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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2006772

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2006772

mardi 21 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2006772
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème Chambre
Avocat requérantDANSET-VERGOTEN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 septembre 2020, Mme F E, représentée par Me Danset-Vergoten, demande au tribunal :

1°) de lui accorder, à titre provisoire, le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 30 juin 2020 par lequel le préfet du Nord a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour ;

3°) d'enjoindre à ce préfet de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, contre renonciation de la part de ce conseil au bénéfice de l'indemnité versée au titre de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- il n'est pas établi que la décision contestée ait été prise par une autorité habilitée ;

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors qu'il n'est pas justifié de la transmission du rapport médical au collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ni de la collégialité du débat entre les trois médecins composant ce collège et qu'il n'est pas possible d'identifier les médecins membres dudit collège en méconnaissance des dispositions du 11°) de l'article L. 313-11 et de celles des articles R. 313-22 et R. 313-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle a été prise en méconnaissance des dispositions du 11°) de l'article L.313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur de droit, faute pour le préfet du Nord d'avoir procédé à un examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnait les dispositions du 7°) de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait les stipulations du 1. de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article R. 311-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 octobre 2020, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés dans la requête sont infondés.

Par des pièces et un mémoire, enregistrés les 25 novembre et 28 décembre 2022, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a présenté des observations.

Elle fait valoir que :

- l'absence de traitement des troubles psychiatriques de l'intéressée n'est pas susceptible d'entrainer pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité ;

- il n'est pas établi que l'intéressée présente actuellement un diabète ni qu'elle prenne un traitement pour cette pathologie ;

- en tout état de cause, un traitement adapté à cette maladie est disponible et accessible dans son pays d'origine.

La clôture d'instruction a été fixée au 17 janvier 2023 à 12 h 00 par une ordonnance du 3 janvier 2023.

Mme E a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 octobre 2020.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New-York le

26 janvier 1990 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code civil ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative ;

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Après avoir entendu le rapport de Mme C au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme F E, ressortissante ivoirienne née le 6 juillet 1981 à Grand-Bassam (Côte d'Ivoire), déclare être entrée en France le 14 novembre 2013. Après avoir vu sa demande d'asile rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, puis la Cour nationale du droit d'asile, elle a présenté une demande de titre de séjour pour raisons de santé, à laquelle il a été fait droit à compter du 20 avril 2017. Ce titre a été renouvelé jusqu'au 2 décembre 2018. Le 5 novembre 2018, elle a présenté une demande de renouvellement de ce titre, qui a été rejetée par un arrêté du préfet du Nord du 30 juin 2020. Par la présente requête, Mme E demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Par une décision du 12 octobre 2020, postérieure à l'introduction de la requête, Mme E a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, ses conclusions tendant à l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire sont devenues sans objet. Il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. En premier lieu, par arrêté du 2 janvier 2020, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de l'Etat dans le département n° 01 du même jour, le préfet du Nord a donné délégation à Mme D B de la Perrière, cheffe du bureau du contentieux et du droit des étrangers, à l'effet de signer notamment les décisions portant refus de titre de séjour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision contestée doit être écarté.

4. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué, qui n'avait par ailleurs pas à indiquer de manière exhaustive l'ensemble des éléments afférents à la situation personnelle et familiale de Mme E, mentionne, avec une précision suffisante, les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement en citant notamment les dispositions du 11°) de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et en faisant état des conditions d'entrée de l'intéressée en France, de sa situation administrative, notamment des précédents titres de séjour délivrés, de son état de santé et de l'avis rendu par le collège de médecins de l'OFII ainsi que de sa situation familiale. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cet arrêté doit être écarté.

5. En troisième lieu, d'une part, aux termes des dispositions de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit :/ (.)/11° A l'étranger résidant habituellement en France, si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. La condition prévue à l'article L. 313-2 n'est pas exigée. La décision de délivrer la carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () ". Par ailleurs, aux termes des dispositions de l'article R. 313-22 du même code : " Pour l'application du 11° de l'article L. 313-11, le préfet délivre la carte de séjour au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. /L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. () ". Aux termes des dispositions de l'article R. 313-23 de ce code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 313-22 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa de l'article R. 313-22. () / Il transmet son rapport médical au collège de médecins. / Sous couvert du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le service médical de l'office informe le préfet qu'il a transmis au collège de médecins le rapport médical. () / Le collège à compétence nationale, composé de trois médecins, émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du présent article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'office. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. / Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. / () ". Enfin, aux termes de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, " (), un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis ()/ ()/ L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège.".

