mercredi 19 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2006656 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | COLSON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 21 septembre 2020 et le 16 octobre 2022, M. C D, représenté par Me Noury, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 janvier 2020 par lequel le maire de la commune du Touquet-Paris-Plage a délivré à la société civile immobilière (SCI) La Corentine un permis de construire pour l'extension et la restructuration de l'immeuble " Les Halbrans " situé avenue de Dunkerque, ainsi que la décision du 21 juillet 2020 rejetant le recours gracieux formé à son encontre ;
2°) de mettre à la charge de la commune du Touquet-Paris-Plage une somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable dès lors qu'il justifie d'un intérêt à agir ;
- le mémoire en défense produit par la société civile immobilière La Corentine est irrecevable dès lors qu'il n'est pas justifié de l'identité et de la qualité pour agir de son représentant légal ;
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de l'arrêté du 27 janvier 2020 et de la décision rejetant le recours gracieux ;
- la commune a commis une erreur de droit en refusant d'examiner la conformité de la construction existante aux règles issues du plan local d'urbanisme à l'occasion du rejet du recours gracieux ;
- l'arrêté méconnaît les dispositions de l'article UA 2.1.5 du plan local d'urbanisme alors en vigueur relatif à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 2 février 2021 et le 4 novembre 2022, la commune du Touquet-Paris-Plage, représentée par Me Colson, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. D le versement d'une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir :
- à titre principal que la requête est irrecevable dès lors que M. D ne justifie d'aucun intérêt à agir ;
- à titre subsidiaire, que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 17 novembre 2021 et le 21 novembre 2022, la société civile immobilière La Corentine, représentée par Me Balaÿ, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. D le versement d'une somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir :
- à titre principal que la requête est irrecevable dès lors que M. D ne justifie d'aucun intérêt à agir ;
- à titre subsidiaire, que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 28 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 28 décembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Borget, rapporteur,
- les conclusions de Mme Allart, rapporteure publique,
- et les observations de Me Noury représentant M. D, de Me Colson représentant la commune du Touquet-Paris-Plage et de Me Hermary, substituant Me Balaÿ représentant la SCI La Corentine.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 27 janvier 2020, le maire de la commune du Touquet-Paris-Plage a accordé à la société civile immobilière (SCI) La Corentine un permis de construire portant sur un projet d'extension et de restructuration d'un immeuble situé avenue de Dunkerque sur le territoire communal, parcelle cadastrée BL 86. M. D, propriétaire de la parcelle voisine, cadastrée BL 84, a formé par courrier du 20 mai 2020 un recours gracieux à l'encontre de ce permis. Par décision du 21 juillet 2020, le maire de la commune a rejeté ce recours. Par la présente requête, M. D demande l'annulation de l'arrêté du 27 janvier 2020 ainsi que de la décision de rejet de son recours gracieux.
Sur la recevabilité des écritures en défense présentées par la SCI La Corentine :
2. Les mandataires mentionnés à l'article R. 431-2 du code de justice administrative ont qualité, devant les tribunaux administratifs, pour représenter les parties et signer en leur nom les requêtes et les mémoires sans avoir à justifier du mandat par lequel ils ont été saisis par leur client.
3. La présentation d'une action par un de ces mandataires ne dispense pas le tribunal administratif de s'assurer, le cas échéant, lorsque la partie en cause est une personne morale, que le représentant de cette personne morale justifie de sa qualité pour engager cette action. Une telle vérification n'est toutefois pas normalement nécessaire lorsque la personne morale requérante est dotée, par des dispositions législatives ou réglementaires, de représentants légaux ayant de plein droit qualité pour agir en justice en son nom.
4. Il résulte des dispositions de l'article 1849 du code civil applicables aux sociétés civiles immobilières, en vertu desquelles le gérant est investi des pouvoirs les plus étendus pour agir en toute circonstance au nom de la société et représente la société dans ses rapports avec les tiers, que le gérant a de plein droit qualité pour agir en justice au nom de la société.
5. Il ressort des pièces du dossier que les mémoires en défense présentés pour le compte de la SCI La Corentine sont signés par l'avocat par elle mandaté et indiquent que la SCI est représentée par son représentant légal. Est produit par ailleurs un extrait Kbis confirmant que Mme A est la gérante de la SCI et par conséquent sa représentante légale. Dans ces conditions, M. D n'est pas fondé à demander que les écritures en défense produites par la SCI La Corentine soient écartées des débats.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2131-1 du code général des collectivités territoriales : " Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou affichage () ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'Etat dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement. () / Le maire peut certifier, sous sa responsabilité, le caractère exécutoire de ces actes. / () ".
7. L'arrêté du 27 janvier 2020 contesté a été signé, pour le maire de la commune, par Mme B E. Par un arrêté du 10 juillet 2017, le maire de la commune a donné à celle-ci délégation pour signer " tous actes et documents " relevant notamment du domaine de l'urbanisme. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 10 juillet 2017 a été transmis en préfecture le 12 juillet 2017 et qu'il a fait l'objet d'une publication dans le recueil des actes administratifs de la commune du mois de juillet 2017, mis à disposition à compter du 11 août 2017. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte attaqué doit être écarté.
