
4. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. / () ".
5. Il résulte de l'instruction que M. A a adressé son courrier, daté du 6 avril 2020, portant demande préalable indemnitaire, rue Saint Jacques à Lille. Alors que la rectrice de l'académie de Lille fait valoir que cette adresse est erronée, ses services ayant déménagé à une autre adresse, le requérant n'apporte aucun élément, en particulier l'accusé de réception de son courrier, permettant d'établir que celui-ci aurait été effectivement notifié à la rectrice de l'académie de Lille. A défaut de preuve d'une telle liaison du contentieux, les conclusions indemnitaires de la requête sont irrecevables. Il y a donc lieu d'accueillir la fin de non-recevoir opposée par la rectrice de l'académie de Lille et de rejeter les conclusions indemnitaires présentées par M. A.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A réclame au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera adressée, pour information, à la rectrice de l'académie de Lille.
Délibéré après l'audience du 13 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Stefanczyk, présidente,
M. Babski, premier conseiller,
M. Caustier, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2023.
Le rapporteur,
Signé
G. CAUSTIER
La présidente,
Signé
S. STEFANCZYK
La greffière,
Signé
D. WISNIEWSKI
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026