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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2008602

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2008602

mercredi 7 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2008602
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantINGELAERE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 27 novembre 2020 et 4 octobre 2021, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal l'annulation de l'arrêté du 10 novembre 2020 par lequel le maire de la commune de Neuville-en-Ferrain a fait opposition à sa déclaration préalable de travaux, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux.

Il soutient que :

- il ignorait la nécessité d'une autorisation pour la réalisation d'une clôture et n'en a pas été informé par son propriétaire ;

- des clôtures similaires ont été réalisées par plusieurs propriétaires riverains ;

- la clôture en litige présente un jour entre le sol et la barrière conforme à la réglementation en matière d'évacuation des eaux pluviales et aucune accumulation d'eau pluviale ne se forme sur le trottoir au droit de son domicile.

Par un mémoire en défense enregistré le 14 septembre 2021, la commune de Neuville-en-Ferrain, représentée par la SELARL Ingelaere et Partners Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête, qui ne comporte ni conclusions ni moyens, est irrecevable ;

- pour le surplus, les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'environnement ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Bourgau, rapporteur,

- les conclusions de M. Groutsch, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B a installé devant la maison dont il est locataire, située 61 rue du docteur C à Neuville-en-Ferrain (59), une clôture et un portail en lame anthracite. La commune, informée de cette situation, a sollicité la régularisation de cet aménagement par la présentation d'un dossier de déclaration de travaux. Le 16 octobre 2020, M. B a déposé un dossier de déclaration de travaux. Le 10 novembre 2020, la commune a pris un arrêté d'opposition à déclaration de travaux. Le 25 novembre 2020, M. B a formé un recours gracieux contre cet arrêté, qui a été expressément rejeté le 11 décembre 2020. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de l'arrêté du 10 novembre 2020, ensemble la décision du 11 décembre 2020 rejetant son recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. D'une part, aux termes de l'article L. 562-1 du code de l'environnement : " I.-L'Etat élabore et met en application des plans de prévention des risques naturels prévisibles tels que les inondations ()./ II.-Ces plans ont pour objet, en tant que de besoin :/ 1° De délimiter les zones exposées aux risques, en tenant compte de la nature et de l'intensité du risque encouru, d'y interdire tout type de construction, d'ouvrage, d'aménagement (), notamment afin de ne pas aggraver le risque pour les vies humaines ou, dans le cas où des constructions, ouvrages, aménagements (), pourraient y être autorisés, prescrire les conditions dans lesquelles ils doivent être réalisés, utilisés ou exploités ;/ 2° De délimiter les zones qui ne sont pas directement exposées aux risques mais où des constructions, des ouvrages, des aménagements () pourraient aggraver des risques ou en provoquer de nouveaux et y prévoir des mesures d'interdiction ou des prescriptions telles que prévues au 1° ;/ () ". Aux termes de l'article L. 562-4 du code de l'environnement : " Le plan de prévention des risques naturels prévisibles approuvé vaut servitude d'utilité publique. Il est annexé au plan local d'urbanisme, conformément à l'article L. 153-60 du code de l'urbanisme./ () ".

3. D'autre part, le titre II.5.3 du règlement du plan de prévention des risques inondation (PPRI) du Nord-Ouest de l'arrondissement de Lille, approuvé par arrêté préfectoral du 10 octobre 2019, prévoit les dispositions réglementaires applicables en zone Magenta. Aux termes de son article III.5.3.3.4 : " II.5.3.3.4 Aménagements, accès, infrastructures, réseaux/ Sont soumises au respect des conditions du présent chapitre, ainsi qu'aux prescriptions générales de réalisation rappelées aux paragraphes III.2 et III.6, et dans la mesure où elles limitent l'aggravation du risque par ailleurs et de ses effets, les occupations et utilisations des sols suivante :/ les clôtures () à condition qu'elles ne fassent pas obstacle au libre écoulement des eaux et présentent, sous la cote de référence, un taux de transparence hydraulique supérieur à 95%./ Les parties pleines sous la cote de référence sont notamment proscrites./ () ". L'article III.1.2.2.1 du même règlement dispose que : " III.1.2.2.1 Cote de référence en zone () magenta/ La cote de référence est définie en fonction de la hauteur de submersion maximale dans chaque zone. Pour la détermination de la cote de référence, il convient de se référer à la carte des hauteurs d'eau communale au 1/5000. Le tableau ci-après résume les cotes de référence calculées en fonction du type de zone./ () " et fixe la cote de référence en zone de très faible hauteur de submersion à 0,40 mètres.

4. Il ressort du plan de zonage réglementaire du PPRI du Nord-Ouest de l'arrondissement de Lille applicable sur le territoire de la commune de Neuville-en-Ferrain et de la carte des hauteurs d'eau communale que la rue du docteur C se trouve, au sein de la zone Magenta, en zone de très faible hauteur de submersion, de sorte que la cote de référence applicable est fixée à 0,40 mètres. Si M. B estime que le jour entre les clôtures et le trottoir permettrait le libre écoulement des eaux pluviales, il ne conteste pas sérieusement que ce dernier est inférieur aux 40 cm imposés par les dispositions du plan de prévention des risques inondation. A cet égard, le requérant ne peut utilement se prévaloir de son ignorance de nécessité de procéder à une déclaration préalable, ni même de l'existence de clôtures similaires devant les propriétés voisines, qui sont sans incidence sur la légalité de la décision contestée.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir soulevée par la commune de Neuville-en-Ferrain, que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.

Sur les frais d'instance :

6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune de Neuville-en-Ferrain présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Neuville-en-Ferrain sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Neuville-en-Ferrain.

Délibéré après l'audience du 17 mai 2023, à laquelle siégeaient :

- Mme Féménia, présidente,

- M. Bourgau, premier conseiller,

- M. Horn, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juin 2023.

Le rapporteur,

Signé

T. BOURGAULa présidente,

signé

J. FÉMÉNIA

La greffière,

signé

P. MAGHRI

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

No 200860

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