mardi 10 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2006988 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL RESSOURCES PUBLIQUES AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrée sous le n° 2006988 le 1er octobre 2020, M. A B demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du conseil municipal de Festubert (62) du 30 juillet 2020 portant adoption du compte administratif pour 2019 du budget annexe - ZAE ;
2°) d'annuler par voie de conséquence la délibération du 30 juillet 2020 portant adoption du budget primitif du budget annexe - ZAE pour l'année 2020.
Le requérant soutient que :
- la délibération portant adoption du compte administratif 2019 doit être annulée dès lors qu'elle n'a pas fait l'objet d'une délibération et d'un vote séparé de ceux du compte de gestion et de l'affectation des résultats ;
- elle a été adoptée aux termes de débats qui n'ont pas respecté l'ordre d'examen du compte de gestion comptable et de l'affectation des résultats ;
- le maire de la commune a participé aux opérations de vote ;
- le maire de la commune a signé cette délibération et a signé le bordereau de transmission au contrôle de légalité ;
- cette délibération n'est pas inscrite au registre communal et n'est pas numérotée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juin 2021, la commune de Festubert, représentée Me Fillieux, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de M. B de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune de Festubert fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors que le budget général et les budgets annexes d'une commune constituent un acte administratif indivisible qui ne peut encourir d'annulation partielle ;
- les conclusions visant à l'annulation par voie de conséquence de la délibération portant adoption du budget primitif pour 2020 est irrecevable dès lors qu'une copie de l'acte attaqué n'y a pas été jointe ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
La clôture d'instruction a été fixée au 7 novembre 2022 à 12 h 00 par une ordonnance du 6 octobre 2022.
II. Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le n° 2006989 les 1er octobre 2020 et 10 octobre 2022, M. A B demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du conseil municipal de Festubert du 30 juillet 2020 portant adoption du compte administratif pour 2019 du budget général de la commune ;
2°) d'annuler par voie de conséquence la délibération du 30 juillet 2020 portant adoption du budget primitif du budget général pour l'année 2020.
Le requérant soulève les mêmes moyens à l'encontre de la délibération portant adoption du compte administratif 2019 du budget général de la commune que ceux soulevés dans la requête n° 2006988 à l'encontre de la délibération portant adoption du compte administratif pour 2019 du budget annexe - ZAE. Il soutient, en outre, que le procès-verbal du conseil municipal de la séance du 30 juillet 2020 établi par huissier et produit par la défense porte atteinte au principe du contradictoire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 avril 2021, la commune de Festubert, représentée Me Fillieux, conclut au rejet de la requête pour les mêmes motifs que ceux exposés sous le n°2006988 et à la mise à la charge de M. B de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La clôture d'instruction a été fixée au 17 août 2023 à 12 h 00 par une ordonnance du 17 juillet 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Monteil,
- les conclusions de M. Even, rapporteur public,
- les observations de Me Dantec, représentant la commune de Festubert.
Considérant ce qui suit :
1. Par deux délibérations en date du 30 juillet 2020, le conseil municipal de Festubert a adopté les comptes administratifs 2019 du budget annexe - ZAE, d'une part, et du budget général de la commune, d'autre part. M. A B, se prévalant de sa qualité de contribuable de la commune de Festubert, demande l'annulation de ces délibérations ainsi que, par voie de conséquence de l'illégalité de ces dernières, l'annulation des deux délibérations adoptant le même jour les budgets primitifs pour 2020 du budget annexe - ZAE et du budget général de la commune.
Sur la jonction :
2. Les requêtes enregistrées sous les numéros 2006988 et 2006989 présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les délibérations relatives aux budgets primitifs pour l'année 2020 :
3. Aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que le requérant n'a pas joint les délibérations relatives à l'adoption des budgets primitifs du budget annexe - ZAE et du budget général pour 2020. Dès lors, comme l'a opposé en défense la commune de Festubert, les conclusions dirigées contre ces deux délibérations sont irrecevables.
En ce qui concerne les délibérations relatives aux comptes administratifs 2019 :
S'agissant de la fin de non-recevoir opposée en défense :
5. Aux termes de l'article L. 2221-11 du code général des collectivités territoriales : " Les produits des régies dotées de la seule autonomie financière, y compris les taxes ainsi que les charges, font l'objet d'un budget spécial annexé au budget de la commune voté par le conseil municipal. ().
6. Il résulte de ces dispositions que, pour l'exploitation directe d'un service public industriel et commercial relevant de leurs compétences, les communes doivent constituer une régie municipale dotée d'un budget spécial annexé au budget de la commune qui constitue par nature une exception aux principes d'universalité et d'unité budgétaire. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense tirée du fait que le budget principal et le budget annexe de la commune de Festubert constituent un acte administratif indivisible qui ne peut faire l'objet d'une annulation partielle doit être écartée.
S'agissant de la légalité de ces délibérations :
7. Aux termes de l'article L. 2121-14 du code général des collectivités territoriales : " () Dans les séances où le compte administratif du maire est débattu, le conseil municipal élit son président. / Dans ce cas, le maire peut, même s'il n'est plus en fonction, assister à la discussion ; mais il doit se retirer au moment du vote. "
8. Il ressort des pièces du dossier, et particulièrement du procès-verbal du conseil municipal de la séance du 30 juillet 2020 établi par huissier, que si le maire de la commune de Festubert s'est retiré physiquement du conseil municipal au moment du vote du compte administratif du budget général pour 2019, il est revenu dans la salle du conseil municipal alors que les opérations de vote n'étaient pas terminées et que sa voix a été comptabilisée en séance avant la proclamation du résultat. Par ailleurs, il ne ressort pas de ce même procès-verbal que le maire de Festubert se soit retiré de la salle du conseil municipal durant les opérations de vote sur le compte administratif 2019 du budget annexe - ZAE. Le requérant est ainsi fondé à soutenir que les comptes administratifs ont été arrêtés en méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 2121-14 du code général des collectivités territoriales.
9. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie. Cependant, les dispositions de l'article L. 2121-14 du code général des collectivités territoriales qui définissent les conditions du vote des comptes administratifs, dont la méconnaissance constitue une irrégularité, ne sont pas relatives à une procédure administrative préalable à la délibération du conseil municipal, mais définissent les modalités de vote de la délibération elle-même. La méconnaissance des règles relatives à l'adoption des comptes administratifs entraîne donc par elle-même l'illégalité des deux délibérations litigieuses. La circonstance invoquée par la commune de Festubert que la comptabilisation de la voix du maire n'a eu aucune conséquence sur le vote final, puisque onze voix sur quinze se sont prononcées en faveur de chacune des délibérations, est sans incidence sur le bien-fondé du moyen ainsi retenu.
10. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. B est seulement fondé à demander l'annulation des deux délibérations relatives à l'adoption des comptes administratifs 2019 du budget annexe - ZAE et du budget général de la commune de Festubert, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens invoqués à leur encontre.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. B, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante pour l'essentiel, la somme que la commune de Festubert demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La délibération du 30 juillet 2020 relative à l'adoption du compte administratif pour 2019 du budget annexe - ZAE de la commune de Festubert est annulée.
Article 2 : La délibération du 30 juillet 2020 relative à l'adoption du compte administratif pour 2019 du budget général de la commune de Festubert est annulée.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Festubert.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Fabre, président,
Mme Monteil, première conseillère,
M. Lemée, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2023.
La rapporteure,
Signé
A.-L. MONTEIL
Le président,
Signé
X. FABRE
La greffière,
Signé
M. C
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
2/206989
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026