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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2008668

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2008668

mardi 8 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2008668
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantRAMAS-MUHLBACH

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 décembre 2020, M. A B, représenté par Me Navy, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 9 novembre 2020 par laquelle le préfet du Nord a refusé de faire droit à sa demande de délivrance d'un certificat de résidence algérien " vie privée et familiale " ;

2°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer le titre de séjour sollicité ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que la décision contestée méconnaît les stipulations de l'article 5 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ainsi que celles du 5) de l'article 6 de ce même accord.

La requête a été communiquée au préfet du Nord qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Les parties ont été informées, par lettre du 4 octobre 2022, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que la décision contestée, dont l'auteur n'est pas identifié, a ainsi été prise par une autorité incompétente.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Fabre, président-rapporteur ;

- et les conclusions de M. Even, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, né le 7 mai 2002 en Algérie, de nationalité algérienne, est entré en France en 2016 selon ses déclarations. Il a sollicité un certificat de résidence au titre de sa vie privée et familiale mais sa demande a été rejetée le 9 novembre 2020 par une décision du préfet du Nord dont le requérant demande l'annulation.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Il ressort des pièces du dossier que la décision contestée a été adressée au requérant, par courriel du 9 novembre 2020 émanant du service des étrangers de la préfecture du Nord avec, comme seule mention de son auteur, " le bureau de l'admission au séjour/SIF ". Par suite, aucun élément ne permettant d'identifier l'auteur de cette décision, celle-ci doit être regardée comme ayant été prise par une personne incompétente pour ce faire. Le requérant est par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner les moyens qu'il soulève, fondé à en demander l'annulation.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

3. Eu égard au seul moyen retenu, le présent jugement implique uniquement que le préfet du Nord statue à nouveau sur la demande de certificat de résidence algérien " vie privée et familiale " présentée par M. B. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de lui fixer un délai de deux mois pour ce faire.

Sur les frais d'instance :

4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à M. B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 9 novembre 2020 par laquelle le préfet du Nord a refusé de faire droit à la demande de délivrance d'un certificat de résidence algérien " vie privée et familiale " présentée par M. B est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au préfet du Nord, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, de procéder au réexamen de la demande de certificat de résidence " vie privée et familiale " présentée par M. B.

Article 3 : L'Etat versera à M. B la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Nord.

Délibéré après l'audience du 11 octobre 2022 à laquelle siégeaient :

- M. Fabre, président,

- Mme Monteil, première conseillère,

- Mme Piou, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 novembre 202Le président-rapporteur,

signé

X. FABREL'assesseur le plus ancien,

signé

A.-L. MONTEIL

La greffière,

signé

A. HAUTCOEUR

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

5

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