lundi 15 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2006848 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | STIENNE-DUWEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 25 septembre 2020, 11 avril 2021, 5 mai 2021, 7 juin 2021 et 3 octobre 2021, Mme A B, représentée par Me Stienne-Duwez, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision en date du 3 août 2020 par laquelle le directeur du centre hospitalier de Tourcoing a refusé de la titulariser au terme de son stage ;
2°) d'enjoindre au directeur du centre hospitalier de Tourcoing de la titulariser dans le grade d'agent des services hospitaliers qualifié de classe normale à compter du 1er septembre 2020 ou, à défaut, de réexaminer sa situation, dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Tourcoing la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors, d'une part, qu'elle n'a pas été mise en mesure de consulter son dossier et, d'autre part, qu'il n'est établi ni que la commission administrative paritaire a été préalablement sollicitée pour avis, ni, en tout état de cause, qu'elle a siégé dans une composition régulière au regard des dispositions de l'article 34 du décret du 12 mai 1997 et qu'elle a effectivement bénéficié des éléments nécessaires à l'exercice de sa mission ;
- elle est fondée sur des faits matériellement inexacts ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est entachée d'un détournement de pouvoir.
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Par des mémoires en défense, enregistrés les 9 avril 2021, 28 mai 2021 et 25 juin 2021, le centre hospitalier de Tourcoing, représenté par Me Brazier, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de Mme B le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête de Mme B, qui ne contient l'exposé d'aucune conclusion et d'aucun moyen, est irrecevable ;
- en tout état de cause, les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance en date du 14 février 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 avril 2022.
Un mémoire, présenté pour le centre hospitalier de Tourcoing, a été enregistré le 5 novembre 2021.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le Tribunal judiciaire de Lille en date du 8 mars 2021.
Vu les autres pièces du dossier. Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- la loi n° 2019-828 du 6 août 2019 ;
- le décret n° 97-487 du 12 mai 1997 ;
- le décret n° 2003-655 du 18 juillet 2003 ;
- le décret n° 2007-1188 du 3 août 2007 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lemaire,
- les conclusions de M. Quint, rapporteur public,
- et les observations de Me Cuvelier, substituant Me Brazier, avocat du centre hospitalier de Tourcoing.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, agent des services hospitaliers qualifié stagiaire au centre hospitalier de Tourcoing, demande au tribunal d'annuler la décision en date du 3 août 2020 par laquelle le directeur de cet établissement a refusé de la titulariser au terme de son stage.
Sur les conclusions à fins d'annulation et d'injonction :
2. En premier lieu, la décision en litige ne revêt pas de caractère disciplinaire et n'entre, de ce fait, dans aucune des catégories de décisions qui doivent être motivées, notamment en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Par
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suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision est inopérant.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 21 de la loi du 9 janvier 1986 susvisée, portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière, dans sa rédaction antérieure à celle issue de la loi du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique : " Les commissions administratives paritaires sont consultées sur les projets de titularisation et de refus de titularisation. () ". Aux termes de l'article 65 du décret du 18 juillet 2003 susvisé, relatif aux commissions administratives paritaires locales et départementales de la fonction publique hospitalière : " Toutes facilités doivent être données aux membres des commissions administratives paritaires par les administrations pour leur permettre d'exercer leurs attributions. Des locaux doivent être mis à leur disposition. / Le président de la commission veille à ce que les membres des commissions administratives paritaires reçoivent communication de toutes pièces et documents nécessaires à l'accomplissement de leur mission deux semaines au moins avant la date de la réunion. / Dans un délai de dix jours précédant la réunion, ils ont accès, sur leur demande, aux dossiers individuels des agents dont la situation doit être examinée en commission. / () ".
4. D'une part, contrairement à ce que soutient Mme B, la commission administrative paritaire locale a été saisie pour avis du projet du centre hospitalier de Tourcoing de refuser sa titularisation à l'issue de son stage et a d'ailleurs, lors de sa séance du 25 juin 2020, émis un avis favorable à ce que l'administration mette un terme à ce stage. D'autre part, si les dispositions précitées de l'article 65 du décret du 18 juillet 2003 prévoient la possibilité pour les membres de la commission administrative paritaire d'accéder, sur leur demande, aux dossiers individuels des agents dont la situation doit être examinée en commission, elles ne font aucunement obligation à l'établissement hospitalier de les informer nominativement de cette faculté. En tout état de cause, il n'est pas sérieusement contesté qu'une telle information a été délivrée par le centre hospitalier de Tourcoing à l'ensemble des membres appelés à siéger lors de la séance du 25 juin 2020. Enfin, il n'est pas allégué et il ne ressort d'aucune pièce du dossier que des documents autres que ceux figurant au dossier individuel de Mme B auraient été nécessaires aux membres de cette commission pour l'accomplissement de leur mission.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 37 de la loi du 9 janvier 1986 susvisée, portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière : " L'agent peut être licencié au cours de la période de stage après avis de la commission administrative paritaire compétente, en cas de faute disciplinaire ou d'insuffisance professionnelle. Dans ce dernier cas, le licenciement ne peut intervenir moins de six mois après le début du stage ". Aux termes de l'article 9 du décret du 12 mai 1997 fixant les dispositions communes applicables aux agents stagiaires de la fonction publique hospitalière : " L'agent stagiaire ne peut être licencié pour insuffisance professionnelle que lorsqu'il a accompli un temps au moins égal à la moitié de la durée normale du stage. / La décision de licenciement est prise après avis de la commission administrative paritaire prévue à l'article 34 du présent décret, sauf dans le cas où l'aptitude professionnelle doit être appréciée par un jury. / () ". Aux termes de l'article 34 de ce décret :
" Les questions d'ordre individuel résultant de l'application des articles 9 et 20 du présent décret sont soumises pour avis à la commission administrative paritaire du corps dans lequel l'agent stagiaire concerné a vocation à être titularisé. / La commission comprend alors, en qualité de représentants du personnel, les membres qui représentent le grade de début du corps et ceux qui représentent le grade immédiatement supérieur. / () ".
