vendredi 4 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2009030 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | HOLLEBECQUE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 11 décembre 2020 et 20 septembre 2021, Mme A B, représentée en dernier lieu par Me Florence Mostaert, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'avis des sommes à payer valant ampliation de titre de recette émis le 12 octobre 2020 par la commune d'Arras pour un montant de 13 073,58 euros ;
2°) de la décharger de l'obligation de payer cette somme ;
3°) de suspendre les poursuites ;
4°) de mettre à la charge de la commune d'Arras la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'avis des sommes à payer en litige ne comporte ni les nom et prénom, ni la signature de l'ordonnateur ;
- les bases de liquidation portées sur cet avis des sommes à payer sont insuffisamment motivées ;
- la commune a méconnu les articles 17 et 37 du décret n° 87-602 du 30 juillet 1987, qui fondent l'avis des sommes à payer en litige ;
- aucune délibération ne permettait de réclamer le remboursement de la créance en litige ;
- sa mise à la retraite pour invalidité sur laquelle est fondé l'avis des sommes à payer en litige, est illégale dès lors que la commune n'a pas attiré son attention sur l'importance de la séance lors de laquelle la commission de réforme a examiné la possibilité de sa mise à la retraite pour invalidité, que cette décision n'a pas été précédée de la communication de son dossier et d'une procédure contradictoire et qu'elle conteste son inaptitude définitive à exercer toutes fonctions dans la fonction publique.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juillet 2021, la commune d'Arras, représentée par Me Christophe Cabanes, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de Mme B de la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est portée devant une juridiction incompétente pour en connaître et est irrecevable du fait de l'absence de recours préalable devant la commission de recours amiable ;
- les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Par un mémoire, enregistré le 30 août 2021, la caisse des dépôts demande sa mise hors de cause.
Par ordonnance du 5 août 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 30 septembre 2022 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le décret n° 60-58 du 11 janvier 1960 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Balussou,
- les conclusions de M. Babski, rapporteur public,
- et les observations de Me Florence Mostaert, représentant Mme B, et de Me Mélanie Dupeyron, représentant la commune d'Arras.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, assistante territoriale de conservation principal de 2ème classe, exerçant les fonctions de bibliothécaire depuis 1990 au sein des services de la commune d'Arras, a été placée en congé de maladie ordinaire du 2 juin au 7 septembre 2016, en congé de longue durée à compter du 8 septembre 2016 puis en disponibilité d'office par un arrêté du 4 avril 2018. Lors de sa séance du 18 octobre 2018, le comité médical a donné un avis favorable au renouvellement de ce placement en disponibilité et a estimé que l'intéressée était définitivement inapte à l'exercice de ses fonctions. Par un arrêté du 25 octobre 2018, Mme B a été placée en disponibilité et s'est vu octroyer une indemnité journalière de coordination. A la suite d'une expertise médicale réalisée le 2 mai 2019, la commission de réforme a donné un avis favorable à la mise à la retraite pour invalidité de cette dernière. Par un arrêté du 14 octobre 2019 du maire d'Arras, Mme B a été maintenue en disponibilité d'office et a perçu l'indemnité journalière de coordination. Elle a ensuite été admise, par un arrêté du 2 décembre 2019, à faire valoir ses droits à la retraite pour invalidité à compter du 1er juillet 2019. L'intéressée a été rendue destinataire d'un avis des sommes à payer émis le 12 octobre 2020 par la commune d'Arras pour un montant de 13 073,58 euros. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation de l'avis des sommes à payer, la décharge de l'obligation de payer la somme réclamée et la suspension des poursuites.
Sur les conclusions aux fins d'annulation, de décharge et de suspension des poursuites :
2. D'une part, les articles L. 142-1 à L.142-3 du code de la sécurité sociale attribuent compétence au tribunal des affaires de sécurité sociale pour connaître des litiges relevant du contentieux de la sécurité sociale. En ce qui concerne les fonctionnaires ou agents de l'Etat et des collectivités publiques, le critère de la compétence des organismes du contentieux de la sécurité sociale est lié, non à la qualité des personnes en cause, mais à la nature même du différend.
