jeudi 22 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2009396 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | juge unique (5) |
| Avocat requérant | LAUR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 décembre 2020, Mme B D et M. C E, représentés par Me Laur :
1°) forment opposition à la contrainte émise le 15 décembre 2020 par le directeur de la caisse d'allocations familiales du Pas-de-Calais pour le recouvrement de la somme de 13 753,17 euros résultant d'indus d'allocation de logement familiale, de revenu de solidarité active et de prime exceptionnelle de fin d'année pour la période du 1er avril 2015 au 31 janvier 2018 ;
2°) demandent au tribunal de les décharger des sommes qui font l'objet de la contrainte du 15 décembre 2020.
Ils soutiennent que :
- la contrainte est entachée d'un vice de procédure dès lors que l'administration ne justifie pas de la mise en demeure préalable ;
- elle n'est pas suffisamment motivée dès lors qu'elle ne précise pas si les sommes réclamées résultent d'un trop-perçu ou d'une fraude et qu'elle ne reprend pas le détail des sommes réclamées ;
- les sommes qui leur sont réclamées sont prescrites dès lors que, relevant d'un trop-versé par l'administration et non d'une fraude de leur part, l'administration ne disposait que d'un délai de deux ans pour en demander la restitution.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 mai 2021, la caisse d'allocations familiales du Pas-de-Calais conclut au rejet de la requête au motif que les moyens soulevés par Mme D et M. E ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Grard, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique, à l'issue de laquelle l'instruction a été close, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D et M. E forment opposition à la contrainte émise le 15 décembre 2020 à leur encontre par le directeur de la caisse d'allocations familiales du Pas-de-Calais pour le recouvrement d'une somme totale de 13 753,17 euros résultant d'indus d'allocation de logement familiale d'un montant de 8 330 euros pour la période du 1er avril 2016 au 31 janvier 2018 et de 4 237,88 euros pour la période du 1er avril 2015 au 31 mars 2016, de prime exceptionnelle de fin d'année d'un montant de 274,41 euros pour la période du 1er décembre au 31 décembre 2016 et de 274,41 euros pour la période du 1er décembre au 31 décembre 2017 et de revenu de solidarité active d'un montant de 1231,35 euros pour la période du 1er avril au 31 décembre 2015. Ils demandent au tribunal de les décharger des sommes qui leur sont réclamées.
2. En premier lieu, aux termes du deuxième alinéa de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 : " Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation. () ". L'indication de ces bases doit être faite, soit dans le titre lui-même, soit par référence à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur.
3. Il résulte de l'instruction que la contrainte contestée précise la nature des sommes réclamées à savoir des indus d'allocation de logement familiale, de prime exceptionnelle de fin d'année et de revenu de solidarité active, les périodes concernées et leur origine, à savoir l'absence de déclaration de ce que la société civile immobilière qui avait la gestion du logement de M. E était détenue à 50% par ses parents et à 50% par Mme D, qui n'a elle-même pas déclaré les loyers perçus au prorata de sa quote-part. Par suite le titre, qui comporte les éléments de liquidation, est suffisamment motivé conformément à l'article 24 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique. Le moyen tiré de son insuffisance de motivation manque en fait et doit, par suite, être écarté.
4. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " () Les aides personnelles au logement comprennent : 1° L'aide personnalisée au logement ; 2° Les allocations de logement : a) L'allocation de logement familiale ; b) L'allocation de logement sociale. ". L'article L. 823-9 de ce code prévoit : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés ". Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. () Les dispositions des troisième à douzième alinéas de l'article L. 133-4-1 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des indus mentionnés au présent article. / L'article L. 161-1-5 du même code est applicable pour le recouvrement des sommes indûment versées au titre du revenu de solidarité active. (). ". Aux termes de l'article R.262-94-1 du même code : " Après la mise en œuvre de la procédure de recouvrement sur les prestations à échoir mentionnée à l'article L. 262-46, l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active peut mettre en œuvre la procédure de contrainte dans les conditions prévues à l'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale. () ". Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () ".
