lundi 15 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2006706 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | JAMAIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 22 septembre 2020, 14 octobre 2020, 7 avril 2022 et 10 juin 2022, ces deux derniers mémoires n'ayant pas été communiqués, Mme A B, représentée par Me Vandenbussche, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision en date du 29 juillet 2020 par laquelle le directeur général de l'établissement public départemental pour soutenir, accompagner, éduquer a refusé de la titulariser au terme de son stage ;
2°) de condamner l'établissement public départemental pour soutenir, accompagner, éduquer à lui verser la somme de 30 000 euros en réparation du préjudice subi ;
3°) d'enjoindre au directeur général de l'établissement public départemental pour soutenir, accompagner, éduquer, d'une part, de la réintégrer et de procéder à la reconstitution de sa carrière et de ses droits et, d'autre part, de la titulariser ou, à défaut, de poursuivre l'exécution de son contrat à durée indéterminée ;
4°) de mettre à la charge de l'établissement public départemental pour soutenir, accompagner, éduquer la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle est victime d'une discrimination fondée sur le handicap ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que son poste de travail n'a pas été adapté à son état de santé à la suite de son congé pour grave maladie, qu'elle a été confrontée à des conditions de travail très difficiles et que ses précédentes
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fiches de notation établies pour un poste identique sont élogieuses ;
- elle est entachée d'erreur de droit dès lors qu'elle aurait dû être replacée dans son
" statut " d'agent contractuel en contrat à durée indéterminée après le refus de titularisation qui lui a été opposé ;
- la décision attaquée est entachée de détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 août 2021, l'établissement public départemental pour soutenir, accompagner, éduquer, représenté par Me Jamais, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de Mme B le versement de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les conclusions indemnitaires présentées par la requérante sont, en l'absence de liaison du contentieux, irrecevables ;
- les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance en date du 24 février 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 22 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier. Vu :
- le décret n° 2016-636 du 19 mai 2016 ;
- le décret n° 2016-1705 du 12 décembre 2016 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lemaire,
- et les conclusions de M. Quint, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, agent d'entretien qualifié stagiaire à l'établissement public départemental pour soutenir, accompagner, éduquer, demande au tribunal, d'une part, d'annuler la décision en date du 29 juillet 2020 par laquelle le directeur général de cet établissement a refusé de la titulariser à compter du 1er septembre 2020 et, d'autre part, de condamner ledit établissement à lui verser une somme en réparation du préjudice qu'elle estime avoir subi.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 8 du décret du 12 décembre 2016, portant statut particulier des personnels de la filière ouvrière et technique de la catégorie C de la fonction publique hospitalière : " Les agents d'entretien qualifiés sont recrutés sans concours selon les modalités prévues aux articles 4-2 à 4-5 du décret du 19 mai 2016 susvisé. Aucune condition de titre ou de diplôme n'est exigée. / L'affectation, le stage et la titularisation des candidats sont régis par les dispositions des articles 4-8 et 4-9 du même décret. / () ". Aux termes de l'article 4-9 du décret du 19 mai 2016, relatif à l'organisation des carrières des fonctionnaires de catégorie C de la fonction publique hospitalière : " () / À l'issue de ce stage, les stagiaires dont les services ont
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donné satisfaction sont titularisés. Les autres stagiaires peuvent, après avis de la commission administrative paritaire, être autorisés à effectuer un stage complémentaire d'une durée maximale d'un an. Si le stage complémentaire a été jugé satisfaisant, les intéressés sont titularisés. / Lorsque des fonctionnaires ne sont pas titularisés à l'issue du stage initial ou à l'issue du stage complémentaire, ils sont soit licenciés s'ils n'avaient pas préalablement la qualité de fonctionnaire, soit réintégrés dans leur corps ou cadre d'emplois d'origine, selon les dispositions qui leur sont applicables. / () ". L'autorité compétente ne peut prendre légalement une décision de refus de titularisation d'un agent public ayant la qualité de stagiaire que si les faits qu'elle retient caractérisent des insuffisances dans l'exercice des fonctions et la manière de servir de l'intéressé.