6. Il résulte notamment des dispositions précitées de l'article R. 313-23 que l'avis du collège de médecins doit être émis au vu du rapport médical établi par un médecin de l'OFII et que le préfet est informé de la transmission de ce rapport au collège de médecins. En outre, la transmission de ce rapport médical au collège de médecins constitue une garantie pour l'intéressé et est également susceptible d'exercer une influence sur le sens de l'avis rendu par le collège de médecins ainsi que, par voie de conséquence, sur la suite donnée par le préfet à la demande de titre formée par l'intéressé.

7. D'autre part, aux termes de l'article 1367 du code civil : " La signature nécessaire à la perfection d'un acte juridique identifie son auteur. () / Lorsqu'elle est électronique, elle consiste en l'usage d'un procédé fiable d'identification garantissant son lien avec l'acte auquel elle s'attache. La fiabilité de ce procédé est présumée, jusqu'à preuve contraire, lorsque la signature électronique est créée, l'identité du signataire assurée et l'intégrité de l'acte garantie, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat ".

8. Il ressort des pièces du dossier que le médecin rapporteur a établi son rapport le 6 février 2019 et qu'il a été transmis au collège de médecins de l'OFII le 11 février suivant. Par ailleurs, l'avis rendu le 15 mai 2019 porte la mention " Après en avoir délibéré, le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration émet l'avis suivant " et comporte le nom et la signature des trois médecins composant ce collège, permettant, en l'absence d'élément produit susceptible de mettre en doute ces mentions, d'une part, d'établir que l'avis a été rendu collégialement et, d'autre part, d'identifier les médecins composant ce collège. Par ailleurs, si la requérante soutient que les signatures des trois médecins figurant sur cet avis ne respectent pas les dispositions de l'article 1367 du code civil, elle ne peut utilement se prévaloir de ces dispositions, dès lors que cet avis n'est pas au nombre des actes relevant du champ d'application de cet article. En tout état de cause, aucun élément du dossier ne permet de penser que les signatures apposées au bas de l'avis ne seraient pas celles des trois médecins composant le collège de médecins de l'OFII. Les moyens tirés de ces vices de procédure doivent, par suite, être écartés.

9. En quatrième lieu, il ressort de l'avis de l'OFII du 15 mai 2019 que l'état de santé de Mme E nécessite une prise en charge médicale. Toutefois, le défaut de prise en charge médicale ne devrait pas entrainer de conséquences d'une exceptionnelle gravité.

10. Par ailleurs, s'il ressort des pièces du dossier que l'intéressée souffre d'un syndrome post-traumatique qu'elle impute à des évènements intervenus en Côte d'Ivoire, a souffert d'une dépression post-natale sévère après la naissance de son premier enfant en 2014 et présente un diabète de type II, insulinodépendant, elle ne soutient ni même n'allègue que, contrairement à ce qu'a retenu le collège de médecins de l'OFII, l'absence de prise charge de ses pathologies serait susceptible d'avoir pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité. A ce titre, les certificats médicaux les plus récents, établis au mois de juillet 2020, émanant du médecin psychiatre qui la suit depuis plusieurs années, font état d'un état psychologique stabilisé, d'un suivi actuellement non actif, uniquement à la demande. Par ailleurs, il n'y est aucunement fait mention d'un traitement médicamenteux prescrit à la requérante à la date de la décision contestée. Enfin, s'il ressort d'un certificat médical du mois de novembre 2018 que l'intéressée présentait alors un risque de décompensation sévère en cas de retour dans son pays d'origine, il ne ressort d'aucun élément du dossier que ce risque persistait à la date de la décision en litige. Enfin, s'agissant de son diabète, l'intéressée n'apporte pas de précision sur le traitement qui lui était prescrit à la date de la décision, alors au demeurant que l'insuline apparait disponible sous différentes formes en Côte d'Ivoire. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 11°) de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

11. En cinquième lieu, si la requérante invoque un moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 7°) de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle ait présenté une demande de titre de séjour sur ce fondement. Par suite, le préfet n'était pas tenu d'examiner la demande de l'intéressée au titre de ces dispositions et il ne l'a d'ailleurs pas fait. Il suit de là que Mme E ne peut utilement se prévaloir du moyen tiré de leur méconnaissance. Ce moyen ne peut, par suite, qu'être écarté.

