mardi 4 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2008249 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | NAVY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces enregistrées le 17 novembre 2020, le 30 juin 2021 et le 31 janvier 2023, Mme B E, représentée par Me Navy, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 novembre 2020 par laquelle le préfet du Nord lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour en qualité de " famille de ressortissant communautaire " ;
2)° d'annuler les deux décisions implicites de rejet résultant du silence gardé par la préfecture du Nord sur les demandes qu'elle lui a adressées le 11 septembre 2020 et tendant à la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étudiant ou au titre de la vie privée et familiale ;
3°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer un des trois titres de séjour sollicités et, à défaut, de réexaminer sa situation sous astreinte de 155 euros par jour de retard et sous couvert d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler en application des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la décision du 2 novembre 2020 :
- cette décision a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 121-1 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile et de la directive 2004/38/CE du 29 avril 2004 du Parlement européen et du Conseil ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne les décisions implicites de rejet de titre de séjour en qualité d'étudiant et au titre de la vie privée et familiale :
- les décisions attaquées sont insuffisamment motivées ;
- elles n'ont pas été précédées d'un examen sérieux de sa situation personnelle ;
- elles méconnaissent les dispositions de l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile ;
- elles méconnaissent les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile.
La requête a été communiquée au préfet du Nord qui n'a pas produit de mémoire en défense.
La clôture de l'instruction a été fixée au 1er mars 2023 à 12 h 00 par une ordonnance du 1er février 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme D a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B E, née le 21 septembre 1996 en Tunisie, de nationalité tunisienne, est entrée en France le 16 décembre 2014. Elle a sollicité du préfet du Nord, par lettre datée du 11 septembre 2020, la délivrance d'un titre de séjour, à titre principal en qualité de " famille de ressortissant communautaire ", à titre subsidiaire en qualité " d'étudiant " et, à titre infiniment subsidiaire, au titre de la " vie privée et familiale ". Par une décision du 2 novembre 2020, le préfet du Nord a explicitement rejeté la demande de titre de séjour " famille de ressortissant communautaire ". Il a, par ailleurs, implicitement rejeté les demandes de titre de séjour en qualité d'étudiant et au titre de la vie privée et familiale. Par la présente requête, Mme E demande l'annulation de ces trois décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le refus de titre de séjour " famille de ressortissant communautaire " :
2. En premier lieu, la décision contestée a été prise par Mme A C, directrice adjointe de l'immigration et de l'intégration de la préfecture du Nord, qui était compétente pour ce faire en vertu d'un arrêté du 7 septembre 2020, régulièrement publié le même jour au recueil n°228 des actes administratifs de l'Etat dans le département du Nord. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision attaquée manque en fait et doit, dès lors, être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision du 2 novembre 2020 indique que la demande de titre de séjour en qualité de ressortissant communautaire de Mme E doit être rejetée dès lors que, d'une part, elle n'est pas citoyenne de l'Union européenne et que ses parents et conjoint ne sont pas non plus citoyens de l'Union européenne, la qualité de membre de famille n'étant reconnue qu'au conjoint, aux descendants et ascendants directs à charge du citoyen européen. La décision contestée, qui comporte ainsi l'énoncé des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde, est, par suite, suffisamment motivée.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 121-1 code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version en vigueur à la date de la décision attaquée : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, tout citoyen de l'Union européenne, tout ressortissant d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse a le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'il satisfait à l'une des conditions suivantes : / () 4° S'il est un descendant direct âgé de moins de vingt et un ans ou à charge, ascendant direct à charge, conjoint, ascendant ou descendant direct à charge du conjoint, accompagnant ou rejoignant un ressortissant qui satisfait aux conditions énoncées aux 1° ou 2° ; / () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que Mme E, si elle demeure chez son oncle depuis son arrivée en France à l'âge de 18 ans, n'est une descendante directe ni de ce dernier ni de sa conjointe. Elle ne remplissait donc pas les conditions prévues par les dispositions citées au point précédent pour obtenir le titre demandé. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L 121-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit donc être écarté. Enfin, Mme E ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions de la directive 2004/38/CE du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004 qui ont été transposées en droit français notamment par ces mêmes dispositions.
6. En quatrième et dernier lieu, pour les mêmes motifs que précédemment énoncés, et alors que Mme E est célibataire, sans enfant et n'est pas dépourvue d'attaches dans son pays d'origine où vivent ses parents, ses frères et ses sœurs et où elle a elle-même vécu jusqu'à l'âge de 18 ans, la décision contestée n'est pas entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de la requérante.
7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme E n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 2 novembre 2020 portant refus de titre de séjour en qualité de " famille de ressortissant communautaire ".
En ce qui concerne les décisions implicites de refus de titre de séjour en qualité d'étudiant et au titre de la vie privée et familiale :
8. Il ressort des pièces du dossier, et n'est d'ailleurs pas contesté en défense, que dans sa demande du 11 septembre 2020, Mme E a, à titre subsidiaire également présenté une demande de titre de séjour " étudiant " ainsi qu'une demande de titre de séjour au titre de sa " vie privée et familiale ". Si, dans la décision du 2 novembre 2020, le préfet indique les motifs de son refus de titre de séjour en qualité de " famille de ressortissant communautaire ", il ne ressort ni de cette décision ni d'aucune autre pièce du dossier qu'il aurait effectivement procédé à l'examen de ses demandes de titre de séjour en qualité d'étudiant et au titre de la vie privée et familiale avant de les rejeter implicitement. La requérante est, par suite, fondée à soutenir que les décisions implicites contestées n'ont pas été précédées d'un examen sérieux de sa situation personnelle.
9. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme E est fondée à demander l'annulation des décisions implicites lui refusant un titre de séjour en qualité d'étudiant et au titre de la vie privée et familiale.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Eu égard au motif d'annulation des décisions attaquées, le présent jugement implique seulement que le préfet du Nord réexamine la demande de titre de séjour présentée par Mme E en qualité d'étudiant et au titre de la vie privée et familiale. Il y a lieu pour le tribunal d'enjoindre au préfet du Nord de procéder à ce réexamen dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard jusqu'à la date à laquelle ce jugement aura reçu exécution.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, partie perdante pour l'essentiel dans la présente instance, la somme de 1 200 euros à verser à Mme E.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions par lesquelles le préfet du Nord a implicitement rejeté les demandes de titre de séjour " étudiant " et " vie privée et familiale " présentées par Mme E sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Nord de réexaminer les demandes de titre de séjour de Mme E en qualité d' " étudiant " et au titre de la " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 50 (cinquante) euros par jour de retard.
Article 3 : L'Etat versera à Mme E la somme de 1 200 (mille deux cents) euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme E est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme E et au préfet du Nord.
Délibéré après l'audience du 14 mars 2023 à laquelle siégeaient :
M. Fabre, président,
Mme Monteil, première conseillère,
Mme Piou, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2023.
Le président,
Signé
X. FABRELe rapporteur,
Signé
A.-L. D
La greffière,
Signé
M. F
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
5
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026