vendredi 4 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2100040 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SOMMEVILLE |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le n° 2100040 les 5 janvier et 17 août 2021, M. B A, représenté par Me Dominique Sommeville, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 octobre 2020 par lequel le maire de Saint-Martin-Lez-Tatinghem a refusé de reconnaître comme imputable au service l'accident déclaré le 17 février 2020 et, par voie de conséquence, la décision du 10 novembre 2020 par laquelle il l'a placé en congé de maladie ordinaire ;
2°) de condamner la commune de Saint-Martin-Lez-Tatinghem à lui verser la somme de 5 000 euros en réparation de ses préjudices moral et financier et des troubles subis dans ses conditions d'existence résultant de l'illégalité de l'arrêté du 27 octobre 2020 et de la décision du 10 novembre 2020 ;
3°) d'enjoindre à la commune de Saint-Martin-Lez-Tatinghem de le placer en congé de longue maladie ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Martin-Lez-Tatinghem la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté du 27 octobre 2020 est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation ;
- il a dû supporter une baisse de ses revenus, ce qui l'a placé dans une situation difficile et l'a affecté moralement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 avril 2021, la commune de Saint-Martin-Lez-Tatinghem, représentée par Me Julien Robillard, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de M. A de la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les conclusions à fin d'annulation de la décision du 10 novembre 2020 sont irrecevables dès lors qu'elles sont dépourvues de moyens spécifiques ;
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables dès lors qu'elles n'ont pas été précédées d'une demande préalable indemnitaire ;
- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 23 août 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 24 septembre 2021 à 23 heures 59.
II. Par une requête, enregistrée sous le n° 2100042 le 5 janvier 2021, M. B A, représenté par Me Dominique Sommeville, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler la décision du 10 novembre 2020 par laquelle le maire de Saint-Martin-Lez-Tatinghem l'a placée en congé de maladie ordinaire à compter du 17 février 2020
2°) d'enjoindre au maire de Saint-Martin-Lez-Tatinghem de le placer en congé de longue maladie à compter de cette date
3°) à titre subsidiaire, d'ordonner une expertise médicale afin de déterminer le taux d'incapacité qu'il présente depuis le 17 février 2020 ;
4°) de condamner la commune de Saint-Martin-Lez-Tatinghem à lui verser la somme de 5 000 euros en réparation de ses préjudices moral et financier et des troubles subis dans ses conditions d'existence résultant de l'illégalité de la décision du 10 novembre 2020 ;
5°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Martin-Lez-Tatinghem la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est illégale par exception d'illégalité de l'arrêté du 27 octobre 2020 ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation ;
- sa pathologie revêt le caractère d'une maladie professionnelle et doit être retenue comme telle par le tribunal et il y a lieu, dans ce cadre, d'ordonner une expertise médicale pour évaluer si son taux d'incapacité est supérieur à 25 % comme prévu à l'article R. 461-8 du code de la sécurité sociale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 novembre 2021, la commune de Saint-Martin-Lez-Tatinghem, représentée par Me Julien Robillard, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de M. A de la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les conclusions à fin d'annulation de la décision du 10 novembre 2020 sont irrecevables dès lors qu'elles ont déjà été présentées dans la cadre de l'instance n° 2100040 introduite le 5 janvier 2021 par M. A ;
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables dès lors qu'elles n'ont pas été précédées d'une demande préalable indemnitaire ;
- les conclusions tendant à ce qu'il lui soit enjoint de placer le requérant en congé de longue maladie sont irrecevables dès lors qu'un tel placement nécessite l'accord préalable du conseil médical départemental et ne peut, par suite, être ordonné par le tribunal en l'absence d'un tel avis ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 20 décembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 17 février 2023 à 14 heures.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Balussou,
- les conclusions de M. Babski, rapporteur public,
- et les observations de Me Emeline Lachal, substituant Me Julien Robillard, représentant la commune de Saint-Martin-Lez-Tatinghem.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, agent de maîtrise principal exerçant les fonctions de cuisinier au sein des services de la commune de Saint-Martin-Lez-Tatinghem, a été nommé le 1er janvier 2016 coordinateur logistique en charge de la gestion des personnels d'entretien, des personnels de cuisine et de la gestion des produits d'entretien avant d'être réaffecté, le 1er septembre 2019, sur ses fonctions antérieures de cuisinier. L'intéressé a pris connaissance, le 13 février 2020, du compte-rendu de son entretien d'évaluation au titre de l'année 2018 qui ne comportait pas d'avis favorable à sa promotion au grade de technicien. Il a été placé en arrêt de travail par son médecin traitant le 17 février 2020 en raison d'un syndrome anxio-dépressif. A la suite d'une lettre du 4 mars 2020 dans laquelle il indiquait à son employeur que son médecin généraliste avait " choisi de [le] mettre en accident de travail ", ce dernier a saisi la commission de réforme qui a émis, lors de sa séance du 16 octobre 2020, un avis défavorable à la demande de reconnaissance d'accident de service du requérant au motif de l'absence de fait accidentel. Prenant acte de cet avis, le maire de Saint-Martin-Lez-Tatinghem a, par un arrêté du 27 octobre 2020, refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident déclaré le 17 février 2020 et a, par une décision du 10 novembre 2020, placé M. A en congé de maladie ordinaire à compter du 17 février 2020.
