jeudi 2 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2009491 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | ANGLE DROIT AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 31 décembre 2020 et 3 janvier 2022, Mme D C B, représentée par Me Carel, doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision en date du 8 septembre 2020 par laquelle la directrice des ressources humaines du groupe hospitalier Seclin Carvin l'a placée en congé sans traitement les 3, 4 et 15 août 2020, ensemble les décisions implicites rejetant ses recours gracieux ;
2°) de condamner le groupe hospitalier Seclin Carvin à lui verser la somme de 105 euros correspondant à la retenue opérée sur son traitement ;
3°) d'enjoindre au groupe hospitalier Seclin Carvin de la rétablir dans ses droits, sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge du groupe hospitalier Seclin Carvin la somme de 2 127 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la décision en date du 8 septembre 2020 a été édictée par une autorité incompétente ;
- elle n'a pas été mise en mesure d'effectuer son service les 3 et 4 août 2020 ;
- elle a préalablement averti son encadrement de son absence le 15 août 2020 et elle a sollicité une autorisation spéciale d'absence, qui lui a été refusée par une décision dont elle est fondée à exciper de l'illégalité.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 25 août 2021 et 18 février 2022, le groupe
hospitalier Seclin Carvin, représenté par Me Brazier, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de Mme C B le versement de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables, en l'absence de demande préalable ;
- la décision en date du 8 septembre 2020, seule contestée par la requérante, ne pouvait plus faire l'objet d'un recours contentieux ;
- en tout état de cause, les moyens soulevés par Mme C B ne sont pas
fondés.
Par une ordonnance en date du 21 février 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 10 mars 2022.
Mme C B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le Tribunal judiciaire de Lille en date du 11 octobre 2021.
Vu les autres pièces du dossier. Vu :
- le code de la santé publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le décret n° 2019-854 du 20 août 2019 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lemaire,
- les conclusions de M. Quint, rapporteur public,
- et les observations de Me Brazier, avocat du groupe hospitalier Seclin Carvin.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision en date du 8 septembre 2020, la directrice des ressources humaines du groupe hospitalier Seclin Carvin a placé Mme C B, aide-soignante au sein de cet établissement, en congé sans traitement les 3, 4 et 15 août 2020. Mme C B doit être regardée comme demandant l'annulation de cette décision, ainsi que des décisions implicites de rejet de ses recours gracieux.
2. En premier lieu, aux termes de l'article D. 6143-33 du code de la santé publique :
" Dans le cadre de ses compétences définies à l'article L. 6143-7, le directeur d'un établissement public de santé peut, sous sa responsabilité, déléguer sa signature ". Aux termes de l'article R. 6143-38 de ce code : " Sans préjudice des obligations de publication prévues par d'autres dispositions du présent code, les décisions des directeurs des établissements publics de santé et les délibérations non réglementaires de leurs conseils de surveillance sont notifiées aux personnes physiques et morales qu'elles concernent. Leurs décisions et délibérations réglementaires sont affichées sur des panneaux spécialement aménagés à cet effet et aisément consultables par les personnels et les usagers. Lorsque ces décisions ou délibérations font grief
à d'autres personnes que les usagers et les personnels, elles sont, en outre, publiées au bulletin des actes administratifs de la préfecture du département dans lequel l'établissement a son siège ". À compter de l'entrée en vigueur du décret susvisé du 20 août 2019, la formalité de l'affichage a été remplacée par la publication sur le site internet de l'établissement.
3. Par une décision en date du 8 juillet 2019, dont il n'est pas contesté qu'elle a été régulièrement portée à la connaissance des personnels et des usagers de l'établissement et publiée au recueil des actes administratifs de la préfecture du Nord, la directrice du groupe hospitalier Seclin Carvin a donné délégation à Mme A à l'effet de signer, notamment, " les actes liés aux positions statutaires " des agents de l'établissement. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision en date du 8 septembre 2020 a été prise par une autorité incompétente manque en fait.
4. En second lieu, aux termes de l'article 20 de la loi du 13 juillet 1983, portant droits et obligations des fonctionnaires : " Les fonctionnaires ont droit, après service fait, à une rémunération comprenant le traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement ainsi que les indemnités instituées par un texte législatif ou réglementaire. () ". Si l'absence de service fait par un fonctionnaire peut donner lieu à une retenue sur rémunération proportionnelle à cette absence dans l'hypothèse où celui-ci s'est abstenu d'effectuer tout ou partie de ses heures de service, le droit de tout agent à percevoir son traitement ne peut cesser que si l'absence d'accomplissement de son service résulte de son propre fait.
5. D'une part, Mme C B, qui était alors en congé de formation professionnelle, soutient que le groupe hospitalier Seclin Carvin ne l'a pas mise en mesure d'effectuer son service les 3 et 4 août 2020, dès lors qu'elle n'a reçu aucune réponse au courrier électronique qu'elle avait adressé à son encadrement le 17 juin 2020 pour l'informer de son souhait d'être à nouveau affectée dans le service de court séjour gériatrique pour la période estivale, lors de laquelle elle est mise à disposition de son employeur en application de la convention signée avec l'organisme formateur. Toutefois, il incombait à la requérante de se présenter dans son établissement le jour de sa reprise afin de prendre connaissance des dispositions que le directeur de cet établissement entendait prendre à son égard et, en toute hypothèse, de rester à la disposition de ce dernier. Dans ces conditions, Mme C B, qui ne s'est pas présentée les 3 et 4 août 2020, n'est pas fondée à soutenir que les décisions attaquées sont entachées d'erreur de droit.
6. D'autre part, la circonstance que Mme C B ait prévenu la cadre de santé de son absence pour la journée du 15 août 2020 est dépourvue de toute incidence sur la légalité des décisions attaquées. Si l'intéressée soutient qu'elle a sollicité une autorisation spéciale d'absence, qui lui a été refusée par une décision dont elle est fondée à exciper de l'illégalité, elle ne l'établit pas.
7. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, que la requête de Mme C B doit être rejetée, y compris ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles qu'elle a présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme C B le versement au groupe hospitalier Seclin Carvin de la somme qu'il demande au titre des frais qu'il a exposés.
1.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de Mme C B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le groupe hospitalier Seclin Carvin au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C B et au groupe hospitalier Seclin Carvin.
Délibéré après l'audience du 9 février 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Lemaire, président,
- Mme Lançon, première conseillère,
- Mme Courtois, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mars 2023.
L'assesseure la plus ancienne,
Signé
L.-J. LANÇON
Le président-rapporteur,
Signé
O. LEMAIRE
La greffière,
Signé
S. RANWEZ
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme, La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026