3. Il ressort des pièces du dossier que le directeur général de l'établissement public départemental pour soutenir, accompagner, éduquer a refusé de titulariser Mme B au terme de son stage au motif que la période de stage effectuée par l'intéressée n'était pas
" concluante ". Toutefois, il ressort également des pièces du dossier que, préalablement à son recrutement en qualité d'agent d'entretien qualifié stagiaire pour exercer les fonctions de
" maîtresse de maison ", Mme B avait exercé ces mêmes fonctions en tant qu'agent contractuel pendant plus de sept années, ses contrats à durée déterminée ayant été renouvelés et un contrat à durée indéterminée ayant été finalement conclu, les qualités professionnelles de l'intéressée ayant été unanimement saluées par l'ensemble de ses supérieurs hiérarchiques. À cet égard, si l'établissement public départemental pour soutenir, accompagner, éduquer fait valoir qu'il avait désormais de nouvelles attentes envers Mme B à la suite de l'obtention de son certificat de " maîtresse de maison ", il n'apporte aucune précision sur ce point et ne conteste pas sérieusement que les fonctions exercées par la requérante à compter de son recrutement comme fonctionnaire stagiaire étaient identiques à celles qu'elle avait exercées auparavant en qualité d'agent contractuel. Certes, les fiches de notation établies au titre des années 2018 et 2019 font respectivement état des " débuts hésitants " de Mme B, ainsi que de la difficulté d'évaluer son implication compte tenu de l'aménagement de son poste de travail et des tâches qu'elle dit ne pouvoir effectuer pour raisons de santé. Cependant, d'une part, il est constant que la note chiffrée attribuée à l'intéressée a été augmentée au cours de cette période et que l'appréciation générale qui l'accompagne confirme la valeur professionnelle de celle-ci. D'autre part, la circonstance, à la supposer établie, que l'encadrement de Mme B, dont la qualité de travailleuse handicapée lui a été reconnue le 3 décembre 2019 par la maison départementale des personnes handicapées du Nord, éprouverait des difficultés à " évaluer son implication " n'est pas, par elle-même et en l'absence de toute autre précision, susceptible de caractériser une insuffisance dans l'exercice des fonctions ou dans la manière de servir de l'agent. Dans ces conditions, Mme B est fondée à soutenir que la décision en date du 29 juillet 2020 par laquelle le directeur général de l'établissement public départemental pour soutenir, accompagner, éduquer a refusé de la titulariser au terme de son stage est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et, par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, à en demander l'annulation pour ce motif.
Sur les conclusions indemnitaires :
4. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. / () ". Il résulte de ces dispositions qu'en l'absence d'une décision de l'administration rejetant une demande formée devant elle par le requérant ou pour son compte, une requête tendant au versement d'une
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somme d'argent est irrecevable et peut être rejetée pour ce motif. En revanche, les termes du second alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative n'impliquent pas que la condition de recevabilité de la requête tenant à l'existence d'une décision de l'administration s'apprécie à la date de son introduction. Cette condition doit être regardée comme remplie si, à la date à laquelle le juge statue, l'administration a pris une décision, expresse ou implicite, sur une demande formée devant elle.
5. En méconnaissance des dispositions précitées de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, la requête de Mme B n'est accompagnée ni d'une décision refusant de verser la somme de 30 000 euros qu'elle demande en réparation du préjudice qu'elle estime avoir subi, ni de la preuve de dépôt d'une demande tendant au versement de cette somme. En l'absence, à la date du présent jugement, de toute décision de l'administration rejetant une telle demande, les conclusions indemnitaires de Mme B sont, dès lors, irrecevables. La fin de non-recevoir opposée par l'établissement public départemental pour soutenir, accompagner, éduquer doit, par suite, être accueillie.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. L'exécution du présent jugement implique nécessairement, d'une part, que Mme B soit réintégrée dans ses fonctions d'agent d'entretien qualifié à la date du 1er septembre 2020 et, d'autre part, compte tenu du motif d'annulation retenu et en l'absence de toute circonstance de nature à y faire obstacle, qu'il soit procédé à sa titularisation. Il y a lieu, dès lors, d'enjoindre au directeur de l'établissement public départemental pour soutenir, accompagner, éduquer d'y procéder, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'établissement public départemental pour soutenir, accompagner, éduquer le versement à Mme B d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, les dispositions de cet article font obstacle à ce que soit mis à la charge de la requérante, qui n'est pas la partie perdante pour l'essentiel dans la présente instance, le versement de la somme que cet établissement demande au titre des frais qu'il a exposés.
DÉCIDE :
Article 1er : La décision en date du 29 juillet 2020 par laquelle le directeur général de l'établissement public départemental pour soutenir, accompagner, éduquer a refusé de titulariser Mme B au terme de son stage est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au directeur général de l'établissement public départemental pour soutenir, accompagner, éduquer de réintégrer Mme B dans ses fonctions d'agent d'entretien qualifié à la date du 1er septembre 2020 et de la titulariser, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'établissement public départemental pour soutenir, accompagner, éduquer versera à Mme B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice
administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 5 : Les conclusions présentées par l'établissement public départemental pour soutenir, accompagner, éduquer au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à l'établissement public départemental pour soutenir, accompagner, éduquer.
Délibéré après l'audience du 24 avril 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Lemaire, président,
- Mme Lançon, première conseillère,
- Mme Courtois, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 mai 2023.
L'assesseure la plus ancienne, Signé
L.-J. LANÇON
Le président-rapporteur, Signé
O. LEMAIRE
La greffière, Signé
S. RANWEZ
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme, La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026