vendredi 3 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2009109 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | DELGORGUE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 16 décembre 2020, 30 juillet 2021 et 1er avril 2022, M. et Mme B C et la société Urbaxim, représentés par Me Balaÿ et Me Roëls, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 14 octobre 2020 par laquelle l'établissement public foncier Nord-Pas-de-Calais a exercé le droit de préemption urbain sur un immeuble cadastré AH 148 à Wattignies situé 300 bis rue Clémenceau ;
2°) de mettre à la charge de l'établissement public foncier Nord-Pas-de-Calais la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 300-1 du code de l'urbanisme en l'absence de projet réel et préexistant sur le terrain préempté.
Par des mémoires enregistrés les 7 juin 2021 et 27 janvier 2022, l'établissement public foncier Hauts-de-France venant aux droits de l'établissement public foncier Nord-Pas-de-Calais, représenté par Me Delgorgue, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 500 euros soit mise à la charge solidaire de M. et Mme C et de la société Urbaxim au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le décret n° 2014-1600 du 23 décembre 2014 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. Babski, rapporteur public,
- les observations de Me Roëls, représentant M. et Mme C et la société Urbaxim ;
- les observations de Me Delgorgue, représentant l'établissement public foncier Hauts-de-France.
Une note en délibéré présentée pour M. et Mme C et la société Urbaxim a été enregistrée le 27 janvier 2023.
Considérant ce qui suit :
1. La société Urbaxim a conclu avec M. et Mme C un compromis de vente en vue d'acquérir au prix de 1 220 000 euros un terrain d'une contenance de 2 472 mètres carrés et sur lequel est implanté une maison d'habitation, situé 300 bis rue Clémenceau à Wattignies et cadastré AH 148. Par une décision du 14 octobre 2020, l'établissement public foncier (EPF) Nord-Pas-de-Calais, aux droits duquel vient l'établissement public foncier Hauts-de-France, a préempté ce bien. Par la requête susvisée, M. et Mme C et la société Urbaxim demandent au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 211-2 du code de l'urbanisme : " Lorsque la commune fait partie d'un établissement public de coopération intercommunale y ayant vocation, elle peut, en accord avec cet établissement, lui déléguer tout ou partie des compétences qui lui sont attribuées par le présent chapitre. / Toutefois, la compétence d'un établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre () en matière de plan local d'urbanisme, emporte [sa] compétence de plein droit en matière de droit de préemption urbain () ". Aux termes de l'article L. 213-3 du même code, dans sa rédaction applicable au litige : " Le titulaire du droit de préemption peut déléguer son droit à l'Etat, à une collectivité locale, à un établissement public y ayant vocation ou au concessionnaire d'une opération d'aménagement. Cette délégation peut porter sur une ou plusieurs parties des zones concernées ou être accordée à l'occasion de l'aliénation d'un bien. Les biens ainsi acquis entrent dans le patrimoine du délégataire. / Dans les articles L. 211-1 et suivants, L. 212-1 et suivants et L. 213-1 et suivants, l'expression " titulaire du droit de préemption " s'entend également, s'il y a lieu, du délégataire en application du présent article. ". Aux termes de l'article R. 213-1 de ce code : " La délégation du droit de préemption prévue par l'article L. 213-3 résulte d'une délibération de l'organe délibérant du titulaire du droit de préemption. () Cette délégation peut être retirée par une délibération prise dans les mêmes formes. ". Aux termes de l'article L. 5211-9 du code général des collectivités territoriales : " () Le président de l'établissement public de coopération intercommunale peut, par délégation de son organe délibérant, être chargé d'exercer, au nom de l'établissement, les droits de préemption, ainsi que le droit de priorité, dont celui-ci est titulaire ou délégataire en application du code de l'urbanisme. Il peut également déléguer l'exercice de ces droits à l'occasion de l'aliénation d'un bien, dans les conditions que fixe l'organe délibérant de l'établissement () ".
3. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que le président d'un établissement public de coopération intercommunale peut se voir déléguer par l'organe délibérant, pour la durée de son mandat, non seulement l'exercice du droit de préemption dont l'établissement est titulaire, mais aussi le pouvoir de déléguer, à l'un des mandataires mentionnés à l'article L. 213-3 du code de l'urbanisme, cet exercice pour une opération donnée. Dans le cas où l'organe délibérant a consenti une telle délégation de pouvoir et ne l'a pas ultérieurement rapportée, il doit être regardé comme s'étant dessaisi de sa compétence et n'est, dès lors, plus compétent pour déléguer l'exercice de son droit de préemption à une autre personne publique à l'occasion de l'aliénation d'un bien, sauf en cas d'empêchement du président de l'établissement.
4. D'autre part, aux termes de l'article L. 5217-4 du code général des collectivités territoriales : " La métropole est substituée de plein droit à l'établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre dont la transformation est mentionnée à l'article L. 5217-1. / La substitution de la métropole à l'établissement public de coopération intercommunale est opérée dans les conditions prévues aux deux derniers alinéas de l'article L. 5211-41. ". Aux termes de l'article L. 5211-41 du même code : " () L'ensemble des biens, droits et obligations de l'établissement public de coopération intercommunale transformé sont transférés au nouvel établissement public qui est substitué de plein droit à l'ancien établissement dans toutes les délibérations et tous les actes de ce dernier à la date de l'acte duquel la transformation est issue. () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que, par une délibération du 18 avril 2014, le conseil communautaire de Lille Métropole Communauté Urbaine a délégué à son président l'exercice du droit de préemption urbain pour la durée de son mandat ainsi que le pouvoir d'en déléguer ponctuellement l'exercice conformément aux dispositions de l'article L. 213-3 du code de l'urbanisme. Le conseil communautaire s'est ainsi dessaisi de sa compétence en matière d'exercice du droit de préemption urbain au profit de son président, laquelle comprend le pouvoir de déléguer son droit de préemption à une autre personne publique pour une opération déterminée. Eu égard au dessaisissement ainsi opéré et en l'absence de toute délibération rapportant cette délégation effectuée au profit de son président, l'organe délibérant de la métropole européenne de Lille n'était pas compétent pour déléguer, le 14 octobre 2016, l'exercice du droit de préemption urbain à l'EPF Nord-Pas-de-Calais sur le périmètre du site du projet " Wattignies-Nouveau centre-ville " au sein duquel se trouve le bien préempté. Par ailleurs, la circonstance que la métropole européenne de Lille, créée par le décret du 23 décembre 2014 portant création de la métropole dénommée " métropole européenne de Lille ", s'est substituée de plein droit à l'établissement public de coopération intercommunale Lille Métropole Communauté Urbaine à compter du 1er janvier 2015 n'a eu pour effet d'abroger la délibération du 18 avril 2014, eu égard aux dispositions de l'article L. 5211-41 du code général des collectivités territoriales. Par suite, les requérants sont fondés à soutenir que la directrice générale de l'EPF Nord-Pas-de-Calais n'était pas compétente pour édicter la décision du 14 octobre 2020 mettant en œuvre le droit de préemption urbain sur la parcelle cadastrée AH 148 à Wattignies.
6. Il résulte de ce qui précède que M. et Mme C et la société Urbaxim sont fondés à demander l'annulation de la décision du 14 octobre 2020 par laquelle la directrice générale de l'EPF Nord-Pas-de-Calais a préempté l'immeuble situé 300bis rue Clémenceau à Wattignies. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun des autres moyens invoqués n'est susceptible, en l'état du dossier, de fonder cette annulation.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que les requérants, qui ne sont pas partie perdante dans l'instance, versent la somme que l'EPF Hauts-de-France demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'EPF Hauts-de-France une somme globale de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. et Mme C et la société Urbaxim et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 14 octobre 2020 de la directrice générale de l'établissement public foncier Nord-Pas-de-Calais est annulée.
Article 2 : L'établissement public foncier Hauts-de-France versera à M. et Mme C et à la société Urbaxim une somme globale de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : les conclusions présentées par l'établissement public foncier Hauts-de-France sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme B C, à la société Urbaxim et à l'établissement public foncier Hauts-de-France.
Délibéré après l'audience du 26 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Chevaldonnet, président,
- Mme Grard, première conseillère,
- M. Liénard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 mars 2023.
Le rapporteur,
Signé
Q. LIENARD
Le président,
Signé
B. CHEVALDONNET
La greffière,
Signé
M. D
La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026