mardi 10 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2007596 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | MONAMY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 22 octobre 2020 et 2 novembre 2021, M. D E et M. B G, représentés par Me Monamy, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 août 2020 par lequel le président du conseil départemental du Pas-de-Calais a fixé l'alignement entre leur propriété et la route départementale n°8 ;
2°) de mettre à la charge du conseil départemental du Pas-de-Calais la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté contesté a été pris par une autorité incompétente ;
- il est entaché d'un vice de procédure par méconnaissance des dispositions de l'article L. 112-3 du code de la voirie routière dès lors que le maire de la commune de Barly n'a pas été consulté par le président du conseil départemental du Pas-de-Calais ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 112-1 du code de la voirie routière dès lors que le président du conseil départemental du Pas-de-Calais n'a pas pris en compte le plan d'alignement existant ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation dès lors que le président du conseil départemental du Pas-de-Calais s'est mépris sur les limites réelles de la voie publique située en bordure de leur propriété.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 août 2021, le conseil départemental du Pas-de-Calais, représenté par son président, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête dès lors que l'arrêté du 21 août 2020 a été pris avec une durée de validité d'un an et qu'il est donc devenu caduque en cours d'instance ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
La clôture d'instruction a été fixée au 7 novembre 2022 à 12h00 par une ordonnance du 6 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la voirie routière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Monteil,
- les conclusions de M. Even, rapporteur public ;
- et les observations de Me Monamy, représentant M. E et M. G.
Considérant ce qui suit :
1. M. D E et M. B G sont propriétaires du château de Barly situé au 6 rue de l'égalité à Barly (62). Le 10 juillet 2020, le maire de Barly a sollicité la fixation de l'alignement entre la route départementale n°8 et la propriété des requérants. Par un arrêté du 21 août 2020, dont les requérants demandent l'annulation, le président du conseil départemental du Pas-de-Calais a fixé l'alignement demandé au droit des clôtures existantes.
Sur l'exception de non-lieu opposée en défense :
2. Aux termes de l'article L. 112-1 du code de la voirie routière : " L'alignement est la détermination par l'autorité administrative de la limite du domaine public routier au droit des propriétés riveraines. Il est fixé soit par un plan d'alignement, soit par un alignement individuel. / Le plan d'alignement, auquel est joint un plan parcellaire, détermine après enquête publique ouverte par l'autorité exécutive de la collectivité territoriale ou de l'établissement public de coopération intercommunale, propriétaire de la voie, et organisée conformément aux dispositions du code des relations entre le public et l'administration la limite entre voie publique et propriétés riveraines. / L'alignement individuel est délivré au propriétaire conformément au plan d'alignement s'il en existe un. En l'absence d'un tel plan, il constate la limite de la voie publique au droit de la propriété riveraine. "
3. Il résulte des dispositions de l'article L. 112-1 du code de la voirie routière que l'alignement individuel, qui, en l'absence d'un plan d'alignement, constate la limite de la voie publique au droit de la propriété riveraine, est un acte purement déclaratif qui reste valable, en ce qui concerne la délimitation de la voie publique, tant qu'il ne se produit pas de fait nouveau, alors même que l'autorité qui le délivre aurait fixé un délai pour la réalisation des travaux en vue desquels l'alignement a été demandé.
4. Par suite, la seule circonstance qu'une année s'est écoulée depuis l'édiction de l'arrêté d'alignement individuel litigieux du 21 août 2020 n'est pas de nature à entraîner sa caducité, ce dernier restant valable tant qu'il ne se produit pas de fait nouveau. Par suite, l'exception de non-lieu soulevée par le président du conseil départemental du Pas-de-Calais doit être rejetée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 112-3 du code de la voirie routière : " L'alignement individuel est délivré par le représentant de l'Etat dans le département, le président du conseil départemental ou le maire, selon qu'il s'agit d'une route nationale, d'une route départementale ou d'une voie communale. / Dans les agglomérations, lorsque le maire n'est pas compétent pour délivrer l'alignement, il doit obligatoirement être consulté. "
6. Il résulte des dispositions précitées que le maire de la commune de Barly devait être consulté, préalablement à l'édiction de l'arrêté d'alignement, sans qu'ait d'incidence à cet égard la circonstance que le président du conseil départemental ait été saisi par ledit maire. La méconnaissance de cette obligation de saisine pour avis constitue une garantie pour les intéressés. Dès lors le moyen tiré du vice de procédure, par méconnaissance des dispositions de l'article L. 112-3 du code de la voirie routière, doit être accueilli.
7. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que l'alignement individuel de la propriété située au 6 rue de l'égalité à Barly avec la route départementale n°8 a été fixé par un plan d'alignement en date du 4 septembre 1876, toujours en vigueur. Il ressort également des pièces du dossier, et particulièrement du plan topographique en date du 23 juillet 2021 qui a été commandé par les requérants à M. C A, géomètre expert, et qui n'est pas contesté en défense, que l'alignement retenu par l'arrêté litigieux a été fixé en fonction des limites actuelles de la voie publique en bordure des propriétés riveraines et ne correspond pas aux limites définies par ce plan d'alignement. En conséquence, M. E et M. G sont fondés à soutenir que l'arrêté d'alignement individuel du 21 août 2021 a été pris en méconnaissance des limites fixées par le plan d'alignement en vigueur et qu'il méconnaît ainsi les dispositions précitées de l'article L. 112-1 du code de la voirie routière.
8. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. E et M. G sont fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 21 août 2020 du président du conseil départemental du Pas-de-Calais.
Sur les frais d'instance :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du conseil départemental du Pas-de-Calais une somme de 2 000 euros au titre des frais exposés par M. E et M. G et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté de voirie portant alignement du 21 août 2020 du président du conseil départemental du Pas-de-Calais est annulé.
Article 2 : Le conseil départemental du Pas-de-Calais versera à M. E et M. G une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D E, à M. B G et au conseil départemental du Pas-de-Calais.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Fabre, président,
Mme Monteil, première conseillère,
M. Lemée, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2023.
La rapporteure,
Signé
A.-L. MONTEIL
Le président,
Signé
X. FABRE
La greffière,
Signé
M. F
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026