jeudi 20 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2009339 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | DELABY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 décembre 2020, M. D B, représenté par Me Delaby, demande au tribunal d'annuler les décisions en date des 20 juillet 2020 et 25 août 2020 par lesquelles le directeur général des finances publiques lui a refusé le bénéfice de l'aide exceptionnelle au titre du fonds de solidarité institué à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Il soutient que :
- elles ont été signées par une autorité incompétente ;
- elles sont entachées de " vices de forme et de procédure " ;
- elles sont entachées d'erreurs de fait dès lors que sa société a été créée en novembre 2019 et qu'il a souscrit sa déclaration de revenus en 2020 ;
- la décision du 25 août 2020 est entachée d'une erreur de fait dès lors que son activité de livraison de repas relève du secteur de la restauration rapide, mentionné à l'annexe 1 du décret du 30 mars 2020, relatif au fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 février 2021, le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête, qui a été enregistrée après l'expiration des délais prévus à l'article R. 199-1 du livre des procédures fiscales et à l'article R. 421-1 du code de justice administrative, est tardive et, par suite, irrecevable ;
- les décisions en date du 20 juillet 2020 peuvent être fondées sur le motif tiré de ce que M. B n'établit pas qu'il a effectivement perdu plus de 50 % de son chiffre d'affaires au mois de mars 2020 par rapport au chiffre d'affaires mensuel moyen sur la période comprise entre la date de création de l'entreprise et le 29 février 2020 ;
- en tout état de cause, les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, par application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré que les conclusions tendant à l'annulation de la décision implicite de rejet du recours gracieux de M. B sont dépourvues d'objet et par suite irrecevables.
Par une ordonnance en date du 21 février 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 21 avril 2022.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le Tribunal judiciaire de Lille en date du 25 janvier 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le livre des procédures fiscales ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 ;
- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- et les conclusions de M. Quint, rapporteur public,
Considérant ce qui suit :
1. M. B, qui exerce à titre individuel une activité de livraison de repas, a demandé à bénéficier de l'aide exceptionnelle au titre du fonds de solidarité institué à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19. Il demande au tribunal d'annuler les décisions en date des 20 juillet 2020 et 25 août 2020 par lesquelles le directeur général des finances publiques a rejeté ses demandes, ensemble la décision de rejet implicite de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation des décisions en date du 20 juillet 2020 :
En ce qui concerne la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / () ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
3. Le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance.
4. Il ressort des pièces du dossier que les décisions attaquées en date du 20 juillet 2020 ne mentionnent pas le délai de recours prévu par les dispositions précitées de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, lequel n'est donc pas opposable à M. B. À supposer même que le requérant ait eu connaissance de ces décisions dès la date de leur édiction, les conclusions tendant à leur annulation, qui ont été présentées dans la requête enregistrée au greffe du tribunal le 24 décembre 2020, ont été présentées dans un délai raisonnable. L'administration fiscale, qui ne saurait utilement se prévaloir de l'article R. 199-1 du livre des procédures fiscales, n'est dès lors pas fondée à soutenir que ces conclusions sont tardives. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord doit être écartée.
En ce qui concerne le bien-fondé des conclusions :
5. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. F E, inspecteur divisionnaire, a reçu délégation du directeur général des finances publiques à l'effet de signer les décisions relatives à l'octroi ou au bénéfice de l'aide exceptionnelle du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19. Dans ces conditions, M. B est fondé à soutenir que les décisions en date du 20 juillet 2020 par lesquelles l'administration fiscale lui a refusé le bénéfice cette aide ont été prises par une autorité incompétente et, par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens qu'il a soulevés, à en demander l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision en date du 25 août 2020 :
En ce qui concerne la fin de non-recevoir opposée en défense :
