mardi 23 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2009063 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | FERRAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 décembre 2020, Mme B D épouse C et M. A C, représentés par Me Ferrand, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 décembre 2019 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé de procéder au rétablissement de leurs conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à l'OFII de procéder au rétablissement de leurs conditions matérielles d'accueil dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement ;
4°) de mettre à la charge de l'OFII la somme de 1 200 euros à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, contre renonciation de la part de ce conseil au bénéfice de l'indemnité versée au titre de l'aide juridictionnelle.
Ils soutiennent que :
- l'auteur de cette décision n'a pas été dûment habilité à signer les décisions telles que celle en litige ;
- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors qu'il n'est pas établi que les requérants aient été dûment informés dans une langue qu'ils comprennent de leurs obligations lors de leur prise en charge matérielle, conformément aux articles L. 744-8 et R.744-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- il n'a pas été procédé à un examen particulier de leur situation personnelle.
Des pièces, enregistrées le 28 octobre 2022, ont été produites par l'OFII.
La clôture d'instruction a été fixée au 21 novembre 2022 à 12h00 par une ordonnance du 31 octobre 2022.
M. C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 1er juillet 2020.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Après avoir entendu le rapport de Mme Piou au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B D épouse C, née le 13 février 1994 à Yeghegnadzor, de nationalité arménienne, et M. A C, né le 9 juillet 1993 à Yeghegnadzor, de nationalité arménienne également, ont présenté une demande d'asile le 5 janvier 2018, enregistrée en procédure dite " Dublin ". Le même jour, ils ont accepté l'offre de prise en charge de l'OFII et ont bénéficié des conditions matérielles d'accueil. Par une décision du 19 décembre 2018, le directeur territorial de l'OFII de Lille leur en a suspendu le bénéfice. Sous couvert d'une attestation de demande d'asile enregistrée en procédure dite " accélérée ", ils ont présenté une demande de rétablissement de leurs conditions matérielles d'accueil. Par la décision contestée du 17 décembre 2019, le directeur territorial de l'OFII de Lille a rejeté leur demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L.744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable au litige : " la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil. Ces besoins particuliers sont également pris en compte s'ils deviennent manifestes à une étape ultérieure de la procédure d'asile. Dans la mise en œuvre des droits des demandeurs d'asile et pendant toute la période d'instruction de leur demande, il est tenu compte de la situation spécifique des personnes vulnérables. / L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines. / () ".
3. Dans le cas où les conditions matérielles d'accueil ont été suspendues, le demandeur peut, notamment dans l'hypothèse où la France est devenue responsable de l'examen de sa demande d'asile, en demander le rétablissement. Il appartient alors à l'OFII, pour statuer sur une telle demande de rétablissement, d'apprécier la situation particulière du demandeur à la date de la demande de rétablissement au regard notamment de sa vulnérabilité, de ses besoins en matière d'accueil ainsi que, le cas échéant, des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acception initiale des conditions matérielles d'accueil.
4. Il ressort des pièces du dossier qu'à la date de la décision litigieuse M. et Mme C étaient accompagnés de leur fille, née le 9 juin 2018, alors âgée de dix-huit mois. Cette circonstance est à elle seule de nature à justifier les besoins particuliers des intéressés en matière d'accueil et leur particulière vulnérabilité. Par suite, en leur refusant le rétablissement de leurs conditions matérielles d'accueil, l'OFII a méconnu les dispositions précitées de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, la décision contestée doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Dès lors qu'il résulte de l'instruction que la demande d'asile des intéressés a fait l'objet de décisions de rejet par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 29 janvier 2020, confirmées par décisions de la Cour nationale du droit d'asile du 27 mai 2020, notifiées le 10 juin suivant à M. C et le lendemain à son épouse, le présent jugement implique nécessairement, mais uniquement, que les requérants se voient rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil sur la période courant du 17 décembre 2019 à la date de notification des ordonnances de la Cour nationale du droit d'asile et perçoivent les sommes résultant de ce rétablissement sur cette période. Il y a ainsi lieu de fixer à l'OFII un délai d'un mois pour y procéder.
Sur les frais liés au litige :
7. M. C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. En conséquence, son conseil peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'OFII le versement à Me Ferrand d'une somme de 1 200 euros, sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 17 décembre 2019 par laquelle l'OFII a refusé de rétablir les conditions matérielles d'accueil dont bénéficiaient Mme et M. C est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à l'OFII de procéder au rétablissement des conditions matérielles d'accueil de M. et Mme C pour la période courant du 17 décembre 2019 aux dates respectives de notification aux intéressés des ordonnances de la Cour nationale du droit d'asile en date du 27 mai 2020 et, par voie de conséquence, de procéder au versement des sommes dues au titre de cette période, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'OFII versera à Me Ferrand une somme de 1 200 (mille deux cents) euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D épouse C, à M. A C, à Me Ferrand et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 2 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Fabre, président,
Mme Monteil, première conseillère,
Mme Piou, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mai 2023.
La rapporteure,
Signé
C. PIOU
Le président,
Signé
X. FABRE
La greffière,
Signé
A. DOUVRY
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026