lundi 12 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2008611 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL RESSOURCES PUBLIQUES AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 1er décembre 2020 et 24 janvier 2022, M. et Mme C et B D, représentés par Me Fillieux, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le président de la métropole européenne de Lille (MEL) a implicitement rejeté leur demande du 4 août 2020 tendant à l'abrogation de l'arrêté du 21 décembre 2018 accordant à la société Orange une autorisation d'occupation du domaine public routier pour l'installation d'une armoire de télécommunication au droit de l'immeuble situé au 3 rue Négrier à Lille ;
2°) d'enjoindre au président de la MEL d'abroger son arrêté du 21 décembre 2018 dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 250 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la MEL une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté du 21 décembre 2018 est illégal dès lors qu'il méconnaît les dispositions de l'article L. 45-9 et L.47 du code des postes et des communications électroniques et les dispositions de l'article Usb11 du règlement du plan de sauvegarde et de mise en valeur de la commune de Lille et porte manifestement atteinte à l'intérêt des lieux ;
- l'arrêté du 21 décembre 2018 est illégal dès lors qu'il méconnaît les dispositions des articles L. 631-1, L. 632-1 et L. 632-1-1 du code du patrimoine, l'avis de l'architecte des bâtiments de France n'ayant pas été préalablement recueilli ;
- la décision attaquée est illégale dès lors que le président de la MEL était tenu d'abroger l'arrêté du 21 décembre 2018 du fait de son illégalité ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 243-1 du code des relations entre le public et l'administration.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 septembre 2021, la métropole européenne de Lille, représentée par la SCP Bignon-Lebray, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. et Mme D au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. et Mme D ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code des postes et des communications électroniques ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Liénard, rapporteur public,
- les observations de Me Fillieux, représentant M. et Mme D,
- les observations de Me Zkirin, représentant la société Orange,
- et les observations de Me Thoor, représentant la métropole européenne de Lille.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 21 décembre 2018, le président de la métropole européenne de Lille (MEL) a accordé à la société Orange une autorisation d'occupation du domaine public pour l'installation d'une armoire de télécommunication au droit de l'immeuble situé au 3 rue Négrier à Lille. Par leur requête, M. et Mme D, propriétaires d'un immeuble sis 1 rue Négrier à Lille, demandent au tribunal d'annuler la décision par laquelle le président de la MEL a implicitement rejeté leur demande formée le 4 aout 2020 tendant à l'abrogation de l'arrêté du 21 décembre 2018.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 2122-1 du code général de la propriété des personnes publiques : " Nul ne peut, sans disposer d'un titre l'y habilitant, occuper une dépendance du domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 ou l'utiliser dans des limites dépassant le droit d'usage qui appartient à tous ". Aux termes de l'article L. 2122-2 du même code : " L'occupation ou l'utilisation du domaine public ne peut être que temporaire ". D'autre part, aux termes de l'article L 243-2 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration est tenue d'abroger expressément un acte réglementaire illégal ou dépourvu d'objet, que cette situation existe depuis son édiction ou qu'elle résulte de circonstances de droit ou de fait postérieures, sauf à ce que l'illégalité ait cessé. / L'administration est tenue d'abroger expressément un acte non réglementaire non créateur de droits devenu illégal ou sans objet en raison de circonstances de droit ou de fait postérieures à son édiction, sauf à ce que l'illégalité ait cessé ".
3. En l'espèce, l'arrêté du 21 décembre 2018 par lequel le président de la MEL a délivré à la société Orange une autorisation d'occupation du domaine public, qui n'énonce aucune règle générale et impersonnelle, ne présente pas un caractère réglementaire. Eu égard au caractère précaire et révocable de l'autorisation accordée, il ne constitue pas non plus un acte créateur de droit. Pour l'application des dispositions de l'article L. 243-2 du code des relations entre le public et l'administration, le président de la MEL n'était ainsi tenu de l'abroger qu'en raison de circonstances de droit ou de fait postérieures à son édiction. Toutefois, les seules circonstances invoquées par les requérants tenant à la méconnaissance par cet arrêté des dispositions des articles L. 632-1 et L. 632-2 du code du patrimoine en l'absence d'avis préalable de l'architecte des bâtiments de France, à celle des dispositions de l'article Usb11 du règlement du plan de sauvegarde et de mise en valeur de la commune de Lille et à l'atteinte portée à l'intérêt des lieux par le projet, ont trait à la légalité initiale dudit arrêté et ne sont pas intervenues postérieurement à son édiction. Dans ces circonstances, le président de la MEL n'a pas méconnu les dispositions de l'article L 243-2 précité du code des relations entre le public et l'administration et le moyen doit être écarté.
4. En second lieu, aux termes des dispositions de l'article L 243-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Un acte réglementaire ou un acte non réglementaire non créateur de droits peut, pour tout motif et sans condition de délai, être modifié ou abrogé sous réserve, le cas échéant, de l'édiction de mesures transitoires dans les conditions prévues à l'article L. 221-6 ".
5. Pour l'application de ces dispositions, un acte non réglementaire non créateur de droits peut, pour tout motif et sans condition de délai, être modifié ou abrogé. Toutefois, la décision par laquelle une autorité administrative refuse de faire usage du pouvoir d'abroger qu'elle détient en vertu de ces mêmes dispositions n'est pas susceptible de contrôle par le juge administratif, les requérants n'établissant pas par ailleurs ni même n'alléguant qu'en l'espèce, l'autorisation accordée aurait été obtenue par fraude. Le moyen doit, par suite, être écarté.
6. Il résulte de ce qui précède que M. et Mme D ne sont pas fondés à demander l'annulation de la décision du président de la métropole européenne de Lille rejetant implicitement leur demande du 4 août 2020 tendant à l'abrogation de l'arrêté du 21 décembre 2018 accordant à la société Orange une autorisation d'occupation du domaine public routier pour l'installation d'une armoire de télécommunication au droit de l'immeuble situé au 3 rue Négrier à Lille.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de M. et Mme D, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, leurs conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la MEL, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme demandée par M. et Mme D au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. et Mme D une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la MEL et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme D est rejetée.
Article 2 : M. et Mme D verseront à la métropole européenne de Lille une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C et Mme B D, à la métropole européenne de Lille et à la société Orange.
Délibéré après l'audience du 10 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Chevaldonnet, président,
-Mme A, première conseillère,
-Mme Leclère, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 décembre 2022.
La rapporteure,
Signé
E. A
Le président,
Signé
B. CHEVALDONNET
La greffière,
Signé
M. E
La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026