mercredi 19 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2008329 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP BIGNON LEBRAY & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 19 novembre 2020, 24 décembre 2021, 3 février et 17 mars 2022, M. A C demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 30 septembre 2020 par laquelle le maire d'Avelin a rejeté sa demande de certificat d'urbanisme opérationnel du 15 septembre 2020 ;
2°) d'enjoindre à la commune d'Avelin de lui fournir un certificat d'urbanisme opérationnel tenant compte de la destination d'habitation du bâtiment érigé sur la parcelle cadastrée ZE165, sous un délai d'un mois, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Avelin la somme de 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il doit être regardé comme soutenant que la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, en ce que le maire aurait dû, au regard des dispositions des articles R. 151-27 et R. 151-29 du code de l'urbanisme et du règlement du plan local d'urbanisme en vigueur, lui délivrer le certificat d'urbanisme opérationnel demandé.
Par des mémoires en défense enregistrés les 26 mai 2021, 19 janvier et 23 février 2022, la commune d'Avelin, représentée par la SCP Bignon Lebray en la personne de Me Vamourt, demande au tribunal :
1°) de rejeter la requête dirigée contre la décision du 30 septembre 2020 par laquelle le maire d'Avelin a rejeté la demande de Monsieur C du 15 septembre 2020 ;
2°) de condamner M. C à verser à la commune d'Avelin la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête de M. C est irrecevable en ce qu'elle a été introduite dans
des délais forclos ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés ;
- au besoin, il y a lieu pour le tribunal de procéder à une substitution de motifs, la demande de M. C portant sur la transformation d'un garage en logement avec la réalisation de raccordements aux réseaux publics ainsi que la création d'une surface de plancher, sans les autorisations d'urbanisme requises.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Groutsch, rapporteur public,
- et les observations de Me Mercier substituant Me Vamour représentant la commune d'Avelin.
Considérant ce qui suit :
1. M. C propriétaire d'un terrain sis 23 route Nationale à Avelin,
composé des parcelles ZE164 et ZE165, situé en zone naturelle Nr du plan local d'urbanisme, a entrepris des travaux sans autorisation sur la parcelle ZE165. Par courriers en date des 25 novembre et 12 décembre 2019, la commune d'Avelin a interrogé M. C sur les travaux ainsi entrepris sans autorisation en vue de la transformation du garage existant en habitation. Par courrier du 16 janvier 2020, M. C a sollicité, par l'intermédiaire d'un mandataire géomètre-expert, la délivrance d'un certificat d'urbanisme opérationnel concernant la parcelle ZE 165 en vue du changement de destination du bâtiment existant à usage de garage et de stockage en logement ainsi que l'extension de la superficie de plancher de ce bâtiment portée à 88 m² sans modification de l'emprise au sol de 57 m². Par un courrier en date du 22 janvier 2020, la commune d'Avelin a informé le requérant que le changement de destination était a priori impossible, et que ses précédents courriers étaient restés sans réponse de sa part. M. C a répondu à ce courrier le 24 janvier 2020 en indiquant qu'il avait sollicité des autorisations de branchements aux réseaux publics, et que la décision de transformer le garage en habitation n'avait pas encore été prise. Le 26 mars 2020, le maire d'Avelin lui a délivré au nom de l'État un certificat d'urbanisme négatif. Par un courrier du 22 mai 2020, signifié le 25 mai suivant par voie d'huissier de justice, M. C a présenté un recours gracieux à l'encontre de ce refus en indiquant qu'il ne sollicitait plus finalement le changement de destination, estimant que le garage avait toujours été l'accessoire de l'habitation principale située sur la parcelle ZE164. Une décision implicite de rejet est née le 25 juillet 2020 du silence gardé par l'administration. Par une nouvelle demande enregistrée le 15 septembre 2020, complétée le 25 novembre 2020, M. C a sollicité un certificat d'urbanisme opérationnel pour le seul aménagement du bâti existant sur la parcelle ZE164, sans solliciter le changement de destination. Par un courrier en date du 30 septembre 2020, la commune d'Avelin lui a adressé un refus de délivrer le certificat d'urbanisme opérationnel demandé, en raison de la nature analogue de sa demande, appelant une réponse similaire à celle ayant été faite sur la demande précédente. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de cette décision du 30 septembre 2020 et à ce qu'il soit enjoint à la commune de lui délivrer le certificat d'urbanisme opérationnel sollicité.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 151-27 du code de l'urbanisme : " Les destinations des constructions sont 1° Exploitation agricole et forestière ; 2° Habitation ; 3° Commerce et activités de service ; 4° Équipements d'intérêt collectif et services publics ; 5° Autres activités des secteurs secondaire ou tertiaire ", et aux termes de l'article R. 151-29 alinéa 2 du code de l'urbanisme : " Les locaux accessoires sont réputés avoir la même destination et sous-destination que le local principal. ".
