mardi 9 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2007860 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | JAMAIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 3 novembre 2020 et 24 octobre 2022, Mme B épouse A, représentée par Me Jamais, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 juillet 2020 par laquelle le maire de Dunkerque a refusé l'octroi aux résidents de la digue, section comprise entre la rue Sous-Marin Promethe et la rue de la Licorne, l'octroi d'un badge permettant l'ouverture de la barrière fermant la digue de mer ;
2°) d'annuler la décision de ce maire en date du 22 septembre 2020 rejetant son recours gracieux et sa nouvelle demande d'octroi d'un badge d'accès présentés le 24 juillet 2020 ;
2°) d'annuler la décision implicite du maire de Dunkerque en date du 24 septembre 2020 portant rejet de sa demande d'octroi d'un badge d'accès présentée le 24 juillet 2020 ;
3°) d'enjoindre à cette commune de lui délivrer un tel badge ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de cette commune la somme de 2 500 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête n'est pas tardive ;
- il n'est pas établi que les décisions contestées des 3 juillet et 22 septembre 2020 aient été prises par une autorité habilitée ;
- les décisions des 3 juillet et 22 septembre 2020 sont insuffisamment motivées ;
- l'ensemble des décisions litigieuses sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle remplit les conditions requises à l'octroi d'un tel badge d'accès ;
- elles portent une atteinte disproportionnée à son droit de circuler et à sa liberté d'accès à son bien.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 octobre 2022, la commune de Dunkerque conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés dans la requête sont infondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur deux moyens relevés d'office, tirés, d'une part, de l'inexistence de la décision implicite du 24 septembre 2020 portant rejet de sa demande d'octroi d'un badge d'accès et, d'autre part, de la méconnaissance de l'autorité de chose jugée absolue attachée au jugement de ce tribunal n° 2005992 du 11 mai 2022 qui a annulé le règlement municipal du 26 juin 2020 sur le fondement duquel ont été prises les décisions litigieuses.
La clôture d'instruction a été fixée au 15 novembre 2022 à 12h00 par une ordonnance du 18 octobre 2022.
Une pièce enregistrée le 17 mars 2023 a été produite par la commune de Dunkerque, postérieurement à la clôture d'instruction.
Une pièce, enregistrée le 21 mars 2023, a été produite par la commune de Dunkerque à la demande du tribunal et communiquée sur le fondement de l'article R.613-1-1 du code de justice administrative.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le jugement de ce tribunal n° 2005992 du 11 mai 2022 ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Piou,
- les conclusions de M. Even, rapporteur public,
- et les observations de Me Jamais, représentant Mme A,
- la commune de Dunkerque n'étant pas représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 26 juin 2020, le maire de Dunkerque a modifié le règlement général de circulation et de stationnement, objet de l'arrêté n° 2015/1890 du 10 avril 2015, et décidé notamment de la fermeture à la circulation, par l'installation d'une barrière, d'une partie du front de mer situé dans le quartier de Malo-les-bains, sur des plages horaires déterminées, tout en prévoyant la délivrance d'un badge électronique d'accès aux riverains remplissant les conditions requises. Mme A déclare avoir présenté une demande d'octroi d'un tel badge le 29 juin 2020, qui lui a été refusé par décision du 3 juillet 2020. Par un recours gracieux reçu le 24 juillet 2020, elle a contesté ce refus et réitéré sa demande, à laquelle le maire de Dunkerque a refusé de faire droit par une décision du 22 septembre 2020. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal d'annuler ces deux décisions ainsi que la décision implicite du 24 septembre 2020 portant rejet de son recours gracieux exercé le 24 juillet 2020.
Sur les conclusions dirigées contre la décision implicite du 24 septembre 2020 :
2. Mme A a présenté le 24 juillet 2020 un recours gracieux contre la décision du 3 juillet 2020 à l'occasion duquel elle réitérait sa demande d'octroi d'un badge d'ouverture de la barrière d'accès à la digue de la mer. Par décision du 22 septembre 2020, le maire de Dunkerque a refusé aux résidents de la digue de mer, dont elle fait partie, l'attribution d'un tel badge. Ainsi, cette demande n'a pas donné lieu à la naissance d'une décision implicite le 24 septembre 2020, qui ne serait intervenue qu'en cas de silence gardé sur sa demande pendant un délai de deux mois. Par suite, les conclusions dirigées contre cette décision implicite, qui n'existe pas, sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation des décisions des 3 juillet et 22 septembre 2020 :
3. En raison des effets qui s'y attachent, l'annulation pour excès de pouvoir d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, emporte, lorsque le juge est saisi de conclusions recevables, l'annulation par voie de conséquence des décisions administratives consécutives qui n'auraient pu légalement être prises en l'absence de l'acte annulé ou qui sont en l'espèce intervenues en raison de l'acte annulé. Il en va ainsi, notamment, des décisions qui ont été prises en application de l'acte annulé et de celles dont l'acte annulé constitue la base légale. Il incombe au juge de l'excès de pouvoir, lorsqu'il est saisi de conclusions recevables dirigées contre de telles décisions consécutives, de prononcer leur annulation par voie de conséquence, le cas échéant en relevant d'office un tel moyen qui découle de l'autorité absolue de chose jugée qui s'attache à l'annulation du premier acte.
4. Par les décisions litigieuses, le maire de Dunkerque a refusé à la requérante la délivrance d'un badge d'accès à la digue de mer en se fondant sur les dispositions du règlement municipal dunkerquois n° 2020/3191 du 26 juin 2020 portant modification du règlement général de circulation et de stationnement faisant l'objet de l'arrêté n° 2015/1890 du 10 avril 2015. Toutefois, par un jugement du 11 mai 2022, devenu irrévocable, le présent tribunal a prononcé l'annulation de ce règlement du 26 juin 2020. Une telle annulation, qui est revêtue de l'autorité de la chose jugée absolue, prive de base légale les décisions contestées. Par suite, il y a lieu, en conséquence de ce jugement, d'en prononcer l'annulation.
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que les décisions contestées des 3 juillet et 22 septembre 2020 doivent être annulées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte :
6. Il ne résulte pas de l'instruction qu'un nouvel arrêté ait été édicté en vue de réglementer la circulation sur la digue de la mer, ni d'ailleurs que la barrière sécurisée soit toujours présente et fasse obstacle à l'accès de Mme A à son logement. Dans ces conditions, les conclusions à fin d'injonction présentées par la requérante doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Dunkerque la somme de 1 500 euros à verser à Mme A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions des 3 juillet et 22 septembre 2020 par lesquelles le maire de Dunkerque a refusé à Mme A l'octroi d'un badge d'accès à la digue de mer sont annulées.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La commune de Dunkerque versera à Mme A la somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B épouse A et à la commune de Dunkerque.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Hervouet, président,
Mme Monteil, première conseillère,
Mme Piou, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mai 2023.
La rapporteure,
Signé
C. PIOU
Le président,
Signé
C. HERVOUET
La greffière,
Signé
A. DOUVRY
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026