mardi 14 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2009066 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | LAVAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 15 décembre 2020 et le 3 novembre 2022, M. A B, représenté par Me Laval, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler les articles 5, 6, 20, 21, 24 et 32 du règlement intérieur de la commune de Harnes pour le mandat 2020 - 2026 adopté par le conseil municipal de la commune le 27 novembre 2020 ;
2°) d'enjoindre le maire de la commune de convoquer le conseil municipal et de présenter une nouvelle délibération aux fins d'adopter un règlement intérieur, dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir et ce sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Harnes la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le requérant soutient que :
- la demande de non-lieu à statuer formulée par la commune de Harnes concernant les conclusions qu'il formule à l'encontre des articles 5, 6, 20 et 21 du règlement intérieur est infondée dès lors que, d'une part, aucune version consolidée du règlement intérieur n'est présentée, si bien qu'il est impossible au tribunal de vérifier que les dispositions litigieuses ont bien été abrogées et que, d'autre part, le caractère exécutoire de ladite délibération n'est pas garanti, la commune ne démontrant pas qu'elle aurait été affichée en mairie ;
- la limitation à deux questions orales par groupe politique par séance prévue par l'article 5 du règlement intérieur relatif aux questions orales, est illégale dans la mesure où elle limite le droit personnel de chaque conseiller municipal de poser des questions orales en séance ;
- la limitation des questions écrites aux seuls présidents de groupe prévue par l'article 6 du règlement intérieur relatif aux questions écrites est illégale dans la mesure où elle prive d'une garantie les conseillers municipaux n'appartenant à aucun groupe ou n'étant pas président de groupe ;
- la limitation des interventions orales prévue par l'article 20 relatif au déroulement de la séance et l'article 21 relatif aux débats ordinaires est illégale dans la mesure où seuls les conseillers municipaux appartenant à un groupe peuvent prendre la parole ;
- la possibilité offerte au conseil municipal de décider de ne pas procéder à un vote sur l'adoption d'un amendement prévue par l'article 24 du règlement intérieur constitue une atteinte excessive et non-justifiée au droit d'amendement ;
- la circonstance que le règlement intérieur ne prévoit pas dans son article 32 mention de la publication des tribunes de l'opposition sur le site internet et la page Facebook de la commune méconnaît tout à la fois les droits des élus n'appartenant à la majorité et les dispositions de l'article L. 2121-27-1 du code général des collectivités territoriales.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 11 juin 2022 et 28 novembre 2022, la commune de Harnes, représentée par son maire en exercice, conclut au non-lieu à statuer partiel et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
La commune de Harnes fait valoir que :
- les dispositions litigieuses des articles 5, 6, 20 et 21 du règlement intérieur ont été abrogées depuis le dépôt de la requête, et le nouveau règlement intérieur est entré en vigueur depuis le 3 avril 2021 ;
- l'obligation de dépôt écrit des amendements et la possibilité ouverte au conseil municipal de mettre les amendements en délibération, prévus par l'article 24 du règlement intérieur, de les rejeter ou de les renvoyer à la commission compétente constitue un simple aménagement des modalités du droit d'amendement ;
- l'article 32 du règlement intérieur prévoit un espace d'expression pour les groupes politiques n'appartenant pas à la majorité municipale quel que soit le support de publication concerné ; il est donc conforme aux dispositions de l'article L. 2121-27-1 du code général des collectivités territoriales.
La clôture d'instruction a été fixée au 30 novembre 2022 à 12 h 00 par une ordonnance du 8 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Monteil,
- et les conclusions de M. Even, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par la délibération n°2 du 27 novembre 2020, le conseil municipal de Harnes a adopté le règlement intérieur de ses séances pour le mandat 2020 - 2026. M. A B, se prévalant de sa qualité d'élu municipal, sollicite l'annulation des articles 5, 6, 20, 21, 24 et 32 du règlement intérieur de la commune de Harnes pour le mandat 2020 - 2026 adopté par le conseil municipal de la commune le 27 novembre 2020.