2. Par les présentes requêtes, M. A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 27 octobre 2020 et la décision du 10 novembre 2020, à titre subsidiaire, d'ordonner une expertise médicale afin de déterminer le taux d'incapacité qu'il présente depuis cette date et de condamner la commune de Saint-Martin-Lez-Tatinghem à lui verser la somme de 10 000 euros en réparation de ses préjudices moral et financier et des troubles subis dans ses conditions d'existence résultant de l'illégalité de l'arrêté du 27 octobre 2020 et de la décision du 10 novembre 2020.
Sur la jonction :
3. Les requêtes n° 2100040 et n° 2100042, présentées pour M. B A, concernent la situation d'un même fonctionnaire, présentent à juger des questions similaires et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 27 octobre 2020 :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () / 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; () ".
5. L'arrêté attaqué vise la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ainsi que le décret du 30 juillet 1987 relatif à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux. Ainsi, il comporte les considérations de droit sur lesquelles il est fondé. Par ailleurs, s'il est motivé par référence à un rapport hiérarchique établi le 3 juin 2020 sur la situation de M. A, la commune de Saint-Martin-Lez-Tatinghem n'établit pas que ce document a été adressé à l'intéressé avec l'arrêté en litige ou avant sa notification en date du 10 novembre 2020, par la production d'un courrier électronique du 8 mars 2021 émanant du secrétariat de la commission de réforme et indiquant avoir transmis le dossier au requérant. Toutefois, l'arrêté attaqué indique également que l'accident n'est pas reconnu imputable au service au regard de l'avis défavorable de la commission de réforme dont il s'approprie les motifs. Cette mention est suffisante pour permettre au requérant de connaître, à la seule lecture de l'arrêté attaqué, les faits sur lesquels s'est fondée la collectivité pour refuser d'accéder à sa demande. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté attaqué manque en fait et doit, par suite, être écarté.
6. En second lieu, aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983, alors en vigueur : " I.-Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. Ces définitions ne sont pas applicables au régime de réparation de l'incapacité permanente du fonctionnaire. / () / II.-Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service () ".
7. Constitue un accident de service, un évènement survenu à une date certaine, par le fait ou à l'occasion du service, dont il est résulté une lésion, quelle que soit la date d'apparition de celle-ci. Sauf à ce qu'il soit établi qu'il aurait donné lieu à un comportement ou à des propos excédant l'exercice normal du pouvoir hiérarchique, lequel peut conduire le supérieur hiérarchique à adresser aux agents des recommandations, remarques, reproches ou à prendre à leur encontre des mesures disciplinaires, une décision d'affectation et une absence d'avis favorable à une promotion ne sauraient être regardés comme des événements soudains et violents susceptibles d'être qualifiés d'accident de service, quels que soient les effets qu'ils ont pu produire sur l'agent.
8. Pour justifier de la survenue d'un accident imputable au service, M. A se prévaut de sa réaffectation, à compter du 1er septembre 2019, sur ses fonctions précédentes de cuisinier après avoir été nommé coordinateur logistique le 1er janvier 2016, ainsi que du choc qu'il aurait subi lorsqu'il a constaté sur le compte-rendu de son entretien d'évaluation au titre de l'année 2018, daté du 30 janvier 2020, qu'il ne bénéficiait pas d'un avis favorable pour son passage à la catégorie B. Il ressort des pièces du dossier et notamment du rapport hiérarchique établi le 3 juin 2020 sur la situation du requérant que la commune de Saint-Martin-Lez-Tatinghem a considéré que le choix de M. A d'organiser l'entretien des écoles sur quatre jours, au lieu de cinq, s'était révélé peu judicieux, que le requérant s'était abstenu de régler les conflits survenus entre les personnels de cuisine et les personnels de cantine alors que cette situation relevait de ses prérogatives et que la planification établie n'était pas adaptée aux effectifs réels et ne permettait pas de visualiser l'affectation des agents chargés de l'entretien des différents bâtiments. Elle a également constaté que M. A ne rentrait inopportunément de vacances que le jour de la rentrée scolaire, qu'il exerçait un management directif et variable selon les personnels concernés, qu'il avait refusé à un agent de valider sa demande de congés malgré l'absence d'impératif de service justifié après lui avoir donné son accord de principe et qu'il adoptait un comportement fuyant envers les responsables de la collectivité, ne réalisant que le strict minimum des demandes et en étant peu présent lors des échéances importantes pour la collectivité avec des prestations plus que moyennes par rapport à l'expression des besoins.