12. En sixième lieu, en vertu de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

13. Il ressort des pièces du dossier que Mme E est présente sur le territoire français depuis 2014 et qu'elle a deux enfants à charge. Si elle se prévaut également de sa relation avec M. A, père de son second enfant, dont il n'est au demeurant pas établi qu'il contribue à son entretien et son éducation, il ressort des pièces du dossier qu'ils ne vivent pas ensemble et se bornent à évoquer une possible reprise de leur relation. Par ailleurs, l'intéressé, ressortissant ivoirien, n'est titulaire que d'une carte de séjour étudiant et n'a ainsi pas vocation à rester sur le territoire français. Mme E n'établit par ailleurs pas que son ainée, qui souffre d'asthme, ne pourrait être suivie en Côte d'Ivoire et y bénéficier d'un traitement adapté à son état de santé ni qu'elle ne pourrait, eu égard à son jeune âge, y poursuivre sa scolarité. En outre, la requérante ne fait état d'aucune autre attache sur le territoire français et ne conteste pas ne pas être isolée en Côte d'Ivoire où elle a vécu jusqu'à ses 32 ans et où résident encore a minima ses parents. Enfin, ainsi qu'il a été dit au point 10, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'à la date de la décision, elle présentait encore un risque de décompensation en cas de retour dans son pays d'origine ou qu'elle ne pourrait, le cas échéant, y bénéficier d'un traitement et d'un suivi adaptés à son état de santé. Dès lors, malgré sa durée de présence en France et son intégration professionnelle, la décision en litige n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit de la requérante de mener une vie privée et familiale normale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

14. En septième lieu, et pour les mêmes motifs que ceux évoqués au point précédent, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation commise par le préfet du Nord au regard des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l'intéressée doit être écarté.

15. En huitième lieu, aux termes du 1er alinéa de l'article 3 de la même convention : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".

16. Pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 13, notamment la circonstance qu'il n'est pas établi que la fille ainée de Mme E ne pourrait avoir accès à un traitement adapté en Côte d'Ivoire et ne pourrait y poursuivre sa scolarité, qu'il n'est pas davantage établi que M. A contribuerait effectivement à l'entretien et à l'éducation de son enfant, ni même qu'il chercherait à la voir de manière régulière, et que la cellule familiale pourrait, le cas échéant, se reconstituer en Côte d'Ivoire, pays dont ils ont tous la nationalité, la décision contestée ne méconnait pas les stipulations précitées de la convention internationale relative aux droits de l'enfant . Ce moyen doit, par suite, être écarté.

17. En neuvième lieu, la décision contestée n'emporte par elle-même ni éloignement forcé, ni fixation du pays de renvoi. Par ailleurs, eu égard à ce qui a été dit au point 10, le moyen tiré de la méconnaissance combinée des articles 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et R. 311-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté.

18. En dixième et dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Nord n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de l'intéressée, malgré l'absence de mention de son second enfant, alors qu'il n'est au demeurant pas établi qu'il en ait eu connaissance, et du nom des pathologies dont elle souffre. Par suite, le moyen tiré de l'existence d'une erreur de droit doit être écarté.

19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision portant refus de renouvellement du titre de séjour de Mme E doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent l'être également.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'admission de Mme E au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme E est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme F E et au préfet du Nord.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et à l'office français de l'immigration et de l'intégration.

Délibéré après l'audience du 24 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

M. Fabre, président,

Mme Monteil, première conseillère,

Mme Piou, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 février 2023.

La rapporteure,

Signé

C. C

Le président,

Signé

X. FABRE

La greffière,

Signé

A. DOUVRY

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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