6. D'une part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / () ".
7. D'autre part, aux termes de l'article 38 du décret du 19 décembre 1991 susvisé, portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, alors en vigueur : " Lorsqu'une action en justice ou un recours doit être intenté avant l'expiration d'un délai devant les juridictions de première instance ou d'appel, l'action ou le recours est réputé avoir été intenté dans le délai si la demande d'aide juridictionnelle s'y rapportant est adressée au bureau d'aide juridictionnelle avant l'expiration dudit délai et si la demande en justice ou le recours est introduit dans un nouveau délai de même durée à compter : / a) De la notification de la décision d'admission provisoire ; / b) De la notification de la décision constatant la caducité de la demande ; / c) De la date à laquelle le demandeur à l'aide juridictionnelle ne peut plus contester la décision d'admission ou de rejet de sa demande en application du premier alinéa de l'article 56 et de l'article 160 ou, en cas de recours de ce demandeur, de la date à laquelle la décision relative à ce recours lui a été notifiée ; / d) Ou, en cas d'admission, de la date, si elle est plus tardive, à laquelle un auxiliaire de justice a été désigné. / () ".
8. Il ressort des pièces du dossier que la décision en date du 25 août 2020 refusant d'accorder à M. B le bénéfice de l'aide exceptionnelle au titre du fonds de solidarité institué à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19, qui mentionne les voies et délais de recours, a été envoyée à l'intéressé le même jour par voie électronique. En l'absence de tout élément au dossier de nature à établir la date de notification de cette décision, le délai de recours de deux mois prévu par l'article R. 421-1 du code de justice administrative doit être regardé comme ayant commencé à courir le 31 août 2020, date indiquée par M. B sur le recours gracieux qu'il a entendu présenter pour contester cette décision. Si M. B ne justifie pas de l'envoi de ce recours gracieux, il a déposé une demande d'aide juridictionnelle pour contester la décision du 25 août 2020, demande qui a été enregistrée par le bureau d'aide juridictionnelle le 28 octobre 2020, soit dans le délai de recours, et sa requête a été enregistrée au greffe du tribunal le 24 décembre 2020, avant que le bureau se prononce sur sa demande. Dans ces conditions, l'administration fiscale, qui ne saurait utilement se prévaloir de l'article R. 199-1 du livre des procédures fiscales, n'est pas fondée à soutenir que les conclusions tendant à l'annulation de la décision en date du 25 août 2020 sont tardives. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord doit être écartée.
En ce qui concerne le bien-fondé des conclusions :
9. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A G, contrôleur principal, a reçu délégation du directeur général des finances publiques à l'effet de signer les décisions relatives à l'octroi ou au bénéfice de l'aide exceptionnelle du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19. Dans ces conditions, M. B est fondé à soutenir que la décision en date du 25 août 2020 par lesquelles l'administration fiscale lui a refusé le bénéfice de cette aide a été prise par une autorité incompétente et, par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens qu'il a soulevés, à en demander l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de rejet du recours gracieux :
10. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision () ".
11. M. B soutient avoir déposé un recours gracieux le 31 août 2020 pour contester les décisions en date des 20 juillet 2020 et 25 août 2020 refusant de lui accorder le bénéfice de l'aide exceptionnelle du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19. Toutefois, il n'a pas produit la preuve de la réception par l'administration fiscale d'un recours gracieux, en dépit de la demande de régularisation qui lui a été adressée. Dans ces conditions, l'administration fiscale devant être regardée comme n'ayant pas été saisie d'un recours gracieux, les conclusions tendant à l'annulation de la décision implicite rejetant ce recours sont dépourvues d'objet et, par suite, irrecevables.
DÉCIDE :
Article 1er : Les décisions en date des 20 juillet 2020 et 25 août 2020 refusant à M. B le bénéfice de l'aide exceptionnelle au titre du fonds de solidarité institué à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 sont annulées.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Copie en sera adressée au directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord.
Délibéré après l'audience du 30 mars 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Lemaire, président,
- Mme Dang, première conseillère,
- Mme Courtois, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 avril 2023.
La rapporteure,
Signé
C. CLe président,
Signé
O. LEMAIRE
La greffière,
Signé
S. RANWEZ
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026