mercredi 20 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2008993 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | GREENLAW AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 décembre 2020, M. et Mme J L, N G, Q M, M. H D, M. A P, M. C P, Mme K O et M. et Mme E et I F, représentés par Me Deldique, demandent au Tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 décembre 2019 par lequel le maire de la commune de Villeneuve d'Ascq ne s'est pas opposé à la déclaration préalable n° DP 59009 19 00228 déposée par la société Cellnex France SAS en vue de l'installation d'un pylône, d'un ensemble technique et d'une clôture, sis 11 rue du Grand Ruage, sur la parcelle cadastrée P0 104 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Villeneuve d'Ascq et de la société Cellnex la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur recours est recevable ;
- la décision est entachée d'un vice de procédure, dès lors que le dossier de déclaration préalable était insuffisant ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article R.111-27 du code de l'urbanisme, du plan local d'urbanisme et du principe de précaution énoncé par l'article 54 de la Charte de l'environnement.
Une mise en demeure a été adressée le 7 février 2022 à la commune de Villeneuve d'Ascq.
Une mise en demeure a été adressée le 7 février 2022 à la société Cellnex.
Par un mémoire enregistré le 15 février 2021, M. et Mme F, représentés par Me Deldique, déclarent se désister purement et simplement de la requête.
Par un mémoire enregistré le 1er mars 2021, Mme M, représentée par Me Deldique, déclare se désister purement et simplement de la requête.
Les parties ont été informées, par un courrier du 30 mai 2022, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur des moyens relevés d'office, tirés :
- du défaut d'intérêt à agir des requérants qui ne démontrent pas que le projet impacterait les conditions d'utilisation, d'occupation ou de jouissance de leurs biens respectifs ;
- de la tardiveté de la requête au regard des dispositions de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport R B,
- et les conclusions de M. Groutsch, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société Cellnex France SAS a déposé le 30 juillet 2019 un dossier de déclaration préalable en vue de l'installation d'une infrastructure de télécommunications composée d'un pylône de 30 mètres de hauteur avec un paratonnerre de 2 mètres, de trois armoires techniques, d'une dalle technique de faible profondeur, le tout entouré d'une clôture d'une hauteur de 2 mètres et d'un portillon de même hauteur, sis 11 rue du Grand Ruage, parcelle cadastrée P0 104. Par un arrêté du 17 décembre 2019, le maire de la commune de Villeneuve d'Ascq ne s'est pas opposé au projet. Par leur requête, les requérants demandent au tribunal d'annuler l'arrêté municipal du 17 décembre 2019.
Sur les désistements :
2. Par un mémoire enregistré le 15 février 2021, M. et Mme F déclarent se désister de la requête. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
3. Par un mémoire enregistré le 1er mars 2021, Mme M déclare se désister de la requête. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur la recevabilité de la requête :
4. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement () ".
5. Il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'une décision de non-opposition à déclaration préalable, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci.
6. D'une part, il ressort des pièces du dossier que les maisons de M. et Mme L, R G, de M. D, de M. A P, de M. C P et R O se situent, aux termes mêmes de leurs écritures, respectivement, à une centaine de mètres, à 271,08 mètres, à 186,86 mètres, à 183,15 mètres, à 183,15 mètres et à 314,93 mètres du lieu d'implantation du projet contesté, dont elles sont séparées par des habitations et des jardins boisés. Les requérants n'établissent pas que l'antenne serait visible depuis leur maison, compte tenu de la distance qui les en sépare et du caractère boisé des jardins environnants. Par suite, ils n'établissent pas la diminution de la valeur vénale de leur bien, dont ils se prévalent, du fait de la visibilité alléguée.
7. D'autre part, les risques qui, selon les requérants, pourraient résulter de leur exposition aux champs électromagnétiques émis par l'antenne de téléphonie mobile ne sont démontrés par aucune pièce du dossier, quand bien même la maison de M. et Mme L se situe dans la zone d'impact des faisceaux.
8. Il résulte de ce qui précède que les requérants ne justifient pas, au regard des dispositions précitées de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme, d'un intérêt leur donnant qualité pour agir à l'encontre de la décision de non-opposition en litige.
9. En outre, aux termes de l'article R.600-2 du code de l'urbanisme : " Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15 ". Par ailleurs, aux termes de l'article R.424-15 du même code : " Mention du permis explicite ou tacite ou de la déclaration préalable doit être affichée sur le terrain, de manière visible de l'extérieur, par les soins de son bénéficiaire, dès la notification de l'arrêté ou dès la date à laquelle le permis tacite ou la décision de non-opposition à la déclaration préalable est acquis et pendant toute la durée du chantier. () ". Enfin, aux termes de l'article A.424-18 du même code : " Le panneau d'affichage doit être installé de telle sorte que les renseignements qu'il contient demeurent lisibles de la voie publique ou des espaces ouverts au public pendant toute la durée du chantier. "
10. Il résulte des dispositions précitées que l'affichage continu et régulier sur le terrain de l'autorisation d'urbanisme enclenche le délai de deux mois de recours contentieux des tiers à son encontre. S'il incombe au bénéficiaire d'un permis de construire de justifier qu'il a bien rempli les formalités d'affichage prescrites par ces dispositions, le juge doit apprécier la conformité de l'affichage en examinant l'ensemble des pièces qui figure au dossier qui lui est soumis.
11. Il ressort des pièces du dossier et notamment des photographies produites par les requérants que le panneau d'affichage de la décision de non-opposition à déclaration préalable a été placé sur la grille de l'entreprise dans l'enceinte de laquelle se trouvait le projet concerné, sur le terrain d'assiette du projet, en bordure d'une voie desservant les trois entreprises composant la zone d'activité dans laquelle est installée l'entreprise concernée. Cette voie ne comportait aucun obstacle empêchant d'y accéder et doit donc être regardée comme un espace ouvert au public au sens des dispositions de l'article A.424-18 du code de l'urbanisme précitées. Par ailleurs, la circonstance que le panneau a été implanté en retrait de la voie publique, n'a pas eu pour effet de rendre l'affichage illisible depuis cette voie, dès lors qu'aucun obstacle n'était présent entre la voie et le panneau, comme il ressort d'un article de presse produit par les requérants indiquant que le panneau a été vu par un riverain promenant son chien. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'affichage du panneau aurait été irrégulier. Il n'est par ailleurs pas contesté que le panneau a été affiché le 17 décembre 2019 pendant une durée continue de deux mois. Dès lors, la requête enregistrée le 11 décembre 2020 au greffe du tribunal est tardive.
12. Il résulte de tout ce qui précède que la requête n'est pas recevable et doit, dès lors, être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement de la requête de M. et Mme F et R M.
Article 2 : La requête de M. et Mme J L, N G, M. H D, M. A P, M. C P et Mme K O est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme J L, N G, Q M, M. H D, M. A P, M. C P, Mme K O, M. et Mme E et I F et à la commune de Villeneuve d'Ascq.
Délibéré après l'audience du 29 juin 2022, à laquelle siégeaient :
- Mme Féménia, présidente,
- Mme Grard, première conseillère,
- Mme Thielleux, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juillet 2022.
La rapporteure,
signé
E. B La présidente,
signé
J. FÉMÉNIALa greffière,
signé
P. MAGHRI
La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026