mercredi 19 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2008884 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | JAMAIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 8 décembre 2020 et le 4 juillet 2022, M. C B, représenté par Me Jamais, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 9 octobre 2020 par laquelle la directrice régionale de Pôle emploi Hauts-de-France lui a infligé un blâme ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision contestée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle a été prise en violation du principe du contradictoire et des droits de la défense dès lors qu'il n'a pas été en mesure de présenter des observations orales ;
- elle est entachée d'erreurs de fait ;
- les griefs qui lui sont reprochés ne sont pas constitutifs de fautes ;
- la sanction prononcée à son encontre est disproportionnée.
Par des mémoires en défense enregistrés le 31 mai 2021 et le 4 août 2022, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, Pôle emploi, représenté par Me Lonqueue, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. B la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la loi n° 2008-126 du 13 février 2008 ;
- le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 ;
- le décret n°2003-1370 du 31 décembre 2003 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. Groutsch, rapporteur public
- et les observations de Me Bosquet, substituant Me Jamais, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, employé par Pôle emploi sous le statut de contractuel de droit public depuis 2003, exerce les fonctions de conseiller emploi chargé de l'accompagnement et du suivi des demandeurs d'emploi à l'agence de Roubaix. La direction régionale de Pôle emploi a été alertée par deux demandeurs d'emploi qui se sont plaints du comportement de M. B lors de deux entretiens ayant eu lieu le 17 septembre 2019 et le 9 décembre 2019. Ces deux signalements ont conduit la directrice régionale de Pôle Emploi Hauts-de-France à prononcer, le 9 octobre 2020, à l'encontre de M. B la sanction disciplinaire du blâme. Par sa requête, il demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 29 du décret du 31 décembre 2003 fixant les dispositions applicables aux agents contractuels de droit public de Pôle emploi dans sa version applicable au litige : " Le pouvoir disciplinaire appartient au directeur général qui l'exerce conformément aux dispositions prévues par l'article 44 du décret du 17 janvier 1986 susvisé. / Le directeur général peut donner délégation aux délégués régionaux, pour le siège, au directeur des ressources humaines à l'effet d'infliger les sanctions du premier groupe. () ".
3. Aux termes de l'article 3 de la décision DG n° 2020-21 du 2 juin 2020 portant délégation de pouvoir du directeur général aux directeurs régionaux de Pôle emploi, régulièrement publiée au bulletin officiel de Pôle emploi n°2020-45 du 5 juin 2020 : " En complément des pouvoirs propres qu'ils détiennent du code du travail, en qualité de chefs d'établissement, d'assurer le dialogue social ainsi qu'en matière d'institutions représentatives du personnel, délégation de pouvoir est donnée aux directeurs régionaux de Pôle emploi, en matière de ressources humaines, à l'effet de, dans la limite de leurs attributions : - 1) S'agissant des agents de l'établissement, prendre les décisions de recrutement, dans le cadre de la politique générale de recrutement de Pôle emploi, les décisions de nomination et l'ensemble des autres actes de gestion des ressources humaines, y compris la rupture du contrat de travail ou contrat de droit public, ainsi que les décisions octroyant la protection fonctionnelle de Pôle emploi, à l'exception : dans le cadre du pouvoir disciplinaire, des décisions de sanctions supérieures à l'avertissement et au blâme ; () ". Par suite, la directrice régionale de Pôle emploi Hauts-de-France était compétente pour prononcer le blâme contesté. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 30 du décret du 31 décembre 2003 : " Lorsque le directeur général décide d'engager une procédure à l'encontre d'un agent, celui-ci est informé par lettre recommandée avec avis de réception ; cette lettre l'informe de son droit d'obtenir la communication intégrale de son dossier individuel et de tous les documents annexés et de se faire assister par un défenseur de son choix. Il dispose d'un délai de quinze jours à compter de la réception de cette lettre pour présenter des observations écrites ". En revanche, il ne résulte d'aucune disposition légale ou principe général qu'avant l'édiction d'une sanction du premier groupe, un agent doive être mis à même de présenter des observations orales.
5. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été informé par courrier du 30 janvier 2020 de la procédure disciplinaire engagée à son encontre, du droit d'obtenir communication de son dossier, de se faire assister par le défenseur de son choix et de formuler des observations écrites dans un délai de quinze jours à compter de la réception du courrier. Dès lors, le moyen tiré de la violation du principe du contradictoire et des droits de la défense manque en fait et ne peut qu'être écarté.
