lundi 12 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2006746 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | DELOBEL-BRICHE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 24 septembre 2020 et le 2 juin 2022, Mme D A, représentée par Me Delobel-Briche, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 21 novembre 2019 par laquelle le président du conseil départemental du Nord a rejeté son recours dirigé contre la décision du 1er juillet 2019 qualifiant de frauduleux un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 18 530,08 euros ;
2°) de mettre à la charge de " l'Etat " la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente;
- elle est entachée d'une erreur de fait en tant qu'elle n'a pas repris une vie maritale avec M. B à compter du 1er janvier 2016 ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en tant qu'aucune manœuvre frauduleuse ne peut lui être imputée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 mai 2022, le département du Nord conclut au rejet de la requête.
Il soutient :
- à titre principal, que la requête est tardive ;
- à titre subsidiaire, que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code civil ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- et les observations de M. E, représentant le président du conseil départemental du Nord.
Considérant ce qui suit :
1. A l'issue d'un contrôle de sa situation, la caisse d'allocations familiales du Nord a signifié à Mme A son intention de recouvrer plusieurs indus, dont un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 18 530,08 euros. Puis par une décision du 1er juillet 2019, le président du conseil départemental du Nord a retenu la qualification frauduleuse en ce qui concerne cet indu. Par une décision du 21 novembre 2019 faisant suite au recours administratif présenté par Mme Nis, le président du conseil départemental du Nord a maintenu cette qualification. Par la requête susvisée, Mme A demande au tribunal d'annuler la décision du 21 novembre 2019 du président du conseil départemental du Nord.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. ".
3. Il incombe à l'administration, lorsqu'elle oppose une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté d'une action introduite devant une juridiction administrative, d'établir la date à laquelle la décision attaquée a été régulièrement notifiée à l'intéressé.
4. En l'espèce, la décision contestée, qui comporte la mention des délais et voies de recours, a été édictée le 21 novembre 2019. Si la requête de Mme A a été enregistrée au greffe du tribunal de céans le 24 septembre 2020, le département du Nord ne justifie toutefois pas de la date à laquelle la requérante s'est vue notifier cette décision. Par suite, les délais de recours contentieux ne sauraient être regardés comme ayant commencé à courir. Par ailleurs, la requête ayant été enregistrée au greffe du tribunal moins d'un an après l'édiction de l'acte attaqué, elle ne saurait être regardée comme ayant été présentée après l'expiration d'un délai raisonnable. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête opposée par le département du Nord doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un revenu garanti, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre () ". Aux termes de l'article L. 262-3 du même code : " () L'ensemble des ressources du foyer () est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active () ". Aux termes de l'article R. 262-6 de ce code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. / Les dispositions de l'article R. 132-1 sont applicables au revenu de solidarité active ". Aux termes de l'article 515-8 du code civil : " Le concubinage est une union de fait, caractérisée par une vie commune présentant un caractère de stabilité et de continuité, entre deux personnes, de sexe différent ou de même sexe, qui vivent en couple ".
6. Il résulte de ces dispositions que pour le bénéfice du revenu de solidarité active, le foyer s'entend du demandeur, ainsi que, le cas échéant, de son concubin et des enfants ou personnes de moins de vingt-cinq ans à charge qui remplissent les conditions précisées par l'article R. 262-3 du code de l'action sociale et des familles. Pour leur application, le concubin est la personne qui mène avec le demandeur une vie de couple stable et continue. Une telle vie de couple peut être établie par un faisceau d'indices concordants, au nombre desquels la circonstance que les intéressés mettent en commun leurs ressources et leurs charges.
7. En l'espèce, pour qualifier de frauduleux l'indu en litige, le président du conseil départemental du Nord s'est fondé sur l'absence de déclaration de Mme A, d'une part, de la reprise de sa vie commune à compter du 1er janvier 2016 avec son ancien concubin, M. B, d'autre part, des revenus foncier perçus sur un bien immobilier dont elle est propriétaire en indivision.
8. Il résulte de l'instruction, et notamment des termes du rapport établi le 30 janvier 2019 par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales du Nord à la suite d'un contrôle de la situation de la requérante et qui font foi jusqu'à preuve du contraire en application des dispositions de l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale, que Mme A et M. B ont acquis dans le courant de l'année 2007, en indivision, un immeuble à but locatif. Ce même rapport mentionne que des virements ont été effectués entre le compte de Mme A et celui de son ancien concubin depuis janvier 2016 et que celui-ci est domicilié chez Mme A en ce qui concerne plusieurs organismes ou entreprises. Le contrôleur a ainsi retenu l'existence d'une communauté d'adresse, financière et de notoriété entre Mme A et M. B à compter du 1er janvier 2016. Toutefois, Mme A déclare être séparée de son concubin depuis 1996 et n'avoir jamais repris une vie de couple avec lui depuis cette année-là. L'achat de l'immeuble en cause a eu, selon les déclarations de l'intéressée, pour seul objet de pouvoir transmettre un bien immobilier à leurs enfants nés en 1990 et 1997, les revenus locatifs générés par ce bien étant uniquement perçus par M. B. Il résulte en outre de l'instruction et notamment des nombreuses pièces produites par la requérante, que celle-ci réside seule avec ses deux enfants depuis plusieurs années et que son ancien concubin vit, quant à lui, chez sa mère. Les différents avis d'impositions de M. B mentionnent ainsi l'adresse de cette dernière ou l'adresse du secours populaire de Lille. Si l'intéressé a pu fournir l'adresse de son ancienne concubine à différents organismes, il apparaît qu'il a gardé des séquelles importantes suite à un accident de la circulation dont il a été victime en 1992 et qu'à ce seul titre, Mme A lui apporte une assistance dans ses démarches administratives. Dans les circonstances très particulières de l'espèce, Mme A et M. B ne sauraient être regardés comme ayant mis en commun leurs ressources et leurs charges à compter du 1er janvier 2016 et repris une vie commune. Par suite, l'indu litigieux ne trouve pas sa cause dans une manœuvre frauduleuse de Mme A ou dans une fausse déclaration de celle-ci. Le président du conseil départemental du Nord a ainsi fait une inexacte appréciation de la situation de Mme A.
9. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme A est fondée à demander l'annulation de la décision du 21 novembre 2019 par laquelle le président du conseil départemental du Nord a rejeté son recours dirigé contre la décision du 1er juillet 2019 relative à la qualification frauduleuse d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 18 530,08 euros.
Sur les frais liés au litige :
10. En l'espèce, la décision litigieuse a été édicté par le président du conseil départemental du Nord, au nom du département du Nord. Par suite, Par suite, les conclusions de la requête, qui tendent à ce qu'une somme soit mise à la charge l'Etat au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative, sont mal dirigées et ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du président du conseil départemental du Nord en date du 21 novembre 2019 est annulée.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A et au département du Nord.
Délibéré après l'audience du 13 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Chevaldonnet, président,
- M. Liénard, conseiller,
- Mme Leclère, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 décembre 2022.
La rapporteure,
Signé
M. LECLERELe président,
Signé
B. CHEVALDONNET
La greffière,
Signé
M. F
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026