vendredi 3 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2008337 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL RESSOURCES PUBLIQUES AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 20 novembre 2020 et le 15 juin 2021, M. B A, représenté par Me Fillieux, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 21 septembre 2020 par laquelle la présidente de la communauté de communes de la région d'Audruicq a refusé d'abroger le plan local d'urbanisme intercommunal approuvé par délibération du 25 septembre 2018 en tant qu'il classe en zone Azh la parcelle cadastrée AC n° 82, située sur le territoire de la commune de Polincove ;
2°) d'enjoindre à la communauté de communes de la région d'Audruicq d'abroger le plan local d'urbanisme intercommunal en tant qu'il classe cette parcelle en zone Azh, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 300 euros par jour de retard ou, à défaut, d'enjoindre à la présidente de la communauté de communes de la région d'Audruicq d'inscrire à l'ordre du jour de la prochaine réunion de l'assemblée délibérante de l'établissement public de coopération intercommunale l'abrogation du plan local d'urbanisme intercommunal en tant qu'il classe la parcelle cadastrée AC n° 82, située à Polincove, en zone Azh, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la communauté de communes de la région d'Audruicq la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le classement en litige n'est pas compatible avec les orientations du schéma de cohérence territoriale visant notamment à l'intégration de nouvelles constructions dans les dents creuses ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires en défense enregistrés le 25 février 2021 et le 13 octobre 2021, la communauté de communes de la région d'Audruicq, représentée par la SCP Manuel Gros, Héloïse Hicter, Audrey d'Halluin et associés, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge du requérant d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été fixée au 15 mars 2022 par une ordonnance du 27 janvier 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Borget, rapporteur,
- les conclusions de Mme Allart, rapporteure publique,
- et les observations de Me Marcilly, substituant Me Fillieux, représentant M. A, et de Me Chavda, représentant la communauté de communes de la région d'Audruicq.
Considérant ce qui suit :
1. Par délibération du 25 septembre 2018, l'organe délibérant de la communauté de communes de la région d'Audruicq (CCRA) a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) couvrant l'intégralité du territoire communautaire. Par courrier du 20 juillet 2020, M. A a sollicité l'abrogation du PLUi en tant qu'il classe la parcelle AC n° 82 située sur le territoire de la commune de Polincove lui appartenant en zone agricole à caractère humide à protéger. Par courrier du 21 septembre 2020, la présidente de la communauté de communes a fait savoir qu'elle n'entendait pas donner une suite favorable à cette demande. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 131-4 du code de l'urbanisme, dans sa version applicable au litige : " Les plans locaux d'urbanisme et les documents en tenant lieu ainsi que les cartes communales sont compatibles avec : / 1° Les schémas de cohérence territoriale prévus à l'article L. 141-1 () ".
3. Pour apprécier la compatibilité d'un PLUi avec un schéma de cohérence territoriale (SCoT), il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle de l'ensemble du territoire couvert en prenant en compte l'ensemble des prescriptions du document supérieur, si le plan ne contrarie pas les objectifs qu'impose le schéma, compte tenu des orientations adoptées et de leur degré de précision, sans rechercher l'adéquation du plan à chaque disposition ou objectif particulier.
4. Le requérant soutient que le zonage de la parcelle en cause n'est pas compatible avec les orientations du SCoT dès lors qu'elle constitue, avec la parcelle voisine, une dent creuse dans le bâti et que le classement en zone Azh interdit toute construction ou installation non agricole ou non indispensable à l'activité agricole, ce qui aura pour conséquence de pérenniser l'existence de cette dent creuse.
5. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle AC n° 82, comme la parcelle voisine, fait l'objet d'un classement en zone Azh qui correspond, aux termes du rapport de présentation du PLUi, à une " zone protégée au titre de l'activité agricole " qui présente un " caractère humide à protéger ". La configuration des lieux ne fait pas apparaître que les parcelles en cause présenteraient le caractère d'une " dent creuse " compte tenu de la largeur de leur linéaire en front de rue, évaluée à 78 mètres. En outre, il ressort des documents du SCoT du Calaisis, qu'est fixé l'objectif de rééquilibrer le territoire, notamment en confortant les pôles urbains du territoire et en limitant la consommation des espaces naturels et agricoles. A cet égard, la commune de Polincove, en tant que commune de l'espace rural, ne peut être regardée comme constituant un territoire sur lequel la densification de l'enveloppe urbaine apparaîtrait comme prioritaire. Le SCoT du Calaisis fixe également un objectif de protection des cœurs de natures tels que les zones humides identifiées dans le schéma d'aménagement et de gestion des eaux du Delta de l'Aa, approuvé en 2010, identification dont a fait l'objet la parcelle AC n° 82. Par suite, le moyen tiré de l'incompatibilité du classement de la parcelle AC n° 82 avec le schéma de cohérence territoriale du Calaisis doit être écarté.
6. En second lieu, selon l'article L. 151-5 du code de l'urbanisme, le projet d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme définit notamment " Les orientations générales des politiques d'aménagement, d'équipement, d'urbanisme, de paysage, de protection des espaces naturels, agricoles et forestiers, et de préservation ou de remise en bon état des continuités écologiques " et " fixe des objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain ". Aux termes de l'article L. 151-9 du même code : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger. / Il peut préciser l'affectation des sols selon les usages principaux qui peuvent en être faits ou la nature des activités qui peuvent y être exercées et également prévoir l'interdiction de construire. / Il peut définir, en fonction des situations locales, les règles concernant la destination et la nature des constructions autorisées ".
7. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
8. Aux termes de l'article R. 151-22 du code de l'urbanisme : " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles ".
9. Ainsi qu'il a été dit au point 5, la parcelle cadastrée AC n° 82 située sur la commune de Polincove se trouve notamment au sein d'une zone identifiée au schéma d'aménagement et de gestion des eaux du Delta de l'Aa comme étant une zone humide remarquable. Par ailleurs, si elle borde sur sa partie nord-ouest une zone urbaine mixte à densité moyenne ou faible correspondant à l'échelle du territoire de la commune à une extension périphérique, elle se situe au sein d'un ensemble plus vaste de parcelles classées pour leur majeure partie en zone agricole humide à protéger, constitué de terres cultivées. Enfin, il ressort également des pièces du dossier, et notamment du projet d'aménagement et de développement durables (PADD) du PLUi qu'aux termes du SCoT du Calaisis, la commune de Polincove est concernée par le passage d'un corridor de zone humide, lequel impose de veiller à la préservation des perméabilités des zones concernées au sein du tissu urbain. Par suite, le moyen tiré de l'existence d'une erreur manifeste d'appréciation dans le classement de la parcelle cadastrée AC n° 82 située sur le territoire de la commune de Polincove en zone agricole à dominante humide doit être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles aux fins d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la communauté de communes de la région d'Audruicq, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il y a lieu en revanche de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. A la somme de 1 500 euros à verser à la communauté de communes de la région d'Audruicq au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versera à la communauté de communes de la région d'Audruicq une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la communauté de communes de la région d'Audruicq.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2023 à laquelle siégeaient :
Mme Leguin, présidente,
M. Borget, premier conseiller,
Mme Piou, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 novembre 2023.
Le rapporteur,
Signé
J. BORGET
La présidente,
Signé
A-M. LEGUIN La greffière,
Signé
S. SING
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026