mardi 29 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2008150 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP WABLE TRUNECEK TACHON AUBRON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 novembre 2020, M. C E, représenté par Me Tachon, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 octobre 2020 par lequel le sous-préfet de Montreuil-sur-mer a ordonné la fermeture administrative temporaire de l'établissement " Le Stadium " pour une durée de deux mois ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 440 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été édicté par une autorité incompétente ;
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- les faits sur lesquels l'arrêté se fonde ne sont pas établis.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 décembre 2020, le préfet du Pas-de-Calais conclut au rejet de la requête au motif que les moyens soulevés par M. E ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme G,
- et les conclusions de M. Groutsch, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. E exploite un débit de boissons dénommé " Le Stadium " à Berck-sur-mer. Par un arrêté du 15 octobre 2020 et sur le fondement du rapport du commandant de la circonscription de sécurité publique de Berck-sur-mer du 28 septembre 2020, le sous-préfet de Montreuil-sur-mer a ordonné la fermeture administrative de cet établissement pour une durée de deux mois, au motif que lors de la nuit du 10 au 11 septembre 2020, M. E a accueilli une personne en état d'ébriété et lui a servi de l'alcool, ce qui constitue une atteinte à l'ordre et à la santé publics.
2. Aux termes de l'article L. 3332-15 du code de la santé publique : " 1. La fermeture des débits de boissons et des restaurants peut être ordonnée par le représentant de l'Etat dans le département pour une durée n'excédant pas six mois, à la suite d'infractions aux lois et règlements relatifs à ces établissements. / Cette fermeture doit être précédée d'un avertissement qui peut, le cas échéant, s'y substituer, lorsque les faits susceptibles de justifier cette fermeture résultent d'une défaillance exceptionnelle de l'exploitant ou à laquelle il lui est aisé de remédier. / 2. En cas d'atteinte à l'ordre public, à la santé, à la tranquillité ou à la moralité publiques, la fermeture peut être ordonnée par le représentant de l'Etat dans le département pour une durée n'excédant pas deux mois. Le représentant de l'Etat dans le département peut réduire la durée de cette fermeture lorsque l'exploitant s'engage à suivre la formation donnant lieu à la délivrance d'un permis d'exploitation visé à l'article L. 3332-1-1. () ". Aux termes de l'article R. 3353-2 du même code : " Le fait pour les débitants de boissons de donner à boire à des gens manifestement ivres ou de les recevoir dans leurs établissements est puni de l'amende prévue pour les contraventions de la 4e classe. "
3. En premier lieu, par un arrêté n°2020-11-55 du 28 août 2020, publié le même jour au recueil spécial n°51 des actes administratifs de la préfecture, le préfet du Pas-de-Calais a donné délégation à M. I H, sous-préfet de Montreuil-sur-mer, à l'effet de signer, notamment, au titre des missions dévolues à l'administration préfectorale dans les limites de son arrondissement sauf exceptions expressément définies, tous arrêtés, décisions et documents en matière de police générale, et en particulier en matière de fermeture administrative, pour une durée n'excédant pas trois mois, des cafés, bars et débits de boissons. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et ne peut qu'être écarté.
4. En deuxième lieu, il ressort du rapport du commandant de la circonscription de sécurité publique de Berck-sur-mer du 28 septembre 2020 que, le 11 septembre 2020 à 00h45, soit quatre jours après la réouverture de l'établissement " Le Stadium " suite à sa dernière fermeture administrative, les services de la circonscription de sécurité publique sont intervenus dans cet établissement pour constater la présence de M. D B, âgé de 18 ans, élève-infirmier en première année, en état d'ivresse manifeste et quasi-inconscient. Ce rapport indique qu'il résulte des auditions des personnes présentes dans l'établissement que l'intéressé y a consommé des boissons alcoolisées, servies par M. E, puis qu'il a fait un coma éthylique, ce qui a nécessité qu'il soit pris en charge par les sapeurs-pompiers qui l'ont emmené au centre hospitalier de l'arrondissement de Montreuil-sur-mer, où il est resté jusqu'à son réveil le lendemain matin à 9h15. Ce rapport, rédigé par un agent assermenté et faisant foi jusqu'à preuve du contraire, repose en particulier sur le procès-verbal de l'audition de Mme A F du
11 septembre 2020, présente lors de cette soirée et confirmant les faits évoqués, et sur le
procès-verbal de l'audition de M. B du 14 septembre 2020, expliquant être rentré dans " Le Stadium " puis ne plus se souvenir de ce qu'il s'est passé ensuite, ainsi que sur le relevé de compte bancaire de ce dernier, faisant état de plusieurs règlements par carte bancaire dans cet établissement entre 23h et 00h30 pour un montant total de 37,50 euros.
5. Si le requérant fournit les attestations de M. B ainsi que de sept autres personnes qui certifient avoir été présentes à l'établissement " Le Stadium " le 10 septembre 2020 et avoir constaté que M. E a refusé de servir M. B, de telles attestations au demeurant stéréotypées et ne comportant aucune indication précise sur les évènements de la soirée sont manifestement contradictoires avec le rapport de police circonstancié et ne sauraient le remettre en cause. De plus, bien que le requérant se prévaut de l'attestation de M. B, dans laquelle celui-ci allègue avoir prêté sa carte bancaire à sa copine qui serait à l'origine des règlements effectués dans cet établissement lors de cette soirée, et qu'il serait resté à l'extérieur du bar devant lequel il se serait endormi après avoir été empêché d'entrer, ces allégations ne sont corroborées par aucune attestation ni aucune autre pièce du dossier, et sont en contradiction avec ses propres déclarations recueillies lors de son audition du 14 septembre 2020, dans lesquelles il indiquait avoir consommé dans un autre établissement à partir de 21 heures l'équivalent de quatre verres d'alcool fort et d'une demi-bière et être entré dans " Le Stadium " dans un état d'ivresse avancé, puis ne pas se souvenir de ce qu'il s'est produit ensuite. Dès lors, il doit être regardé comme suffisamment établi que l'intéressé était manifestement ivre alors qu'il consommait de l'alcool dans l'établissement " Le Stadium " et qu'ainsi, le sous-préfet de Montreuil-sur-mer pouvait sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation, retenir que les dispositions citées ci-dessus de l'article R. 3353-2 du code de la santé publique avaient été méconnues et qu'il en résultait une atteinte à l'ordre public justifiant légalement la fermeture administrative de l'établissement sur le fondement des dispositions précitées du 2 de l'article
L. 3332-15 du code de la santé publique, pendant une durée de deux mois, qui compte tenu de la répétition de ces incidents, l'établissement ayant notamment déjà fait l'objet d'une mesure de fermeture administrative d'une durée d'un mois par arrêté du 14 octobre 2010 pour des faits de troubles à l'ordre public, n'apparaît pas manifestement excessive.
6. Il résulte de ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 15 octobre 2020 par lequel le sous-préfet de Montreuil-sur-mer a ordonné la fermeture administrative du débit de boissons " Le Stadium " pour une durée de deux mois. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter les conclusions de la requête tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C E et au préfet du Pas-de-Calais.
Délibéré après l'audience du 22 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
- Mme Féménia, présidente,
- M. Bourgau, premier conseiller,
- M. Horn, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 novembre 2022.
La présidente-rapporteure,
Signé
J. GL'assesseur la plus ancien dans l'ordre du tableau,
Signé
T. BOURGAU
La greffière,
Signé
I. BAUDRY
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
N°2008150
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026