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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2007722

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2007722

vendredi 29 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2007722
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation8ème chambre
Avocat requérantSELARL DETREZ-CAMBRAI AVOCAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 octobre 2020, M. C Palisse, représenté par Hélène Detrez-Cambrai, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 23 juin 2020 par laquelle le président du conseil d'administration du service départemental d'incendie et de secours du Pas-de-Calais l'a affecté d'office au centre d'incendie et de secours de Hénin-Beaumont à compter du 1er juillet 2020, ainsi que la décision portant rejet implicite de son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre au président du conseil d'administration du service départemental d'incendie et de secours du Pas-de-Calais de le réaffecter, à titre rétroactif à compter de la date de son changement d'affectation, dans l'emploi qu'il occupait, dans un délai de 7 jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge du service départemental d'incendie et de secours du Pas-de-Calais une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée du 23 juin 2020 a été adoptée par une autorité incompétente ;

- les décisions attaquées méconnaissent les dispositions des articles 52 et 33-5 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ; le président du conseil d'administration ne fait état de l'existence d'aucune ligne directrice de gestion qu'il aurait fixée ;

- la mesure de mutation en litige, qui modifie sa résidence administration et qui emporte une diminution de ses responsabilités, porte atteinte aux droits et prérogatives garantis par son statut.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 avril 2021, le service départemental d'incendie et de secours (SDIS) du Pas-de-Calais conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la requête est irrecevable ; les conclusions tendant à l'annulation de la décision implicite portant rejet du recours gracieux formé par M. Palisse sont dirigées contre un acte inexistant, le recours ayant été rejeté par une décision explicite du 14 août 2020, notifiée le 19 août suivant ; les conclusions dirigées contre la décision en litige du 23 juin 2020 sont tardives ;

- aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Par une ordonnance du 1er décembre 2022, la date de clôture de l'instruction a été fixée au 2 janvier 2023 à 14 heures.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- la loi n° 2019-828 du 6 août 2019 ;

- le décret n° 90-850 du 25 septembre 1990 ;

- le décret n° 2012-521 du 20 avril 2012 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Caustier,

- les conclusions de M. Christian, rapporteur public,

- les observations de Mme D B et de Mme A E, représentant le SDIS du Pas-de-Calais.

Considérant ce qui suit :

1. M. C Palisse, adjudant de sapeurs-pompiers professionnels exerçant les fonctions de chef de poste au centre d'incendie et de secours (CIS) de Marquion, a fait l'objet d'un rapport, daté du 30 septembre 2019, du chef de centre dénonçant son comportement envers les autres personnels et sa hiérarchie. Il a été placé en arrêt de maladie à compter du 24 janvier 2020. Par une décision du 23 juin 2020, le président du centre d'administration du service départemental d'incendie et de secours (SDIS) du Pas-de-Calais l'a réaffecté d'office au poste de chef d'agrès tout engin au sein du CIS de Hénin-Beaumont à compter du 1er juillet 2020. Par un courrier de son conseil en date du 26 juin 2020, reçu le même jour, M. Palisse a formé à l'encontre de cette décision un recours gracieux. Par un arrêté du 2 octobre 2020, le président du conseil d'administration du SDIS du Pas-de-Calais lui a infligé la sanction d'exclusion temporaire de fonctions d'une durée de trois jours.

2. Par la présente requête, M. Palisse demande au tribunal d'annuler la décision précitée du 23 juin 2020 par laquelle le président du centre d'administration du SDIS du Pas-de-Calais l'a muté d'office ainsi que la décision implicite portant rejet de son recours gracieux.

Sur les fins de non-recevoir :

3. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / () ". Aux termes de l'article R. 421-2 du même code : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. () ". Aux termes de l'article R. 421-5 de ce code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ".

4. D'une part, il ressort des pièces du dossier que, par une décision du 14 août 2020, notifiée le 19 août suivant au conseil de M. Palisse, le président du conseil d'administration du SDIS du Pas-de-Calais a rejeté le recours gracieux formé par l'intéressé à l'encontre de la décision en litige du 23 juin 2020. Dans ces circonstances, aucune décision implicite portant rejet de ce recours administratif ne saurait être regardée comme étant née à l'expiration du délai de deux mois prévu à l'article R. 421-2 précité du code de justice administrative. Par suite, le SDIS du Pas-de-Calais est fondé à soutenir que les conclusions de la requête tendant à l'annulation d'une telle décision implicite de rejet, qui sont donc dirigées contre un acte inexistant, sont irrecevables.

5. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que tant la décision en litige du 23 juin 2020 que la décision précitée portant rejet du recours gracieux formé par le requérant comportent les mentions des voies et délais de recours. Par ailleurs, la notification de la décision précitée du 14 août 2020 au conseil de M. Palisse, qui a présenté ce recours au nom du requérant, a été de nature à faire courir le délai de recours contentieux, qui a donc expiré, compte tenu de la date de réception de cette décision, le 20 octobre 2020. Par suite, le SDIS du Pas-de-Calais est fondé à soutenir que les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision du 23 juin 2020 sont tardives.

6. Il résulte de tout ce qui précède que l'ensemble des conclusions de la requête à fin d'annulation ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du SDIS du Pas-de-Calais, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. Palisse au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C Palisse et au service départemental d'incendie et de secours du Pas-de-Calais.

Délibéré après l'audience du 8 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Stefanczyk, présidente,

M. Babski, premier conseiller,

M. Caustier, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2023.

Le rapporteur,

Signé

G. CAUSTIER

La présidente,

Signé

S. STEFANCZYK

La greffière,

Signé

D. WISNIEWSKI

La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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