5. D'autre part, aux termes de l'article L.161-1-5 du code de la sécurité sociale : " Pour le recouvrement d'une prestation indûment versée (), le directeur d'un organisme de sécurité sociale peut, dans les délais et selon les conditions fixés par voie réglementaire, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère notamment le bénéfice de l'hypothèque judiciaire. ". Aux termes de l'article R.133-3 du même code : " Si la mise en demeure ou l'avertissement reste sans effet au terme du délai d'un mois à compter de sa notification, les directeurs des organismes créanciers peuvent décerner, dans les domaines mentionnés aux articles L. 161-1-5 ou L. 244-9, une contrainte comportant les effets mentionnés à ces articles. () ".
6. Il résulte de l'instruction que par un courrier du 25 septembre 2020, notifié le 29 septembre 2020 par courrier recommandé avec accusé de réception, la caisse d'allocation familiales du Pas-de-Calais a mis en demeure les requérants de rembourser la somme objet de la contrainte à laquelle Mme D et M. E forment opposition. Dans ces conditions, le moyen tiré du vice de procédure manque en fait et doit être écarté.
7. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 553-1 du code de la sécurité sociale : " L'action de l'allocataire pour le paiement des prestations se prescrit par deux ans. / Cette prescription est également applicable à l'action intentée par un organisme payeur en recouvrement des prestations indûment payées, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausse déclaration, l'action de l'organisme se prescrivant alors par cinq ans. / La prescription est interrompue tant que l'organisme débiteur des prestations familiales se trouve dans l'impossibilité de recouvrer l'indu concerné en raison de la mise en œuvre d'une procédure de recouvrement d'indus relevant des articles () L. 845-3 () du code de la sécurité sociale ". Aux termes de l'article L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles : " L'action en vue du paiement du revenu de solidarité active se prescrit par deux ans. Cette prescription est également applicable, sauf en cas de fraude ou de fausse déclaration, à l'action intentée par l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active ou le département en recouvrement des sommes indûment payées. / La prescription est interrompue par une des causes prévues par le code civil. L'interruption de la prescription peut, en outre, résulter de l'envoi d'une lettre recommandée avec demande d'avis de réception, quels qu'en aient été les modes de délivrance. () "
8. Il résulte de ces dispositions que le délai de prescription court à compter du paiement de la prestation, seule l'existence d'une fraude ou de fausses déclarations étant de nature à reporter, à la date de découverte de celles-ci, le point de départ de la prescription de l'action en répétition de l'indu.
9. Il résulte de l'instruction et notamment du courrier de notification d'indu et de fraude du 8 avril 2019 du directeur de la caisse d'allocations familiales du Pas-de-Calais, de la mise en demeure du 25 septembre 2020 et de la contrainte du 15 décembre 2020 que, pour mettre à la charge des requérants les sommes objet de la contrainte à laquelle ils font opposition, la caisse d'allocations familiales du Pas-de-Calais s'est fondée sur les faits que M. E n'a pas déclaré que la société civile immobilière qui avait la gestion de son logement était détenue à 50% par ses parents et à 50% par Mme D, qui n'a elle-même pas déclaré les loyers perçus au prorata de sa quote-part et qu'elle a qualifié ces fausses déclarations de fraude. En se bornant à alléguer, dans leur requête, qu'ils " ont toujours été entièrement transparents sur leurs situations respectives " et qu'en conséquence les faits ne sont pas frauduleux, les requérants ne contestent pas sérieusement la qualification de fraude. Ils ne sont dès lors pas fondés à se prévaloir de la prescription de deux ans prévue par les dispositions des articles L. 553-1 du code de la sécurité sociale et L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles.
10. Il résulte de ce qui précède que Mme D et M. E ne sont pas fondés à former opposition à la contrainte émise le 15 décembre 2020 par le directeur de la caisse d'allocations familiales du Pas-de-Calais pour le recouvrement de la somme de 13 753,17 euros résultant d'indus d'allocation de logement familiale, de revenu de solidarité active et de prime exceptionnelle de fin d'année pour la période du 1er avril 2015 au 31 janvier 2018. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter les conclusions à fin de décharge des requérants.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D et de M. E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D, à M. C E et à la caisse d'allocations familiales du Pas-de-Calais.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.
La magistrate désignée,
Signé
E. A La greffière,
Signé
M. F
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026