6. Mme B ne peut utilement soutenir que la commission administrative paritaire locale ayant émis un avis préalablement à l'édiction de la décision contestée a siégé dans une composition méconnaissant les dispositions précitées de l'article 34 du décret du 12 mai 1997
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dès lors que les dispositions de l'article 9 de ce même décret ne s'appliquent qu'aux licenciements prononcés en cours de stage. En tout état de cause, l'intéressée n'établit ni même n'allègue que la présence au sein de cette commission, à la supposer établie, d'un représentant du personnel titulaire d'un grade supérieur au grade immédiatement supérieur au grade de début du corps l'aurait privée d'une garantie ou aurait exercé une influence sur le sens de la délibération de cette commission et, par suite, sur le sens de la décision en litige.
7. En quatrième lieu, un agent public ayant, à la suite de son recrutement ou dans le cadre de la formation qui lui est dispensée, la qualité de stagiaire se trouve dans une situation probatoire et provisoire. Il en résulte qu'alors même que la décision de ne pas le titulariser en fin de stage est fondée sur l'appréciation portée par l'autorité compétente sur son aptitude à exercer les fonctions auxquelles il peut être appelé et, de manière générale, sur sa manière de servir, et se trouve ainsi prise en considération de sa personne, elle n'est pas, en principe et sauf à revêtir le caractère d'une mesure disciplinaire, au nombre des mesures qui ne peuvent légalement intervenir sans que l'intéressé ait été mis à même de prendre connaissance de son dossier, et n'est soumise qu'aux formes et procédures expressément prévues par les lois et les règlements.
8. Il résulte de ce qui a été dit au point précédent que la décision en date du 3 août 2020 par laquelle le directeur du centre hospitalier de Tourcoing a refusé de titulariser Mme B au terme de son stage, laquelle ne revêtait en l'espèce aucun caractère disciplinaire, pouvait être prise sans que l'intéressée ait été invitée à prendre connaissance de son dossier.
9. En cinquième lieu, aux termes de l'article 11 du décret du 3 août 2007 portant statut particulier du corps des aides-soignants et des agents des services hospitaliers qualifiés de la fonction publique hospitalière : " Les candidats nommés en qualité d'agent des services hospitaliers qualifiés doivent effectuer un stage d'une durée d'une année à l'issue duquel ils sont titularisés si ce stage a donné satisfaction. / () / Les candidats qui n'ont pas été autorisés à effectuer un stage complémentaire ou dont le stage complémentaire n'a pas été jugé satisfaisant sont soit licenciés s'ils n'avaient pas préalablement la qualité de fonctionnaire, soit réintégrés dans leur corps d'origine s'ils étaient fonctionnaires hospitaliers, soit remis à la disposition de leur administration d'origine s'ils étaient fonctionnaires de l'État ou fonctionnaires territoriaux ". L'autorité compétente ne peut prendre légalement une décision de refus de titularisation d'un agent public ayant la qualité de stagiaire que si les faits qu'elle retient caractérisent des insuffisances dans l'exercice des fonctions et la manière de servir de l'intéressé.
10. Pour justifier sa décision de refuser de titulariser Mme B à l'issue de son stage, le directeur du centre hospitalier de Tourcoing s'est fondé sur les circonstances que l'intéressée transgressait régulièrement les horaires de travail en arrivant en retard sans en avertir sa hiérarchie et en s'abstenant de justifier ou en justifiant tardivement ses absences, qu'elle omettait régulièrement de s'enregistrer sur le système de pointage de l'établissement et qu'elle adoptait une attitude vis-à-vis des patients et de son encadrement incompatible avec le bon fonctionnement du service, caractérisée par un défaut de communication. Si Mme B fait valoir qu'elle transmettait les justificatifs de ses absences dans les délais requis et que les omissions reprochées en matière de pointage étaient imputables au dysfonctionnement de son badge, elle ne verse au dossier aucune pièce de nature à l'établir. Par ailleurs, en se bornant à soutenir que la plupart de ses retards, dont elle avertissait ses collègues, étaient minimes et qu'elle faisait régulièrement des heures supplémentaires, l'intéressée ne conteste pas sérieusement les faits qui lui sont reprochés. Dans ces conditions, en décidant de ne pas titulariser Mme B à l'issue de son stage pour ce motif, le directeur du centre hospitalier de Tourcoing, qui ne s'est pas fondé sur des faits matériellement inexacts, n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
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11. En dernier lieu, le détournement de pouvoir allégué n'est pas établi.
12. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision en date du 3 août 2020 par laquelle le directeur du centre hospitalier de Tourcoing a refusé de la titulariser au terme de son stage. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, les conclusions à fin d'annulation de Mme B doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font en tout état de cause obstacle à ce que soit mis à la charge du centre hospitalier de Tourcoing, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement de la somme que Mme B demande au titre des frais qu'elle aurait exposés. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la requérante le versement à cet établissement d'une somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier de Tourcoing au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au centre hospitalier de Tourcoing.
Délibéré après l'audience du 24 avril 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Lemaire, président,
- Mme Lançon, première conseillère,
- Mme Courtois, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 mai 2023.
L'assesseure la plus ancienne, Signé
L.-J. LANÇON
Le président-rapporteur, Signé
O. LEMAIRE
La greffière, Signé
S. RANWEZ
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme, La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026