mardi 8 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2006547 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | FERRAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 août 2020 au greffe du tribunal administratif de Cergy-Pontoise sous le n° 2007664, Mme C B, représentée par Me Ferrand, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler la décision par laquelle le sous-préfet d'Antony a implicitement refusé de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour présentée pour raisons de santé ;
3°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine, sur le fondement des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour pour raisons de santé, dans un délai de cinq jours à compter du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 contre renonciation de la part dudit conseil au bénéfice de l'indemnité versée au titre de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que la décision implicite de refus de délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour pour raisons de santé méconnaît les dispositions des articles R. 311-4 et R. 313-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par une ordonnance n° 2007664 du 11 septembre 2020, le président de la 5ème chambre du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a transmis le dossier de cette requête au tribunal administratif de Lille.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 octobre 2022 et non communiqué, le préfet des Hauts-de-Seine se borne à faire valoir que cette requête n'appelle pas d'observations de sa part, hormis le fait que l'intéressée résidant dans le Nord, son dossier a été transféré à la préfecture du Nord.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 mars 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C B, née le 8 janvier 1954 en Algérie, de nationalité algérienne, est entrée en France le 13 novembre 2018 sous couvert d'un visa court séjour à entrées multiples, valable du 17 juin 2018 au 13 décembre 2018. Le 12 février 2019, elle a déposé, en sous-préfecture d'Antony (département des Hauts-de-Seine), une demande de titre de séjour pour raisons de santé, sur le fondement des stipulations du 7) de l'article 6 de l'accord franco-algérien. Par la requête dont le tribunal est saisi, Mme B demande l'annulation de la décision par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a implicitement refusé de lui délivrer un récépissé de sa demande de certificat de résidence présentée pour raisons de santé.
Sur l'octroi de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. L'aide juridictionnelle totale a été octroyée à Mme B, à titre définitif, par une décision du 29 mars 2021 du bureau d'aide juridictionnelle. Par suite, les conclusions que Mme B présente tendant à ce que le tribunal lui octroie le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale à titre provisoire sont désormais dépourvues d'objet.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. D'une part, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale est délivré de plein droit : / () 7) au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays. / () ".
4. D'autre part, aux termes de l'article R. 311-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur : " Le titre de séjour est délivré par le préfet du département dans lequel l'étranger a sa résidence () ". Aux termes de l'article R. 311-4 de ce code, alors en vigueur : " Il est remis à tout étranger admis à souscrire une demande de première délivrance ou de renouvellement de titre de séjour un récépissé qui autorise la présence de l'intéressé sur le territoire pour la durée qu'il précise. Ce récépissé est revêtu de la signature de l'agent compétent ainsi que du timbre du service chargé, en vertu de l'article R. 311-10, de l'instruction de la demande. / () ". Aux termes de l'article R. 313-23 du même code, alors en vigueur : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 313-22 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa de l'article R. 313-22. Le médecin de l'office () peut () convoquer le demandeur pour l'examiner et faire procéder aux examens estimés nécessaires. () Sous couvert du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le service médical de l'office informe le préfet qu'il a transmis au collège de médecins le rapport médical. En cas de défaut de présentation de l'étranger lorsqu'il a été convoqué par le médecin de l'office ou de production des examens complémentaires demandés dans les conditions prévues au premier alinéa, il en informe également le préfet ; dans ce cas le récépissé de demande de première délivrance de carte de séjour prévu à l'article R. 311-4 n'est pas délivré. / () ".
5. Le 12 février 2019, Mme C B, de nationalité algérienne, a déposé, en sous-préfecture d'Antony (département des Hauts-de-Seine), une demande de titre de séjour pour raisons de santé, sur le fondement des stipulations du 7) de l'article 6 de l'accord franco-algérien. Elle s'est alors vue remettre par les services de la préfecture un document daté du même jour intitulé " attestation de versement de la somme de 50 euros au titre du droit de visa de régularisation ". Par lettre du 20 mai 2019, le service médical de la direction territoriale de Montrouge de l'OFII l'a convoquée, le 5 juin 2019, pour un examen médical comportant un examen clinique et des examens complémentaires. Le 5 juin 2019, Mme B s'est rendue à ce rendez-vous médical et, à cette occasion, a donné son accord aux médecins de l'OFII pour demander des informations médicales la concernant, nécessaires à l'accomplissement de leur mission, auprès des professionnels de santé qui en disposent. Il ressort enfin d'un courriel daté du 28 juillet 2020 établi par un agent de liaison de la direction du service médical de l'OFII qu'un avis médical sur la demande de la requérante a été établi par le collège des médecins de l'OFII et transmis au préfet pour décision. Par suite, et alors qu'il ressort également des pièces du dossier que la sous-préfecture d'Antony a conservé le dossier de Mme B au moins jusqu'au mois de mai 2020 et que les conditions étaient remplies pour que l'intéressée se voit délivrer le récépissé sollicité, en refusant implicitement de lui délivrer ledit récépissé, le préfet des Hauts-de-Seine a méconnu les dispositions citées au point 4 et a donc commis une erreur de droit. La requérante est donc fondée à demander l'annulation de ladite décision.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Le présent jugement implique nécessairement, sauf changement dans les circonstances de droit ou de fait qui y feraient obstacle, que soit délivrée à Mme B, qui habite désormais dans le département du Nord, un récépissé de demande de titre de séjour pour raisons de santé. Il y a lieu de fixer au préfet territorialement compétent un délai d'un mois pour ce faire à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser au conseil de la requérante au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 contre renonciation de la part de ce conseil au bénéfice de l'indemnité versée au titre de l'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'octroi de l'aide juridictionnelle totale à titre provisoire.
Article 2 : La décision par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a implicitement refusé de délivrer à Mme B un récépissé de demande de certificat de résidence pour raisons de santé est annulée.
Article 3 : Il est enjoint au préfet territorialement compétent, sauf changement dans les circonstances de fait ou de droit qui y ferait obstacle, de délivrer à Mme B un récépissé de demande de certificat de résidence pour raisons de santé dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : L'Etat versera à Me Ferrand la somme de 1 200 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 contre renonciation de sa part au bénéfice de l'indemnité versée au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, au préfet des Hauts-de-Seine, au préfet du Nord et à Me Ferrand.
Délibéré après l'audience du 11 octobre 2022 à laquelle siégeaient :
- M. Fabre, président,
- Mme Monteil, première conseillère,
- Mme Piou, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 novembre 202Le président-rapporteur,
signé
X. AL'assesseur le plus ancien,
signé
A.-L. MONTEIL
La greffière,
signé
A. HAUTCOEUR
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
5
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026