6. En troisième lieu, le mercredi 18 septembre 2019, un demandeur d'emploi a adressé au médiateur de Pôle emploi un courriel décrivant l'attitude irrespectueuse et les propos offensants du requérant au cours d'un entretien ayant eu lieu le jour précédent. Le 2 janvier 2020, un autre demandeur d'emploi a adressé au responsable de l'agence Pôle emploi de Roubaix un courrier faisant état d'un comportement irrespectueux et de propos désobligeants au cours d'un entretien qui s'est tenu le lundi 9 décembre 2019. S'agissant de l'entretien du 17 septembre 2019, il ressort des pièces du dossier que, si ainsi que le soutient le requérant, il n'a pas qualifié le demandeur d'emploi de paranoïaque, il n'en a pas moins tenu des propos offensants ou dévalorisants, et a adopté un comportement irrespectueux. S'agissant de l'entretien du 9 décembre 2019, il ressort des pièces du dossier que le requérant a également adopté avec un autre demandeur d'emploi un comportement désobligeant. En outre, si le requérant avance qu'aucun entretien n'a eu lieu le mardi matin et qu'étant à temps partiel, il ne travaille pas les lundis matins, il ne fournit aucune pièce de nature à établir ces allégations. Dès lors, le moyen tiré de l'absence de matérialité des faits doit être écarté.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article 10 du règlement intérieur de Pôle emploi régulièrement publié au bulletin officiel de Pôle emploi n°2015-58 du 29 février 2016 : " Tout agent de Pôle emploi dans le cadre de ses activités professionnelles ou toute personne travaillant au sein de Pôle emploi à quelque titre que ce soit est tenu : - de respecter les instructions données par ses supérieurs hiérarchiques ou par tout membre de la direction et de mettre en œuvre les procédures applicables au sein de son établissement ; - de faire preuve de probité, d'impartialité et de respect d'autrui ; () ".
8. En outre, il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
9. En ayant adopté un comportement irrespectueux envers deux usagers du service public à deux reprises le 17 septembre et le 9 décembre 2019 et en tenant des propos offensants lors de l'un de ces deux entretiens avec un demandeur d'emploi, le requérant n'a pas fait la preuve du respect d'autrui qui doit guider son activité de conseiller emploi et a commis une faute de nature à justifier une sanction disciplinaire. Dès lors, il n'est pas fondé à soutenir que les griefs qui lui sont reprochés ne sont pas constitutifs de fautes disciplinaires.
10. En cinquième lieu, aux termes de l'article 28 du décret du 31 décembre 2003 fixant les dispositions applicables aux agents contractuels de droit public de Pôle emploi dans sa version applicable au litige : " Par dérogation aux dispositions de l'article 43 du décret du 17 janvier 1986 susvisé, les sanctions disciplinaires susceptibles d'être appliquées aux agents de Pôle emploi sont réparties en quatre groupes : / Premier groupe : / a) L'avertissement ; / b) Le blâme. / Deuxième groupe : / a) L'abaissement d'échelon ; / b) L'exclusion temporaire de fonctions pour une durée maximale de six mois ; / c) Le déplacement d'office. / () ".
11. En l'espèce, alors même que M. B établit qu'il a donné satisfaction dans l'exercice de ses fonctions avant septembre 2019, il n'en demeure pas moins qu'il a d'une part adopté une attitude désobligeante lors de deux entretiens avec des demandeurs d'emplois le 17 septembre 2019 et le 9 décembre 2019 et d'autre part, tenu des propos offensants à l'un de ses demandeurs lors de l'entretien du 17 septembre 2019. Dans ces conditions, en prononçant à l'encontre de M. B la sanction disciplinaire du blâme, soit la sanction la plus faible du premier groupe, la directrice régionale de Pôle emploi Hauts-de-France n'a pas pris une sanction disproportionnée.
12. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 9 octobre 2020 par laquelle la directrice régionale de Pôle emploi Hauts-de-France lui a infligé un blâme. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Pôle emploi, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que le requérant demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. B la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par Pôle emploi et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera à Pôle emploi la somme de 1 000 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à Pôle emploi.
Délibéré après l'audience du 4 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
- Mme Féménia, présidente,
- M. Bourgau, premier conseiller,
- M. Horn, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 octobre 2022.
Le rapporteur,
Signé
J. ALa présidente,
Signé
J. FÉMÉNIALa greffière,
Signé
P. MAGHRI
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
No 2008884
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026