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 321-1 du même code, dans sa rédaction applicable au litige : " L'assurance maladie assure le versement d'indemnités journalières à l'assuré qui se trouve dans l'incapacité physique constatée par le médecin traitant, selon les règles définies par l'article L. 162-4-1, de continuer ou de reprendre le travail () ".
4. Aux termes de l'article 1er du décret du 11 janvier 1960 relatif au régime de sécurité sociale des agents permanents des départements, des communes et de leurs établissements publics n'ayant pas le caractère industriel ou commercial : " Le présent décret fixe le régime de sécurité sociale applicable, en matière d'assurance maladie, maternité, décès et invalidité (allocations temporaires et soins), aux agents permanents des départements, des communes et de leurs établissements publics n'ayant pas le caractère industriel ou commercial, affiliés à la caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales ou à un régime spécial de retraites " . Aux termes de l'article 4 du même décret : " I - En cas de maladie, l'agent qui a épuisé ses droits à une rémunération statutaire, mais qui remplit les conditions fixées par le Code de la sécurité sociale pour avoir droit à l'indemnité journalière visée à l'article L. 321-1 dudit code, a droit à une indemnité () ".
5. Il résulte de ces dispositions que les indemnités prévues aux paragraphes I et II de l'article 4 du décret précité du 11 janvier 1960, indépendantes du statut des fonctionnaires territoriaux, sont des prestations du régime spécial de sécurité sociale applicable à ceux-ci. Par suite, il n'appartient qu'aux juridictions du contentieux de la sécurité sociale de statuer sur les recours dirigés contre des décisions des autorités administratives se prononçant sur les droits ouverts aux ressortissants de ce régime.
6. Il résulte de l'instruction que par un arrêté du 25 octobre 2018, Mme B, placée en disponibilité d'office, s'est vue octroyer par la commune d'Arras une indemnité prévue par l'article 4 du décret du 11 janvier 1960, dite " indemnité journalière de coordination ", à compter du 8 octobre 2018. Le versement de cette indemnité a été prolongé jusqu'au 31 juillet 2020. L'intéressée ayant été admise à faire valoir ses droits à la retraite pour invalidité à compter du 1er juillet 2019, la commune d'Arras, par l'avis des sommes à payer en litige, lui a demandé de rembourser le montant de l'indemnité journalière de coordination qui lui avait été versé à compter de cette date jusqu'au 31 juillet 2020 dans l'attente de la liquidation de sa pension. Si cet avis indique, à tort, qu'il concerne le remboursement d'un trop perçu de salaire en raison du départ de la requérante à la retraite pour invalidité, cette mention erronée n'a ni pour objet ni pour effet de modifier la nature de l'indemnité versée à celle-ci. Dans ces conditions, les conclusions présentées par la requérante tendant à l'annulation de l'avis des sommes à payer émis le 12 octobre 2020 ayant pour origine le versement de l'indemnité de coordination de la sécurité sociale prévue par les dispositions du décret du 11 janvier 1960 précité ainsi que les conclusions tendant à la décharge de l'obligation de payer la somme réclamée et à la suspension des poursuites, relèvent de la compétence de la juridiction judiciaire et doivent, par suite, être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Arras, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme B demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Par ailleurs, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la requérante une somme à verser à la commune d'Arras au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions à fin d'annulation de l'avis des sommes à payer émis le 12 octobre 2020 par la commune d'Arras pour le recouvrement de la somme de 13 073,58 euros ainsi que les conclusions à fin de décharge de l'obligation de payer et de suspension des poursuites sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune d'Arras sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la commune d'Arras.
Délibéré après l'audience du 13 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Stefanczyk, présidente,
Mme Balussou, première conseillère,
Mme Léa Sanier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2024.
La rapporteure,
Signé
E.-M. Balussou
La présidente,
Signé
S. StefanczykLa greffière,
Signé
N. Paulet
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026