3. Lorsqu'une construction a fait l'objet de transformations sans les autorisations d'urbanisme requises, il appartient au propriétaire qui envisage d'y faire de nouveaux travaux de déposer une déclaration ou de présenter une demande de permis portant sur l'ensemble des éléments de la construction qui ont eu ou auront pour effet de modifier le bâtiment tel qu'il avait été initialement approuvé ou de changer sa destination. Dans l'hypothèse où doit être appréciée l'existence d'un changement de destination, l'autorité compétente doit prendre en considération la destination du bâtiment telle qu'elle a été initialement autorisée ainsi que, le cas échéant, tout changement ultérieur de destination qui a fait l'objet d'une autorisation, mais non la destination donnée à l'immeuble par les travaux réalisés de façon irrégulière.
4. M. C soutient qu'il a acquis un local à usage d'habitation qui a toujours été affecté à l'habitation de sorte que sa demande de certificat d'urbanisme ne portait pas sur la faisabilité d'un changement de destination et c'est à tort que le maire a rejeté sa demande au motif que le projet envisagé consistait en un changement de destination du bâtiment existant. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le requérant a présenté le 16 janvier 2020, une première demande de certificat d'urbanisme portant sur un changement de destination du garage existant en logement, avant de se raviser lors de sa seconde demande, prétextant que son mandataire avait mentionné par erreur un changement de destination de l'opération projetée. Par ailleurs et surtout, si le requérant se prévaut d'un acte de vente de 1982 mentionnant que " l'acquéreur prend l'engagement de ne pas affecter à un usage autre que l'habitation, pendant une durée minimale de trois ans, à compter de ce jour, les biens acquis ", il ressort des pièces du dossier, et notamment des photographies aériennes produites par la commune d'Avelin, que le bâtiment en litige est issu d'un ancien corps de ferme et ne peut donc être regardé comme ayant pour destination l'habitation. Par ailleurs, ce bâtiment, distant de plus de 20 mètres de la maison d'habitation, ne peut être regardé comme son accessoire. De même, la circonstance que M. C ait été assujetti à la taxe foncière n'est pas de nature à démontrer que le bâtiment situé sur la parcelle d'assiette du projet avait, antérieurement à la demande de certificat d'urbanisme opérationnel, une destination à usage d'habitation. Dans ces conditions, c'est à bon droit que le maire a relevé que le projet de travaux objet de la demande de certificat d'urbanisme constituait un changement de destination de la construction existante.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article N2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Avelin concernant les " occupations et utilisations des sols soumises à des conditions particulières " : " Dans les secteurs Np et Nr, dans la mesure où ils s'intègrent au paysage, sont admis : () - Le changement de destination de bâtiments de qualité architecturale traditionnelle, existants depuis plus de 15 ans, dans la limite du volume bâti existant, n'entrainant pas forcément un renforcement des réseaux existants (notamment en ce qui concerne la voirie, l'assainissement, l'eau potable et l'électricité), dans la mesure où les travaux de restauration respectent rigoureusement ladite qualité et à condition que la nouvelle destination est () à usage principale d'habitation, avec un maximum de 2 logements, y compris celui déjà existant ".
6. Il ressort des pièces du dossier que le bâtiment en litige, situé dans une zone Nr du plan local d'urbanisme de la commune, faisait à l'origine partie d'un corps de ferme existant en 1960 et qui a été partiellement détruit, ce qui est démontré par des photographies aériennes. Les modifications qui y ont été réalisées depuis et notamment la destruction d'une partie du bâtiment et sa reconstruction partielle, marquée par des tuiles de couleur différente à celles d'origine, est de nature à déposséder le bâtiment en litige de sa qualité architecturale traditionnelle. Dans ces conditions, le changement de destination induit par l'opération objet de la demande du certificat d'urbanisme de M. C ne pouvait être autorisé au regard des dispositions précitées de la réglementation d'urbanisme applicable. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête et sur la substitution de motifs demandée par la commune, que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 30 septembre 2020 portant rejet de sa demande de certificat d'urbanisme opérationnel. Il y a lieu de rejeter, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. C le versement à la commune d'Avelin de la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A C est rejetée.
Article 2 : M. C versera la somme de 1 500 euros à la commune d'Avelin au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la commune d'Avelin.
Délibéré après l'audience du 29 mars 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Féménia, présidente,
- M. Bourgau, premier conseiller,
- M. Horn, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 avril 2023.
La présidente rapporteure,
Signé
J. FÉMÉNIA L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,
Signé
T. BOURGAU
La greffière,
Signé
N. PAULET
La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026