Sur le non-lieu à statuer concernant les conclusions dirigées contre les articles 5, 6 et 20 du règlement intérieur du conseil municipal de Harnes :
2. Il ressort des pièces du dossier qu'une nouvelle délibération, exécutoire, du conseil municipal de Harnes en date du 3 avril 2021, postérieure à l'introduction du recours, a rapporté, notamment, les dispositions des articles 5, 6, 20 et 21 du règlement intérieur adopté par la délibération n°2 du 27 novembre 2020. Ainsi la requête de M. B est, dans cette mesure, devenue sans objet et il n'y a plus lieu de statuer aux conclusions à fin d'annulation et d'injonction qui s'y rattachent.
Sur le surplus des conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'article 24 :
3. Aux termes de l'article 24 du règlement intérieur du conseil municipal de Harnes : " Les amendements ou contre-projets peuvent être proposés sur toutes affaires en discussion soumises au conseil municipal. / Les amendements ou contre-projets doivent être présentés par écrit au maire. Le conseil municipal décide si ces amendements sont mis en délibération, rejetés ou renvoyés à la commission compétente. ".
4. Ces dispositions imposent seulement aux conseillers municipaux de déposer leurs amendements par écrit auprès du maire, le cas échant le jour même de la séance, sans conférer au maire aucun pouvoir de détermination du sort des amendements. Il revient en effet à l'assemblée délibérante elle-même de décider si les amendements sont mis en délibération, rejetés ou renvoyés en commission, ce qui permet à l'auteur de l'amendement de l'exposer à l'ensemble de l'assemblée délibérante. Par suite, les dispositions de l'article 24 ne portent pas une atteinte excessive à l'exercice du droit d'amendement reconnu par le règlement intérieur.
En ce qui concerne l'article 32 :
5. D'une part, aux termes de l'article L. 2121-27-1 du code général des collectivités territoriales : " Dans les communes de 1 000 habitants et plus, lorsque des informations générales sur les réalisations et sur la gestion du conseil municipal sont diffusées par la commune, un espace est réservé à l'expression des conseillers élus sur une liste autre que celle ayant obtenu le plus de voix lors du dernier renouvellement du conseil municipal ou ayant déclaré ne pas appartenir à la majorité municipale. /Les modalités d'application du présent article sont définies par le règlement intérieur du conseil municipal ". Il résulte de ces dispositions, d'une part, que la liberté d'expression des élus étant une condition essentielle du débat démocratique, un espace suffisant doit être réservé de manière équitable aux élus de l'opposition dans tout bulletin municipal d'information générale, quel qu'en soit le mode de diffusion, et, d'autre part, que les conseillers municipaux d'opposition peuvent s'exprimer soit collectivement, par une tribune présentée au nom de leur groupe, soit individuellement.
6. D'autre part, aux termes de l'article 32 du règlement intérieur du conseil municipal de Harnes dans sa rédaction issue la délibération n°2 du 27 novembre 2020 : " () Une page dans chaque bulletin d'information générale est réservée à l'expression des groupes politiques. La répartition de cet espace d'expression politique est répartie à la proportionnelle du nombre de conseillers municipaux déclaré par groupe politique ".
7. L'article 32, qui n'avait en tout état de cause pas à lister tous les supports de diffusion, ne limite pas les espaces d'expression des conseillers municipaux d'opposition aux seules diffusions papier et est ainsi conforme aux exigences de l'article L. 2121-27-1 précité du code général des collectivités territoriales.
8. Il résulte ce qui précède que le surplus des conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doit être rejeté.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par M. B doivent être rejetées.
Sur les frais d'instance :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Harnes la somme de 1 500 euros à verser à M. B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête à fin d'annulation des articles 5, 6, 20 et 21 du règlement intérieur adopté par la délibération n°2 du 27 novembre 2020 du conseil municipal de Harnes.
Article 2 : La commune de Harnes versera à M. B la somme de 1 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à A B et à la commune de Harnes.
Délibéré après l'audience du 10 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Fabre, président,
Mme Monteil, première conseillère,
M. Lemée, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2023.
La rapporteure,
Signé
A.-L. MONTEIL
Le président,
Signé
X. FABRE
Le greffier,
Signé
A. DEWIERE
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026