9. Si M. A fait valoir qu'il n'était pas volontaire pour exercer les fonctions de coordinateur logistique, qu'il a été rétrogradé sur ses fonctions antérieures de cuisinier malgré l'absence de faute de sa part, qu'il n'a jamais été ni convoqué par sa hiérarchique pour être recadré ni évalué de manière négative au regard de l'exercice de ses fonctions, qu'il a toujours eu de bonnes relations avec ses collègues à l'exception d'un agent qui souhaitait être affecté sur son poste et que, contrairement à ce que soutient la collectivité, il n'a jamais accepté de reprendre ses fonctions de cuisinier, ces circonstances, à les supposer avérées ne sont pas de nature à révéler, de la part de l'administration, un comportement ou à des propos excédant l'exercice normal du pouvoir hiérarchique. Par ailleurs, les allégations de l'intéressé selon lesquelles, d'une part, le véritable motif de sa réaffectation sur des fonctions de cuisinier se trouve dans son refus de participer à un barbecue organisé par la collectivité pour ses personnels, et, d'autre part, il avait obtenu l'accord de ses responsables pour sa promotion au grade de technicien, ne sont pas établies les pièces du dossier. En tout état de cause, la circonstance que le compte-rendu de son entretien d'évaluation au titre de l'année 2018 ne comportait pas d'avis favorable à sa promotion à ce grade n'est pas, elle non plus, de nature à révéler, de la part de la collectivité, un comportement ou à des propos excédant l'exercice normal du pouvoir hiérarchique. Dans ces conditions, et alors même que le médecin psychiatre saisi par la commune de Saint-Martin-Lez-Tatinghem a estimé le 16 juillet 2020, au vu des seules déclarations de M. A, que ce dernier présentait un syndrome anxio-dépressif en lien avec un accident survenu le 17 février 2020 encore actif à la date de l'examen malgré une prise en charge chimique et psychothérapeutique et qu'il ne souffrait pas d'un état antérieur, confirmé par le médecin de prévention le 20 juillet suivant, la décision de réaffecter le requérant sur ses fonctions antérieures de cuisinier et l'absence d'avis favorable à sa promotion au grade de technicien ne sauraient être regardées comme des événements soudains et violents susceptibles d'être qualifiés d'accident de service. Par suite, le maire de Saint-Martin-Lez-Tatinghem, en refusant de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident déclaré par M. A le 17 février 2020, n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.
Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision du 10 novembre 2020 :
10. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 3 à 8 que M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de l'arrêté du 27 octobre 2020 par lequel le maire de Saint-Martin-Lez-Tatinghem a refusé de reconnaître comme imputable au service l'accident déclaré le 17 février 2020 à l'appui de ses conclusions à fins d'annulation de la décision attaquée du 10 novembre 2020 le plaçant en congé de maladie ordinaire.
11. En second lieu, aux termes du IV de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983, alors en vigueur : " Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau. / () / Peut également être reconnue imputable au service une maladie non désignée dans les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est essentiellement et directement causée par l'exercice des fonctions et qu'elle entraîne une incapacité permanente à un taux déterminé et évalué dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat ". Aux termes de l'article 37-8 du décret du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des comités médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux, dans sa rédaction applicable au litige : " Le taux d'incapacité permanente servant de seuil pour l'application du troisième alinéa du même IV est celui prévu à l'article R. 461-8 du code de la sécurité sociale. / Ce taux correspond à l'incapacité que la maladie est susceptible d'entraîner. Il est déterminé par la commission de réforme compte tenu du barème indicatif d'invalidité annexé au décret pris en application du quatrième alinéa de l'article L. 28 du code des pensions civiles et militaires de retraite ". Aux termes de l'article R. 461-8 du code de la sécurité sociale : " Le taux d'incapacité mentionné au septième alinéa de l'article L. 461-1 est fixé à 25 % ".
12. Ainsi qu'il a été dit au point 1, que M. A a, par une lettre du 4 mars 2020, indiqué à son employeur que son médecin généraliste avait " choisi de [le] mettre en accident de travail ". Il doit dès lors être regardé comme ayant demandé à ce que soit reconnu l'imputabilité au service de son accident qui avait justifié un arrêt de travail. Par ailleurs, l'arrêté du 27 octobre 2020, sur lequel est fondée la décision attaquée, porte exclusivement sur le refus de reconnaître un tel accident. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le maire de Saint-Martin-Lez-Tatinghem aurait commis une erreur d'appréciation en refusant de considérer que sa pathologie dépressive constituait une maladie professionnelle. Au surplus, il ne ressort pas des pièces du dossier que la pathologie de M. A entraîne une incapacité permanente à un taux au moins égal à 25 %.
13. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'ordonner une expertise et de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 27 octobre 2020 et de la décision du 10 novembre 2020 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et les conclusions indemnitaires.
Sur les frais liés au litige :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Saint-Martin-Lez-Tatinghem, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du requérant la somme demandée par la commune de Saint-Martin-Lez-Tatinghem au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n° 2100040 et 2100042 de M. A sont rejetées.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-Martin-Lez-Tatinghem sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Saint-Martin-Lez-Tatinghem.
Délibéré après l'audience du 13 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Stefanczyk, présidente,
Mme Balussou, première conseillère,
Mme Léa Sanier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2024.
La rapporteure,
Signé
E.-M. Balussou
La présidente,
Signé
S. StefanczykLa greffière,
Signé
N. Paulet
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.
Nos 2100040, 210004
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026