8. En deuxième lieu, aux termes des dispositions du 1) de l'article 2.3 du règlement du plan local d'urbanisme applicable à la date de la décision attaquée : " Lorsqu'une construction existante n'est pas conforme aux dispositions applicables dans la zone où elle se situe, l'autorisation d'exécuter des travaux ne peut être accordée que pour des travaux qui sont étrangers aux règles méconnues ou qui rendent la construction plus conforme à ces dispositions ". Aux termes des dispositions du 1) du II de l'article 2.1.5 de ce même règlement : " Sur toute la longueur des limites séparatives, l'implantation en retrait d'un bâtiment qui ne serait pas édifié sur ces limites, doit respecter le principe H/2=L (ou H représente la hauteur du bâtiment et L la distance comptée horizontalement en tout point du bâtiment avec la limite séparative) avec un minimum de 3 mètres ". Enfin, aux termes du glossaire complétant ledit règlement : " Le retrait est la distance (L) mesurée horizontalement et perpendiculairement, qui sépare chaque point de la construction de la limite séparative. / () Les éléments de modénature, les auvents, les débords de toiture, les brises soleil, les balcons, les terrasses, et les parties enterrées des constructions ne sont pas comptés dans le calcul du retrait. / Pour le calcul du retrait L, H est la différence altimétrique entre le niveau du sol existant mesuré à l'aplomb de la limite séparative et chaque point de la construction ".
9. Il ressort des pièces du dossier que la distance de retrait entre l'immeuble sur lequel les travaux ont été autorisés par la décision en litige et la limite séparative côté nord de la parcelle est de 3,12 mètres à l'aplomb de la gouttière existante laquelle se situe, avant prise en compte de la déclivité du terrain, à une hauteur de 4,62 mètres. Par ailleurs, la hauteur maximale de la construction existante au niveau du faitage de la toiture en façade nord est, avant prise en compte de la déclivité du terrain, de 11,52 mètres alors qu'il est indiqué sans que cela ne soit sérieusement contesté par le requérant que ledit faitage se trouve à une distance de plus de 9 mètres de la limite nord de la parcelle. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'implantation du bâtiment existant ne serait pas conforme aux dispositions précitées du règlement du plan local d'urbanisme relatives au retrait par rapport à la parcelle voisine située côté nord.
10. Il ressort également des pièces du dossier qu'en ce qui concerne le projet de construction autorisé par la décision en litige, la distance de retrait entre l'immeuble modifié et la limite séparative côté nord de la parcelle sera de 3 mètres à l'aplomb de la gouttière du toit couvrant la cuisine, gouttière qui se situe à une hauteur de 5,35 mètres avant prise en compte de la déclivité du terrain. La distance de retrait sera également de 3 mètres entre le mur de la façade, lequel sera d'une hauteur de 6 mètres à partir de la ligne du terrain naturel après rehaussement des combles. Par ailleurs, la hauteur maximale de la construction projetée au niveau du faitage de la toiture en façade nord sera, avant prise en compte de la déclivité du terrain, au niveau de la toiture de la cuisine de 8,26 mètres alors que ledit faitage se trouvera à une distance de 4,67 mètres de la limite nord de la parcelle. En outre, la hauteur maximale de la toiture pour le reste du bâtiment ne sera pas modifiée. Par suite, le requérant n'est pas davantage fondé à soutenir que l'implantation du bâtiment autorisé par la décision en litige ne serait pas conforme aux dispositions précitées du règlement du plan local d'urbanisme relatives au retrait par rapport à la parcelle voisine située côté nord.
11. En dernier lieu, l'exercice du recours gracieux n'ayant d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours gracieux doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours gracieux dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative. Il s'ensuit que les moyens tirés, d'une part, de l'incompétence du signataire de la décision du 21 juillet 2020 par laquelle le maire du Touquet-Paris-Plage a rejeté le recours gracieux de M. D et, d'autre part, de l'erreur de droit à avoir refusé d'examiner la conformité de la construction existante au règles issues du plan local d'urbanisme en vigueur à l'occasion du rejet du recours gracieux ne peuvent être utilement soulevés.
12. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées par la SCI La Corentine et par la commune du Touquet-Paris-Plage, que les conclusions en annulation présentées par M. D doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune du Touquet-Paris-Plage, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme que M. D demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il y a lieu en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. D le versement à la commune du Touquet-Paris-Plage et à la SCI La Corentine de la somme de 1 000 euros chacune au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : M. D versera à la commune du Touquet-Paris-Plage une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : M. D versera à la SCI La Corentine une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C D, à la société civile immobilière La Corentine et à la commune du Touquet-Paris-Plage.
Délibéré après l'audience du 7 mars 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Leguin, présidente,
- M. Borget, premier conseiller,
- Mme Zoubir, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 avril 2023.
Le rapporteur,
Signé
J. BORGET
La présidente,
Signé
A-M. LEGUIN La greffière,
Signé
S. MAUFROID
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026